1923 en dadaïsme et surréalisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour l'année, voir 1923.

Éphémérides[modifier | modifier le code]

Janvier[modifier | modifier le code]

Affiche de la manifestation Dada à Haarlem.

Février[modifier | modifier le code]

  • 2 février
    Antonin Artaud publie à compte d'auteur et sous le pseudonyme d'Eno Dailor le premier numéro de la revue Bilboquet, une feuille composée d'une introduction et de deux poèmes : « Toutes les revues sont les esclaves d'une manière de penser, et, par le fait, elles méprisent la pensée. [...] Nous paraîtrons quand nous aurons quelque chose à dire. »[2]
  • 28 février
    André Breton fait cesser les expériences de sommeil hypnotique[3].

Mars[modifier | modifier le code]

  • Artaud quitte le Théâtre de l'Atelier.

Avril[modifier | modifier le code]

  • 1er avril
    Dans la NRF, Jacques Rivière fait l'éloge d'Aragon : « En lisant Aragon, je pense à Voltaire, mais encore plus au premier Barrès. » Aragon réplique : « L'imprudence que j'ai eue de publier un livre vous donne barre sur moi, le temps d'évoquer Voltaire que je tiens pour la dernière saloperie. »
  • 7 avril
    Dans un entretien avec Roger Vitrac publié dans Le Journal du peuple, Breton fait part de son intention de ne plus écrire[3] : « Je considère la situation des choses que je défends comme désespérée. Je tiens même la partie pour absolument perdue. »

Mai[modifier | modifier le code]

Juin[modifier | modifier le code]

  • 18 juin
    Parution dans la presse d'un Hommage à Pablo Picasso signé par le groupe surréaliste, probablement écrit par Breton[5].

Juillet[modifier | modifier le code]

Portrait de Tristan Tzara par Robert Delaunay, 1923

Août[modifier | modifier le code]

  • 26 août
    André Breton, Tournesol[9]
  • Artaud subit une nouvelle série de piqûres et autres traitements antisyphilitiques : « Les engourdissements ont en partie disparu mais pour faire place à des céphalées encore plus violentes qui m'enlèvent plus que jamais la possession de ma pensée. »

Septembre[modifier | modifier le code]

Novembre[modifier | modifier le code]

  • 10 novembre
    Breton se rend dans la nouvelle maison qu'occupent Éluard, Gala et Max Ernst à Eaubonne (Val d'Oise). Il y découvre la décoration de la maison réalisée par Ernst qui « dépasse en horreur tout ce qu'on peut imaginer. Penser que la banlieue, la campagne vous cache de telles machinations : je sais bien que si j'étais la foudre je n'attendrais même pas l'été[10]. »
  • 15 novembre
    André Breton, Clair de terre, avec un portrait par Picasso[11]
  • Parution du deuxième numéro de Bilboquet intégralement écrit par Artaud. À propos du roman de Raymond Radiguet, Le Diable au corps : « J'ai rarement lu un roman aussi cyniquement niais que celui de Raymond Radiguet. Toute l'habile singerie de l'homme s'y trouve collectée. C'est comme une maturité en raccourci. »[12]

Décembre[modifier | modifier le code]

  • À l'occasion de l'acquittement de Germaine Berton, jugée pour avoir assassiné le 22 janvier 1923, Marius Plateau[13], secrétaire des Camelots du roi, Aragon, Breton, Simone Breton et Max Morise lui offrent une corbeille de roses et d'œillets rouges, accompagnée de ces mots : « À Germaine Berton, qui a fait ce que nous n'avons pas su faire. ». Cependant, Breton, dans une position équivoque, regrette que « l'acquittement retire au geste sa valeur de révolte »[14].

Cette année-là[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Louis Aragon
  • Céline Arnauld
    • Guêpiers de diamant, poèmes
  • Antonin Artaud
  • André Breton
    • Clair de terre, recueil de poèmes, avec un portrait par Picasso : « Les promesses des nuits étaient enfin tenues / Les pigeons voyageurs les baisers de secours / Se joignaient aux seins de la belle inconnue / Dardés sous le crêpe des significations parfaites / Une ferme prospérait en plein Paris / Et ses fenêtres donnaient sur la voie lactée / Mais personne ne l'habitait encore à cause des survenants. (Tournesol). »
  • Paul Citroen
    • Metropolis, deuxième version, collage[19]
  • Robert Desnos
    • Langage cuit, écriture automatique : « Dans l'escalier je la rencontrai. "Je mauve" me dit-elle et tandis que moi-même je cristal à pleine ciel-je à son regard qui fleuve vers moi. Or il serrure et, maîtresse ! Tu pichpin qu'a joli vase je me chaise si les chemins tombeaux. L'escalier, toujours l'exscalier qui bibliothèque et la foule au bas plus abîme que le soleil ne cloche. »
  • Marcel Duchamp
    • Le Grand verre, la Mariée mise à nu par ses célibataires, même, huile sur verre, inachevé, commencé en 1915[20]. Breton : « Une œuvre dans laquelle il est impossible de ne pas voir le trophée d'une chasse fabuleuse sur des terrains vierges, aux confins de l'érotisme, de la spéculation philosophique, de l'esprit de compétition sportive des dernières données des sciences, du lyrisme et de l'humour. »
  • Max Ernst
    • Au premier mot limpide, peinture murale de la maison d'Éluard à Eaubonne (Val d'Oise)[21]
    • Castor et pollution, huile sur toile[22]
    • La Femme chancelante, huile sur toile[23]
    • Histoire naturelle, peinture murale[24]
    • Les Hommes n'en sauront rien, huile sur toile. Au dos de la toile figure la légende : « Le croissant (jaune et parachute) empêche que le petit sifflet tombe par terre. / Celui-ci, parce qu'on s'occupe de lui, s'imagine monter au soleil. / Le soleil est divisé en deux pour mieux tourner. / Le modèle est étendu dans une pose de rêve. La jambe droite est repliée (mouvement agréable et exact). / La main cache la terre. Par ce mouvement la terre prend l'importance d'un sexe. / La lune parcourt à toute vitesse ses phases et éclipses. / Le tableau est curieux par sa symétrie. Les deux sexes s'y font équilibre. / à André Breton / très amicalement / max ernst. »[25]
    • Pietà ou la révolution la nuit, huile sur toile[26]
    • Sainte Cécile, huile sur toile[27]
    • Ubu imperator, huile sur toile[28]
    • Vive l'amour (Pays charmant), huile sur toile[29]
  • Raoul Hausmann
    • ABCD (Portrait de l'artiste), collage[30]
  • Henri Michaux
    • Les Rêves et la jambe[31]
  • Joan Miró
    • La Lampe à carbure, huile sur toile[32]
  • Francis Picabia
    • Idylle[33]
    • Optophone II, huile sur toile[34]
  • Man Ray
    • Objet indestructible, objet, métronome avec la photographie d'un œil collé sur le balancier[35]
    • Retour à la raison, film
  • Hans Richter
    • Rythme 23, huile sur rouleau de toile[36]
  • Kurt Schwitters
    • Mz 231 Miss Blanche,
    • Merzbild Kijkduin, collages[37],
    • Sans titre (Merz), technique mixte[38]
  • Philippe Soupault
    • Le Bon apôtre,
    • À la dérive, romans
  • Tristan Tzara
    • De nos oiseaux
  • Theo Van Doesburg
    • La Matière dénaturalisée. Destruction n°2, collage[39]
  • Ilia Zdanevitch
    • Ledentu le phare, poème en « zaoum »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lemoine, op. cit., p. 62.
  2. Grossman, op. cit., p. 43.
  3. a et b Bonnet, A. Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XLVI.
  4. Grossman, op. cit., p. 19.
  5. Bonnet, A. Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XLIX.
  6. dite du Cœur à barbe pour la postérité.
  7. Bonnet, A. Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XLVI, Le Bon, op. cité, p. 269 & Michel Sanouillet, Dada à Paris, éd CNRS, Paris, 1965-2005, p. 333.
  8. Le Bon, op. cit., p. 440.
  9. Béhar, op. cit., p. 312.
  10. a et b Bonnet, A. Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XLVII.
  11. Bonnet, A. Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XLVII et LX.
  12. Grossman, op. cit., p. 48.
  13. Georges Sebbag, André Breton l'amour-folie, éditions Jean-Michel Place, Paris, 2004, p. 100.
  14. Lettre de Simone Breton à Denise Lévy, 24 décembre. Bonnet, A. Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, op. cit., p. XLVIII.
  15. La Bérénice de son roman Aurélien. Elle épousera Pierre Naville.
  16. Canonne, op. cit., p. 21.
  17. a et b Angliviel, op. cit., p. 173.
  18. Clébert, op. cit., p. 50.
  19. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 338 & Lemoine, op. cit., p. 83.
  20. Reproduction dans Breton, LSELP, op. cit., p. 95.
  21. Puis monté sur toile, 232 × 167 cm. Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf. Reproduction dans Connaissance des arts n° 716, juin 2013, p. 40.
  22. Spies, op. cit., p. 130.
  23. Spies, op. cit., p. 131.
  24. Spies, op. cit., p. 133.
  25. 80,5 × 64 cm. Collection privée, Tate Gallery, Londres. Reproduction dans Beaux Arts magazine n° 331, janvier 2012, p. 85. Ce tableau a été créé avant le mois d'octobre : Breton en a présenté une reproduction à Nadja qui « s'est longuement expliquée sur le sens particulièrement difficile [du tableau] et cela tout à fait conformément à la légende détaillée qui figure au dos de la toile », Breton, Nadja, œuvres complètes, tome 1, op. cit. p. 727 et p. 1554 pour la citation de la légende du tableau.
  26. Œuvre probablement réalisée après mai 1923, car elle n'est pas mentionnée dans le texte d'Aragon de la même année Max Ernst peintre des illusions, Clébert, op. cit., p. 50 & Reproduction dans Breton, LSELP, op. cit., p. 24.
  27. Reproduction dans Angliviel, op. cit., p. 189.
  28. 81 × 65 cm. Musée national d'art moderne de Paris. Reproduction dans Beaux Arts magazine n° 90, mai 1991, p. 1.
  29. Reproduction dans Crepaldi, op. cit., p. 208.
  30. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 37.
  31. Éditions Ça ira, Bruxelles. Canonne, op. cit., p. 18.
  32. Reproduction dans Breton, LSELP, op. cit., p. 40.
  33. Reproduction dans Breton, LSELP, op. cit., p. 20.
  34. 116 × 88,5 cm. Musée nationale d'art moderne de Paris. Reproduction dans Beaux Arts magazine n° 103, juillet-août 1992, p. 49.
  35. Collection particulière, Hambourg. Reproduction dans Federico Poletti, L'Art au XXe siècle. I. Les Avant-gardes, Hazan, Paris, 2006, p. 6.
  36. Reproduction dans Verdier, op. cit., p. 104.
  37. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 59 et 61.
  38. Reproduction dans Crepaldi, op. cit., p. 205.
  39. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 969 & Lemoine, op. cit., p. 86.