1916 en dadaïsme et surréalisme

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l'année, voir 1916.

Éphémérides[modifier | modifier le code]

Le Cabaret Voltaire de Zurich (2006)

Février[modifier | modifier le code]

  • 8 février
    Création collective du mouvement Dada au Cabaret Voltaire par la grâce des poètes Hugo Ball, Tristan Tzara, des peintres Jean Arp, Marcel Janco, Sophie Taeuber et une page de dictionnaire prise au hasard[1]. Le Cabaret Voltaire, à Zurich, est une petite taverne de la Spiegelstrasse transformée en café littéraire et artistique dont les murs sont couverts de tableaux créant une ambiance à la fois intime et oppressante[2].
    Hugo Ball : « Janco a fait un certain nombre de masques […] conçus pour être vus à distance, font un effet incroyable. […] Non seulement le masque réclamait aussitôt le costume, mais il imposait également des gestes précis, pathétiques, qui frôlaient la démence. Sans que nous eussions pu nous en douter […], nous fûmes en train de nous mouvoir comme dans un ballet bizarre, drapés et ornés d'objets invraisemblables, renchérissant l'un l'autre par nos idées. »
  • 10 février
    Lettre de Paul Valéry à André Breton, en réponse au poème Âge (« Aube, adieu ! Je sors du bois hanté ; j'affronte les routes, croix torrides. Un feuillage bénissant me perd. L'août est sans brèche comme une meule… ») : « Je vois maintenant que l'illumination vous gagne. La noble maladie suit son cours. Il faut l'avoir eue, guérir et en garder certaines traces. L'essentiel est de n'en être pas défiguré pour la vie. Mais je m'assure que vous ayant pris de bonne heure et vu sa violence ce mal ardent vous sera un bien[3]. »

Mars[modifier | modifier le code]

Guillaume Apollinaire après sa trépanation.
  • Les premiers poèmes d'Antonin Artaud paraissent dans La Revue de Hollande.
  • Philippe Soupault déclaré « bon pour le service » est affecté dans l'artillerie à Angers. « Choisi » avec une cinquantaine de ses camarades pour l'expérimentation d'un vaccin contre la typhoïde, il est évacué à l'hôpital de Creil (Oise) à cause de fortes fièvres et des crises de délire.
  • 17 mars
    Guillaume Apollinaire est grièvement blessé à la tête.
  • André Breton rencontre Adrienne Monnier : « Nous eûmes, écrit-elle, tout de suite de longues conversation […] Il avait des vues exclusives qui me dépaysait tout à fait […] [Son] regard restait étranger au monde et même à soi […] C'est la violence qui le fait statue[4]Breton : « [Elle] a su faire [de sa librairie] le foyer d'idées le plus attractif de l'époque. Le beau grain qu'elle savait mettre dans les discussions, les chances qu'elle donnait à la jeunesse et jusqu'à l'excitante partialité de ses goûts : elle ne manquait pas d'atouts dans son jeu. »

Avril[modifier | modifier le code]

Affiche du combat entre Arthur Cravan et Jack Johnson

Mai[modifier | modifier le code]

Jacques Vaché dans l'armée anglaise

Juin[modifier | modifier le code]

  • Jacques Vaché est renvoyé au front comme interprète auprès des troupes britanniques[8].

Juillet[modifier | modifier le code]

  • 26 juillet
    À sa demande, Breton est affecté au centre neuro-psychiatrique de Saint-Dizier (Haute-Marne) où sont envoyées les victimes de traumatismes et troubles mentaux liés à la guerre. Découverte de Sigmund Freud dans le traité La Psychoanalyse des docteurs Emmanuel Régis et Angelo Hesnard[6].
  • Pendant ses vacances à Locronan (Finistère), Yves Tanguy fréquente un peintre dénommé Toché qui se passionne pour la reproduction des nuances atmosphériques du paysage vespéral en regardant le motif à travers un verre teinté qui inverse les valeurs ou des lunettes noires pour obtenir une précision plus aiguës des objets[9].
  • 28 juillet
    Tristan Tzara, La Première aventure céleste de Monsieur Antipyrine.

Août[modifier | modifier le code]

  • 9 août
    Déclaré « bon pour le service », Artaud est incorporé dans le 3e régiment d'infanterie en garnison à Digne (Alpes-de-Haute-Provence).
  • Paul Éluard est infirmier à Haugicourt (Somme) à proximité du front. Il écrit et édite « aux armées » un recueil de poèmes Le Devoir qu'il signe Paul Eluard, du nom de sa grand-mère maternelle[10].

Octobre[modifier | modifier le code]

  • 11 octobre
    Première lettre de Jacques Vaché à Breton : « Je promène de ruines en villages mon monocle de Crystal et une théorie de peintures inquiétantes. J'ai successivement été un littérateur couronné, un dessinateur pornographe connu et un peintre cubiste scandaleux. Maintenant, je reste chez moi et laisse aux autres le soin de discuter ma personnalité d'après celles indiquées. Le résultat n'importe. »[11].

Novembre[modifier | modifier le code]

Hugo Ball au Cabaret Voltaire, le 23 mai
  • 20 novembre
    Breton est envoyé dans un corps de brancardiers pendant l'offensive sur la Meuse[12].
  • 28 novembre
    Hugo Ball : « Ce que nous appelons Dada est un jeu de fous dans le vide, qui a impliqué tous les grands problèmes […] tel un geste de gladiateur ; un jeu avec des restes minables […] l'exécution de la moralité prétendue[13]. »

Décembre[modifier | modifier le code]

  • 28 décembre
    À sa demande insistante, Éluard est affecté au 95° régiment d'infanterie[14].

Cette année-là[modifier | modifier le code]

  • De la plateforme d'un autobus, Breton aperçoit dans la vitrine du marchand d'art Paul Guillaume, l'œuvre de Giorgio De Chirico Le Cerveau de l'enfant. Breton saute de l'autobus et, à force d'insistance, parviendra à acheter le tableau.
  • Beatrice Wood rencontre Marcel Duchamp et lui déclare que le premier venu peut faire de l'art moderne. Elle réalise aussitôt un dessin appelé Marriage of a friend que Duchamp fait paraître dans la revue d'avant-garde The Rogue[15].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sophie Taeuber-Arp, Composition verticale-horizontale
  • Jean Arp
    • Construction élémentaire selon les lois du hasard, morceaux de papier tirés au sort et collés au hasard[16]
    • Fleur-marteau. Formes terrestres, bois découpés, coloriés et collés[17]
  • Jean Arp et Sophie Taeuber
  • Jean-Joseph Crotti
    • Le Clown, assemblage[19]
  • Giorgio De Chirico
    • Intérieur métaphysique (avec grande usine)[20]
    • La Mélancolie du départ
    • Les Muses inquiétantes[21]
    • Nature morte évangélique I[22]
    • Les Projets de la jeune fille[23]
    • Le Salut de l'ami lointain, huiles sur toile[24]
  • Suzanne Duchamp
    • Un et une menacés, peinture-assemblage composée d'un fil à plomb, d'un mouvement d'horlogerie et d'autres éléments mécaniques[25]
  • Marcel Janco
  • Francis Picabia
    • Prostitution universelle, schéma d'une machinerie composée d'une lunette pyramétrique et d'un galvanomètre sensible à suspension rehaussé de peinture métallisée[26]
  • Man Ray
    • La Danseuse de corde s'accompagnant de ses ombres, aérographie (peinture au pistolet)[27]
    • Revolving doors, papiers collés
  • Georges Ribemont-Dessaignes
    • L'Empereur de Chine, texte dramatique[28]
  • Sophie Taeuber
    • Composition verticale-horizontale, huile sur toile[29]
  • Tristan Tzara
    • La Première aventure céleste de Monsieur Antipyrine

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tristan Tzara : « Je ne veux cependant pas dire que la légende de Dada ne correspond pas à la réalité », annotation manuscrite du début des années 1960, rapportée par Anne Sanouillet dans sa préface à Dada à Paris de Michel Sanouillet, CNRS Éditions, Bayeux, 2005, p. XII.
  2. Henri Béhar & Michel Carassou, Dada, histoire d'une subversion, Paris, Fayard, 1990-2005, p. 8 et Laurent Le Bon, op. cit. p. 219.
  3. Breton, Œuvres complètes, tome 1, op. cit., p. 8 et note p. 1078.
  4. Daix, op. cit., p. 25.
  5. Reproduction de l'affiche de la rencontre dans Beaux Arts magazine n° 100, avril 1992, p. 133.
  6. a et b Bonnet, A. Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XXXIV.
  7. François Buot, Tristan Tzara, Grasset, Paris, 2002, p. 56.
  8. Jacques Vaché, lettre du 5 juillet à Breton, in Lettres de guerre, éd. Mille et une nuits, 2001, p. 10.
  9. Angliviel, op. cit., p. 166.
  10. Scheler, P. Éluard, œuvres complètes : chronologie, op. cit., p. LX.
  11. Jacques Vaché, Lettres de guerre, op. cit., p. 15.
  12. Bonnet, A. Breton, œuvres complète, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XXXIV.
  13. Lettre à Richard Huelsenbeck. Lemoine, op. cit., p. 22.
  14. Scheler, P. Éluard, œuvres complètes : chronologie, op. cit., p. LXI.
  15. Le Bon, op. cit., p. 976.
  16. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 17 & Le Bon, op. cit., p. 465.
  17. 63 × 50 cm. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 109 & Pierre, op. cit., p. 115.
  18. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 113.
  19. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 26.
  20. 96,3 × 73,8 cm. Stuttgart, Staatsgalerie. Reproduction dans Dossier de l'art n° 160, février 2009, p. 5.
  21. Neue Pinakothek, Munich. Reproduction dans Dossier de l'art, ibid., p. 69. « 1918 » pour Crepaldi, op. cit., p. 188.
  22. 80,5 × 71,4 cm, Museum of Modern Art, Osaka.Reproduction dans Dossier de l'art, ibid., p. 28.
  23. Reproduction dans Breton, LSELP, op. cit., p. 16.
  24. 48,2 × 36,5 cm. Collection particulière, Italie. Reproduction dans Dossier de l'art, ibid., p. 28.
  25. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 244.
  26. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 25.
  27. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 30. Également intitulé La Funambule accompagnée par ses ombres, dans Crepaldi, op. cit., p. 195.
  28. Généralement considéré comme la première pièce de théâtre Dada. Le Bon, op. cit..
  29. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 927.