Arashi Rikan II en Osome

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Arashi Rikan II en Osome
Arashi Rikan II as Osome (Ryusai Shigeharu).jpg
Artiste
Date
1830
Technique
Encre et couleur sur papier
Collection
N° d’inventaire
974.343.3
Localisation

Arashi Rikan II en Osome est une estampe ukiyo-e de l'artiste japonais Ryūsai Shigeharu (柳斎 重春?) (1802 – 1853). Elle représente l'acteur de théâtre kabuki Arashi Rikan II de la fin de l'époque d'Edo dans le rôle du personnage féminin principal dans une scène d'une pièce populaire de cette époque. L'image appartient à la collection permanente de la galerie d'art du Japon du musée royal de l'Ontario au Canada.

Détails de l'estampe[modifier | modifier le code]

  • Medium : kamigata nishiki-e (上方錦絵?) estampe; encre et couleur sur papier
  • Format: tate-e, impression verticale
  • Genre: kabuki-e, yakusha-e
  • Titre japonais : L'acteur Arashi Rikan II en Osome (娘おそめ あらし璃寛?)
  • Titre de l'exposition : L'acteur Arashi Rikan II en Osome
  • Inscription : aucune
  • Signature: Gyokuryūtei Shigeharu ga (玉柳亭重春画?) dans le coin en bas à droite
  • Marque de l'éditeur : 天喜 (Tenki)
  • Sceau de l'éditeur : 天 (Tenki)
  • Sceau de la censure : aucun
  • Sceau de date : aucun
  • Crédit : aucun
Signature & sceau

L'artiste[modifier | modifier le code]

Ryūsai Shigeharu (柳窗重春/柳斎重春?) (1802/3–1853) naît à Nagasaki dans le Kyushu. Il s'installe à Osaka vers 1820 et commence à étudier auprès d'Utagawa (Takigawa) Kunihiro (歌川国広?) (fl. c.1815-1841)[1] puis de Yanagawa Shigenobu (柳川重信?) (1787–1832). Il publie sa première estampe en 1820 sous le nom Nagasaki Kunishige (長崎国重?) et utilise différents tout au long de sa carrière. Il prend le nom Ryūsai Shigeharu en 1825 et travaille sur divers supports dont les impressions sur feuille unique, les illustration de livres, les affiches et programmes de théâtre et la peinture[2]. Il est actif durant la période courant de c.1820 à 1849 et les gravures signées Kunishige et Shigeharu après 1849 sont probablement les œuvres d'autres artistes[2].

Bien que les témoignages contemporains le caractérisent comme « bon en tout » et « meilleur que le reste »[2], les critiques modernes sont cependant moins positives, le décrivant comme « un artiste indifférent »[3]. Ce nonobstant, Shigeharu était, sinon le seul artiste professionnel de l'ukiyo-e à Osaka à la fin du XIXe siècle, l'un des très rares sur une scène dominée par les amateurs[4].

Éditeur[modifier | modifier le code]

L'imprimé montre la marque de l'éditeur associé à Tenki. Le sceau est une version stylisée du caractère (« dix ») contenu dans un cercle. Il apparaît directement au-dessus des caractères entiers pour Tenki (天喜?)[5]. Opérant sous le nom commercial Kinkadō (金華堂?), Tenki ou Tenmaya Kihei (天満屋喜兵衛?) comme il est également connu, est actif de 1816 jusqu'aux années 1850[6]. La version du sceau de Tenki qui figure sur cette impression est utilisée de 1826 à 1838.

Support et genre[modifier | modifier le code]

Ryūsai Shigeharu a passé la plupart, sinon la totalité, de ses années productives à Osaka et ses œuvres sont classées comme kamigata-e (上方絵?). Ce terme est employé pour distinguer les impressions produites dans la région de Kamigata (Kyoto et Osaka) de celles produites à Edo (moderne Tokyo)[7]. Alors qu'il gagne en importance environ un siècle après l'apparition du genre ukiyo-e à Edo[8], le genre kamigata-e relève essentiellement du genre kabuki-e (images d'acteurs kabuki), qui était presque entièrement l’œuvre de « fans talentueux de kabuki » célébrant leurs héros[9]. Shigeharu est une rare exception à cette règle[4].

Format[modifier | modifier le code]

L'image est une feuille d'impression unique tate-e (立絵?) ichimai-e (一枚絵?) verticale. Comme l'impression représente la moitié du duo romantique d'une célèbre histoire d'amour et que les signatures, les sceaux et les inscriptions sont tous situés à l'extrême droite de l'image, il peut avoir été la moitié droite d'un diptyque.

Estampe dans la collection du musée royal de l'Ontario, (Toronto).

Sujet[modifier | modifier le code]

Arashi Rikan II[modifier | modifier le code]

Après avoir passé les deux premières décennies de sa carrière sur les scènes des théâtres de second rang hamashibai (浜芝居?) d'Osaka[10], Arashi Rikan II (二代目嵐璃寛?) (1788-1837) est devenu un acteur kabuki renommé, spécialiste des rôles masculins tachiyaku (立役?)[11]. En 1828, il prend le nom Rikan II. Il se produit jusqu'à sa mort en 1837 et est inhumé dans l'enceinte du temple Jōgen-ji d'Osaka. La lignée Arashi Rikan se perpétue jusqu'à la cinquième génération avant de s'éteindre dans les années 1920[10].

Bien que de petite taille, Rikan II est connu pour ses yeux saisissants. On lui a donné le surnommetoku (目徳?), me signifiant « yeux » et toku « vertu ». Il est le favori de l'artiste Shunbaisai Hokuei (fl. c.1824-1837) et apparaît dans la plupart des gravures de ce dernier[12].

Osome[modifier | modifier le code]

Sur cette estampe, Rikan II est représenté en Osome, l'héroïne de la pièce Somemoyō Imose no Kadomatsu (染模様妹背門松?) (« L'Amour d'Osome et Hisamatsu »). Écrite à l'origine pour le théâtre de marionnettes bunraku (文楽?), la pièce est adaptée pour la scène kabuki en 1782[10]. Il s'agit de l'un parmi plusieurs drames racontant la tragique histoire vraie de deux amants maudits qui ont commis un double suicide en 1710, l'une étant la fille d'un marchand, l'autre, l'apprenti du père de celle-ci[13]. Osome était un sujet populaire pour les artistes yakusha-e et souvent représentée portant un kimono décoré de fleurs de chanvre[14].

Rikan II apparaît dans ce rôle au théâtre Kado d'Osaka au cours du 9e mois lunaire de 1830[10] et il est probable que cette gravure a été réalisée en célébration de cette représentation. Il reprend le rôle au théâtre Kitagawa pendant le 11e mois lunaire de 1832, reprise immortalisée dans une impression de Shunbaisai Hokuei[10].

Description[modifier | modifier le code]

Osome apparaît dans un moment de tension. Il fait nuit et elle quitte sa maison. En contraste avec l'obscurité totale de la maison derrière elle, elle porte une lanterne allumée et est revêtue d'un kimono à motifs sombres mais colorés. Au-delà de la figure d'Osome elle-même, il y a très peu de détails. Le sol est composé de lignes horizontales jaunes sur un fond brun et le ciel est coloré avec la technique bokashi de gradation des couleurs, s'assombrissant du gris clair au noir comme il atteint le bord supérieur de l'impression. Osome regarde à sa gauche avec une expression inquiète tandis que son regard se pose quelque part au-delà de la bordure droite de l'impression.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The British Museum date son activité de c.1816-1835, Oxford Reference à c.1821-1841 et Ujlaki de c.1821 - à 1841.
  2. a b et c Lyon 2013
  3. Roberts 1980, p. 145
  4. a et b Davis 2007, p. 18
  5. Newland 2005, p. 561
  6. Keyes and Mizushima 1973, p. 311
  7. JAANUS, Kamigata-e
  8. Kitagawa 2005, p. 229
  9. Kitagawa 2005, 230
  10. a b c d et e Shōriya 2013
  11. Samurai Archives 2012
  12. Newland 2005, p. 488
  13. Brandon and Leiter 2002, p. 64
  14. Newland 2005, p. 479

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Samurai Archives, Arashi Rikan II, Samurai Archives, (lire en ligne)
  • Oxford Reference, Kunihiro, Oxford University Press, (lire en ligne)
  • Aragorō Shōriya, Arashi Rikan II, Kabuki 21, (lire en ligne)
  • Aragorō Shōriya, Some Moyô Imose no Kadomatsu, Kabuki 21, (lire en ligne)
  • Peter Ujlaki, Biography: Kunihiro, OsakaPrints.com (lire en ligne)
  • Peter Ujlaki, Biography: Shigeharu, OsakaPrints.com (lire en ligne)
  • British Museum, Utagawa Kunihiro (国広歌川): Biographical details, Trustees of the British Museum (lire en ligne)
  • JAANUS, Kamigata-e, Japanese Architecture and Art Net Users System (lire en ligne)
  • Japan Arts Council, Jinbutsu Rireki: Ryūsai Shigeharu [人物履歴:柳斎重春] (Biography: Ryūsai Shigeharu), Bunka Digital Library,‎ (lire en ligne)
  • Mike Lyon, Ryusai Shigeharu, Lyon Collection of Japanese Woodblock Prints, (lire en ligne)
  • James R. Brandon et Samuel L. Leiter, Kabuki Plays on Stage: Darkness and Desire, 1804-1864, Honolulu, University of Hawai'i, , 63–90 p. (ISBN 0824824555)
  • Judy Nelson Davis, Dramatic Impressions: Japanese Theatre Prints from the Gilbert Luber Collection, Philadelphia, University of Pennsylvania, , 13–35 p. (ISBN 0812219856)
  • Hiroko Kitagawa, The Hotei Encyclopedia of Japanese Woodblock Prints, vol. 1, Amsterdam, Hotei, , 229–232 p. (ISBN 9074822657)
  • Amy Reigle Newland, The Hotei Encyclopedia of Japanese Woodblock Prints, vol. 2, Amsterdam, Hotei, (ISBN 9074822657)
  • Laurance, P. Roberts, A Dictionary of Japanese Artists, New York, Weatherhill, , 145 p. (ISBN 083480235X)
  • Ann Yonemura, Masterful Illusions: Japanese Prints from the Anne van Biema Collection, Washington, D.C., University of Washington, (ISBN 0295982713)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Œuvres associées
Autres