Caretta caretta

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Caouanne, Tortue carette, Caret

Caretta caretta
Description de cette image, également commentée ci-après

Caouanne ou Tortue carette.

Classification selon TFTSG
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Chelonii
Ordre Testudines
Sous-ordre Cryptodira
Super-famille Chelonioidea
Famille Cheloniidae
Sous-famille Carettinae
Genre Caretta

Nom binominal

Caretta caretta
(Linnaeus, 1758)

Synonymes

  • Testudo caretta Linnaeus, 1758
  • Testudo marina Garsault, 1764
  • Testudo cephalo Schneider, 1783
  • Testudo caouana Bonnaterrre, 1789
  • Testudo lauanna Meyer, 1790
  • Caretta nasuta Rafinesque, 1814
  • Caretta atra Merrem, 1820
  • Chelonia pelasgorum Bory, 1833
  • Caouana elongata Gray, 1844
  • Thalassochelys corticata Girard, 1858
  • Caretta gigas Deraniyagala, 1933

Statut de conservation UICN

( EN )
EN A1abd : En danger

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 06/06/1981

La Caouanne (Caretta caretta), est une tortue de mer que l’on retrouve dans les océans du monde entier. C’est un reptile marin qui appartient à la famille des Cheloniidae. La caouanne mesure en moyenne 90 cm de long quand elle a atteint sa taille adulte, bien que des spécimens dépassant les 270 cm ont été découverts. La tortue caouanne adulte pèse approximativement 135 kg, les plus grands spécimens pesant plus de 454 kg. La peau varie du jaune au marron, et la carapace est brun-rougeâtre. Il n’y a pas de différences visibles entre mâles et femelles jusqu’à ce que les tortues atteignent l’âge adulte. On peut alors repérer les mâles avec leur queue plus large et leur plastron plus court que les femelles.

On trouve la caouanne dans les océans Pacifique, Atlantique et Indien, ainsi qu’en mer Méditerranée. On la trouve principalement dans les eaux salées et les estuaires. Les femelles sortent de l’eau uniquement pour venir pondre sur la plage. La caouanne a un faible taux de reproduction ; les femelles pondent en moyenne quatre couvées et entrent en quiescence, ne pondant aucun œuf pendant deux à trois ans. La caouanne atteint la maturité sexuelle à l’âge de 17 à 33 ans et a une espérance de vie comprise entre 46 et 67 ans.

La caouanne est omnivore, se nourrissant principalement d’invertébrés vivant sur le fond. Ses mâchoires grandes et puissantes sont un outil efficace pour démembrer ses proies. Les jeunes tortues sont victimes de très nombreux prédateurs, et les œufs sont particulièrement vulnérables. Mais une fois que les tortues ont atteint l’âge adulte, leur grande taille et leur carapace les protègent des grands prédateurs marins comme les requins.

La caouanne est considérée comme une espèce menacée et est protégée par l’International Union for the Conservation of Nature. Des vieux filets de pêche à l’abandon cause de nombreuses morts chez cette espèce. Les tortues peuvent également suffoquées si elles sont prises dans les filets des chalutiers. Des dispositif d’exclusion des tortuess sont adaptés au matériel des chalutiers afin de réduire leur impact sur la mortalité de ces animaux en leur offrant une voie pour s’enfuir. Le nombre de moins en moins important de plages adaptées à la ponte et l’introduction de prédateurs exotiques a également un lourd impact sur la population de caouanne. La sauvegarde de l’espèce nécessite une coopération internationale accrue car les lieux de nidifications sont éparpillés sur de nombreux pays différents.


Habitat et aire de répartition[modifier | modifier le code]

Habitat[modifier | modifier le code]

Répartition des lieux de pontes de la caouanne.
Repartition map - Where.PNG  Fond bleu : présence de caouannes.
Repartition map - Red point.png  Point rouge : lieux de pontes principaux.
Repartition map - Yellow point.png  Point jaune : lieux de pontes secondaires.

Cette espèce, peu pélagique, fréquente habituellement les eaux tempérées et parfois les eaux tropicales et subtropicales dans l’océan et les eaux costales peu profondes. Elle ne sort jamais de son habitat aquatique, à l’exception des femelles qui viennent construire leur nid et pondre sur la côte. Les tortues juste écloses vivent dans des amas d’algues Sargassum flottant[1]. Les adultes et les jeunes vivent le long des côtes et dans les estuaires[2]. Dans le nord-ouest de l’océan Atlantique, on remarque que les tortues occupent des habitats différents suivant leur âge. Les jeunes vivent principalement dans des estuaires aux eaux peu profondes alors que les tortues plus vieilles passent davantage de temps dans l’océan[3]. La caouanne occupe des eaux dont la température est située entre 13,3 et 28 ° C en dehors de la saison de la ponte. Des températures situées entre 27 et 28 ° C conviennent mieux aux tortues prêtes à pondre[4].

Les jeunes aiment se réfugier dans les enchevêtrements de sargasses où il cohabite avec de nombreux organismes. Ainsi les amas de sargasses contiennent plus de 100 espèces animales différentes, qui constituent une source de nourriture importante pour les jeunes caouannes. Certaines de ces proies comme les fourmis, les mouches, les aphides, les cicadelles et les scarabées sont apportés là parle vent. Les sargasses abritent des cirripèdess, de petites larves de crabes, des œufs de poissons et des colonies d'drozoa qui sont des mets appréciés des tortues[1]. Dans les sargasses on trouve également des mammifères marins et des poissons comme le thon, le coryphène et les Seriola[5].

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

La caouanne a une aire de distribution très large, et c’est la tortue marine qui a l’aire de ponte la plus étalée géographiquement. On trouve cette tortue dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique, ainsi qu’en mer Méditerranée[6].

Dans l’océan Atlantique, les plus fortes concentrations de caouannes se rencontrent le long de la côte sud-est d’Amérique du Nord et dans le Golfe du Mexique[6]. La tortue est très rare le long des côtes européennes et africaines[7]. Le principal site de nidification des tortues caouannes de l’Atlantique est la Floride, qui abritent environ 67 000 nids par an[7]. Les sites de nidification sont observés au nord jusqu’en Virginie et au sud jusqu’au Brésil[7]. Dans la partie Est de l’océan, le seul site de nidification significatif est l’archipel du Cap Vert[6].

Dans l’océan Indien, la caouanne vit le long de la côte africaine, de la péninsule arabique et dans la mer d'Arabie[8]. Le long de la côte africaine, elle niche de l’archipel Bazaruto au large du Mozambique à l’estuaire de Sainte-Lucie en Afrique du Sud[9]. Le plus important site de nidification de l’océan indien se trouve à Oman, dans la péninsule arabique, avec environ 15 000 nids, soit le second site de nidification au monde pour la caouanne en termes de nombre de nids. On trouve également des nichées en Australie-Occidentale, avec entre 1 000 et 2 000 nids chaque année[8].

Les caouannes vivent dans des régions tempérées à tropicales du Pacifique[9]. Elles se nourrissent dans la mer de Chine orientale, le sud-ouest du Pacifique et le long de la péninsule de Basse-Californie. Les principaux sites de nidification se trouvent dans l’est de l’Australie et au Japon, la Grande barrière de corail constituant un important site de nidification[10]. Les caouannes du Pacifique nichent occasionellement à Vanuatu et Tokelau. L'île de Yakushima est le principal site de nidification, puisqu’elle comprend trois plages visitées par environ 40 % de la population de caouanne du Pacifique[8]. Après la ponte, les tortues se dirigent généralement vers la mer de Chine orientale, tandis que la région de Kuroshio Extension Bifurcation abritent de nombreux jeunes[9]. Les populations de l’Est du Pacifique sont concentrées autour de la côte de Basse-Californie, où les eaux peu profondes sont riches en nourriture pour les juvéniles et les subadultes. Les lieux de nidification dans l’est du Pacifique sont rares. Des analyses des séquences d’ADN mitochondrial et le suivi de certains individus ont permis d’estimer que 95% de la population de tortue que l’on trouvait le long de la côte américaine naissait sur les îles japonaises de l’ouest du Pacifique[11]. Les tortues sont portées par les courants marins pour traverser l’intégralité du Pacifique, une des plus longues migrations connues pour un animal marin[11]. Le retour aux plages japonaises où les tortues sont nées était pendant longtemps considéré comme impossible par les scientifiques, car une grande partie du voyage se faisait dans des eaux pauvres en nourriture[12]. La première preuve de ce voyage retour a été donnée par une tortue adulte baptisée Adelita qui, en 1996, alors qu’elle était équipée d’une borne permettant de la suivre par satellite, à réaliser un voyage de 14 500 km à travers le Pacifique en partant de Mexico. Adelita est le premier animal marin à avoir été suivi par satellite en train de traverser un bassin océanique entier[13].

La mer Méditerranée est une véritable nurserie pour les jeunes qui viennent s’y réfugier en nombre, et accueille également des adultes au printemps et en été[7],[14]. Environ 45% des jeunes caouannes de la Méditerranée viennent de l’océan Atlantique[7]. Les caouannes se nourrissent dans la mer d'Alboran et la mer Adriatique[7]. Le principal lieu de ponte est la Grèce avec plus de 3 000 nids par an[8]. C’est pourquoi les autorités grecs n’autorisent pas les avions à partir où atterrir de nuit à Zakynthos, pour que les tortues ne courent aucun danger[15]. Les caouannes pondent également sur les côtes chypriotes et turques[8].

Lieux de nidification, en mer Méditerranée.

Regroupées par plusieurs centaines d'individus, elles sont capables de parcourir des distances considérables depuis leur site de vie pour rejoindre les lieux de ponte. En Méditerranée, où l'on observe cinq des sept espèces de tortues marines, la tortue caouanne est l'espèce la plus commune[16]. Elle est également la tortue la plus commune dans l'ouest atlantique et elle a déjà été observée sur les côtes bretonnes[17]. Plusieurs lieux de ponte sont connus dans le monde et y compris en Méditerranée orientale par exemple en Turquie, Israël, à Chypre, dans les îles Ioniennes, en Tunisie, Libye, au Liban et même encore en Sicile. En Atlantique de l’Ouest, elles vont pondre du Mexique jusqu'en Virginie. Deux pontes découvertes en 2002, en Corse à proximité de Porto-Vecchio dans le secteur de Palombaggia, une autre dans le Var sur la plage de Saint-Tropez en 2006 restent des évènements exceptionnels[18].

Anatomie et morphologie[modifier | modifier le code]

Photo de la carapace d’une caouanne.
La carapace de cette caouanne est brun-rougeâtre ; elle comprend cinq écailles vertébrales qui la traverse en son milieu, bordées par cinq paires d’écailles costales.

La caouanne est la tortue de mer à carapace dure la plus imposante au monde[19]. Les caouannes adultes pèsent en moyenne entre 80 et 200 kg et mesurent entre 70 et 95 km[19]. Ces mensurations sont largement dépassés par certains spécimens, et on a observé des poids allant jusqu’à 545 kg et la plus grande carapace jamais observé mesure 213 cm[19]. La tête et la carapace de la tortue sont généralement brun-rougeâtre, tandis que le plastron est jaune pâle[20]. La nuque de la tortue et les membres sont bruns sur le dessus et jaune sur les côtés et en dessous[21]. Le nouveau né est noir, comme les autres tortues marines mais ses pattes sont claires.

La carapace de la tortue est en forme de cœur, aplatie, sa largeur est d'environ 76 % de sa longueur. Elle est divisée en larges plaques ou écailles[20]. Il y a normalement 11 à 12 paires d’écailles qui recouvrent la carapace[22]. Cinq paire d’écailles vertébrales traversent la carapace en son milieu, tandis que cinq paires d’écailles costales les bordent[23]. L’écaille nucale est située à la base de la tête[23]. La carapace est reliée au plastron par trois paires d’écailles marginales[23]. Le plastron présente des écailles gulaires, humérales, pectorales, abdominales, fémorales et anales appariées[22]. La carapace sert de bouclier externe protégeant la tortue, bien que la caouanne est incapable de rétracter sa tête ou ses nageoires à l’intérieur de cette carapace[24].

Sa tête est assez longue (environ 28 % de la longueur de la carapace) et très large. On distingue deux paires d'écailles préfrontales sur la tête et un bec corné puissant. Dédiés à la nage en haute mer, les membres de cette grande tortue marine servent à la fois de propulseurs (pattes antérieures) et de gouvernail (pattes postérieures). Comme la tortue imbriquée, elle possède deux griffes à chaque nageoire.

Le dimorphisme sexuel de la caouanne est seulement apparent chez les adultes. Les mâles adultes ont une queue et des griffes plus longues que la femelle. Leur plastron est par contre plus court, certainement pour mieux s’adapter à leur longue queue. Les mâles ont également une tête plus large, et une carapace plus large, mais formant un dôme moins marqué que chez la femelle[25]. Le sexe des jeunes ne peut être déterminé par une simple observation externe. On peut tout de même les différencier par diverses techniques comme la dissection, la laparoscopie, un examen histologique ou une étude radio-immunologique[25].

Les glandes lacrymales situées derrière chaque œil permettent à la caouanne de maintenir son équilibre osmotique en éliminant les excès de sel liés à l’absorption d’eau de mer. Quand elle est hors de l’eau, cette excrétion de sel donne l’impression que la tortue pleure[26].

Nourriture[modifier | modifier le code]

Caretta caretta.

Son régime alimentaire est à prédominance carnivore et s'alimente de méduses, crustacés, de coquillages, de poissons, de mollusques et de physalies.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Dans la Méditerranée la ponte se situe d’avril à septembre sur les plages de sable fin. Les femelles accostent pour pondre de quatre à sept fois par saison et déposent de 64 à 198 œufs à chaque fois. L'incubation dure de 45 à 65 jours. Les adultes se regroupent près des sites de nidification pour s'accoupler avant la ponte.

Système d'orientation[modifier | modifier le code]

Quand elles quittent leur nid terrestre à la naissance, les tortues marines combinent la perception de différents signaux pour s'orienter. Elles sont sensibles à la lumière. Près des côtes, où l'eau est peu profonde, cette tortue se sert probablement aussi de l'orientation des vagues. À distance, durant sa migration et dans l'obscurité des profondeurs marines, elle maintient le cap en se servant du champ magnétique terrestre[27]. Ces tortues sont ainsi sensibles à la latitude en fonction du champ magnétique terrestre et de son inclinaison[28]. Ainsi de très jeunes tortues caouanne placées, peu après leur éclosion, en bassin reproduisant des conditions de champ magnétique d’autres régions (Porto Rico et Cap-Vert, situés sur leur route migratoire habituelle à la même latitude (20 ° N), mais à des longitudes différentes) se sont rapidement orientées dans la direction qu’elle prendraient dans cet environnement (respectivement vers le NE et vers le SE) [28].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

C’est Carolus Linnaeus qui a donné sa première dénomination scientifique à la caouanne, Testudo caretta, en 1758[29],[22]. 35 autres appellations scientifiques ont été utilisées durant les deux siècles suivant. Caretta caretta lui est finalement attribué pour la première fois en 1902 par Leonhard Stejneger[30]. Le terme scientifique caretta est une latinisation de « caret », utilisé par les francophones pour désigner cet animal, un nom dont l'origine est mal connue, mais qui date du XVIe siècle et pourrait être un emprunt aux langues des caraïbes via l'espagnol[31]. Son nom commun anglais, « loggerhead », se réfère à sa grande tête[21],[32]. Elle est d'ailleurs appelée « Grosse tête » en Nouvelle-Calédonie[33]. En kali'na, langue des amérindiens vivant près des grands sites de pontes en Guyane française et au Suriname, le nom de la tortue luth est Kawana. Ce nom pourrait avoir été emprunté en français pour désigner la caouanne[34].

La caouanne appartient à la famille des Cheloniidae, qui comprend l’ensemble des tortues marines à l’exception de la tortue luth[35]. La classification des sous-espèces de la caouanne fait débat, mais pour la plupart des auteurs il s’agirait d’une espèce polymorphique qui n’aurait pas véritablement de sous-espèces[36]. Des études sur la génétique moléculaire de ses animaux a confirmé des cas d’hybridation de cette espèce avec la Tortue de Kemp, la Tortue imbriquée, et la tortue verte. On ne connait pas véritablement l’ampleur de ces hybridations, mais des cas d’hybrides de deuxième générations ont été révélés, ce qui montre que certains hybrides pourraient être fertiles[37].

Les principaux groupes évolutifs relatifs sont décrits ci-dessous par phylogénie[38] selon Hirayama, 1997, 1998, Lapparent de Broin, 2000, and Parham, 2005 :

 --o Procoelocryptodira
 |--o Chelonioidea Oppel, 1811 c’est-à-dire les tortues marines
 | |--o
 | | |--o †Toxochelyidae
 | | `--o Cheloniidae Oppel, 1811
 | | |----o Caretta Rafinesque, 1814
 | | | |--o †Caretta patriciae Zug, 2001
 | | |   `--o Caretta caretta Linné, 1758
 | | |----o Natator McCulloch, 1908
 | |   `----o Chelonini Oppel, 1811
 | |       |--o Eretmochelys Fitzinger, 1843
 | |       |--o Lepidochelys Fitzinger, 1843
 | |         `--o Chelonia Brongniart, 1800
 | `--o Dermochelyidae dont la tortue luth
   `--o Chelomacryptodira, c'est-à-dire les autres tortues cryptodires

Histoire évolutive[modifier | modifier le code]

Toutes les espèces de tortues actuelles descendent probablement d’un même ancêtre commun ayant vécu au Crétacé. Toutefois celui-ci n’a jamais été réellement identifié[39]. Les caouannes, comme toutes les autres espèces de tortues de mer à l’exception de la Tortue luth, appartiennent à l’ancienne famille des Cheloniidae. Il y a environ 40 millions d’années, cette branche des Cheloniidae a vu apparaître la caouanne[40]. Parmi les six espèces de Cheloniidae existantes aujourd’hui, la caouanne est plus apparentée à la Tortue de Kemp, la Tortue olivâtre et la Tortue imbriquée qu’à la Tortue à dos plate et la Tortue verte.

Il y a environ 3 millions d’années, au Pliocène, l’Amérique centrale a émergé, formant une barrière entre les océans Atlantique et Indo-Pacifique. Il en découle une réorganisation des courants marins, et la Terre entre alors dans une ère glaciaire. Le fort refroidissement des eaux au Cap de Bonne Espérance et au Cap Horn forme une barrière infranchissable pour les tortues, et les populations de l’Atlantique et du Pacifique se trouvent alors complètement isolées[41]. Durant la dernière ère glaciaire, les plages du sud-ouest de l’Amérique du Nord étaient trop froides pour accueillir les œufs des tortues de mer. Au fur et à mesure que la Terre s’est réchauffée, les caouannes ont migré vers le Nord et colonisé de nouvelles plages. Ainsi, les tortues qui pondent sur les plages de Caroline du Nord et du nord de la Floride forment une population génétiquement distincte de celle du sud de la Floride[41].

Chaque population de caouannes possède des caractéristiques anatomiques et génétiques distinctes. Ainsi, les caouannes de Méditerranée sont en moyenne plus petites que celles de l’océan Atlantique[8]. Les caouannes de l’Atlantique Nord et de la Méditerranée descendent de tortues venant du Tongaland, en Afrique du Sud. Les gènes des caouannes sud-africaines sont toujours présents dans ces populations de nos jours[41].

La caouanne et l'Homme[modifier | modifier le code]

Trace de caouanne venue pondre sur une plage.
Signalisation d'un lieu de ponte.

En France, elle avait déjà disparu des côtes méditerranéennes en tant qu'espèce reproductrice depuis le début du XIXe siècle. En mer, elle est capturée accidentellement par les filets de pêche. Elle est victime de la pollution par ingestion de sacs plastiques qu'elle confond avec des méduses. L'avenir de cette espèce en Méditerranée dépend principalement de la protection des lieux de ponte subsistant dans la zone orientale. Elle est essentiellement victime du tourisme et de la pêche industrielle.

Pour empêcher les captures accidentelles par les chalutiers, les américains ont mis en place un dispositif d’exclusion des tortues qui permet de les limiter. En Méditerranée, des mesures limitant les captures accidentelles de ces tortues devront être édictées.

Protection[modifier | modifier le code]

Elle est protégée en France par l’arrêté du 17 juillet 1991. Les femelles nidifiantes sont protégées à Chypre et les aires de ponte sont protégées sur les rivages de Zante et au parc national de Kouf en Libye.
Les îles Kuriat en Tunisie abritent un site de nidification important de la tortue Caouanne.

Elle est en France concernée par un plan de restauration des tortues marines des Antilles françaises (plan local et régional qui concerne aussi d'autres tortues Marines des Antilles françaises (tortue imbriquée, tortue verte, tortue luth, tortue olivâtre). Ce plan est subdivisé en :

  • un Plan de Restauration des Tortues Marines de Guadeloupe,
  • un Plan de Restauration des Tortues Marines de Martinique,
  • un projet de programme de coopération internationale à développer à échelle géographique plus large, voire planétaire afin de mieux prendre en compte les métapopulations et la diversité génétique des espèces. Une campagne de protection internationale a également été lancée par June Haimoff pour la protection des tortues.

Timbres-poste[modifier | modifier le code]

Caretta caretta a fait l'objet d'une série de six timbres émis par la République du Cap-Vert en 2002[42].

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Linnaeus, 1758 : Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, ed. 10 (texte intégral).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Spotila 2004, p. 172
  2. Spotila 2004, p. 174
  3. Conant 2009, p. 11
  4. Ernst 2009, p. 39
  5. (en) Steve Ross, « Sargassum: A Complex 'Island' Community at Sea », NOAA,‎ (consulté le 27 mai 2010)
  6. a, b et c Spotila 2004, p. 164
  7. a, b, c, d, e et f Spotila 2004, p. 165
  8. a, b, c, d, e et f Spotila 2004, p. 166
  9. a, b et c Conant 2009, p. 8
  10. C.Michael Hogan. 2011. Coral Sea. Encyclopedia of Earth. Eds. P.Saundry & C.J.Cleveland. National Council for Science and the Environment. Washington DC
  11. a et b Bowen 1995, p. 3731
  12. Bowen 1995, p. 3733
  13. (en) Nichols Wallace J., « Voyage of the Lonely Turtle – Interview: Wallace J. Nichols », PBS, Educational Broadcasting Corporation,‎ (consulté le 30 mai 2010)
  14. Conant 2009, p. 20
  15. (en) « Zakynthos Airport », Zakynthos Internet Services,‎ (consulté le 12 avril 2010) : « Night flights are banned on Zakynthos, so as not to disturb the endangered Caretta Carettaturtles which nest their eggs on the beaches of Zante. »
  16. [1]
  17. (fr) « Une tortue retrouvée sur la plage à Plouharnel », sur Ouest-France.fr (consulté le 2 février 2016)
  18. les tortues refont surface sur www.corsematin.com (consulté le 11 février 2016)
  19. a, b et c Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées ernst37.
  20. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées turtleguide104.
  21. a et b (en) A.B. Bolten, « Loggerhead Turtle (Caretta caretta) », NOAA Fisheries, NOAA Fisheries,‎ (consulté le 31 janvier 2010)
  22. a, b et c Conant 2009, p. 7
  23. a, b et c Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées turtleguide110.
  24. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées anatomy.
  25. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées valente22.
  26. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées peaker231.
  27. « Loggerhead Sea Turtle », WWF (consulté le 30 mai 2007)
  28. a et b Nathan Putman et al. (Université de Caroline du Nord) ; Current Biology, vol 21, p. 463-466, 2011
  29. Dodd 1988, p. 1
  30. Dodd 1988, p. 2
  31. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Caret » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales Consulté le=29/5/2007
  32. Dodd 1988, p. 4
  33. « sensibilisation », IFRECOR
  34. (fr) « Du nom indigène des îles de l'archipel des Antilles » de Thierry L'Étang, note (92).
  35. Wynne 1999, p. 97
  36. Marquez 1990, p. 14
  37. James 2004, p. 581
  38. « Chelonioinea turtles and relatives », Mikko's Phylogeny Archive (consulté le 17 mai 2007)
  39. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Witherington12.
  40. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées spotila59.
  41. a, b et c Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées spotila167.
  42. (fr) Union postale universelle [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Márquez M. et M.-L. Bauchot, Les Tortues, FAO (lire en ligne)
  • Dodd C.K., A bibliography of the Loggerhead sea turtle Caretta caretta (2005), Florida Integrated Science Center, U.S. Geological Survey.
  • Piano di azione per la conservazione della tartaruga marina Caretta caretta nelle Isole Pelagie a cura di Emilio Balletto, Cristina Giacoma, Susanna Piovano, Franco Mari e Luigi Dell’Anna.
  • Groombridge, Brian. (1990) : Marine turtles in the Mediterranean: distribution, population status, conservation. A report to the Council of Europe Environment Conservation and Management. Division 48. Strasbourg.
  • Dodd, C.K. (1988). Synopsis of the Biological Data on the Loggerhead Sea Turtle Caretta caretta (Linneaus 1758). U.S. Fish and Wildl. Serv. Biol. Rep. 88(14), 35-82.
  • Laurent, L., Lescure J., Excoffier L., Bowen B., Domingo M., Hadjichristophorou M., Kornaraki L., & G. Trabuchet (1993). Genetic studies of relationships between Mediterranean and Atlantic populations of loggerhead turtle Caretta caretta with a mitochondrial marker. Compte-rendu de l’Académie des Sciences, Paris 316:1233-1239.
  • Laurent L., Bradai M.N., Hadoud D.A., El Gomati H.E., 1995. Marine turtle nesting activity assessment in Lybian coasts. Phase 1: survey of the coasts between the Egyptian border and Sirte. RAC/SPA, Tunis, Tunisia.
  • Laurent L., Bradai M.N., Hadoud D.A., El Gomati H.E., Hamza A.A., 1999. Marine turtle nesting activity assessment in Lybian coasts. Phase 3: survey of the coasts between the Tunisian border and Misratah. RAC/SPA, Tunis, Tunisia.

Liens externes[modifier | modifier le code]