Chien-Shiung Wu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chien-Shiung Wu (吴健雄)
Description de cette image, également commentée ci-après

Chien-Shiung Wu à l'Université de Columbia en 1958

Naissance
Shanghai (Chine)
Décès (à 84 ans)
New York (États-Unis)
Nationalité Chinoise, américaine
Domaines physique nucléaire
Institutions Université Columbia
Université de Zhejiang
Diplôme Université nationale centrale à Nankin, Chine
Université de Californie à Berkeley
Renommée pour Preuve expérimentale de la violation de la parité dans les interactions faibles
Distinctions Prix Wolf de physique 1978

Chien-Shiung Wu (en chinois simplifié : 吴健雄, traditionnel : 吳健雄, et en pinyin : Wú Jiànxíong), née le à Shanghai et morte le à New York, est une physicienne sino-américaine, spécialiste de physique nucléaire.

Elle a travaillé à l'enrichissement de l'uranium pour le Projet Manhattan, puis démontré expérimentalement en 1956 la non-conservation de la parité dans les interactions faibles, proposée sur des bases théoriques quelques mois auparavant par Lee et Yang.

En Chine[modifier | modifier le code]

Chien-Shiung Wu est née dans la ville de Liuhe à Taicang dans la province du Jiangsu en Chine[1] le 31 mai 1912[2]. Elle est la deuxième d’une famille de trois enfants. Son père se nomme Wu Zhong-Yi (吳仲 裔) et sa mère, Fan Fu-Hua (樊復華). Ses parents veulent que le premier symbole du prénom de leurs enfants soit Chien. Le symbole suivant vient de la phrase Ying-Shiung-Hao-Jie qui signifie «héros et personnalités exceptionnelles». En conséquence, elle a un frère aîné Chien-Ying et un frère cadet Chien-Hao[3]. Wu et son père sont extrêmement proches et celui-ci encourage ses intérêts avec ferveur, s’assurant qu’elle soit dans un environnement où elle est entourée de livres, de magazines et de journaux.[4]

Wu va à l’école primaire Ming De[3], une école pour filles fondée par son père[5], un défenseur de l’égalité des sexes. En 1923, à l'âge de 11 ans, elle quitte sa ville natale pour étudier à l'École normale pour femmes #2 de Suzhou. Il s'agit d'un internat qui offre une formation pour enseignants ainsi que des cours d’une école secondaire régulière. L'admission à la formation des enseignants est plus compétitive, car elle ne demande pas de frais de scolarité et garantit un emploi en fin d'études. Bien que sa famille aurait pu payer, Wu choisit l'option la plus compétitive et est classée neuvième parmi les 10 000 candidatures.[6]

En 1929, Wu termine ses études parmi les meilleurs de sa classe et est admise à l'Université nationale centrale de Nankin. Selon les règlements gouvernementaux de l'époque, les étudiants souhaitant travailler comme professeur au niveau universitaire doivent préalablement être enseignant pendant un an. Elle enseigne ainsi à l'école publique de Shanghai, dont le président est le philosophe Hu Shi, dont elle avait pris sa classe.[7][8]

De 1930 à 1934, Wu étudie à l'Université centrale nationale (plus tard renommée l'Université de Nanjing et réintégré à Taiwan) d'abord en mathématiques, mais elle change ensuite à la physique.[9] Elle s'implique alors dans la politique étudiante. À l’époque, les relations entre la Chine et le Japon sont tendues, et les étudiants exhortent le gouvernement de prendre une position plus sévère envers le Japon. Wu est élue par ses collègues comme l'un des leaders étudiants parce qu'ils estiment que son implication serait pardonnée, ou du moins négligée par les autorités étant donné qu'elle est l'une des meilleurs étudiants de l'université. Elle prend donc grand soin de ne pas négliger ses études.[10] Elle mène des manifestations qui comprenaient un sit-in au palais présidentiel de Nanjing où les étudiants sont rencontrés par Chiang Kai-shek.[11]

Après l'obtention de son diplôme, elle fait deux ans d’études supérieures en physique et travaille comme assistant à l'Université de Zhejiang. Elle devient chercheuse à l'Institut de physique de l'Academia Sinica. Sa superviseure est la professeure Gu Jing-Wei qui a obtenu son doctorat à l'étranger à l'Université du Michigan. Elle encourage Wu à faire de même et celle-ci est acceptée à l'Université du Michigan. Son oncle, Wu Zhou-Zhi, lui fournit les fonds nécessaires.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Chien-Shiung Wu en 1963.

Elle s'embarque pour les États-Unis avec une amie chimiste de Taicang, Dong Ruo-Fen (董若芬), sur le bateau SS President Hoover en août 1936. Ses parents et son oncle sont présents lors de son départ. Elle ne reverra plus jamais ses parents par la suite.[12] Wu étudie à l'Université de Californie à Berkeley sous la direction d'Ernest Lawrence et passe son doctorat en 1940.

Deux ans plus tard, elle épouse Luke Chia-Liu Yuan, physicien également. Ils ont un fils, Vincent (袁緯承), qui deviendra lui aussi physicien. La famille déménage sur la côte est, où Wu enseigne au Smith College, à l'université de Princeton (1942-1944), puis à l'université Columbia (1944-1980).

À Columbia, elle contribue au Projet Manhattan en développant un processus pour séparer les isotopes d'uranium par diffusion gazeuse, et en développant des compteurs Geiger améliorés. Elle assiste personnellement Lee dans son travail sur les lois de parité (avec Yang), en validant par l'expérience avec sa propre équipe les hypothèses qu'ils ont émises : elle montre en 1956 que la parité est violée lors de la désintégration β d'atomes de cobalt 60. Cette contribution est considérée comme fondamentale dans la validation des lois[13], mais elle ne partagea pas leur prix Nobel – un fait souvent attribué au sexisme du comité de sélection.

Son livre Beta decay (La Désintégration β), publié en 1965, est encore une référence standard pour les physiciens nucléaires.

Plus tard, elle dirigea des recherches sur les changements de conformation de la molécule d'hémoglobine, responsables de l'anémie falciforme.

Wu a posé des jalons pour l'avancement des femmes en plusieurs occasions. Elle fut notamment :

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

À sa mort, Wu était titulaire de la chaire de professeur émérite de physique Pupin de l'université Columbia.

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Chien-Shiung Wu » (voir la liste des auteurs).

  1. Hammond 2007, p. 1.
  2. R. Garwin et T.-D. Lee, « Chien-Shiung Wu », Physics Today, vol. 50, no 10,‎ , p. 120 (DOI 10.1063/1.2806727, Bibcode 1997PhT....50j.120G)
  3. a et b Chiang 2014, p. 3–5.
  4. McGrayne 1998, p. 254–260.
  5. Wang 1970–80, p. 364.
  6. Chiang 2014, p. 11.
  7. Chiang 2014, p. 15–19.
  8. (zh) « 吴健雄 » [archive du ], China Network (consulté le 16 août 2015)
  9. (en) M. Weinstock, « Chien-Shiung Wu: Courageous Hero of Physics », Scientific American,‎ (lire en ligne)
  10. Noemie Benczer-Koller, « Chien-Shiung Wu 1912–1997 », National Academy of Sciences,‎ (lire en ligne)
  11. Chiang 2014, p. 30–31.
  12. Chiang 2014, p. 31–34.
  13. « La violation de parité dans les interactions faibles - Un miroir brisé qui fait le bonheur des physiciens », CEA, Lhuilier, 8 décembre 2006 télécharger

Liens externes[modifier | modifier le code]