Cyrille d'Alexandrie

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Cyrille d'Alexandrie
Saint
Image illustrative de l'article Cyrille d'Alexandrie
Cyrille d'Alexandrie
Docteur de l'Église
Naissance 376
Décès  
Vénéré par Église catholique et Église orthodoxe
Fête 9 juin et 27 juin
Saint patron Déclaré docteur de l'Église par Léon XIII (1882)

Cyrille d'Alexandrie (Κύριλλος Α΄ Αλεξανδρείας), né en 376, est évêque d'Alexandrie en 412 ; il meurt le . Saint pour les orthodoxes et catholiques, il est aussi, depuis la proclamation du pape Léon XIII en 1882, Père et Docteur de l'Église catholique.

Il est aussi un personnage polémique au regard de ses actions à l'encontre des Juifs, et pour son implication dans la tentative de meurtre d'Oreste puis dans le meurtre barbare d'Hypatie.

Histoire et tradition[modifier | modifier le code]

Patriarche d'Alexandrie le , neveu et successeur de Théophile, Cyrille s'attache à éradiquer le paganisme, le judaïsme et ce qu'il considère comme des hérésies : il écrit contre les Ariens et les Antiochiens, et fait fermer les synagogues et les églises des novatiens. Il anéantit ainsi la communauté juive et s'en prend de la même manière aux autres communautés chrétiennes qualifiées d'hérétiques[1]. Ces mesures brutales l'opposent à Oreste, préfet d'Égypte (chrétien lui aussi), et sont l'occasion de pogroms et autres scènes sanglantes, au cours desquelles périt en 415 la philosophe Hypatie, victime d'un lynchage par des moines chrétiens sous les ordres de Cyrille, les parabalani.

Vers 440, l'historiographe chrétien Socrate le Scolastique relate comment Cyrille a cautionné le meurtre d'Hypatie :

« Comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l’évêque. Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur, montent un complot contre elle et guettent Hypatie qui rentrait chez elle : la jetant hors de son siège, ils la traînent à l’église qu’on appelait le Césareum, et l’ayant dépouillée de son vêtement, ils la frappèrent à coups de tessons ; l’ayant systématiquement mise en pièces, ils chargèrent ses membres jusqu’en haut du Cinarôn et les anéantirent par le feu. Ce qui ne fut pas sans porter atteinte à l’image de Cyrille d'Alexandrie et de l’Église d’Alexandrie ; car c’était tout à fait gênant, de la part de ceux qui se réclamaient du Christ que des meurtres, des bagarres et autres actes semblables soient cautionnés par le patriarche[2] . »

Théologie[modifier | modifier le code]

Cyrille promut la formule « Une est la nature incarnée de Dieu le Verbe[3] » : « μία φύσις τοῦ θεοῦ λόγου σεσαρκωμένη » (mía phýsis toû theoû lógou sesarkōménē), par laquelle il s'opposait à la dualité des natures défendue par les Antiochiens[4]. Cette formule sera largement utilisée lors de la crise et du schisme monophysite[5].

Ses positions christologiques sont résumées dans le Symbole d'union qu'il signe, en 433, deux ans après les affrontements du concile d'Éphèse, avec Jean, le patriarche d'Antioche.

Vénération[modifier | modifier le code]

Reconnu comme saint par les orthodoxes et les catholiques, il est fêté respectivement les 9[6] et 27 juin[7]. Il a été proclamé docteur de l'Église en 1882 par le pape Léon XIII.

Dans une audience du , Benoît XVI lui rend hommage pour son importante contribution au culte marial[réf. souhaitée].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il a écrit contre Manès (Mani), Plotin, Apollinaire, et contre l'empereur Julien.

On connaît surtout son traité intitulé Le Trésor, contre les ariens. Il a laissé en outre 60 Lettres et des Commentaires sur saint Jean, publiés en syriaque par P. Smith à Oxford, 1860.

Ses Œuvres ont notamment été éditées par J. Aubert, Paris, 1638, 7 volumes in-folio, grec-latin, réimprimés en 1859 dans la Patrologie de l'abbé Jacques Paul Migne. Ses Homélies ont été traduites en français par Morelle, 1604.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Lenoir, Comment Jésus est devenu Dieu, Arthème-Fayard, Paris, 2010.
  2. Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique (vers 440), VII, 15 lire en ligne
  3. Formule d'Apollinaire de Laodicée qu'il attribuait, à tort, à Athanase d'Alexandrie. (Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, PUF, 1997, p. 355)
  4. Maraval, ibidem.
  5. Cf. Miaphysisme.
  6. « Saints pour le 9 juin du calendrier ecclésiastique », sur Forum orthodoxe.com (consulté le 31 juillet 2012).
  7. « Saint Cyrille d'Alexandrie », sur Nominis (consulté le 31 juillet 2012).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Clavis Patrum Græcorum 5200-5438.
  • Lettres festales (Epistulae Homiliae paschales, 414-424), trad. L. Arragon et al., Cerf, coll. "Sources chrétiennes", 1991-1998, 3 vol.
  • Christ est un (Quod unus sit Christus, v. 435-444), trad;, Cerf, coll. "Sources chrétiennes", 1964.
  • Contre Julien (v. 412-444), trad. P. Burguière et P. Evieux, Cerf, coll. "Sources chrétiennes", 1985-2016, 2 vol.
  • Dialogues sur la Trinité (v. 424-428), trad. Georges Matthieu de Durand, Cerf, coll. "Sources chrétiennes", 1976-1978, 3 vol.
  • Deux dialogues christologiques, trad. Georges Matthieu de Durand, Cerf, coll. "Sources chrétiennes", 1964
  • Les catéchèses baptismales, trad., Editions Migne, coll. "Pères dans la foi".

Études[modifier | modifier le code]

  • Hans von Campenhausen, Les Pères grecs (Griechische Kirchenväter), Paris, Éd. de l'Orante, 1963, p. 209-223.
  • Marie-Odile Boulnois, Le paradoxe trinitaire chez Cyrille d'Alexandrie. Herméneutique, analyses philosophiques, argumentation théologique, Études Augustiniennes, Paris, 1994.
  • François Nau, Saint Cyrille et Nestorius. Contribution à l'histoire des origines des schismes monophysite et nestorien, in Revue de l'Orient chrétien, 1910, pp.365-391; 1911, pp.1-54.
  • Luciano Canfora, Une profession dangereuse, les penseurs grecs dans la Cité, trad. fr. Paris, Desjonquères, 2001.
  • (en) Eirini Artemi, « The mystery of the incarnation into dialogues “de incarnatione Unigenitii” and “Quod unus sit Christus” of St. Cyril of Alexandria », Ecclesiastic Faros of Alexandria, ΟΕ (2004), 145-277.
  • (en) Eirini Artemi, « St Cyril of Alexandria and his relations with the ruler Orestes and the philosopher Hypatia », Ecclesiastic Faros of Alexandria, τ. ΟΗ (2007), 7-15.
  • (en) Eirini Artemi, « The one entity of the Word Incarnate. α). Apollinarius' explanation, β)Cyril's explanation », Ecclesiastic Faros of Alexandria, τ. ΟΔ (2003), 293–304.
  • (en) Eirini Artemi, The historical inaccurancies of the film Agora about the murder of Hypatia, Orthodox Press, τεύχ. 1819 (2010), 7.
  • (en) Eirini Artemi, The use of the ancient Greek texts in Cyril's works, Poreia martyrias, 2010, 114-125.
  • S. Ronchey, Ipazia. La vera storia, Milano, Rizzoli, 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]