Îles Ioniennes

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 Pour la région administrative, voir Îles Ioniennes (périphérie). Pour les anciens États indépendants, voir République des Sept-Îles et République des Îles Ioniennes.
Îles Ioniennes
Ιόνια νησιά / Ionia nisia (el)
Carte de localisation des îles Ioniennes.
Carte de localisation des îles Ioniennes.
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Archipel Aucun
Localisation Mer Ionienne (mer Méditerranée)
Coordonnées 38° 30′ 00″ N 20° 30′ 00″ E / 38.5, 20.538° 30′ 00″ N 20° 30′ 00″ E / 38.5, 20.5
Nombre d'îles ≈ 50
Île(s) principale(s) Céphalonie, Corfou, Cythère, Ithaque, Leucade, Paxos, Zante
Point culminant Mont Ainos (1 628 m sur Céphalonie)
Géologie Îles continentales
Administration
Périphéries Attique et Îles Ioniennes
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+02:00

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Îles Ioniennes
Îles Ioniennes

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Îles Ioniennes
Îles Ioniennes
Archipels de Grèce

Les îles Ioniennes (en grec Ιόνια νησιά (Iónia nissiá) ; en italien : Isole Ionie) sont un archipel de la mer Ionienne, commençant au sud de l'Albanie, se poursuivant le long des côtes de l'Épire et de l'Acarnanie, pour s'achever au large des côtes occidentales du Péloponnèse. Une partie d'entre elles constitue aujourd'hui une périphérie de la Grèce.

Les îles Ioniennes sont composées de sept îles principales près des côtes occidentales de la Grèce, ce qui leur a donné le nom de Sept-Îles ou Heptanèse (grec moderne : Επτάνησα), ainsi que de plusieurs îles mineures, dont, du nord au sud, Sazan (Σάσων (Sásson)), les îles Diapontiques, les îles Échinades et les Strophades.

On distingue :

  • au sens strict la périphérie des îles Ioniennes, qui contient six des sept îles principales
  • au sens large, l'archipel des îles Ioniennes, constitué des mêmes îles auxquelles on ajoute en général Cythère et Anticythère, aujourd'hui rattachées administrativement à l'Attique, et Sazan, aujourd'hui en Albanie.

La végétation y est abondante, avec des forêts, grâce à un climat doux et relativement humide.

Toponymie[modifier | modifier le code]

On ne connait pas l'étymologie du mot Ionien (grec moderne : Ιόνιο avec omicron) qui n'a pas de lien avec la province de Ionie (Ιωνία avec oméga) en Asie mineure. Le poète Eschyle dans Prométhée a donné une explication selon laquelle le nom viendrait de la déesse Io qui, changée en vache, aurait traversée à la nage la mer Ionienne qui baigne ces îles, mais n'a pas de fondement[1].

Dès l'époque de la domination vénitienne on trouve également l'Heptanèse, du grec Επτάνησα (Eptánisa), forgé autour du grec ἑπτά (heptá, « sept ») et du grec moderne νησιά (« îles »).

Liste des sept îles principales[modifier | modifier le code]

Les sept îles principales (ou Heptanèse, litt. « les Sept Îles ») sont, du nord au sud :

  • Corfou (Κέρκυρα (Kérkyra)), capitale Corfou
  • Paxos (Παξοί), capitale Gaios (en) (Γάιος)
  • Leucade (Λευκάδα), anciennement Sainte-Maure (Αγία Μαύρα), capitale : Leucade
  • Céphalonie (Κεφαλονιά), capitale : Argostoli (Αργοστόλι)
  • Ithaque (Ιθάκη, anciennement Θεάκι (Theáki)), capitale : Vathy (Βαθύ)
  • Zante (Ζάκυνθος (Zákynthos)), capitale : Zante
  • Cythère (Κύθηρα), anciennement Cerigo (Τσιρίγο), capitale Cythère, rattachée par convention aux îles Ioniennes

Histoire[modifier | modifier le code]

Grèce antique[modifier | modifier le code]

D'après l'Odyssée d’Homère, Ulysse était roi d’Ithaque.

En 31 av. J.-C., a lieu la bataille navale d'Actium près de l'île de Leucade. Le nom de la mer Ionienne vient de la mortelle Io qui lui a donné son nom .

Grèce médiévale[modifier | modifier le code]

Au Haut Moyen Âge, l'empire byzantin administre les îles Ioniennes au sein du thème maritime de Céphalonie.

À partir du XIe siècle, les îles subissent les assauts des Normands de Sicile, qui créent en 1185 le Comté palatin de Céphalonie et Zante, État qui subsistera jusqu'en 1479.

À partir de la quatrième croisade (1204), la République de Venise prend progressivement le contrôle de toutes les îles Ioniennes :

Les îles Ioniennes sont les seules parties du territoire grec à échapper à l'occupation ottomane, à l'exception de Leucade. Pendant cette période, les hautes classes de la société deviennent italophones (ils parlaient plutôt le dialecte vénitien). Cependant, la majorité de la population reste attachée à la langue et à la culture grecques, ainsi qu'à la religion orthodoxe.

Grèce moderne[modifier | modifier le code]

Lors de l'émergence du nationalisme grec au XVIIIe siècle, les îles Ioniennes deviennent un refuge pour les intellectuels et combattants indépendantistes, ainsi que leurs sympathisants.

L'annexion des îles par la France révolutionnaire en 1797 lors de la signature du traité de Campo-Formio, entraîne la création par celle-ci de trois départements français de Grèce baptisés : Corcyre, Ithaque et Mer-Égée[5]. Ces derniers sont conquis par les forces russo-ottomanes commandées par Fiodor Ouchakov en 1798 et 1799, et supprimés de jure en 1802.

Drapeau de la République des Sept-Îles (1800-1815).

Du 2 avril 1800 au 20 juillet 1807, l'archipel forme un protectorat de facto de l'Empire russe, sous le nom de « République des Sept-Îles », premier État indépendant du monde grec moderne. En 1807, la Russie cède le contrôle des îles à la France par le traité de Tilsit.

Drapeau de la République des Îles Ioniennes (1815-1864).

Occupées en majeure partie par les Britanniques dès 1809 (à l'exception de Corfou bloqué jusqu'en 1814), les Îles Ioniennes sont attribuées au Royaume-Uni (formellement, aux Puissances victorieuses de Napoléon) sous la forme d'un protectorat par le traité de Paris le 5 novembre 1815.

Les Britanniques dénomment le protectorat République des Îles Ioniennes et lui attribuent une Constitution. Les îles Ioniennes disposent d'un Sénat de 1799 à 1864. Elles sont rétrocédées à la Grèce le 21 mai 1864 et annexées le 2 juin.

Dès 1866, la province de Cythère (el), formée des îles de Cythère et Anticythère, est détachée administrativement des îles Ioniennes et rattachée à la Laconie (1866-1868, 1899-1909), l'Arcadie (1868-1899, 1909-1964), au Pirée (1964-2010) puis aux Îles de l'Attique, depuis 2011.

L'île de Sazan, cédée à la Grèce en 1864 en même temps que le reste de la République des Îles Ioniennes, est évacuée par la Grèce en 1913, à la fin de la seconde guerre balkanique, en même temps que l'Épire du Nord. Brièvement albanaise, elle est devient italienne de 1914 à 1947, et appartient depuis à nouveau à l'Albanie.

En 1941-1943, les îles sont occupées par l'Italie, suivie d'une occupation allemande, au cours de laquelle la population juive est déportée et anéantie ; elles sont également le lieu du massacre de la Division Acqui.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Deroy et Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, Le Robert, 1994 (ISBN 285036195X), p. 230
  2. Michael Angold, The Latin empire of Constantinople, 1204–1261: marriage strategies in Identities and Allegiances in the Eastern Mediterranean After 1204 p. 60 en ligne
  3. (en) Marina Koumanoudi, Fragments of an Island Economy The Venier Kytheran Estate Records 15th c., Venise, Istituto Ellenico di Studi Bizantini e Postbizantini di Venezi a,‎ (lire en ligne), p. 498
  4. (en) Siriol Davies et Jack L. Davis, Between Venice and Istanbul: Colonial Landscapes in Early Modern Greece, ASCSA,‎ , 260 p. (lire en ligne), p. 38-213
  5. Louis Lacroix, Les Îles de la Grèce, Firmin Didot, 1853, p. 638.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Blondy L'Heptanèse et Malte sous domination britannique, Revue d'histoire maritime, 15, 2012, 357-368

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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