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Étoile (ballet)

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Étoile est le titre suprême accordé aux artistes de la danse dans la hiérarchie des grandes compagnies de danse.

Apparu en 1895 sous le terme de « sujet étoile » (sans explication), l'emploi de ce qualificatif commence à se généraliser à partir de 1897, lorsque le Bruxellois Joseph Hansen crée le ballet L'Étoile : « en effet, dans le livret, l'héroïne, censée être la meilleure, est qualifiée de « première danseuse, l'« étoile » de l'Opéra » »[1].

Devenu substantif, le terme se répand au début du XXe siècle et finit par désigner plus généralement le plus haut grade de la hiérarchie des compagnies de danse.

Photo d'une danseuse en tutu blanc mi-long parsemé de plumes et un collier de perles et une coiffe de plumes blanches.
Carte postale dédicacée par Josette Cerny, danseuse étoile du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, datée 25-11-16.

En Belgique

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Au début du XXe siècle, l'utilisation du terme étoile est courante au Théâtre de la Monnaie (s'y ajoute parfois l'appellation « demi-étoile »)[2]. Les théâtres régionaux l'emploieront également jusqu'au Ballet de Wallonie inclus.

Parmi les étoiles belges de la Monnaie formées par François Ambrosiny, dont Josette Cerny, Germaine d'Astra, Bella Darms, Sonia Mertens, Félyne Verbist a mené une carrière internationale et Marthe Coeck est devenue chorégraphe et la première maitresse de ballet de ce théâtre. Monique Querida, Andrée Marlière, Dolorès Laga, André Leclair sont les derniers car l'arrivée de Maurice Béjart met fin à la classification traditionnelle des emplois, ne laissant que deux niveaux : corps de ballet et solistes.

Dans l'espace germanophone

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Les équivalents sont « Erster Solotänzer » et « Erste Solotänzerin »[3].

Aux États Unis

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« Étoile » se traduit « principal dancer »[4] ou « principal »[5] dans le monde anglo-saxon. En règle générale, on utilise le terme « principal dancer » en référant au danseur individuel, et le terme « principal » en référant à la catégorie, à l'ensemble du troupe, comme sur les sites « Les artistes du ballet » de l'opéra concerné.

Manuel Legris, lors de ses adieux à la scène, le .

L'artiste est nommé danseur ou danseuse étoile à l'issue d'une représentation sur scène ; la plupart du temps issu de l'école de Danse de l'Opéra national de Paris, l'étoile a progressé dans la hiérarchie du corps de ballet en passant les concours de recrutement jusqu'au grade de premier danseur — il est rare qu'un sujet obtienne le titre d'étoile[réf. nécessaire] — ; des danseurs étrangers peuvent être également nommés, comme Ludmila Pagliero, Sae Eun Park et Hannah O'Neill . L'étoile fait ses adieux à la scène à l'âge de quarante-deux ans et demi (âge de départ à la retraite).

La première danseuse à être nommée étoile au sein de l'opéra de Paris est Suzanne Lorcia[N 1], promue « étoile » en juillet 1938, le titre d'étoile n'étant alors pas officiel ; les premières danseuses à recevoir officiellement le titre en France sont Lycette Darsonval et Solange Schwarz en 1940, tandis que l'année suivante, Serge Peretti est le premier homme à en bénéficier.

Les termes « primi ballerini » et « primi ballerini assoluti » sont synonymes d'étoiles, « primo ballerino » pour le danseur étoile, « prima ballerina » pour la danseuse étoile. Ces termes existent depuis 1805. Le Teatro alla Scala de Milan utilise les expressions « primo ballerino étoile »[6] ou « prima ballerina étoile »[7].

François Ambrosiny, chorégraphe et maitre de ballet à Bruxelles, Londres, Chicago et Paris, précise dans sa préface au livre d'Émile Bodeux, La Danse à travers les Âges et les Pays[8] :

« (…) le Théâtre de la Scala de Milan avait une école de danse très réputée dans le monde entier, grâce à l'exportation de ses sujets. En effet, après les examens de la classe de danse, celle qui recevait le premier prix devait aller faire un stage dans une ville étrangère. C'est ainsi que l'on exhibait des danseuses italiennes dans les principaux théâtres étrangers en leur donnant le titre de « première danseuse de la Scala de Milan ». Si cette danseuse obtenait du succès, si la critique lui consacrait des articles flatteurs, alors seulement elle était engagée à la Scala de Milan, où elle prenait le titre de « Première danseuse étoile de rang français ». Il est assez piquant de constater que cette danseuse comme toutes les danseuses italiennes indistinctement, avait fait son stage en Angleterre, en Russie ou ailleurs mais jamais en France. Une seule d'entre elles est venue faire son apprentissage d'étoile à Paris et elle y est restée. C'est Mlle Carlotta Zambelli, la célèbre Étoile de l'Opéra de Paris (…). »

Les théâtres impériaux de Russie, dont le théâtre Bolchoï et le théâtre Mariinsky décernent, dès la fin du XIXe siècle, le titre de « prima ballerina assoluta » aux danseuses de talent exceptionnel, Pierina Legnani, Galina Oulanova, Margot Fonteyn, Maïa Plissetskaïa, Carla Fracci. Aujourd'hui[Quand ?], ceux-ci désignent le danseur étoile comme « premier », премье́р, et la « danseuse étoile » comme « ballerine », прима-балери́на[9],[10].

Filmographie

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Notes et références

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  1. D'origine sicilienne, elle naquit le à Paris. Elle étudia la danse auprès de Mariquita et entra à l'École de danse de l'Opéra national de Paris à l'âge de 10 ans où elle fut l'élève de Carlotta Zambelli. Elle fut engagée dans le corps de ballet à 14 ans et elle gravit tous les échelons de la compagnie. Elle fut nommée grand sujet à l'âge de 16 ans et en 1923, alors qu'elle avait toujours ce grade, André Messager lui fit donner le rôle de Djali dans Les Deux Pigeons aux côtés de Carlotta Zambelli et Alberte Aveline. Ce fut son premier grand succès. En 1927, alors qu'elle dansait Soir de fête à Aix-les-Bains, elle apprit par un télégramme de Jacques Rouché qu'elle était nommée première danseuse[réf. nécessaire].

Références

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  1. Philippe Le Moal, Dictionnaire de la Danse, Paris, Larousse, , 842 p. (ISBN 978-2-03-583335-8), p. 731
  2. « Départements et étranger. La journée à Bruxelles », Comœdia, Paris, Henri Desgrange, no 1289,‎ , p. 4 (lire en ligne, consulté le )
  3. Berliner Staatsballet Solisten sur le site de l'Opéra d'État de Berlin.
  4. Fiche de Megan Fairchild sur le site du New York City Ballet.
  5. Artists of the Royal Ballet, sur le site de la « Royal Opera House ».
  6. Fiche de Roberto Bolle sur le site du « Teatro alla Scala di Milano ».
  7. Fiche de Svetlana Zakharova sur le site du «Teatro alla Scala di Milano».
  8. Bruxelles-Paris, Devaivre, 1935, p. 10.
  9. Le terme au pluriel est БАЛЕРИНЫ И ПРЕМЬЕРЫ, voir Artistes sur le site du ballet du Bolchoï.
  10. Troupe sur le site du ballet du Mariinsky.
  11. Tout près des étoiles, notice avec la distribution sur le site de Forum des images.

Bibliographie

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Liens externes

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