Classe Baltimore

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Classe Baltimore
Image illustrative de l’article Classe Baltimore
L'USS Baltimore (CA-68)
Caractéristiques techniques
Type croiseur lourd
Longueur 205,26 m
Maître-bau 21,59 m
Tirant d'eau 8,18 m
Déplacement 14 500 tonnes
Port en lourd 17 000 tonnes
Propulsion turbines à vapeur
4 chaudières
Puissance 107 000 ch
Vitesse 33 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture =150 mm
pont = 76 mm
tourelle = 76-150 mm
kiosque = 200 mm
Armement 3 × 3 canons de 203 mm
12 canons de 127 mm
48 Bofors 40 mm
24 canons automatiques Oerlikon de 20 mm
Rayon d’action 10 000 nautiques à 15 nœuds (1 400 à 2 100 tonnes de mazout)
Autres caractéristiques
Équipage 861 officiers, 1085 hommes
Histoire
A servi dans Pavillon de l'United States Navy United States Navy
Commanditaire US Navy
Période de service 1943-1971
Navires construits 14
Navires désarmés 14
Navires préservés 0

La classe Baltimore est une classe de croiseurs lourds, c'est-à-dire dotés d'une artillerie principale de 203 mm mise en service par l'United States Navy à partir des dernières années de la Seconde Guerre mondiale.


Conception et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Croiseur lourd.

Le traité naval de Washington de 1922 avait fixé le calibre maximal de l'artillerie principale des croiseurs à 8 pouces (203 mm) et leur déplacement maximal à 10 000 tonnes anglaises de 1 016 kg[1]. La classe Baltimore est en fait l'aboutissement de l'évolution des croiseurs, vingt ans après le traité de Washington, à la lumière de l'expérience de la Seconde Guerre Mondiale.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans le respect des stipulations du traité de Washington sur le déplacement global des croiseurs, pour chaque état signataire du traité, la Marine impériale japonaise entreprit de construire, de 1922 à 1930, douze croiseurs[2] censés respecter les limitations du traité, mais huit d'entre eux, puissamment armés de cinq tourelles doubles de 203 mm[3] dépassaient le déplacement maximal autorisé[4]. L'US Navy décida d'en construire dix huit, les deux premiers avec dix canons d'artillerie principale (la classe Pensacola) et les autres avec trois tourelles triples[5], ce qui aboutit à des navires assez équilibrés respectant le déplacement maximal autorisé, correctement protégés et dotés d'une vitesse supérieure à 30 nœuds[6]. La Royal Navy construisit treize croiseurs, armés de quatre tourelles doubles (la classe County) et deux armés de trois tourelles doubles (les HMS Exeter et York), bon marcheurs mais faiblement protégés, disposant ainsi, avec ceux de la classe Hawkins[Note 1] de dix-huit croiseurs également. La France et l'Italie en construisirent sept croiseurs chacune, armés de quatre tourelles doubles[7],[8] mais donnant pour la plupart d'entre eux priorité à la vitesse sur la protection[9].

Le traité naval de Londres de 1930 limita le nombre des croiseurs armés de canons d'un calibre compris entre 155 mm et 203 mm (les “croiseurs lourds[Note 2]) à ceux construits (ou en construction), mais autorisa de facto celle des croiseurs ayant un calibre inférieur pour leur artillerie principale (les “croiseurs légers”)[Note 3] dès lors que le déplacement était inférieur à 10 000 tonnes. L'Empire du Japon entreprit aussitôt la mise sur cale de croiseurs censés respecter le déplacement maximal autorisé, armés de cinq tourelles triples de 155 mm mais dont toutes les autres caractéristiques étaient très proches de celles d'un croiseur lourd (la classe Mogami). Les États-Unis avaient eux aussi entamé des études à l'instigation du Chef des Opérations navales, l'amiral Pratt, pour la construction de croiseurs disposant d'une importante artillerie de 6 pouces (152 mm), respectant ainsi les stipulations du traité de Londres mais ayant des caractéristiques similaires aux croiseurs lourds, en matière de protection, de vitesse et de rayon d'action. Le General Board, qui était convaincu de la supériorité des croiseurs lourds sur les croiseurs légers, ne s'inclina que parce que le canon retenu de 152 mm/47calibres Mark 16[10] était beaucoup plus puissant que le canon qui équipait alors les croiseurs légers de la classe Omaha[11], avec une cadence de tir plus de trois fois supérieure à celle des canons de 203 mm[12]. Ce fut la classe Brooklyn dont les premières unités ont été mises sur cale en 1933, et qui ont été admises au service actif avant le début de la Seconde Guerre mondiale en Europe, et auxquels leurs cinq tourelles triples de 152 mm faisaient faire jeu égal avec la classe Mogami. L'US Navy donnait ainsi la priorité aux grands croiseurs légers, conformément à l'esprit des traités de limitation des armements navals, tandis que l'Empire du Japon, qui avait décidé de se retirer de ces traités à partir de 1936, a finalement équipé ses croiseurs des classes Mogami et Tone de canons de 203 mm ce qui a abouti à une égalité du nombre des croiseurs lourds entre les deux marines.

Le 18e et dernier croiseur lourd américain autorisé par le traité de Londres de 1930, l'USS Wichita, a été construit avec des caractéristiques très proches des croiseurs de la sous-classe St. Louis, version améliorée de la classe Brooklyn, mais surtout il a été équipé d'un canon d'un nouveau modèle (203 mm/55calibres Mark 15)[13] mis au point vers 1933, plus léger que le canon en service sur les croiseurs du traité de Washington (17,5 tonnes au lieu de 30)[12]. C'est ce canon équipé d'un nouveau mécanisme de chargement permettant de tirer un obus de perforation super lourd de 152 kg au lieu de 118, qui a armé une nouvelle classe de quatorze croiseurs, la classe Baltimore, sur des coques agrandies, avec un déplacement de 13 000 tonnes, dès lors que les limitations du traité de Washington ne s'appliquaient plus, et dont les premières unités ont été mise sur cale à la mi-1941.

Armement[modifier | modifier le code]

L'obus de perforation “super lourd” utilisé sur cette nouvelle classe de croiseurs lourds avait une capacité de pénétration

  • de 250 mm de blindage vertical à 10 000 m et 100 mm à 26 000 m
  • de 50 mm de blindage horizontal à 17 000 m jusqu'à 100 mm à 25 000 m)[13]
    sensiblement accrue par rapport à celle des croiseurs lourds des classes précédentes soit
  • de 250 mm de blindage vertical à 8 250 m et 100 mm à 21 500 m
  • de 50 mm de blindage horizontal à 13 000 m et 75 mm à 24 000 m[12].

L'artillerie principale de la classe Baltimore se caractérisait aussi par une installation des canons sur des berceaux indépendants au sein de chaque tourelle, ce qui était déjà le cas sur l'USS Wichita, une vitesse de rotation des tourelles et d'élévation des pièces, légèrement accrue, une vitesse initiale un peu moins élevée (762 m/s au lieu de 823 m/s) et un entraxe des canons accru (1,75 m au lieu de 1,17 m), ce qui réduisait sensiblement la dispersion des obus lors des tirs en salves[13].

Fin de service[modifier | modifier le code]

Tir d'artillerie du USS Saint Paul (CA-73) durant la guerre du Viêt Nam.

Après la guerre, la plupart de ces navires furent versés dans la flotte de réserve puis reprirent du service pendant la guerre de Corée. Quelques-uns participèrent à la guerre du Viêt Nam.
En 1971, tous les navires furent décommissionnés sauf quatre qui furent reconfigurés et convertis dans ce qui peut être considéré comme les premiers croiseurs lanceurs de missiles du monde, devenant les croiseurs de la classe Albany et de la classe Boston. Le dernier de ces navires fut décommissionné en 1980. Il n'existe plus aucun représentant de cette classe.

Les navires[modifier | modifier le code]

Classes dérivées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Les stipulations du traité de Washington avaient été fixées pour éviter au Royaume-Uni de devoir démolir les croiseurs de la classe Hawkins armés de canons de 7,5 pouces (190,5 mm) et déplaçant 9 900 tn, dont certains étaient encore en construction en 1922. Trois croiseurs de cette classe se sont ainsi trouvés comptabilisés dans les croiseurs britanniques admis par le traité.
  2. Ce qui a conduit, en 1931, l'US Navy à reclasser les dix premiers croiseurs construits conformément aux stipulations du traité de Washington de 1922 (classe Pensacola, Northampton, et les USS New Orleans et Portland), de la catégorie désignée CL (Cruisers Light) , comme la classe Omaha) en une catégorie désignée CA, utilisée à la fin du XIXe siècle pour les croiseurs cuirassés (en anglais : Cruisers Armored). Les dernières unités de la classe New Orleans et l'USS Indianapolis (CA-35) ont été directement classés croiseurs lourds (CA).
  3. Une limite du tonnage global des croiseurs par pays a été fixée mais la France (et l'Italie) ont refusé de s'y soumettre en raison de la mise sur cale par l'Allemagne de la classe Deutschland qui n'était pas soumise aux stipulations du traité de Washington de 1922.
Références

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Henri Le Masson, The French Navy Volume 1, London, Macdonald & Co (Publishers) Ltd., coll. « Navies of the Second World War », (ISBN 0356-02384-2)
  • (en) H.T. Lenton, American battleships, carriers and cruisers, London, Macdonald & Co (Publishers) Ltd., coll. « Navies of the Second World War », (ISBN 0356-01511-4)
  • (en) H.T. Lenton, British Cruisers, London, Macdonald & Co (Publishers Ltd), coll. « Navies of the Second World War », (ISBN 0-356-04138-7)
  • Antony Preston, Histoire des Croiseurs, Paris, Fernand Nathan Éditeurs, (ISBN 2-09-292027-8)
  • (en) Anthony Watts, Japanese Warships of World War II, London, Ian Allan Ltd, (ISBN 0-7110-0215-0)
  • (en) Shuppan Kyodo-sha, Japanese battleships and cruisers, Macdonald & Co Publishers Ltd., coll. « Navies of the Second World War », (ISBN 0-356-01475-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

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