Jeanne Barret

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Jeanne Barret
Jeanne Barret.jpg

Jeanne Baré en uniforme de marin (1817).

Biographie
Naissance
Décès
Activités

Jeanne Barret (ou Baré, Baret, née Barer[1]), née le à La Comelle et morte à Saint-Antoine-de-Breuilh le , est la première femme à faire le tour du monde[2]. Elle est aventurière et botaniste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Les parents de Jeanne Barret étaient des agriculteurs non propriétaires soumis au métayage. Elle commence à travailler jeune, à Toulon-sur-Arroux. Elle assume les rôles d'aide de maison ou de gouvernante[3].

Rencontre avec Philibert Commerson et vie "commune"[modifier | modifier le code]

C'est en 1764 qu'elle rencontre et entre au service du botaniste Philibert Commerson, qui a perdu sa femme deux ans plus tôt et qui a la charge de son fils, Antoine-François Archambaud. Elle s'occupe des travaux ménagers, mais aide aussi Commerson à consigner, ranger et répertorier des documents liés à la botanique, au classement des végétaux, et à la réorganisation des jardins de Bourg-en-Bresse, Dijon ou encore Lyon[3].

Jeanne Barret s'impose peu à peu comme un bras droit ordonné et méthodique aux recherches de Philibert Commerson, et sa curiosité lui confère un sens de l'initiative et de l'action qui vont lui servir toute sa vie.

Leurs liens se resserrent, mais rien n'est officialisé. Jeanne, toujours "femme de chambre", tombe enceinte, vraisemblablement de Philibert, et fin 1764 ils s'installent à paris, dans 2 logements différents[3].

Elle accouche en décembre, et son fils est directement confié à l'Assistance publique. Il mourra quelques mois plus tard.

Tour du monde[modifier | modifier le code]

En 1766, Philibert Commerson dépose sa candidature pour participer au premier tour du monde organisé par la Marine royale, sous le commandement de Louis Antoine de Bougainville. La requête est validée, et le 1er février 1767 à Rochefort, Commerson et Barret embarquent à bord de l'Étoile, l'un des deux navires de l'expédition. Il s'agit du bateau ravitailleur, plus petit et moins rapide que la Boudeuse, le fleuron de la traversée.

A cette époque, il est formellement interdit qu'une femme fasse partie de l'équipage d'un navire : « Par ordre du Roi, la présence de toute femme sur un bateau de Sa Majesté est interdite, sauf pour une courte visite; un mois de suspension sera requis contre l'officier qui contreviendrait à cet ordre et quinze jours de fer pour un membre de l'équipage qui, lui-même, n'y souscrirait point. » Pour embarquer à bord de l'Etoile, Jeanne Barret va donc se travestir. Elle se coupe les cheveux, porte des vêtement amples, bande sa poitrine et prend pour nom « Jean Baré ».Commerson la présente comme son valet[4].

Leur supercherie est découverte à Tahiti en 1768[5], mais Bougainville les laisse continuer le voyage jusqu'à l'Île de France, l'actuelle île Maurice, où il les débarque. Commerson y meurt le 13 mars 1773.

Désormais seule et sans ressources, Jeanne ouvre un cabaret à Port-Louis et rencontre un officier de marine français, originaire du Périgord, Jean Dubernat, qu'elle épouse le 17 mai 1774 dans la cathédrale Saint-Louis. Le couple rentre en France, bouclant ainsi le tour du monde. Jeanne ramène les récoltes botaniques de Commerson destinées au Jardin du roi, soit 30 caisses contenant quelque 5 000 espèces, dont 3 000 sont décrites comme nouvelles. Elle reçoit sa part de l'héritage de Commerson et le roi Louis XVI, qui reconnaît ses mérites comme aide-botaniste, la félicite pour sa bonne conduite, la désigne comme « femme extraordinaire » et lui verse une rente.

À sa mort en 1807[6], elle est enterrée au cimetière de l'église de Saint-Aulaye, située sur la commune de Saint-Antoine-de-Breuilh en Dordogne. Elle a eu un fils, né à Paris, en 1764 et mort en bas âge.

Bougainville la cite dans son récit de voyage[7], et Diderot dans son Supplément au voyage de Bougainville[8].

Son histoire est romancée dans La Bougainvillée, de Fanny Deschamps (1982).

Éponymie[modifier | modifier le code]

Au cours du voyage, Commerson lui dédie un arbuste de la famille des Meliaceae, Baretia bonnafidia. Néanmoins, l'espèce changera, par la suite, de nom pour devenir Turraea floribunda, synonyme de Turraea heterophylla[9].

Il faudra attendre plus de 200 ans pour qu'un nouveau taxon commémore le nom de Jeanne Barret : en 2012, une nouvelle espèce de Solanaceae découverte en Amérique du Sud est nommée Solanum baretiae en son honneur[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son orthographe varie suivant les textes.
  2. Jacques Le Goff, Patrimoine et passions identitaires, Fayard, , p. 82.
  3. a, b et c Benoît Heimermann, Femmes des pôles, Italie, Editions Paulsen, , 195 p. (ISBN 978-2-916-552-58-3), p.21, p.22
  4. Le nom retrouvé de Jeanne Baret, première circumnavigatrice et botaniste, Le Monde.
  5. Milbry Polk, Mary Tiegreen, Women of Discovery : A Celebration of Intrepid Women who Explored the World, Londres, Scriptum Editions, 2001, 256 p., (ISBN 978-1-90268-617-2), p. 40-1.
  6. Et non en 1816 comme indiqué par erreur par Henriette Dussourd. Voir Carole Christinat, Une femme globe-trotter avec Bougainville : Jeanne Barret (1740-1807) lire en ligne.
  7. Voyage autour du monde par la frégate du Roi La Boudeuse et la Flute, l'Etoile en 1766, 1767, 1768, et 1769 (1 volume, 1771 et 2 volumes, 1772).
  8. Le Supplément au voyage de Bougainville, ou Dialogue entre A et B sur l'inconvénient d'attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n'en comportent pas.
  9. The International Plant Names Index ne répertorie par ailleurs aucun genre Baretia ou Barretia, et par conséquent aucune espèce de ce genre potentiel.
  10. (en) Eric J. Tepe, Glynis Ridley et Lynn Boh, « A new species of Solanum named for Jeanne Baret, an overlooked contributor to the history of botany », PhytoKeys, vol. 8,‎ , p. 37-47 (DOI 10.3897/phytokeys.8.2101, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]