Cacus

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Dans la mythologie grecque, Cacus ou Cacos (en grec ancien Κακός / Kakós, « mauvais, bête, laid, honteux »), fils d'Héphaïstos, mi-homme et mi-satyre, était un Géant qui vomissait des tourbillons de flamme et de fumée. Des têtes sanglantes étaient sans cesse suspendues à la porte de sa caverne située en Italie, dans le Latium, au pied du mont Aventin.

Légende[modifier | modifier le code]

Héraclès, après la défaite de Géryon, conduit ses troupeaux de bœufs sur les bords du Tibre, et s'endormit pendant qu'ils paissaient. Cacus en vola quatre paires, et, pour n'être pas trahi par les traces de leurs pas, les traîna dans son antre à reculons, par la queue. Le héros se disposait à quitter ces pâturages, lorsque les bœufs qui lui restaient se mirent à mugir : les vaches enfermées dans l'antre répondirent par des beuglements. Héraclès, furieux, court vers la caverne, mais l'ouverture en était fermée avec un rocher énorme que tenaient suspendu des chaînes forgées par Héphaïstos. Héraclès ébranle les rochers, se fraye un passage, s'élance dans la caverne à travers les tourbillons de flamme et de fumée que le monstre vomit. Il le saisit, l'étreint de ses mains robustes et l'étrangle, ce qui fit jaillir ses yeux puis le monstre ("monstrum" en latin) mourut. Ovide et Dante dans la Divine Comédie[1] le font tuer à coups de massue. En mémoire de cette victoire, les habitants du voisinage célébrèrent, tous les ans, une fête en l'honneur d'Héraclès. Solin a écrit à son sujet : « Ce Cacus habitait l'endroit appelé Saline, où se trouve maintenant la porte Trigemina. Au rapport d’Aulu-Gelle, Cacus jeté dans les fers par Tarchon, roi des Toscans, vers qui l'avait député le roi Marsyas, en lui donnant pour compagnon le Phrygien Mégale, s'échappa, revint aux lieux qu'il habitait d'abord, et puis, avec des forces considérables, s'empara des bords du Vulturne et de la Campanie ; mais, ayant osé toucher aux domaines des Arcadiens, il fut écrasé par Hercule, qui se trouvait alors en ce pays. Mégale trouva un asile chez les Sabins, instruits par lui dans l'art des augures. »[2]

Arts[modifier | modifier le code]

Des pierres gravées antiques représentent Cacus dans l'instant du vol, et sur le revers d'une médaille d'Antonin le Pieux, on voit ce monstre renversé, sans vie, aux pieds du héros, autour duquel se presse un peuple reconnaissant. Dans les plafonds peints à Bologne, au palais Zampiéri, par les Carraches, Cacus a une tête de bête sur un corps humain.

Culte[modifier | modifier le code]

En Grèce[modifier | modifier le code]

S'il est notoire que les Grecs vouaient des cultes à des dieux nombreux, rares sont les traces de ce que l'on pourrait appeler des "esprits du mal" ; ces derniers, comme les Érinyes, ne sont guère souvent que des monstres envoyés comme punition à tous ceux qui, comme Oreste, ont commis des crimes funestes. Cacus (ou Kakos) serait ainsi le seul représentant de cette incarnation du mal, néanmoins sur un mode mineur. De fait, le nom "Kakos", qui signifie non seulement "mauvais", mais également "bête", "laid" et "honteux", laisse entendre que son champ d'action est restreint et qu'il ne se manifeste que par des nuisances occasionnelles, qu'il convient d'éviter en faisant l'une ou l'autre libation[3].

Littérature et poésie[modifier | modifier le code]

L'écrivain brésilien Federico Detrenha Silva a été le seul à employer la figure de Cacus, dans un long poème satyrique en prose écrit en 1937, "Quem gosta da maldade ?" (Qui aime la méchanceté ?). Il y décrit comment le mauvais géant harangue ses troupes, composées d'"idiots pensant tout savoir, qui hurlent par centaines, brandissant mille drapeaux aux dessins disgracieux, tandis que les fermiers rejoignaient la grande armée sombre et violette avec ferveur, leurs petits ânes s'en allaient doucement, veillant dès lors à ne jamais plus croiser leur chemin"[4].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Enfer (chant XXV)
  2. « Qui Cacus habitauit locum, cui Salinae nomen est, ubi Trigemina nunc porta. Hic ut Gellius tradit, quum ab Tarchone Tyrreno, ad quem legatus uenerat missu Marsyae regis, socio Megale Phryge, custodiae foret datus, frustratus uincula, et unde uenerat redux, praesidiis amplioribus occupato circa Vulternum et Campaniam regno, dum attrectat etiam quae concesserant in Arcadum iura, duce Hercule, qui tunc forte aderat, oppressus est. Megalen Sabini receperunt, disciplinam augurandi ab eo docti. »
  3. Les Mythes grecs, Robert Graves, Fayard (1968)
  4. « Como o gigante pedreiro Kakos dirigia tropas débeis, idiotas que achavam saber tudo, e gritando todos juntos, e levantando bandeiras cheias de desenhos feios ; nesse meio-tempo fazendeiros iam se juntando nessa massa negra e avioletada, e seus burricos acabavam por se ir, cautelosos de nunca mais encontrar-los. » Revista das Belas Letras de Porto Alegre, no 25, juillet 1937 (p. 48)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pierre Commelin, Mythologie grecque et romaine [détail des éditions] [lire en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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