Méduse (animal)

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Méduse
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Méduse » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
Exemple de méduse : Rhizostoma pulmo
Exemple de méduse : Rhizostoma pulmo
Taxons concernés

Le terme méduse est un nom vernaculaire désignant les formes libres de nombreux groupes de cnidaires et s'opposent donc aux formes polypes, sessiles. Les méduses sont généralement des prédateurs, elles paralysent leurs proies grâce à leurs cnidocytes et peuvent posséder des structures sensorielles très élaborées comme des ocelles, rassemblées au sein de rhopalies. Certaines méduses appartenant à la classe des Cubozoa peuvent être mortelles pour l'Homme. Dans le cycle de vie de certains groupes de cnidaires, la forme méduse peut alterner avec la phase polype, mais d'autres vivent uniquement à l'état de méduse. Les méduses sont par ailleurs considérées - au vu de résultats récents de phylogénie moléculaire - comme un caractère propre à l'un des deux groupes de cnidaires, appelé en conséquence Medusozoa (composé des classes : Cubozoa, Scyphozoa et Hydrozoa). L'autre groupe étant celui des Anthozoa[1]. Cependant l'origine évolutive exacte de la forme méduse est encore mal comprise.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les méduses sont apparues sur Terre il y a environ 650 millions d'années pendant l'Édiacarien et figurent probablement parmi les premiers métazoaires.

Description[modifier | modifier le code]

Les méduses font partie du compartiment planctonique. Elles passent toute leur vie en pleine eau. Elles sont composées de 98 % d'eau et de 2 % de matières sèches. Les mouvements des méduses sont lents ; elles sont entrainées par les courants marins. Presque toutes les méduses sont marines, seules de rares espèces vivent en eau douce, (env. 1 %). Une méduse est formée d'une calotte appelée ombrelle et d'un axe vertical (manubrium), fixé au centre de la face inférieure. Au bord de l'ombrelle sont attachés des filaments. La contraction des fibres musculaires de l'ombrelle propulse la méduse par bonds.

Les mers arctiques abritent des méduses de 2 m de diamètre dont les filaments peuvent atteindre quarante mètres de longueur[2]. Certaines pourraient même atteindre trois mètres de diamètre, avec des filaments de dix-huit mètres (c'est le cas de l'espèce Cyanea capillata).

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les méduses se reproduisent lors de leur mort. En effet, lorsqu'une méduse est tuée elle libère ses spermatozoïdes (si c'est un mâle) et ceux-ci se dispersent dans l'océan après avoir rencontré leur équivalent femelle. Les polypes tapissent alors le fond de l'océan. Ces polypes se développent différemment en fonction de l'espèce. Certains ne peuvent se développer qu'après un demi siècle. Plus généralement, il faut qu'un changement important intervienne (ex: changement de température, d'oxygène, coup de tonnerre) pour leur permettre de libérer les méduses ainsi formées.

Méduses dans l'aquarium d'Atlanta.

Classification[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs centaines d'espèces de méduses, elles se répartissent en deux classes, elles-mêmes subdivisées en 7 ordres :

  • Les Hydroméduses : La classe des hydroméduses regroupe les méduses autonomes qui représentent l'organisation la plus simple ; elle a été subdivisée en deux ordres :
  1. Les Trachyméduses : Ce sont des méduses de petite taille, mesurant quelques centimètres de diamètre. Elles sont hémisphériques ou aplaties. Le nombre de leurs tentacules varie de 8 à 32. Les trachyméduses habitent généralement en haute mer et ne sont présentes dans les zones côtières que pendant les saisons froides, amenées par les courants. L'espèce Geryonia proboscidalis peut être rencontrée en Méditerranée.
  2. Les Narcoméduses : leur organisation est plus complexe. Leur ombrelle est le plus souvent aplatie, lenticulaire ou discoïdale. Les narcoméduses sont peu nombreuses, mais abondantes en Méditerranée ; elles sont plus rares dans les mers tropicales et à peine représentées dans les mers froides. Leur taille varie en général de 3 à 30 mm de diamètre. Elles sont amenées près des rivages par les courants pendant la saison froide.
  • Les Acalèphes (ou Scyphoméduses) : ce sont des méduses urticantes et les plus évoluées. L'ombrelle est le plus souvent hémisphérique et sa musculature est bien développée. Les acalèphes sont généralement de grande taille et pélagiques. Elles appartiennent soit au plancton côtier, soit au plancton de haute mer. Les Acalèphes ont été répartis en cinq ordres :
  1. Les Charybdéides : méduses extrêmement urticantes de forme cubique possédant quatre tentacules creux. Ces méduses sont aussi parfois rangées dans un ordre à part, les cuboméduses.
  2. Les Coronates : méduses dont le bord de l'ombrelle est découpé en lobes, au fond desquels sont insérés les tentacules. Les Coronates sont des espèces de haute mer des régions tropicales.
  3. Les Séméostomes : méduses possédant des tentacules très urticants. Aurelia aurita est une méduse séméostome de grande taille bien connue. Pelagia noctiluca est une méduse séméostome de couleur rose chair phosphorescente.
  4. Les Rhizostomes : Ces méduses sont les plus évoluées. Elles se nourrissent de petits animaux planctoniques. Les Rhizostomes abondent surtout dans les mers chaudes, mais on les trouve aussi dans les mers tempérées. Elles vivent en association avec des algues symbiotiques : les zooxanthelles.
  5. Les Lucernaires : méduses Scyphistomes n'ayant pas réalisé leur strobilation[Quoi ?] et devenues sexuées. Il s'agit d'une forme néoténique. La Lucernaire est une sorte de méduse fixée par un pédoncule. Elles sont souvent accrochés à une zostère.

Écologie[modifier | modifier le code]

Dans les écosystèmes marins, et plus rarement en eau douce ou saumâtre, les méduses jouent un rôle encore mal compris, mais probablement important dans la régulation des populations de poissons et de zooplancton.

On observe à intervalles plus ou moins réguliers (pseudo-cycliques) des pullulations cycliques de méduses qui parfois frappent les pêcheurs et les populations côtières ; on parle alors d'année à méduses (exemple : 2008, pour le golfe du Lion selon l'IFREMER).

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Très souvent fuie à cause de ses cellules urticantes, la méduse a néanmoins des prédateurs.

Les deux plus grands consommateurs de méduses sont la tortue Luth dont elle est le mets favori, et le poisson lune. Le thon rouge en est aussi très friand. Dans une moindre mesure, des crustacés apprécient le cadavre de certaines espèces. Certaines espèces peuvent manger des congénères plus petits qu'elles.

L'Homme peut aussi être qualifié de prédateur, étant donné qu'elle est consommée dans des pays d'Asie tels la Chine, le Japon ou encore la Corée.

Pullulations[modifier | modifier le code]

Pullulation d’Aurelia aurita dans le Limfjord.
Article détaillé : Pullulation de méduses.

Plusieurs espèces connaissent des phénomènes de multiplication massive et cyclique connus sous le nom de pullulation de méduses. L'action humaine est évoquée pour expliquer ce phénomène, devenu beaucoup plus courant vers la fin du XXe siècle. La surpêche, le réchauffement des eaux et la pollution sont potentiellement incriminée. Ces problèmes ont en effet causé la disparition de certains prédateurs des méduses comme les thons et les tortues marines) et semblent favoriser les pullulations. Toutefois, les différentes espèces de méduses ont différentes réponses, et on pense qu'il existe de nombreuses autres causes encore inconnues responsables de tels phénomènes.

Les conséquences de ces invasions sont diverses. Elles peuvent poser problème pour la baignade, la plongée sous-marine, plus rarement le refroidissement des centrales nucléaires ou certaines industries nécessitant de pomper de l'eau de mer comme les usines de désalinisation. Les méduses urticantes peuvent aussi perturber les piscicultures marines. Ces pullulations peuvent générer des coûts économiques et sociaux importants.

Consommation humaine[modifier | modifier le code]

Salade de méduse avec du piment et de l'huile de soja.

Les méduses sont consommées séchées en Asie, en particulier au Japon (kurage), notamment coupées en lamelles sous forme de salades, la principale espèce consommée lors des repas de gala en Asie étant Rhopilema esculentum . Chaque année, les Japonais en consomment environ 13 tonnes[3]. En Chine, qui en fait des élevages, en Corée, en Thaïlande et en Malaisie, les méduses sont également consommées séchées, notamment sous forme de brochettes. Notons l'absence d’intérêt nutritif, dû à la quasi absence de nutriment de la chair de cet animal[réf. souhaitée].

La surpêche ou la disparition des espèces prédatrices des méduses (thons, harengs, anchois, tortues)[4], la disparition de leurs concurrentes comme les sardines, qui augmentent la quantité de nourriture disponible, « la destruction des fonds marins par les chalutiers qui favorise leur reproduction, le réchauffement des eaux, et l'eutrophisation des milieux côtiers » stimulent leur prolifération, au point que les chercheurs Philippe Cury et Daniel Pauly font la conjecture provocante qu'« il nous faudra nous contenter de manger des méduses ! »[5].

Divers[modifier | modifier le code]

  • En astronomie, le rémanent de supernova IC 443, issu de l'explosion d'une étoile massive, est composé de deux lobes dont l'un est plus brillant avec un bord bien délimité et l'autre plus diffus et de structure plus filamentaire, le tout évoquant une méduse. Pour cette raison, cet objet est parfois appelé « Nébuleuse de la Méduse ».
  • Une méduse de la classe des hydrozoaires, Turritopsis nutricula, est considérée comme un possible exemple d'immortalité : découverte par des chercheurs en biologie de l’université de Lecce, mesurant à peine 4 ou 5 mm et originaire de la mer des Caraïbes, elle serait biologiquement immortelle : elle serait en effet capable d’inverser son processus de vieillissement ("vieillir" puis "rajeunir") en contrôlant notamment les mécanismes d'apoptose de ses cellules.
  • Dans le dessin animé Bob l'éponge, Bob consomme régulièrement de la confiture de méduse qu'il obtient après avoir trait celles-ci. Il se livre également à la chasse à la méduse, proche de la chasse aux papillons chez les êtres humains.
  • Le nom « méduse » a été donné à cet animal par le Suédois Carl von Linné car ses tentacules lui ont fait penser aux cheveux de Méduse[6], l'une des trois Gorgones de la mythologie grecque.
  • Le groupe d’hacktivistes Telecomix utilise souvent la méduse comme symbole et icône.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collins AG, Schuchert P, Marques AC, Jankowski T, Medina M, Schierwater B. 2006. Medusozoan phylogeny and character evolution clarified by new large and small subunit rDNA data and an assessment of the utility of phylogenetic mixture models. Syst Biol. 55:97-115
  2. Une méduse géante sur Terra Nova
  3. dans L'Humanité [1] et Le Point p.63
  4. (en) Jean-Paul Roux, Carl D van der Lingen, Mark J Gibbons, Nadine E Moroff, Lynne J Shannon, Anthony DM Smith et Philippe M Cury, « Jellyfication of Marine Ecosystems as a Likely Consequence of Overfishing Small Pelagic Fishes: Lessons from the Benguela », Bulletin of Marine Science, vol. 89, no 1,‎ 1er janvier 2013, p. 249-284 (DOI 10.5343/bms.2011.1145)
  5. Philippe Cury et Daniel Pauly, Mange tes méduses !, Éditions Odile Jacob,‎ 2013, 224 p. (ISBN 9782738129123)
  6. http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/m%C3%A9duse/184049

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De Rüdiger Wehner, Walter Gehring : Biologie et physiologie animales. Bases moléculaires, cellulaires, anatomiques et fonctionnelles. (traduit par Christiane Élisabeth Meyer). Publié 1999 par "De Boeck Université", 864 pages (ISBN 2744500097)
    « L'originalité de cet ouvrage est de présenter les fondements de la biologie et de la physiologie animales comparées mais aussi de rendre compte des données les plus récentes dans ces domaines » (NDE).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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