Enfouissement de jeux vidéo par Atari

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Enfouissement de jeux vidéo par Atari
Un homme travaille, sur un amoncellement de déchets Atari retrouvés lors de l'excavation qui s'est déroulée en 2014, mêlés à divers papiers, plastiques, des gravas et de la terre, jonchant le sol de la déchetterie de la ville d'Alamogordo.
Déchets Atari retrouvés lors de l'excavation de 2014

Lieu de l'enfouissement : Alamogordo, Nouveau-Mexique
Drapeau des États-Unis États-Unis
Date de l'enfouissement :
Causes : Difficultés financières d'Atari ;
Surproduction de cartouches de jeu.
Conséquences : Sans preuves, l'enfouissement devient un mythe de la culture vidéoludique.
Date de l'excavation :
Causes : Réalisation par Fuel Industries d'un reportage sur l'histoire des jeux vidéo.
Conséquences : À peu près 1 500 cartouches et du matériel Atari sont découvert dans les déchets déterrés.
Date de mise aux enchères :
Détails : Près de 500 cartouches de jeu sont données à divers musées à travers le monde, le reste est mis aux enchères.

L'enfouissement de jeux vidéo par Atari est un événement qui s'est déroulé en dans une décharge située à Alamogordo au Nouveau-Mexique.

En 1983, l'entreprise de jeu vidéo Atari Inc. enfouit de nombreuses cartouches de jeu vidéo et des consoles de jeu invendues dans la décharge d'Alamogordo, à la suite de mauvais résultats commerciaux. Les causes de cette action sont essentiellement économiques : il s'agit de réduire les stocks afin de bénéficier d'allègements fiscaux. Il est généralement admis que les jeux vidéo enfouis étaient notamment E.T. the Extra-Terrestrial, l'un des plus grands échecs commerciaux de l'histoire du jeu vidéo, et la version de Pac-Man sortie sur Atari 2600, succès commercial mais décrié par la critique.

Sitôt l'opération d’enfouissement rapportée par la presse, des doutes ont été émis sur la véracité et sur l'étendue des faits ; certains ont longtemps considéré qu'il s'agissait d'une légende urbaine. Cet événement est cependant devenu une sorte d'icône culturelle, symbolisant le krach du jeu vidéo de 1983 et a été le point d'orgue d'une année fiscale désastreuse pour Atari, finalement revendue en 1984 par sa société mère Warner Communications.

Le , dans le cadre d'un documentaire, des centaines de copies du jeu vidéo E.T. the Extra-Terrestrial, ainsi que d'autres jeux Atari, sont déterrés à Alamogordo. Cette découverte vient ainsi confirmer les faits relevants jusqu'alors de la légende. En novembre 2014, une vente sur eBay permet d'écouler des cartouches de jeux divers pour un total de 37 000 dollars. Une cartouche E.T. est alors vendue au prix de 1 537 dollars.

Contexte historique et économique[modifier | modifier le code]

Alamogordo, au Nouveau-Mexique, ville ou les enfouissements par Atari ont eu lieu.

Difficultés financières[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Krach du jeu vidéo de 1983.

En 1976, la société Atari Inc. est rachetée par la Warner Communications pour 28 millions de dollars, et voit sa valeur nette croître jusqu'à 2 milliards de dollars en 1982. À cette époque, Atari représente 80 % du marché du jeu vidéo, et plus de la moitié du chiffre d'affaires de sa société mère, rapportant près de 65 à 70 % des bénéfices d'exploitation[1].

À la fin de l'année 1982, la croissance prévisionnelle du chiffre d'affaires de l’entreprise est estimée à 50 % pour l'année 1983. Cependant, le , Atari dévoile que ses revenus ont seulement augmenté de 10 à 15 %. Le lendemain, la Warner Communications voit le prix de ses actions baisser d'un tiers et clôt le trimestre avec une baisse vertigineuse de ses bénéfices de 56 %. De plus, 23 minutes avant de divulguer officiellement les résultats d'Atari, en deçà des estimations prévues initialement, le PDG d'Atari, Ray Kassar, revend 5 000 actions de la Warner Communications. Ray Kassar est plus tard mis en cause au sujet de cette vente pour des soupçons de délits d'initié, mais blanchi par la Securities and Exchange Commission (SEC). En effet, ces 5 000 actions ne représentent en fait qu'une petite partie de son portefeuille d'actions dans cette société. Kassar, lavé de tout soupçon, doit toutefois quitter son poste à la présidence de l'entreprise en juillet 1983[2]. Par la suite, Atari connait des pertes de près de 536 millions de dollars en 1983, conduisant la Warner Communications à vendre l'entreprise en 1984[3].

Productions problématiques[modifier | modifier le code]

Une console Atari 2600, identique à celles suspectées d'avoir été enfouies avec les cartouches de jeux invendus par Atari[4].
Article détaillé : E.T. the Extra-Terrestrial.

La tendance d'Atari à faire porter ses jeux d'arcade sur console de salon lui permet de connaître quelques-uns de ses plus grand succès commerciaux, comme avec le portage de l'un de ses titres phares, Asteroids, ou des versions sous licence, notamment avec Space Invaders de Taito, ou encore avec Pac-Man de Namco. Lorsque Atari sort Pac-Man, un portage du jeu d'arcade éponyme de Namco sur la console Atari 2600, la société est convaincue que les ventes seront élevées, et fait donc produire quelque 12 millions de cartouches de jeu, alors que l'entreprise n'a vendu qu'environ 10 millions de consoles Atari 2600[1].

Pensant que le jeu va devenir un énorme succès, Atari prévoit que celui-ci va rapporter, selon ses propres estimations, environ 500 millions de dollars ; de plus, Atari suppose que la vente du jeu va booster les ventes de consoles Atari 2600[5],[6]. Mais, à sa sortie en , la version Atari du jeu Pac-Man est critiquée, à cause de son très mauvais système de jeu, et même si le jeu se vend à près de 7,7 millions d'exemplaires, il laisse Atari avec un stock de près de 5 millions de cartouches invendues. Le problème s'amplifie avec le retour de cartouches chez les détaillants, dont les clients demandent le remboursement[7],[1].

En raison des problèmes causés par les ventes moins importantes que prévues de sa version de Pac-Man, Atari fait face à une autre grande difficulté, en raison de son adaptation du film E.T. l'extra-terrestre en jeu vidéo. Le jeu tiré du film, intitulé E.T. the Extra-Terrestrial[8], est le résultat d'un accord entre la Warner Communications et le réalisateur du film, Steven Spielberg. Le concept de réaliser un jeu vidéo basé sur l'univers d'un film, plutôt que de se baser sur le portage d'un jeu arcade ou d'une franchise à succès, n'avait encore jamais été tenté jusque-là[1].

Warner Communications dévoile plus tard avoir payé entre 20 et 25 millions de dollars pour acquérir les droits de la franchise, une somme assez importante à l'époque pour une licence concernant un jeu vidéo. Atari fait produire 5 millions de cartouches du jeu ; cependant, lors de sa sortie en , E.T. the Extra-Terrestrial ne se vend qu'à 1,5 millions d'exemplaires et laisse Atari avec plus de la moité de ses stocks sur les bras[9]. Le jeu, très fortement critiqué dès sa sortie, est considéré comme l'un des pires jeux jamais réalisés[10]. En , Earl Paige, du Billboard, signale un grand nombre croissant d'invendus d'E.T. the Extra-Terrestrial. Cette mévente importante incite les détaillants à exiger le retour des cartouches du jeu chez le fabricant[11].

Les échecs cumulés de ces deux titres sont aggravées par les décisions stratégiques prises par Atari en 1981. Certain d'avoir de fortes ventes, l'entreprise exige de ses distributeurs qu'ils passent commande des productions Atari en une seule fois pour toutes l'année 1982. Cependant, les ventes de jeux vidéo en 1982 ralentissent, et les distributeurs, ayant commandé en masse en espérant un chiffre d'affaires élevé, n'ont d'autre choix que de retourner de grandes quantités d'invendus à Atari. En conséquence, Atari Inc. se trouve bientôt en possession d'environs 10 millions de cartouches de jeux vidéo pour ainsi-dire inutiles, étant tout à fait incapable de les vendre[1],[12].

Enfouissement[modifier | modifier le code]

Panorama de la ville d'Alamogordo.

En , l'Alamogordo Daily News, un journal local de la ville d'Alamogordo au Nouveau-Mexique, rapporte dans une série d'articles qu'entre dix et vingt semi-remorques[13], chargés de cartons Atari, comprenant des cartouches et des systèmes de jeu provenant d'une réserve d'Atari à El Paso, sont déchargés et que leur contenu est enterré dans un terrain de décharge au sein de la ville. C'est la première fois qu'Atari lance une mise en décharge. Ce lieu est choisi car les fouilles sont interdites et les ordures sont écrasées et enterrées durant la nuit. Pour expliquer l'enfouissement, Atari prétexte être en train de passer de la console de jeu Atari 2600 à l'Atari 5200[14], mais cela est finalement démenti par un employé[15]. Le représentant officiel d'Atari, Bruce Enten, déclare que l'entreprise vidéoludique a principalement envoyé à la décharge d'Alamogordo du matériel cassé ou retourné par les clients, car ne fonctionnant plus, et qu'il s'agit en grande partie « de choses inutilisables »[16].

La décharge se trouve dans la partie sud de la ville d'Alamogordo (Nouveau-Mexique).

Le , l'agence de presse United Press International rapporte que des personnes ont vu les opérations d'enfouissement : celles-ci déclarent que les objets jetés comprennent des cartouches de jeux populaires, dont E.T. the Extra-Terrestrial, Pac-Man, Ms. Pac-Man et des consoles de jeu[17]. L'agence de presse Knight Ridder signale également que « les enfants de cette ville de 25 000 habitants sont venus pour piller la tombe d'Atari et sont repartis avec des cartouches de jeu E.T. the Extra-Terrestrial, Raiders of the Lost Ark, Defender et Berzerk »[18],[19].

Le , The New York Times rapporte l'histoire de l'enfouissement de matériels d'Atari au Nouveau-Mexique. Un représentant d'Atari confirme l'histoire au journal, indiquant que l'inventaire mis au rebut provient de l'usine d'Atari à El Paso, qui allait être fermé et transformé en centre de recyclage[20]. Les rapports notent que le site a été surveillé pour empêcher des journalistes et le public de connaître le contenu de l’enfouissement. L'article du Times précise le nombre de 14 semi-remorque, mais ne suggère aucun titre de jeux détruits[20], mais les rapports ultérieurs relient généralement l'histoire de l’enfouissement avec l'échec bien connu du jeu E.T.. De plus, le titre « City to Atari: 'E.T.' trash go home[Note 1] », dans une édition de l'Alamogordo News, semble indiquer que certaines des cartouches étaient celles d'E.T., mais par la suite, le titre est précisé avec humour : « E.T. » signifie « Extra-territorial » ; de plus, l'article ne mentionne pas implicitement le jeu[13].

À partir du , une dalle de béton est coulée sur les objets Atari concassés, un événement rare dans le domaine de l'élimination des déchets. Un employé resté anonyme indique que le béton a été coulé car il y a des animaux morts dans la décharge et que le béton est utilisé pour éviter que les enfants ne se blessent en creusant. Cependant, Debora L. Carr rapporte dans son livre Home on the Strange que la dalle de béton est coulée sur demande d'Atari. En effet, les cassettes chipées par les enfants se retrouvent dans les magasins de jeux vidéo d'occasion de la région et c'est à partir de ce moment-là qu'Atari passe un accord avec la décharge pour qu'elle recouvre les déchets par une couche de béton[21]. Finalement, la ville d'Alamogordo commence à protester contre la grande quantité de déchets Atari en train d’affluer, indiquant qu'elle ne veut pas devenir un dépôt des déchets industriels d'El Paso. Le gestionnaire local de la décharge ordonne l'arrêt de l'enfouissement peu de temps après. À cause de cet enfouissement, la ville d'Alamogordo a par la suite adopté une loi de « gestion des urgences » (Emergency Management Act) et a créé un service appelé Emergency Management Task Force pour gérer les problèmes d'urgence éventuels. Le maire d'Alamogordo, Henry Pacelli, a précisé qu'il ne désirait plus voir de nouveau de telles pratiques dans sa ville[Note 2].

Postérité[modifier | modifier le code]

Tous ces informations conduisent à des spéculations sur cet événement, laissant penser que la quasi-totalité des 3,5 millions de cartouches invendues d'E.T. the Extra-Terrestrial ont en définitive fini dans cette décharge, le matériel étant concassé et recouvert de béton[22]. Il est également suggéré que des prototypes du projet de contrôleur de jeu Atari MindLink ont été détruits sur le site[21], ce qui n'a fait qu'alimenter les spéculations, alors que le propriétaire du Musée Atari, Curt Vendel, détenait des prototypes du MindLink[23].

Les informations contradictoires gravitant autour de l'enfouissement mènent à la revendication de celui-ci comme une légende urbaine[24], sous l’appellation « E.T. Dump[Note 3] », conduisant à un certain degré de scepticisme sur la véracité de l'enfouissement en lui-même, et sur la pertinence de l'amalgame entre cet événement et le ralentissement de l'industrie vidéoludique débutant à la même époque[25],[26]. De plus, la console Atari 2600 est la première console vendue massivement, ce qui a permit de faire rentrer le jeu vidéo dans les foyers. L'importance de la console était énorme et personne n'a cru que des jeux ou des consoles pouvaient être détruits[27].

Plus récemment, en , Howard Scott Warshaw, un programmeur responsable du jeu E.T. the Extra-Terrestrial, exprime des doutes, en précisant que la destruction de millions d'exemplaires du jeu n'a jamais eu lieu. Warshaw estime également que la chute d'Atari est davantage le résultat de ses pratiques commerciales, notamment le prétendu block booking, méthode de rachat en masse auprès des distributeurs de jeux difficiles à vendre en échange du placement de jeux à succès, plutôt que l'échec commercial d'un jeu spécifique[28]. Ce point de vue est repris par Travis Fahs d'IGN, qui croit que les problèmes d'Atari, y compris son énorme surplus de stocks d'invendus, sont le résultat de la surestimation de la durée de vie et de la quantité des ventes de consoles Atari 2600 par la société vidéoludique, plutôt que la mauvaise qualité d'un jeu en particulier[29].

John Wills, journaliste de la Pacific Historical Review, décrit également l'enfouissement comme une légende urbaine, le qualifiant de « largement reconnu mais rarement justifié ». Wills croit que l'emplacement de l'endroit choisi et sa proximité avec la zone de tests nucléaires Trinity, ainsi que la zone de l'incident de Roswell, a influencé la psyché du public et a contribué à la popularité de l'histoire[30].

L'incident également devient une sorte de symbole de représentation culturelle du krach du jeu vidéo de 1983 en Amérique du Nord, souvent citée comme un récit édifiant sur l'orgueil de mauvaises pratiques commerciales, malgré l'idée que l'enterrement ait permis à Atari de diminuer ses stocks de matériel afin de bénéficier d’allègements fiscaux[31],[32],[33].

La postérité de l’enfouissement le conduit à être ancré dans la culture populaire. Par exemple, le clip vidéo de la chanson When I Wake Up de Wintergreen présente le groupe se déplaçant sur le site d'enfouissement et déterrant des cartouches abandonnées[34]. Le réalisateur de la vidéo, Keith Schofield, a auparavant travaillé sur des vidéos avec des musiques de jeux vidéo en fond sonore[35]. Le roman Lucky Wander Boy de D. B. Weiss comporte une scène qui se déroule en dehors d'Alamogordo, dans laquelle deux des personnages discutent d'un parking qui a été construit sur le site de l'enfouissement[36]. Le scénario du film Angry Video Game Nerd: The Movie sorti en 2014, tourne autour de l'histoire de l'enfouissement de 1983[37].

Excavation[modifier | modifier le code]

L'excavation de la décharge. Des boîtes de Yars' Revenge, Star Raiders, Pac-Man, Space Invaders, Defender et Warlords sont visibles.
Preuve de E.T., Centipede, et d'autres matériels Atari découverts lors de la fouille.

Le , l'Alamogordo City Commission accorde à l'entreprise canadienne de divertissement Fuel Industries un permis de six mois d'accès à la décharge, afin de filmer un documentaire sur l'enfouissement, et pour lancer les fouilles sur le site[38]. C'est Simon Chinn et Jonathan Chinn (qui ont respectivement produit le documentaire Man on Wire, et l'émission de télévision 30 Days[39]), les directeurs de Lightbox, qui ont approché Mike Burns, CEO de Fuel Industries au sujet de l'enfouissement[40], mais au départ le but est uniquement de documenter le processus et découvrir ce qui a vraiment été enseveli. Cependant, dès que la nouvelle des futures fouilles s'est répandues, d'autres intérêts sont venus se greffer au projet[27].

Le 19 décembre 2013, Xbox Entertainment Studios annonce la création d'une série de documentaires produits par la société de production américano-britannique Lightbox, sur l'émergence de l'ère digitale. Le premier est centré sur l'enfouissement mystérieux qui à eu lieu à Alamogordo. Xbox Entertainment Studios prévoit de diffuser en 2014 le documentaire en exclusivité sur la Xbox One et Xbox 360[41],[39].

Malgré une interruption temporaire[42], en raison d'une plainte de la New Mexico Environmental Protection Division Solid Waste Bureau, prétextant des dangers potentiels, les complications sont réglées début , permettant aux travaux de débuter[40]. L'excavation est lancée le 26 avril 2014 et ouverte au public[43]. Le designer d'E.T. the Extra-Terrestrial, Howard Scott Warshaw, et le réalisateur, Zak Penn, assistent à l'événement dans le cadre du documentaire[44], ainsi que des habitants d'Alamogordo comme Armando Ortega, un fonctionnaire de la ville qui serait l'un des enfants ayant pillé la décharge en 1983[45],[46],[47],[48],[49].

James Heller, le manager d'Atari à l’époque chargé de l'enterrement, est également sur place lors des fouilles et révèle à l'Associated Press que c'est lui qui avait ordonné de couler une chape de béton sur les déchets[50]. Contrairement à la légende urbaine qui prétend que des millions de cartouches ont été enterrées[51], Heller déclare que seulement 728 000 cartouches avaient été enfouis[50]. Les vestiges des cartouches d'E.T. the Extra-Terrestrial et d'autres jeux Atari sont découverts dans les premières heures de l'excavation, rapporte Larry Hyrb de Microsoft, confirmant ainsi la légende[52],[53],[54]. Retrouver des jeux E.T. ne représentant que 10 % de la totalité des jeux déterrés, ainsi que d'autres cartouches de jeu du catalogue Atari, confirme que prétexter qu'E.T. est le pire jeu de tous les temps n'est pas la plus grande raison qui a poussé l'entreprise à mettre au rebut ses stocks[54],[55]. Pour Curt Vendel, auteur du livre Atari Inc.: Business is Fun en 2012 sur l’histoire d'Atari, l'entreprise a pris de plein fouet la saturation du marché du jeu vidéo d'arcade, la compétition d'autres entreprises du jeu vidéo et des retours en masse de cartouches en provenance des détaillants. C'est une situation qu'Atari n'avait jamais rencontré et à laquelle elle n'était pas préparée[56].

Finalement, le documentaire Atari: Game Over, qui porte sur le site de la décharge et les fouilles qui ont eu lieu, est diffusé le 20 novembre 2014. Réalisé par Zak Penn (réalisateur d'Incident au Loch Ness et co-scénariste d'Avengers et X-Men : L'Affrontement final[39]), Atari: Game Over est proposé gratuitement sur le service Xbox Video (Microsoft Movies & TV) de la console de jeux vidéo du même nom[57],[58].

Mises aux enchères[modifier | modifier le code]

Le 10 septembre 2014[59], le conseil municipal d'Alamogordo (Alamogordo City Council) dévoile la mise aux enchères de 800 des 1 300 cartouches de jeux excavées au mois de mai 2014[60]. La décision est prise à l'unanimité de sept votes[61]. Joe Lewandowski, le superviseur de l'excavation, déclare que les 500 dernières cartouches détenues par la Tularosa Basin Historical Society, qui sont stockées au musée New Mexico Museum of Space History à Alamogordo, seraient offertes à des musées du monde entier[62]. Les ventes sont prévues petit à petit, deux semaines plus-tard sur le site web du Alamogordo City Council et sur eBay et se terminent deux semaines avant Noël 2014[63].

« [It's like watching] a phoenix rising from the desert[Note 4] »

— déclaration de Joe Lewandowski au sujet de la mise en vente[64].

Les ventes sur eBay rapportent 37 000 $ à la mi-novembre 2014[65] et ont continué jusqu'à la fin de l'année[66],[67]. Une des cartouches E.T. dans son emballage d'origine s'est notamment vendue au prix de 1 537 $[68],[69].

En décembre 2014, une des cartouches déterrées de jeu E.T. a été récupérée par la Smithsonian Institution pour son aspect à la fois représentatif du site d'enfouissement, mais aussi pour son aspect marquant de l'histoire vidéoludique, représentant « le défi permanent de faire une bonne adaptation de film en jeu vidéo, le déclin d'Atari, la fin d'une époque pour la fabrication de jeux vidéo, et le cycle de vie d'une la cartouche de jeu vidéo »[70].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traduction :
    « Ville à Atari : Déchets E.T. rentrent maison. »
    En référence aux répliques du film E.T. l'extra-terrestre.
  2. « We do not want to see something like this happen again. »
    Traduction :
    Nous ne voulons pas que de telles choses se reproduisent.
  3. Traduction :
    « La décharge d'E.T. » ou « la poubelle d'E.T. ».
  4. Traduction :
    « C'est comme voir un phœnix renaitre du désert » … ou de ses cendres.

Références[modifier | modifier le code]

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  3. (en) David E. Sanger, « WARNER SELLS ATARI TO TRAMIEL », sur The New York Times,‎ (consulté le 24 août 2015).
  4. (en) John Hubner et William F. Kistner Jr., « What went wrong at Atari? », InfoWorld, no 49,‎ , p. 145–155 (lire en ligne).
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  11. (en) Earl Paige, « Video Game Firms Ready Formal Returns Policies », Billboard, no 95,‎ , p. 1, 21.
  12. (en) Giselle Bisson, « Atari: From Starting Block from Auction Block », InfoWorld,‎ (lire en ligne).
  13. a et b (en) Marian McQuiddy, « City cementing ban on dumping: Landfill won't house anymore "Atari rejects" », Alamogordo Daily News,‎ .
    Citation :
    The number of actual trucks which have dumped locally was not known. Local BFI officials put it at 10. However, corporate spokesmen in Houston say it was closer to 20; and city officials say it is actually 14. (« Le nombre exact de camions ayant déchargé n'est pas connu. Les officiels locaux du BFI l'ont estimé à 10. Néanmoins, les porte-paroles de la compagnie à Houston ont dit qu'il était plus proche de 20 ; les responsables de la ville disent qu'il y en a en fait eu 14. »).
  14. (en) Marian McQuiddy, « Dump here utilized », Alamogordo Daily News,‎ .
    Citation :
    Moore said the truck drivers told him the reason they were dumping the games is that they are changing from series 2600 to 5200 games, due to excessive amount of black-marketing. (« Moore a précisé que les conducteurs des camions lui avait dit que la raison pour laquelle les jeux étaient enterrés était qu'Atari passait de la 2600 à la console 5200 à cause d'un marché noir trop important. »).
  15. (en) Marian McQuiddy, « City cementing ban on dumping: Landfill won't house anymore Atari rejects », Alamogordo Daily News,‎ .
    Citation :
    He identified himself as being from Atari, but would not give his name. He also said the burial of the items did not mean a move away from the 2600 series of Atari games towards just offering the Atari 5200, and said the items buried were just cartridges. (« Il s'est présenté comme quelqu'un de chez Atari mais n'a pas voulu donner son nom. Il a dit que l'enfouissement n’était pas du à un changement de console et que les pièces enterrées étaient uniquement que des cartouches de jeux. »).
  16. (en) Raiford Guins, Game After: A Cultural Study of Video Game Afterlife, MIT Press,‎ , 376 p. (ISBN 978-0-262-01998-9, lire en ligne), p. 221.
    Citation :
    inoperable stuff (« trucs inutilisable. »).
  17. (en) UPI, « City dump gobbles Pacman », The Hawk Eye,‎ .
    Citation :
    People watching the operation said it included cassettes of the popular video games E.T., Pac-Man, Ms. Pac-Man, the consoles used to convey the games to television screens and high-priced personal computers. (« Les personnes qui ont vu les opérations d'enfouissement ont déclaré que parmi les objets jetés figuraient des cartouches de jeux populaires comme E.T., Pac-Man, Ms. Pac-Man, des consoles permettant de faire fonctionner les jeux sur les écrans de télévision, et des ordinateurs personnels haut de gamme. »).
  18. (en) Knight-Ridder, « Pac Kids gobble up dumped Atari cartridges », Chronicle-Telegram,‎ .
    Citation :
    kids in this town of 25,000 began robbing the Atari grave, coming up with cartridges of such games as E.T., Raiders of the Lost Ark, Defender, and Berzerk. (« Des enfants de cette ville de 25 000 habitants sont venus pour piller la tombe d'Atari et sont repartis avec des cartouches de jeu E.T. the Extra-Terrestrial, Raiders of the Lost Ark, Defender et Berzerk »).
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Vidéos externes
[vidéo] (en) Why Did Atari Bury E.T. the Video Game in a New Mexico Landfill

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]