Porte-avions léger

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L'Independence en 1945. Les lignes du croiseur sont très apparentes.

Un porte-avions léger est un navire plus petit que les porte-avions « standards » (on emploie aussi les termes de porte-avions d'escadre, en anglais : "fleet carriers",) la définition pouvant varier d'une marine à l'autre. À la différence du porte-avions d'escorte, lent et peu protégé, qui est conçu pour défendre les convois ou soutenir des opérations amphibies, le porte-avions léger constitue une version plus petite d'un porte-avions standard, souvent moins rapide et moins protégée mais néanmoins capable d'intégrer un groupe aéronaval.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le HMS Colossus (R15) en 1945
Le porte-avions léger japonais Shōhō (classe Zuihō)

L'essor du porte-avions léger a lieu pendant la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis construisent la classe Independence en convertissant les coques des croiseurs légers de la classe Cleveland. Ils développent ensuite la classe Saipan mais les deux navires de cette série arrivent trop tard pour participer aux combats.

Articles détaillés : Classe Independence et classe Saipan.

Les Britanniques, quant à eux, construisent la classe Colossus, une version à échelle réduite de la classe Illustrious[1] qui, malgré de nombreux compromis, arrive trop tard pour participer aux opérations. Ils feront néanmoins le bonheur de nombreuses marines alliées après le guerre[2].

Article détaillé : Classe Colossus.

La marine japonaise, quant à elle, constate que les capacités industrielles du Japon ne lui permettent pas de rivaliser avec les États-Unis et procède à la conversion de différents types de navires (ravitailleurs de sous-marins, pétroliers, paquebots) en porte-avions « légers ». Ces transformations ne sont pas toutes couronnées de succès mais l'affaiblissement général de la marine japonaise dès 1942 ne facilite pas une évaluation objective de ses navires.

Comparaison des principaux types de porte-avions légers de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les Independence sont le produit d'un programme d'urgence. La priorité est de mettre en œuvre très rapidement des porte-avions rapides, bien protégés et donc capables d'évoluer en première ligne au sein des task forces. Par pragmatisme, la marine américaine choisit de convertir dans un même chantier naval neuf croiseurs légers en cours de construction en acceptant les avantages (vitesse des navires, blindage et compartimentage, délai de mise en oeuvre) et les inconvénients (taille, stabilité) qui résultent de ces choix.

La Royal Navy constate qu'elle manque de porte-avions mais que les capacités industrielles du pays (nombre de chantiers navals), les contraintes (main d'œuvre, bombardements allemands) et le temps nécessaire à la construction de « vrais » porte-avions d'escadre la forcent à faire des compromis. Elle choisit de développer et de faire construire dans des chantiers non spécialisés des navires sans blindage, moins compartimentés et moins rapides que les porte-avions d'escadre. Malgré ces compromis, les Colossus n'entrent en service qu'à la fin de la guerre et ne participent pas aux combats. Il est donc impossible d'évaluer leur pertinence face à une menace réelle (sous-marins, kamikaze etc.).

Contrairement aux navires américains et anglais, les porte-avions légers japonais n'appartiennent pas à une classe unique. On compte au moins cinq conversions de navires auxiliaires en porte-avions légers dont les deux navires de la classe Zuihō, qui illustrent bien les choix effectués (pas d'îlot, pas de blindage, pas de catapulte)[3].

PA léger
classe Independence
(USA)
PA léger
classe Colossus
(UK)
PA léger
classe Zuihō
(JAPON)
Programme croiseur légers transformés
en cours de construction
version à taille réduite de la classe Illustrious
mais construite selon des standards
de la marine marchande
ravitailleurs de sous-marins transformés
pont continu - pas d'îlot
Longueur 190 m 211 m 205,5 m
Pont d'envol 168 × 22 m[4] 210 × 23 m[5] 180 × 23 m
Hangar 97 × 17 m[4] 101 × 16 m[5], [N 1] 124 × 18 m
Déplacement[N 2]
standard/pleine charge
11 000 / 15 100 Long ton 13 190 / 18 040 Long ton 11 262 / 14 200 Long ton
Puissance 100 000 ch 40 000 ch 52 000 ch
Propulsion 4 hélices 2 hélices 2 hélices
Vitesse 31 nœuds (57,4 km/h) 25 nœuds (46,3 km/h) 28 nœuds (51,9 km/h)
Catapulte(s) 1 puis 2[N 3] 1 aucune
Ascenseurs 2 2 2
Avions[N 4] 33 37-42 [N 5] 30
Armement 2 × 4 canons de 40 mm
9 ou 10 × 2 canons de 40 mm
4 à 22 canons de 20 mm
4 à 6 × 4 canons de 40 mm (pom-pom)
16 × 2 canons de 20 mm[N 6]
4 × 2 canons de 127 mm
4 × 2 canons de 25 mm[N 7]
Blindage 50–125 mm aucun aucun
Équipage 1 569 1 300 785

L'après guerre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean Moulin (Les porte-avions Dixmude & Arromanches, Marines édition, 1998- p 215) indique une longueur de hangar très proche (104 m). Angus Konstam (British Aicraft Carriers 1939-45 - Osprey), indique une longueur très supérieure (135 m)
  2. Les déplacements (standard/pleine charge) sont exprimés en tonnes Washington - ou long tons (ou tonnes anglaises). Pour obtenir des tonnes métriques (système SI), il faut multiplier ces valeurs par 1,016. Jean Moulin. Les Porte-avions de la Seconde Guerre mondiale. Marine Éditions, 2009
  3. Les Independence sont initialement dotés d'une seule catapulte. Une deuxième catapulte est installée ultérieurement, lors de travaux de réparations pour l'Independence ou d'entretien et d'amélioration pour les autres.
  4. Ordre de grandeur. Le nombre d'avions embarqués varie tout au long de la guerre en fonction leur type, de la période et de la mission.
  5. 37 selon Angus Konstam (British Aicraft Carriers 1939-45 - Osprey), 42 selon Jean-Moulin (Les Porte-avions de la Seconde Guerre Mondiale en images - Marines Éditions). David Hobbs (British Aircraft Carriers - Design, Development and Service Histories - Seaforth Publishing) cite le même chiffre mais mentionne également la composition des groupes aériens au sein de la British Pacific Fleet (BPF) comportant 21 chasseurs Corsair et 18 bombardiers Barracuda.(
  6. Armement initial. Les QF 2-pounder « pom pom » sont rapidement remplacés par des Bofors 40 mm
  7. Armement initial. Renforcé en 1943 puis à nouveau en 1944 pour le Zuihō (le Shōhō avait été coulé en 1942)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chesneau 1998, p. 129-134.
  2. Jean Moulin. Les Porte-avions de la Seconde Guerre mondiale. Marine Éditions, 2009 - p30, voir aussi Angus Konstam, British Aicraft Carriers 1939-45 - Osprey - p 23-24.
  3. Mark Stille Imperial Japanese Navy Aircraft Carriers 1921-1925, Osprey, 2005 - p 21-22. Voir aussi Jean Moulin. Les Porte-avions de la Seconde Guerre mondiale. Marine Éditions, 2009 - p 56.
  4. a et b Mark Stille - US Navy Aircraft Carriers 1942-1945 WWII-built ships - Osprey Publishing, Oxford - 2007 (ISBN 978-1-8460-3037-6)
  5. a et b David Hobbs - British Aircraft Carriers - Design, Development and Service Histories - Seaforth Publishing, Barnley S. Yorkshire, 2013 (ISBN 978 1 84832 138 0) p 185

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Moulin. Les Porte-avions de la Seconde Guerre mondiale en image. Marine Éditions, 2009.
  • (en) David Brown, Aircraft Carriers, Arco Publishing, (ISBN 0-668-04164-1)
  • (en) Roger Chesneau, Aircraft Carriers of the World, 1914 to the Present. An Illustrated Encyclopedia (Rev Ed), Londres, Brockhampton Press, , 288 p. (ISBN 1-86019-875-9)
  • (en) Anthony J. Watts, Japanese Warships of World War II, Doubleday & Company,

Articles connexes [modifier | modifier le code]