Dame-Marie (Orne)

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Dame-Marie
Image illustrative de l'article Dame-Marie (Orne)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Orne
Arrondissement Mortagne-au-Perche
Canton Ceton
Intercommunalité Communauté de communes des Collines du Perche normand
Maire
Mandat
Pierre Ménager
2014-2020
Code postal 61130
Code commune 61142
Démographie
Gentilé Dominomariens
Population
municipale
174 hab. (2014)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 18″ nord, 0° 36′ 55″ est
Altitude Min. 121 m – Max. 216 m
Superficie 13,27 km2
Localisation

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Dame-Marie

Dame-Marie est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de 174 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Dame-Marie se situe dans la région naturelle du Perche et se trouve au cœur du parc naturel régional du Perche que la commune a intégré à l'issue d'un vote le 24 novembre 2008.

Son territoire s'étend au nord jusqu'au lieu-dit la Guinière, à l'est jusqu'aux lieux-dits la Liardière et la Borde, au sud le Haut Tertre et les Graciers et à l'ouest le Boulay, le Clos Rohard et la Renardière.

La commune est traversée par la D 955 (ancienne route nationale 155) qui va de Bellême à Nogent-le-Rotrou et est desservie par la D 295.

Panneau de Dame-Marie sur la D 295.
Communes limitrophes de Dame-Marie[1]
Sérigny Saint-Jean-de-la-Forêt Saint-Jean-de-la-Forêt
Sérigny Dame-Marie[1] Saint-Aubin-des-Grois
Appenai-sous-Bellême,
La Chapelle-Souëf
Saint-Cyr-la-Rosière Saint-Cyr-la-Rosière

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme parocchia Dogne Marie en 1247[2]. En bas latin, le terme dominus/domina était utilisé devant un nom de personne pour l'honorer, avant d'utiliser le mot saint[3]. Il s'agit donc d'un équivalent de Notre-Dame ou de sainte Marie.

Le gentilé est Dominomarien.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le prieuré de Dame-Marie[modifier | modifier le code]

En 1023, Albert de la Ferté Vidame fonde un prieuré sur le domaine hérité de sa mère Godehilde. En mémoire de Godehilde, que l'on appelait Dame Marie, son nom fut donné au prieuré. Albert confie sa fondation à l'abbaye de Jumièges. Des difficultés financières l'obligent à aliéner sa terre à l'abbaye de Saint Maximim d'Orléans. La construction ne put être achevée qu'en 1026. Malgré la richesse du domaine comprenant des étangs et des forêts le prieuré reste pauvre jusqu'au XVe siècle. La fin de la guerre de Cent Ans marque le début d'une nouvelle ère : transformation du logis du prieur, construction de la ferme et de son porche, de la bergerie, des écuries, de la grange et enfin du moulin. Cet ensemble cohérent constitue aujourd'hui le cœur du bourg.

Les moines quittèrent le prieuré entre 1701 et 1789. Vendus comme biens nationaux en 1792, le prieuré et ses dépendances sont alors acquis en communauté par le baron Jean-Baptiste Patu de Saint Vincent, magistrat à Paris, par son frère et par le bailli de Bellême.

En 1867, la commune fait l'acquisition du prieuré, les autres bâtiments sont achetés par des propriétaires locaux. L'église fut remaniée à la fin du XIXe par la construction d'un clocher puis, par l'ajout d'une sacristie. Le logis prieural servit de presbytère de 1873 à 1925 et fut partiellement détruit par un incendie en 1944. La commune en fit plus tard sa salle des fêtes.

Fusion[modifier | modifier le code]

En 1812, Dame-Marie (468 habitants en 1806[4]) absorbe Saint-Martin-du-Douet (185 habitants[5]), au nord-est du territoire.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945 mai 1953 Henri Ménager SE  
mai 1953 janvier 1958 Roger Dagron SE  
janvier 1958 mars 1989 Maurice Simon SE  
mars 1989[6] en cours Pierre Ménager[7] SE Exploitant agricole
Pour les données antérieures, dérouler la boîte ci-dessous.

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[7].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2014, la commune comptait 174 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2007, 2012, 2017, etc. pour Dame-Marie[8]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2]. Dame-Marie a compté jusqu'à 468 habitants en 1821, mais les deux communes de Dame-Marie et Saint-Martin-du-Douet, fusionnées en 1812, totalisaient 672 habitants en 1800.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1846 1851 1856
431 424 468 756 702 724 722 704 703
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
670 674 621 643 587 517 506 487 461
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
418 408 299 322 309 294 292 284 289
1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2014 -
253 186 181 156 177 171 173 174 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution démographique de Saint-Martin-du-Douet
1793 1800 1806
233 248 185
(Sources : EHESS[5])

Économie[modifier | modifier le code]

Dame-Marie est une commune où l'activité économique est principalement agricole avec plusieurs fermes pratiquant la culture céréalière ainsi qu'un peu d'élevage (vaches laitières).

On trouve également quelques petites entreprises : de maçonnerie, de menuiserie, de réparation électrique ainsi qu'un négociant de bois.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Château de Couesme, des XVIIIe et XIXe siècles, recensé à l'inventaire général du patrimoine culturel[10], et site inscrit en 1973[11].
  • Château de la Renardière.
  • Fontaine et Lavoir du XIXe, recensé à l'inventaire général du patrimoine culturel[12].
  • Ancien prieuré de bénédictins Notre-Dame, fondé en 1023 par Albert de la Ferté, recensé à l'inventaire général du patrimoine culturel[13], comprenant une porterie du XIVe siècle, inscrite au titre des monuments historiques en 1997[14] avec grange du XVIe siècle en équerre, l'église Notre-Dame des XIe, XVIe et XIXe siècles, et le logis (ancien) du prieur, aujourd'hui en partie détruit, et devenu salle communale.
  • L'église : construite à l'époque romane en 1026, c'était un prieuré où vivaient quelques moines. L'église fut modifiée au XIXe siècle par l'implantation, à la place de l'ancien clocher « porté sur quatre poteaux au milieu de la nef »[15], d'un clocher très affecté, par la suite, d'infiltrations d'eau. L'état alarmant du clocher a nécessité la restauration de l'église dans son contexte monastique et historique. Le projet a été mené par l'association Agir Ensemble pour la Restauration du Site prieural de Dame-Marie et soutenu par la Direction régionale des Affaires culturelles, le FEOGA, la réserve parlementaire et la dotation globale d'équipement. Le projet de restauration a eu le label de la Fondation du Patrimoine. La démolition du clocher débute en 2006, puis est remis l'ancien porche roman en façade et un clocher en bardeaux de châtaignier est reconstruit sur la nef. L'inauguration des travaux de restauration a eu lieu le en présence de nombreuses personnalités.

À gauche du chœur de l'église, entre la chaire et la chapelle de la Vierge, figure une inscription de fondation de messes remontant au XVIe siècle, gravée et peinte en noir sur une pierre de grès blanc. Mutilée en plusieurs endroits, elle fut déchiffrée le 20 août 1951 par Émile Janier, qui en donna la transcription suivante en langage moderne[16] :

« Ici devant repose vénérable et sage Maître Guillaume Le Camus, prêtre auparavant mari de Jeanne Marguerite Daverton, et seigneur de Haut et Petit Meulles... et (qui) par son testament passe possession du Bois Abellion à Belle..., l'avant-dernier jour d'octobre. (Il) a fondé à perpétuité une messe basse du Saint Sacrement, avec d'autres clauses contenues au dit testament, pour être dite ici (à l'église de Dame-Marie) chaque dimanche de l'année, immédiatement après la première messe paroissiale. En même temps, (il) a donné au trésor de l'église d'ici (de Dame-Marie) cinq sous de rente au jour de (la) Toussaint. Le tout (étant) assigné sur le lieu et terrain borné du dit Petit Meulles. Et (il a donné) dix sous de rente au curé, aux charges et c(ondi)-tions contenues au dit testament. Lequel (Guillaume Le Camus) trépassé le lundi dixième jour de novembre du dit an 1551. »

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Trois associations sont répertoriées à Dame-Marie :

  • Le comité des fêtes (président : Roland Ménager)
  • Le Club de l'amitié des ainés ruraux, qui se réunit le dernier mercredi de chaque mois. En 2009, ce club compte 33 adhérents.
  • Agir ensemble pour la restauration du site prieural de Dame-Marie, qui a largement contribué à la restauration de l'église de Dame-Marie.

Tous les 15 août se déroule la fête de Dame-Marie avec un vide-grenier ainsi que des grillades midi et soir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Les seigneurs de Couesme : le château de Couesme se trouve sur la commune de Dame-Marie. Plusieurs seigneurs de Couesme prirent part aux croisades, l'un d'eux fut tué au siège d'Andrinople. Le château a été vendu après la Révolution à la famille Cohin de Bellême.
  • Philippe Le Couturier, ancien garde de corps de Louis XVIII fit construire à la place d'un ancien manoir, le château de la Renardière à Dame-Marie.
  • Roi Carol II de Roumanie : En 1926, Le roi Carol II de Roumanie s'exile en France et partage son temps entre Paris et le château de Couesme.
  • Émile Janier (1909-1958), orientaliste et personnalité de la colonisation de l'Algérie, né à Dame-Marie de parents agriculteurs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse,
  3. René Lepelley, Noms de lieux de Normandie et des îles Anglo-Normandes, Paris, Bonneton, (ISBN 2-86253-247-9), p. 159
  4. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Saint-Martin-du-Douet », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 1er mai 2015)
  6. « Pierre Ménager brigue un 4e mandat », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 1er mai 2015)
  7. a et b Réélection 2014 : « Dame-Marie (61130) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 8 juin 2014)
  8. Date du prochain recensement à Dame-Marie, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  10. « Château de Couesme », notice no IA00001500, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Château de Couasme et abords, à Dame-Marie », sur donnees.basse-normandie.developpement-durable.gouv.fr, Dreal de Basse-Normandie (consulté le 1er mai 2015)
  12. « Lavoir-fontaine », notice no IA00001499, base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. « Prieuré de bénédictins Notre-Dame », notice no IA00001498, base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. « Enclos prioral », notice no PA61000003, base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Diaire de l'abbé Jean-François Gallier, 1850
  16. Émile Janier, « Une inscription de l'église de Dame-Marie », Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, fasc. 28, 1953, p. 40-43.

Liens externes[modifier | modifier le code]