Année zéro

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Les astronomes et les normes internationales utilisent une année zéro mais pas les historiens.

L'année zéro des astronomes[modifier | modifier le code]

Une année zéro a été inventée par l'astronome Jacques Cassini en 1740 dans ses Tables astronomiques[1].
En astronomie et plus particulièrement dans les calculs d'éphémérides, l'année zéro est donc celle qui précède immédiatement la première année de l'ère chrétienne[2].

Les astronomes utilisent une année zéro pour nommer l'année qui précède l'an 1 car :

  • la règle de divisibilité par quatre s'applique pour retrouver les années bissextiles (hors les années divisibles par 100 mais non par 400) ;

Exemple : Sans année "0", l'année -1 est bissextile car elle se trouve 4 ans avant l’année +4, alors que seules le sont les années ordinaires divisibles par 4 et les années terminées par deux zéros divisibles par 400.

  • deux années successives diffèrent toujours de 1, contrairement à la notation usuelle, pour laquelle le passage de l'an -1 (pour 1 av. J.-C.) à l'an 1, compterait pour deux ans si on faisait la soustraction;

Exemple : en l'absence d'année "0", un enfant né en l’an -3 atteint l'âge de 6 ans en l'an +4 et non en l'an +3 comme l'indique le calcul habituel.

En astronomie, les éphémérides se calculent en jours juliens.

L'année zéro de l'organisation internationale de normalisation[modifier | modifier le code]

La norme ISO 8601:2004, elle, utilise aussi une année zéro (sous la notation [0000]) dans son système de références de dates[3]. Elle utilise d'autre part le calendrier grégorien proleptique, ce qui signifie que le calendrier grégorien est appliqué aux années antérieures à 1582, et aucune date n'est retirée de l'année 1582. La norme signale toutefois que l'usage du calendrier grégorien proleptique pour les années avant l'introduction du calendrier grégorien doit faire l'objet d'un accord entre les parties lors d'un échange d'information.
L'usage des historiens veut que l'on utilise plutôt le calendrier julien pour ces dates.

Pas d'année zéro dans les calendriers chrétiens[modifier | modifier le code]

Dans les calendriers chrétiens (julien réformé avec Anno Domini ou grégorien) , ainsi que dans la plupart des calendriers autres que scientifiques, dont ceux utilisés par les historiens, il n’y a pas d’année zéro, mais néanmoins un instant zéro (le nom des années est un ordinal, pas un cardinal)[4], censé correspondre, approximativement, à la naissance de Jésus Christ. On appelle Anno Domini l’année commençant à cet instant (l'an 1, première année après la naissance de Jésus Christ). L’année précédant l’an 1 (première année avant la naissance de Jésus Christ) est elle notée 1 av. J.-C. ou de nos jours simplement -1 (la découverte des nombres négatifs en Occident est postérieure à l’institution des calendriers chrétiens). Ainsi, le calendrier passe directement de l’an -1 à l’an 1, sans année 0.

Le premier siècle d’un calendrier chrétien est l’intervalle de temps d’une durée de cent ans commençant en l’instant zéro. Il s’étend donc de l’an 1 à l’an 100 inclus. Les siècles suivants s’étendent ainsi de l’an 101 à l’an 200 inclus, de l’an 201 à l’an 300 inclus, de l’an 301 à l’an 400 inclus, de l’an 401 à l’an 500 inclus... du 1er janvier de l’an 1801 au 31 décembre de l’an 1900 inclus, du 1er janvier de l’an 1901 au 31 décembre de l’an 2000 inclus etc. De même, le premier siècle précédant l’instant zéro s’étend de l’an -100 à l’an -1 inclus.

Origine du choix de la date de départ des calendriers chrétiens[modifier | modifier le code]

C'est Denys le Petit, moine scythe, mort à Rome en 540, qui propose de rattacher le calendrier à la vie du Christ, ce qui n'était pas le cas jusqu'alors (on comptait conformément à l'usage romain, c'est-à-dire à partir de la fondation de Rome en -753, ab urbe condita).

Et, c'est à partir du 1er janvier de l'an 1, jour de la circoncision du Christ né 7 jours avant selon Denys, que l’Église catholique a donc décidé en l'an 532 de compter les années de notre ère chrétienne (l'année 2015 apr. J.-C. étant la 2015e année après la circoncision du Christ et non après sa naissance).

La date de naissance de Jésus calculée par Denys le Petit (25 décembre -1) a depuis été rejetée, notamment du fait de l'incertitude résultant des multiples réformes du calendrier romain ; les historiens retiennent aujourd'hui l'an 6 AEC comme date la plus vraisemblable, la fourchette la plus probable allant de 9 à 2 AEC. À la fin du XIXe siècle Arthur Loth, un archiviste-paléographe ayant consacré ses recherches à la vie de Jésus, prouve que l'an 1 n'est pas l'an 1 mais l'an -4, autrement dit que le Christ est né au début de l'an -4 et non une semaine avant l'an un comme le veut la tradition[5].

La proposition de Denys le Petit est d'emblée adoptée par l'Église (en 532), puis se généralise au VIIIe siècle, et, à partir de l'an 1000, seul ce calendrier figure sur les actes officiels.

Littérature et cinéma[modifier | modifier le code]

Victor Hugo est né le 26 février 1802, à 22 h 30. En écrivant dans Les Feuilles d'automne que « Ce siècle avait deux ans ! » au moment de sa naissance[6], le poète a commis une erreur[7], ou bien une approximation[8], car, à cette date, le XIXe siècle était au début de sa deuxième année et n'avait donc qu'1 an, 56 jours, 22 heures et 30 minutes.

Arthur C. Clarke quant à lui écrit « 2001, l'Odyssée de l'espace » en choisissant pour la date de son intrigue... la première année du troisième millénaire. Son opus « 2010 : Odyssée deux » fait référence à la dernière année de la première décennie du XXIe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. IMCCE, Guide de données astronomiques 2012, éd. EDP Sciences, p. 24
  2. Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides : les calendriers texte en ligne
  3. Norme ISO 8601:2004
  4. « Les limites de siècles II. Champs de forces conservatrices et régressives depuis les temps modernes. Sous la direction de Marita Gilli », Presses universitaires de Franche-Comté, 2001.
  5. Jésus-Christ dans l'Histoire, Paris, François-Xavier de Guibert, 2003 (ISBN 978-2-86839-588-7)
  6. Victor HUGO, « Les Feuilles d'automne »
  7. « Les Misérables – 2 – Cosette par Victor Hugo, présenté par Didier Hallépée »
  8. « Le Commencement du siècle par Georges de Craene présenté par Désiré Mercier»

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Astronomie pratique et informatique, C. Dumoulin, J.-P. Parisot, Masson, 1987