Géryon

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Combat d'Héraclès et Géryon, amphore attique à figures noires, v. 540 av. J.-C., musée du Louvre

Dans la mythologie grecque, Géryon (en grec ancien Γηρυών / Gêruốn ou Γηρυόνης / Gêruónês) est un Géant triple, fils de Chrysaor et de Callirrhoé.

Description[modifier | modifier le code]

Hésiode (VIIIe siècle av. J.-C.) décrit Géryon avec un corps mais doté de trois têtes anthropomorphes[1]. Eschyle (Ve siècle av. J.-C.) mentionne Géryon qu'à titre de comparaison. Il ne relate pas l'histoire de Géryon, mais le dote de trois corps joints à la taille[2]. Stésichore le décrit, dans un texte perdu, avec six bras et trois corps[3]. À cause de cette particularité physique il est aussi surnommé tricorpor, triformis ou tergeminus.

Le lieu de résidence de Géryon est d'abord décrit comme une île à l'ouest de la Méditerranée à Erytheia parfois assimilé à l'île de León. Avec Diodore de Sicile les terres où paît le bétail de Géryon est baigné par l'océan [4] et il identifie ces terres comme étant habités par les Lusitans au-delà des Colonnes d'Hercule.

Les textes[modifier | modifier le code]

Géryonide de Stésichore[modifier | modifier le code]

L'un des poèmes de Stésichore était intitulé la Géryonide datant du VIe siècle av. J.-C. ; il dépassait 1 800 vers. Peu des nombreux poèmes de Stésichore nous sont parvenus et du Géryonide il ne reste quelques vers cité par d'autres auteurs. C'est dans ce poème que l'on trouve la première référence à Tartessos. La description suivante du lieu de naissance de Géryon est préservé par Strabon dans sa Géographie[5]

σχεδὸν ἀντιπέρας κλεινᾶς Ἐρυθείας
<
> Ταρτησ-
σοῦ ποταμοῦ παρὰ παγὰσ ἀπείρονας ἀρ-
γυρορίζους
ἐν κευθμῶνι πέτρας[6].

Une traduction en anglais du XIXe siècle pourrait remplir les vides du texte :

Where monster Geryon first beheld the light,
Famed Erytheia rises to the sight;
Born near th' unfathomed silver springs that gleam
Mid caverned rocks, and feed Tartessus' stream.[7]
Là ou le monstre Geryon vit la lumière pour la première fois
Erytheia, la fameuse nous apparait
Né le long des rivières d'argent sans fond, qui brillent
parmi les rochers caverneux, et nourrissent le fleuve de Tartessos

Bibliothèque historique de Diodore de Sicile[modifier | modifier le code]

Dans les livres IV et V de sa Bibliothèque historique Diodore de Sicile (100-40 av. J.-C.) reprend l'histoire du vol des Bœufs de Géryon. Héraclès entreprend une expédition guerrière avec l'appui de toute une armé, recruté en Crète, Libye et Égypte, dans les terres inconnues de l’Ouest. Le fait qu'il ait besoin d'une armé est justifié par les trois fils de Chrysaor qui se distinguait par leur force physique, leur courage dont ils faisaient preuve à la guerre, et les forces dont chacun disposait et qu'ils avaient recrutés parmi des tribus belliqueuses[8].

Histoires philippiques de Trogue Pompée[modifier | modifier le code]

Les Histoires philippiques de Trogue Pompée (du Ier siècle av. J.-C.) sont sauvegardés dans l'Abrégé des histoires philippiques (Epitoma Historiarum Philippicarum écrit par Justin (du IIIe siècle ap. J.-C.). Géryon est décrit comme ayant trois corps.

Le dixième travail d'Héraclès[modifier | modifier le code]

Le texte le plus complet est celui contenu dans la Bibliothèque du pseudo-Apollodore du Ier ou IIe siècle ap. J.-C. Dans cette version de l'histoire, Géryon est tué par Héraclès qui put ainsi s'emparer de son troupeau de bœufs et accomplir le dixième de ses travaux. Héraclès traverse le désert lybien et arrive en Érythie. Dés son arrivée il est attaqué par Orthros, le chien a deux têtes de Géryon. Orthros serait le frère de Cerbère. Avec un seul coup de sa massue en bois d'olivier, Héraclès tue le chien. Géryon, quand il est mis au courant, s'arme de ses trois boucliers, trois lances et met ses trois casques. Il poursuit Héraclès et tombe victime d'une flèche empoisonné qui avait été plongée dans le venin de l'Hydre de Lerne. Héraclès peut ainsi dérober les bœufs.

Discours de Dion de Pruse[modifier | modifier le code]

Dion de Pruse explique, fin Ier, début IIe siècle après J.C. dans le VIIIe Discours que Géryon était le plus riche roi occidental de son époque. Le discours ne parle pas d'un roi à trois têtes, mais dit qu’Héraclès le tua lui et ses frères.

Vie d'Apollonios de Tyane écrit par Philostrate d'Athènes[modifier | modifier le code]

Au IIIe siècle ap. J.-C., Philostrate d'Athènes mentionne que la tombe de Géryon était à Gades (Cadix)[9]. Il décrit la tombe comme une colline funéraire sur lequel poussent deux arbres merveilleux née du croisement d'un pin et d'un pin rigide, sont nées trois pousses dont coule (depuis l'écorse) du sang. Les ossements auraient été conservés à l'Olympe et à Thèbes. Un Oracle dédié à Géryon serait à Patavium (Padoue)

Etymologiae d'Isidore de Seville[modifier | modifier le code]

En 630 Isidore de Seville explique que Géryon n'est pas un géant monstrueux, mais qu'ils étaient trois frères, tellement proches qu'ils n'avaient qu'une âme pour trois corps[10].

l'Inferno de Dante[modifier | modifier le code]

Au XVe siècle, Dante reprend la théorie du Moyen Âge tardif où Géryon est un monstre composé de 3 bêtes. Il décrit Gerione comme le monstre représentatif de la fraude. C'est une bête ailée avec le visage d'un homme honnête, les griffes d'un lion, le corps d'une vouivre et un dard empoisonné sur le bout de sa queue. Il erre entre le 8e et 7e cercle de l'enfer. Les poètes montent sur son dos et glissent lentement autour du cascade du Plegethon vers les grandes profondeurs du cercle de la fraude. Il s'enrichit avec des références bibliques (St Jean 9, 7-10).

Folklore[modifier | modifier le code]

  • En catalogne Gerió, un géant à trois têtes, est le fondateur mythologique de la ville de Gérone[11]
  • Parois Géryon est assimilé à un démon chtonien de la mort, principalement parce qu'il se trouve à l'extrême-ouest du monde connu alors.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

En héraldique, le gérion est une figure imaginaire qui fait référence à Géryon. Il assez rare représenté par une tête à trois faces humaines, une de front, les deux autres de profil sur les côtés droit et gauche. On le trouve parfois blasonné « tête de gérion ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hésiode, Théogonie
  2. Eschyle, Orestie première tragédie Agamemnon. [Agamemnon : « S’il est mort comme souvent l’on le statue, alors il avait véritablement trois corps, un second Géryon, et ils se vantent d’avoir mis sur lui un triple couche de terre, une mort pour chaque forme différente ».
  3. Scholiaste à propos de la Théogonie d'Hésiode, se référant au Géryonide de Stésichore
  4. Livre IV 17-1
  5. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], III, 2, 11 = Stésichore, fr. 184 PMG.
  6. (en)Stesichorus (S7 Loeb): D.A. Campbell (ed.), Greek Lyric Vol 3, Loeb Classical Library (1991) page 64
  7. (en)Sir Edward Bromhead, The Remains of Stesichorus in an English Version, (1849), page 11
  8. Diodore de Sicile, IV 172
  9. Vie d'Apollonios de Tyane de Philostrate d'Athènes, chap.5 §5
  10. Etym. XI, iii, 28
  11. (ca)Parramon i Blasco, Jordi: Diccionari de la mitologia grega i romana. Edicions 62, Col·lecció El Cangur / Diccionaris, núm. 209. Barcelona, octubre del 1997. ISBN 84-297-4146-1, plana 100
  12. (es)Pollux Hernuñez (1988). Mitos, héroes y monstruos de la España antigua. Madrid: Anaya.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Jourdain-Annequin, « Héraclès en Occident. Mythe et histoire », dans Dialogue d'Histoire ancienne no 8 (1982), p. 227-282 [lire en ligne].
  • J. Ramin, Mythologie et géographie, Paris, Les Belles Lettres, 1979, p. 105-113 (« Héraklès et les bœufs de Géryon »).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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