Jacques Paul Migne

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Jacques Paul Migne
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Jacques Paul Migne

Alias
Abbé Migne
Naissance
Saint-Flour, Cantal
Décès
Nationalité Française
Pays de résidence France
Profession
Activité principale

Jacques Paul Migne, dit l'abbé Migne, né à Saint-Flour (Cantal) le et mort à Paris le , est un prêtre et un éditeur français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Un précurseur[modifier | modifier le code]

Migne eut l'idée de publier pour la première fois des éditions à bon marché d'ouvrages de théologie, des encyclopédies et des éditions d'œuvres des pères de l'Église en langue originale (avec traduction latine pour les auteurs grecs). Ces textes et d'autres documents antiques médiévaux ont été réunis dans ce qui aujourd'hui est couramment appelé les Patrologies latine et grecque de Migne.

Par ailleurs, il fut l'un des premiers ecclésiastiques à comprendre le pouvoir de la presse écrite et de l'édition de masse.

En 1833, il fonde, puis dirige le journal L'Univers.

En 1836, il crée la maison d'édition du Petit Montrouge, actuellement dans le 14e arrondissement de Paris. Il se fait connaître grâce au Scripturae sacrae cursus completus, qui rassemble un large répertoire de commentaires sur chaque livre de la Bible, et au Theologiae cursus, chacun en 28 volumes (1840-1845). Suivent l'Encyclopédie théologique (171 volumes, 1844-1846) et la Collection des auteurs sacrés (100 volumes, 1846-1848).

L'entreprise qui a assuré sa réputation a été le Patrologiae cursus completus, constitué par une collection de textes latins en 221 volumes (1844-1845) et une collection de textes grecs, publiée d'abord en latin (85 volumes, 1856-1857), puis avec le texte grec et la traduction latine (165 volumes, 1857)

Dans un registre différent, malgré son titre, on lui doit une Encyclopedie Theologique ou Série de Dictionnaires sur toutes les parties de la Science Religieuse, éditée en 1832, qui comprend des dictionnaires de sciences profanes faisant autorité, tel le dictionnaire de numismatique.

Ses Patrologies grecques et latines ont trouvé un relais de qualité dès la fin du XIXe siècle dans les collections d'éditions critiques du Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum dit corpus de Vienne, puis, à partir du milieu du XXe siècle, dans la collection Corpus christianorum series latina et Corpus christianorum continuatio medievalis ainsi que, dès la Seconde guerre mondiale par la collection Sources chrétiennes, emblématique du renouveau de la théologie positive sous l'égide des Dominicains.

L'extension des ateliers[modifier | modifier le code]

Sa maison d'édition était complétée sous le Second Empire par des ateliers de peinture pour la décoration des églises. Il reste une dizaine d'œuvres de ces ateliers, éparpillées dans toute la France : deux des plus réussies, datées de 1858, du peintre victorien Arthur Gilbert, se trouvent ainsi encore dans le chœur de l'église Saint Jean-Baptiste d'Audresselles (Pas-de-Calais). D'autres œuvres (inscrites au titre des monuments historiques) se trouvent dans l'église Saint-Laurent de Pontacq (Pyrénées-Atlantiques) dont une toile datée 1858.

Les persécutions[modifier | modifier le code]

Sa concurrence souleva la colère des éditeurs accrédités par les églises car il leur prenait leur clientèle. Son évêque lui reprocha alors son militantisme ultra-catholique et, à la fin du Second Empire, il fut interdit à l'abbé Migne de dire la messe. L'un des évêques qui l'avait persécuté, Mgr Georges Darboy, fut fusillé par les communards. Le pape Pie IX sanctionna Migne pour avoir mis à la disposition du plus grand nombre des textes habituellement accessibles au seul "public plus averti", et il interdit au clergé d'utiliser les fonds paroissiaux pour acheter ses ouvrages.

Du 12 au 13 février 1868, les ateliers de Migne furent presque complètement détruits par un incendie « d'origine inconnue » et les assurances ne couvrirent pas les frais de réfection. La maison d'édition Garnier frères racheta les droits sur ses éditions après sa mort.

Peu connu en France, Jacques Paul Migne est célèbre dans des pays comme le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Allemagne, l'Italie et la Pologne.

Une plaque située au n°189 avenue du Maine indique qu'il vécut à cette adresse. Une rue porte son nom à Paris 4e, ainsi qu'un square à Paris 14e.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adalbert-Gautier Hamman, Jacques-Paul Migne : le retour aux Pères de l'Église, coll. Le Point théologique, n° 16, Paris, Beauchesne, 1975 [fournit en appendice la liste des ouvrages édités par Migne]
  • Migne et le renouveau des études patristiques : actes du colloque de Saint-Flour, 7-8 juillet 1975, édités par A. Mandouze et J. Fouilheron, coll. Théologie historique, n° 66, Paris, Beauchesne, 1985

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il repose au cimetière de Montrouge