Tartessos

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Tartessos
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Aire de diffusion de la civilisation de Tartessos
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Ville portuaire (d), royaume (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Tartessos (en grec ancien Ταρτησσός) est le nom donné par les Grecs à une ou plusieurs villes dont ils eurent connaissance en Hispanie.

Situation de Tartessos[modifier | modifier le code]

Sources grecques[modifier | modifier le code]

Selon Pausanias le Périégète (115-180 de notre ère)[1] :

« Ils disent que Tartessos est un fleuve en terre ibérique qui se jette dans la mer par deux bouches et qu’entre ces deux bouches se trouve une ville du même nom. Le fleuve, qui est le plus grand d’Ibérie, et connaît la marée, est appelé plus récemment Baetis, et que d’aucuns pensent que Tartessos fut l’ancien nom de Carpia, une ville des Ibères. »

— Pausanias le Périégète

Il reprend, en les abrégeant, les informations données par Strabon (né vers 60 av. J.-C. - 20 ap. J.-C) dans sa Géographie[2] :

« Anciennement, à ce qu'il semble, on désignait le Baetis sous le nom de Tartessos, et Gadira (l'actuelle Cadix), avec le groupe d'îles qui l'avoisinent, sous le nom d'Erythea, et on explique ainsi comment Stésichore, en parlant du pasteur Géryon, a pu dire qu'il était né « presque en face de l'illustre Erythie, non loin des sources profondes du Tartesse, de ce fleuve à tête d'argent, né dans les sombres entrailles d'un rocher. » On croit aussi que, comme le Baetis a une double embouchure et qu'il laisse un grand espace de terrain entre ses deux branches, les anciens avaient bâti là dans l'intervalle une ville nommée Tartessos ainsi que le fleuve lui-même, et qui avait donné à toute la contrée occupée aujourd'hui par les Turdules le nom de Tartesside. Eratosthène, il est vrai, prétend qu'on appelait Tartesside uniquement le canton adjacent au mont Calpé (le rocher de Gibraltar) et que le nom d'Erythea désignait l'une des îles Fortunées. »

— Strabon

Hérodote, au cinquième siècle avant notre ère, mentionne une ville assez puissantes pour aider au financement des murailles de Phocée[3] :

« Les Phocéens sont les premiers chez les Grecs qui aient entrepris de longs voyages sur mer, et qui aient fait connaître la mer Adriatique, la Tyrrhénie, l'Ibérie et Tartessus. Ils ne se servaient point de vaisseaux ronds, mais de vaisseaux à cinquante rames. Étant arrivés à Tartessus, ils se rendirent agréables à Arganthonius, roi des Tartessiens, dont le règne fut de quatre-vingts ans, et qui en vécut en tout cent vingt. Les Phocéens surent tellement se faire aimer de ce prince, qu'il voulut d'abord les porter à quitter l'Ionie pour venir s'établir dans l'endroit de son pays qui leur plairait le plus ; mais, n'ayant pu les y engager, et ayant dans la suite appris d'eux que les forces de Crésus allaient toujours en augmentant, il leur donna une somme d'argent pour entourer leur ville de murailles. Cette somme devait être considérable, puisque l'enceinte de leurs murs est d'une vaste étendue, toute de grandes pierres jointes avec art. C'est ainsi que le mur des Phocéens fut bâti. »

— Hérodote

Il situe Tartessos au niveau des Colonnes d'Hercule (le moderne détroit de Gibraltar)[4] et fait de la ville un comptoir commercial avec lequel les Grecs font des affaires très profitables :

« Ils (des marins Grecs de Samos) passèrent les colonnes d'Hercule, et arrivèrent à Tartessus, sous la conduite de quelque dieu. Comme ce port n'avait point été jusqu'alors fréquenté, ils firent, à leur retour, le plus grand profit sur leurs marchandises qu'aucun Grec que nous connaissions ait jamais fait. »

— Hérodote

Sources romaines[modifier | modifier le code]

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Selon Pline l'Ancien[5], « Carteia [est] appelée par les Grecs Tartessos ». La Carteia romaine est une ville maritime dont les ruines se situent dans la baie de Gibraltar, sur le territoire de San Roque. Cette localisation est reprise par les géographes modernes[6].

Références bibliques[modifier | modifier le code]

Il est probable[7] que la Tartessos des Grecs soit la Tarsis des Hébreux qui en font une ville richissime, commerçant avec Tyr.

« Ceux de Tarsis trafiquaient avec toi (Tyr),
À cause de tous les biens que tu avais en abondance ;
D’argent, de fer, d’étain et de plomb,
Ils pourvoyaient tes marchés[8]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Périégèse (Description de la Grèce en 10 livres) livre 6, XIX, 2
  2. Strabon, Géographie, livre III, 2, 11
  3. Hérodote, Histoires, livre I, 163
  4. Hérodote, Histoires, livre IV, 192
  5. Histoires naturelles, III
  6. Tartesse, Paris, L’Encyclopédie,  Fac-similé disponible sur Wikisource (Wikisource)
  7. Tharsis, Paris, L’Encyclopédie,  Fac-similé disponible sur Wikisource (Wikisource)
  8. Livre d’Ézéchiel Fac-similé disponible sur Wikisource (Wikisource)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) L. Abad, Consideraciones en torno a Tartessos y los orígenes de la cultura ibérica, Archivo Español de Arqueología n°52, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Jaime Alvar et José María Blázquez, Los enigmas de Tartessos, Madrid, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) J. M. A. Blazquez, Tartessos y Los Origenes de la Colonizacion Fenicia en Occidente, Université de Salamanque, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) J. Chocomeli Galán, En busca de Tartessos, Valencia,
  • (es) F. Gonzalez de Canales Cerisola, Del Occidente Mítico Griego a Tarsis-Tarteso –Fuentes escritas y documentación arqueológica-, Madrid, Biblioteca Nueva, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) F. Gonzalez de Canales, J. Llompart et L. Serrano, El Emporio Fenicio-Precolonial de Huelva, ca. 900-770 a.C., Madrid, Biblioteca Nueva, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Gras, Pierre Rouillard et Javier Teixidor, L'univers Phénicien, Paris, Hachette, Document utilisé pour la rédaction de l’article

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Articles connexes[modifier | modifier le code]