Robert Hainard

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Robert Hainard
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Robert Hainard, né le à Genève et mort le à Gland, est un artiste, naturaliste et auteur de livres suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents, Philippe Hainard (1879-1938) et Eugénie Hainard-Béchard (1882-1942), étaient peintres. À 12 ans, il quitte l'école primaire, son père veille alors sur son instruction générale et commence à lui enseigner le dessin.

En 1921 il entre aux Arts Industriels, où il rencontre sa femme, Germaine Roten (1902-1990) qu'il épouse en 1929. Ils ont deux enfants, et en 1938 s'établiront dans la commune genevoise de Bernex[1].

Il invente en 1927 un nouveau procédé de gravure sur bois et en 1929 expose ses premières estampes animalières au Salon genevois de l'œuvre.

Robert Hainard publie des ouvrages sur la nature et la vie sauvage, basés sur l'observation directe, notamment Mammifères sauvages d'Europe (1949), illustré par ses croquis pris sur le vif.

Conservation de la nature[modifier | modifier le code]

Engagé pour la nature, il a participé en 1928 à la création de l’Association pour la création et l’entretien des réserves naturelles dans le canton de Genève, actuellement Pro Natura Genève[2].

Dans la Ligue suisse pour la protection de la nature, il soutient le Centre Information-Nature de Champ-Pittet en offrant ses droits d'auteur lors de la vente d'une sculpture de grèbe huppé avec son poussin[3].

En 1972, l'exécutif des Grisons envisage de faire tuer 1000 cerfs, avec l'accord des autorités fédérales et de la commission fédérale du Parc national suisse, car les effectifs des cervidés ont augmenté et ils causent des dégâts aux forêts. Les gardiens du parc expriment leur indignation et de nombreux spécialistes et défenseurs de la nature proposent plutôt une régulation par l'introduction de prédateurs. Robert Hainard est de cet avis car à Obwald où huit lynx avaient été introduits, les résultats sont concluants: ils se nourrissent de chevreuils faibles et favorisent la mobilité des troupeaux, ce qui empêche les gros dégâts aux forêts. Il estime qu'une réintroduction du loup, ennemi naturel du cerf, serait encore plus efficace, mais il déplore qu'une "vieille terreur populaire" le considère comme ennemi de l'homme, ce qui n'est pas fondé dans les conditions du Parc national suisse[4].

Il inspire une génération de jeunes naturalistes par sa relation avec la nature, sa capacité de s'intégrer et se cacher dans un milieu sauvage pendant des heures, jour et nuit, en toutes saisons. Son respect des animaux le conduit à les comprendre et lui permet de saisir leur image sans les déranger[5],[6].

Publications[modifier | modifier le code]

Robert Hainard à sa maison de Bernex, avec une sculpture de loup.
  • Et la nature ? Réflexions d'un peintre, Éditions Gérard de Buren, 1943
  • Nature et mécanisme, Neuchâtel, Éditions du Griffon coll. « Problèmes de la philosophie des sciences », 1946
  • Mammifères sauvages d'Europe, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1948-1949
  • Jagd mit dem Skizzenblock, Zürich et Stuttgart, Rotapfel Verlag, 1966
  • Défense de l'image, Neuchâtel, La Baconnière, 1967
  • Chasse au crayon, en dessinant les bêtes sauvages, Neuchâtel, La Baconnière, 1969
  • Une morale à la mesure de notre puissance, Chambéry, Mouvement Homme et Nature, 1970
  • Expansion et nature, une morale à la mesure de notre puissance, Paris, Le Courrier du livre, 1972
  • Les réserves naturelles, Prilly-Lausanne, Éd. Avanti, 1973
  • Croquis de terrain, Lausanne, Payot,1975
  • Quand le Rhône coulait libre, Genève, Tribune Éditions, 1979
  • Images du Jura sauvage, Genève, Tribune Éditions, 1983
  • Le guetteur de lune, Genève, Tribune Éditions, 1986
  • Le miracle d'être, Paris, Sang de la Terre, 1986
  • Défense de l'image, Neuchâtel, La Baconnière, 1987
  • Le monde sauvage de Robert Hainard, Genève, Tribune Éditions, 1988
  • Nuits d'hiver au bord du Rhône, Genève, Tribune Éditions, 1988
  • Croquis d'Afrique, Genève, Blois, Tribune Éditions/Éditions Hesse, 1989
  • Germaine Hainard-Roten, Genève, Tribune Éditions, 1990
  • Le monde plein, Éd. Melchior, 1991
  • Sculptures, Éd. Hesse, 1993
  • La Méthode de mon père. Enseignement du dessin et du modelage, Genève, éd. Nicolas Junod, 1994
  • Chœur de loups et autres histoires d’ours, Genève, Éd. Slatkine, collection « L’Œil ouvert », 1999

Expositions[modifier | modifier le code]

Germaine et Robert Hainard exposent leurs œuvres, peintures pour elle et gravures pour lui, au Centre de rencontres de Cartigny[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphan Carbonnaux, Robert Hainard : chasseur au crayon, Saint-Claude-de-Diray Bernex, Hesse, , 323 p. (ISBN 2-911272-89-7)
  • Roland de Miller, Robert Hainard : peintre et philosophe de la nature, Paris, Sang de la terre, , 379 p. (ISBN 2-86985-014-X) - avec un texte inédit de Robert Hainard et les témoignages de cinq amis suisses du naturaliste
  • Maurice Blanchet, Robert Hainard : avec une biographie, une bibliographie et une documentation complète mises à jour sur le peintre et son oeuvre, Neuchâtel, La Baconnière, , 163 p. (ISBN 2-8252-1012-9)

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Promenade Robert Hainard à Yverdon.
Étang Robert Hainard.

Il a notamment obtenu les distinctions suivantes :

  • Bourse Lissignol ;
  • Prix Calame ;
  • Docteur ès sciences honoris causa de l'Université de Genève en 1969 ;
  • Concours restreint de la Confédération suisse ;
  • Prix Édouard-Marcel Sandoz d’art animalier de l’Académie Grammont, Paris, 1974 ;
  • Prix de l’Académie internationale de Philosophie de l’Art, 1984 ;
  • Médaille François Sommer, Paris, 1987 ;
  • Mérite bernésien, 1987.

Une promenade à Yverdon porte son nom.

Un étang porte son nom à Genève, proche du Rhône, situé entre Cartigny et Aire-la-Ville.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Tribune de Genève, 17 février 1994.
  2. « Pro Natura Genève », sur www.pronatura-ge.ch (consulté le 17 août 2020)
  3. Jean Mundler, « Sculpture de Robert Hainard », Protection de la nature, no 8,‎ , p. 31
  4. Jean-Jacques Marteau, « Les gardes du Parc national indignés Mille cerfs bientôt tués: "Lâchons des lynx!" propose Rabert Hainard », La Tribune de Genève,‎ , p. 5
  5. Henri-Paul Deshusses, « La galaxie Hainard », RadioTV,‎ , p. 15-16
  6. Champs magnétiques: L'animal à l'image, Télévision suisse romande, mardi 17 septembre 1985, 21h15.
  7. Arnold Kohler, « Issu du monde naturel L'art des Hainard », Coopération,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Roland de Millier, « Tension avec la nature », entretien, Utovie, 1980
  • J.Hesse, « Entretien sur la gravure », avec Robert Hainard, Éditions Hesse, 1998
  • en 1974, un portrait d'artiste, Télévision suisse romande [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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