Pacte du Quincy

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Le président Roosevelt en compagnie de Abdelaziz Al Saoud et de William Leahy sur le Quincy.

Le pacte du Quincy a été scellé le 14 février 1945 sur le croiseur USS Quincy (CA-71) entre le roi Ibn Saoud, fondateur du royaume d'Arabie saoudite, et le président américain Franklin Roosevelt, de retour de la conférence de Yalta. La durée de cet accord était prévue pour être de 60 ans et ces accords ont été renouvelés pour une même période en 2005 par le président George W. Bush[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Début 1945, à l'insu des Britanniques, le président américain propose à Ibn Séoud de le rencontrer, ainsi que l'empereur d'Éthiopie Haïlé Sélassié Ier et le roi Farouk d'Égypte[2].

Roosevelt et Ibn Séoud vont débattre de la colonisation juive en Palestine, Roosevelt tentant d’obtenir l’appui du roi pour la création d’un foyer national juif en Palestine, chose qui lui fut catégoriquement refusé[3]. Puis enfin, ils abordent le sujet de l'avenir de la dynastie séoudienne et du pétrole arabe. Ils concluent un pacte garantissant à la monarchie saoudienne une protection militaire en échange d'un accès au pétrole[4].

Il s’articule sur quatre points :

  • La stabilité de l’Arabie saoudite fait partie des « intérêts vitaux » des États-Unis qui assurent, en contrepartie, la protection inconditionnelle de la famille Saoud et accessoirement celle du Royaume contre toute menace extérieure éventuelle ;
  • Par extension la stabilité de la péninsule Arabique et le leadership régional de l’Arabie saoudite font aussi partie des « intérêts vitaux » des États-Unis ;
  • En contrepartie, le Royaume garantit l’essentiel de l’approvisionnement énergétique américain, la dynastie saoudienne n’aliénant aucune parcelle de son territoire, les compagnies concessionnaires ne seraient que locataires des terrains. Aramco bénéficie d'un monopole d'exploitation de tous les gisements pétroliers du royaume pour une durée d'au moins soixante ans ;
  • Les autres points portent sur le partenariat économique, commercial et financier saoudo-américain ainsi que sur la non-ingérence américaine dans les questions de politique intérieure saoudienne.

Postérité[modifier | modifier le code]

Liée aux États-Unis depuis le pacte du Quincy, l'Arabie saoudite prend ses distances avec son allié américain au début des années 2010, en réponse à la non-intervention militaire du pays pendant la guerre civile syrienne et au rapprochement irano-américain qui fait suite à l'élection d'Hassan Rohani à la présidence de la République islamique. En conséquence, l'Arabie saoudite refuse son siège obtenu par l'élection du Conseil de sécurité de l'ONU de 2013[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]