Thomas Boni Yayi

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Thomas Boni Yayi
Illustration.
Boni Yayi en 2012.
Fonctions
Président de la République du Bénin

(10 ans)
Élection 19 mars 2006
Réélection
Premier ministre Pascal Koupaki
Lionel Zinsou
Prédécesseur Mathieu Kérékou
Successeur Patrice Talon
Président de l'Union africaine

(11 mois et 29 jours)
Prédécesseur Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
Successeur Haile Mariam Dessalegn
Président de la
Banque ouest-africaine de développement

(11 ans et 2 mois)
Prédécesseur Aboubacar Baba Moussa
Successeur Issa Coulibaly (intérim)
Abdoulaye Bio Tchané
Biographie
Date de naissance (67 ans)
Lieu de naissance Tchaourou, (Dahomey, AOF)
Nationalité béninoise
Parti politique Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE)
Conjoint Chantal de Souza
Diplômé de Université Cheikh-Anta-Diop
Université d'Orléans
Université Paris-Dauphine
Religion Chrétien évangélique * Assemblées de Dieu
Résidence Domicile privé à Cotonou-Cadjèhoun

Thomas Boni Yayi Thomas Boni Yayi
Présidents de la République du Bénin
Présidents de l'Union africaine

Thomas Boni Yayi, né le à Tchaourou (Bénin), est un homme politique béninois, président de la République du au . Il est également pasteur évangélique pentecôtiste des Assemblées de Dieu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thomas Boni Yayi est né le dans une famille musulmane à Tchaourou, dans le Nord du pays[1]. Il appartient à trois ethnies influentes du Bénin : Nagot (de la famille des Yorubas) par son père, Peul et Bariba du côté de sa mère.

Après avoir obtenu une maîtrise de sciences économiques à l'université nationale du Bénin, il poursuit ses études en France et obtient un doctorat consacré aux questions monétaires à l'université d'Orléans en 1986[2]. En 1991, il obtient un doctorat en économie de l'université Paris-Dauphine[2] .

Carrière[modifier | modifier le code]

Il devient conseiller technique aux affaires monétaires et bancaires, sous la présidence de Nicéphore Soglo, de 1991 à 1996, avant d’être nommé président de la BOAD en décembre 1994, fonction qu'il conserve jusqu'en février 2006, quand il démissionne pour se présenter à l'élection présidentielle qui se tient le mois suivant.

Ministère pastoral[modifier | modifier le code]

Il devient chrétien évangélique en 1994 [3], puis pasteur dans une église des Assemblées de Dieu de Gbèdjromédé à Cotonou[4],[5].

Présidence de la République[modifier | modifier le code]

Thomas Boni Yayi est candidat indépendant à l'élection présidentielle béninoise de 2006, soutenu par une coalition de mouvements et de petits partis politiques. Son slogan est « Ça peut changer ! Ça va changer ! Ça doit changer ! ». Alors président en exercice de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Yayi Boni se présente en tant que dirigeant du parti Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE)[6]. Inconnu du grand public, il fait partie des 26 candidats au poste de président de la république du Bénin[6].

Le 5 mars 2006, il arrive en tête du premier tour avec 35,60 % des voix. Le 19 mars, lors du second tour, il remporte l'élection avec 74,51 % face à Adrien Houngbédji[1].

Le premier mandat de Yayi Boni à la tête de la présidence béninoise a été marqué notamment par une plus grande place laissée à la société civile au Bénin. Entre les différents scandales de corruption et de malversations financières qui ont eu lieu dont le plus important fut celui concernant la crise des services de placements bancaires illégaux en aout 2011[7].  Au cours de son premier mandat, Yayi Boni a procédé à 6 remaniements ministériels en tenant compte à plusieurs reprises de la répartition territoriale. En ce qui concerne la réédition des comptes au peuple, la communication du gouvernement était mise à la charge d’un porte parole, membre du gouvernement. Ainsi, le compte rendu du Conseil des Ministres est diffusé  tous les mercredis soirs en direct sur la chaine de télévision nationale[8] ORTB (office de radiodiffusion et télévision du Bénin). Cependant, à l’aube de l'élection présidentielle des rumeurs selon lesquelles le président sortant Boni Yayi voudrait modifier la constitution afin de rester au pouvoir se font entendre mais sont très vite démenties.

L'élection présidentielle suivante est reportée une première, puis une seconde fois, pour avoir finalement lieu le 13 mars 2011[9]. Il dispose du soutien d’un collectif de taxi motos, communément appelés ZEM au Bénin et qui constituent un véritable réservoir à voix pour les différents candidats. Boni Yayi obtient 53,14 % des voix dès le premier tour[10].

Après une réélection contestée, au terme d’un scrutin marqué par de vifs débats autour de la manipulation de la liste électorale (Liste électorale permanente informatisée, LEPI)[11] le chef de l’état Yayi Boni se lance dans une action de monopolisation du pouvoir[12]. L’évènement marquant de ce début de deuxième mandat fut la déclaration, le lundi 22 octobre, en conférence de presse par le procureur de la république selon laquelle le président Yayi Boni aurait échappé à une tentative d’empoisonnement et un coup d’État impliquant trois de ses proches et qui aurait été orchestré par celui qui va alors devenir l’ennemi numéro 1 de Yayi Boni, l'homme d’affaires et ancien soutien de Yayi Boni, Patrice Talon. Ce bras de fer provoque un bouleversement de la démocratie au Benin avec les arrestations de nombreuses personnalités publiques et politiques dites proches de Patrice Talon ou qui auraient perdu la confiances du chef de l’état[12]. Après une succession d’évènements qui ont entrainé plusieurs remplacements au niveau de différentes institutions et au sein du gouvernement, Yayi Boni désormais chef de l’exécutif soumet au parlement, en juin 2013 un projet de loi de modification de la constitution en apparence censé élargir les bases démocratiques du régime. Sur le plan communication, Yayi Boni se montre beaucoup, la plupart du temps accompagné de ses ministres qui font office de porte-paroles du président[13]. Les ministres sont donc chargés de participer à toute la communication qui ferait de ces mesures un succès dans leurs localités. En 2014, alors qu’il lui reste encore environs deux ans au pouvoir, Yayi Boni surprend tout le monde lors d’une interview accordée à la chaine France 24, au cours de laquelle il déclare, et promet de partir en 2016[14]. Cette déclaration intervient peu de temps après  la chute du régime Blaise Compaoré au Burkina-Faso et rassure les Béninois[14]. À la suite et jusqu’à la fin de son mandat, Yayi Boni a multiplié les déclarations au cours desquelles il maintenait sa décision. Néanmoins, la nomination en 2015 comme premier ministre d’un ancien conseiller à l’Élysée et neveu d’un ancien président du Bénin Lionel Zinsou, a suscité de vives interrogations quant aux réelles motivations de ce changement. Interrogations confirmées car quelques mois avant les élections, Lionel Zinsou est choisi par le président Yayi Boni pour représenter son parti en tant que candidat aux élections présidentielles de 2016[15].

Le , il est élu par ses pairs président de l'Union africaine pour un mandat d'un an[16].

En 2013, il échappe à une tentative d'empoisonnement et de coup d'État[17],[18]. Il accorde son pardon en 2014[19].

Après la présidence[modifier | modifier le code]

Le 23 juin 2019, après avoir vu sa résidence assiégée par la police pendant deux mois, et devenu opposant de son successeur Patrice Talon, il quitte le pays, dans un contexte de dérive autoritaire et d'exil des autres opposants[20].

Autres mandats[modifier | modifier le code]

En avril 2016, l'Union africaine lui confie la mission d'observation des élections en Guinée équatoriale. Il est également à la tête de l'alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), qu'il a créée[21].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié à Chantal de Souza et père de cinq enfants[3].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le candidat indépendant Yayi Boni remporte la présidentielle au Bénin », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  2. a et b Monique Mas, « Boni Thomas Yayi président », rfi.fr,‎ (lire en ligne).
  3. a et b François Soudan, « Bénin : Docteur Boni & Mister Yayi », jeuneafrique.com,‎ (lire en ligne).
  4. Fiacre Vidjingninou, Bénin : les béni-oui-oui de Boni Yayi, jeuneafrique.com, France, 06 février 2014
  5. Jeune Afrique, Thomas Boni Yayi : « En 2016, Bozizé et moi, la Bible à la main », jeuneafrique.com, France, 26 février 2013
  6. a et b Mayrargue Cédric, « Yayi Boni, un président inattendu ? », Politique africaine,‎
  7. Boukari-Yabara Amzat, « Le Bénin, une stabilité exceptionnelle », Relations,‎
  8. « Conseil des ministres »
  9. « Élections Bénin 2011: Campagne électorale, entre engagement et suspicion »
  10. Boni Yayi officiellement reconduit à la tête du Benin, La Croix, 22 mars 2011
  11. « rapport élection présidentielle 2011 »
  12. a et b Banégas Richard, « L'autoritarisme à pas de caméléon  ? », Afrique Contemporaine,‎ (99 118. https://doi.org/10.3917/afco.249.0099.)
  13. Michael Tchokpodo, « Bénin : Le gouvernement Boni Yayi communique trop », Le journal International,‎ (lire en ligne)
  14. a et b « Bénin : le président Yayi Boni retire son projet de révision de la Constitution », LA TRIBUNE FRANCO-RWANDAISE,‎ (lire en ligne)
  15. « Présidentielle au Bénin : Zinsou et Talon, le choc de deux ambitions », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  16. http://www.au.int/fr/sites/default/files/18EME_SOMMET-CPFR-ELECTION DU PRESIDENT DE L'UA.pdf
  17. http://www.afrik.com/benin-boni-yayi-echappe-a-un-coup-d-etat
  18. http://koaci.com/benin-boni-yayi-pardonne-patrice-talon-olivier-bocco-autres-91779.html
  19. http://www.gouv.bj/actualites/marina/boni-yayi-accorde-son-pardon-patrice-talon-et-consorts-lire-lintegralite-de-son-discours
  20. Le Point, magazine, « L'ex-président du Bénin Boni Yayi à Lomé après deux mois de crise politique », sur Le Point (consulté le 24 juin 2019)
  21. Bénin : plusieurs mois après la fin de son dernier mandat, Boni Yayi n’a pas tout dit, Jeune Afrique, 1er septembre 2016
  22. Présidence de la République du Tchad, « Le Président tchadien distingue son homologue béninois », sur http://www.presidencetchad.org (consulté le 16 mars 2014)
  23. Gabriel Barbier, « Sénégal: Université Gaston Berger de Saint-Louis - Le président Yayi Boni fait docteur honoris causa », Wal Fadjri,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mathurin C. Houngnikpo et Samuel Decalo, Historical Dictionary of Benin, Rowman & Littlefield, 2013, p. 367-368 (ISBN 9780810871717)
  • Orens Lebienheureux, Boni Yayi, le vrai visage de la conquête du pouvoir, Alpha Com, Cotonou, 2008, 206 p.
  • Édouard Loko, Boni Yayi : « l'intrus » qui connaissait la maison, Tunde, Cotonou, 2007, 149 p. (ISBN 978-99919-4625-2)
  • Chrispel O. Ogoubi, Boni Yayi, l'impossible caution de l'ordinaire, Ed Menaibuc, 2007 (ISBN 978-2353490288)
  • Alfred E. Opubor et Philippe Hado, Boni Yayi, société civile et dynamique du changement au Bénin, L'Harmattan, Paris, 2007, 344 p. (ISBN 978-2-296-03273-6)
  • Prudent Victor Topanou, Boni Yayi ou Le grand malentendu : le quatrième président du renouveau démocratique béninois, L'Harmattan, 2012, 172 p. (ISBN 9782296992801)
  • Tiburce Adagbè, Mémoire du Chaudron, Cotonou, 2018.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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