Varyag (1899)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Varyag.

55° 11′ 03″ N 4° 56′ 30″ O / 55.18417, -4.9417 ()

Varyag (Варяг - ou Varègue)
Image illustrative de l'article Varyag (1899)

Autres noms Soja (宗谷)
Histoire
A servi dans Pavillon de la marine impériale russe Marine impériale de Russie, 1re escadre du Pacifique, flotte de l'Arctique, Pavillon de la marine impériale japonaise Marine impériale japonaise
Quille posée 1er août 1898
Lancement 31 octobre 1899
Armé 2 janvier 1901
Statut sabordé le 9 février 1904, renfloué par les Japonais en 1905, fit naufrage en 1925 en mer d'Irlande
Caractéristiques techniques
Type Croiseur protégé
Longueur 129,56 mètres
Maître-bau 15,09 m
Tirant d'eau 5,94 m (au centre), 5,87 m (à la proue), 6,02 m (à la poupe)
Déplacement 6 500 tonnes (standard) 7 100 tonnes (max)
Puissance 2 machines à vapeur à triple expansion verticale, 30 chaudières, 2 hélices.
Après 1907 : 2 moteurs à triple expansion à vapeur (VTE), 30 chaudières
Vitesse 23 nœuds (43 km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage Ponts : de 40 à 75 mm

Tourelles :

  • kiosque : 152 mm
Armement 4 mitrailleuses lourdes Maxim
  • 8 × 47 mm (Hotchkiss)
  • 2 × 64 mm (Baranovsky)
  • 2 × 37 mm (Hotchkiss)
  • 12 × 75 mm (Canet)
  • 12 × 152 mm (Canet)
  • 6 tubes lance-torpilles de 381 mm

Après 1907 :

  • 12 × 152 mm
  • 10 × 80 mm
  • 2 × 47 mm
  • 4 tubes lance-torpilles de 450 mm
Autres caractéristiques
Équipage 20 officiers et hommes d'équipage
Chantier naval William Cramp et Sons Philadelphie
Port d'attache Port-Arthur Chemulpo Mourmansk
Coordonnées 55° 11′ 03″ N 4° 56′ 30″ O / 55.184166666667, -4.9416666666667 ()55° 11′ 03″ Nord 4° 56′ 30″ Ouest / 55.184166666667, -4.9416666666667 ()  

Le Varyag (en russe : Варяг, en français : Varègue), fut un croiseur protégé de première classe de la Marine impériale de Russie, de 1904 à 1905, il servit dans la première escadre du Pacifique. Ce bâtiment de guerre prit part à la bataille de Chemulpo le 9 février 1904, sérieusement endommagé par les tirs de la flotte japonaise, le croiseur fut sabordé. Renfloué par les Japonais en 1905, réparé, il fut mis en service dans la Marine impériale japonaise sous le nom de Soja (宗谷). En 1916, avec d'autres navires, le croiseur fut racheté par la Russie impériale.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Varyag dans la baie de la Corne d'Or à Vladivostok, 1903

Le Varyag fut construit lors du programme naval de 1898. L'Amirauté de la Russie impériale contacta William Cramp et Sons à Philadelphie en Pennsylvanie pour la construction de ce croiseur. Celle-ci débuta le 1er août 1898, son lancement eut lieu le 31 octobre 1899. Le croiseur quitta les États-Unis le 10 mars 1900 et mit le cap sur la Russie. Le 19 mai 1901, le Varyag reçu la visite de Nicolas II de Russie, le croiseur fut mis en service en 1901.

Carrière dans la Marine impériale de Russie[modifier | modifier le code]

Naval Ensign of Russia.svg En novembre 1901, Le Varyag fut transféré en Extrême-Orient afin de renforcer la flotte du Pacifique. Au début de la Guerre russo-japonaise de 1904-1905, le croiseur et la canonnière Koreets étaient basés dans le port neutre coréen de Chemulpo.

Bataille de Chemulpo[modifier | modifier le code]

Le Varyag après la bataille

Le 8 février 1904, afin de couvrir le débarquement de 3 000 soldats, l'amiral japonais Uriu Sotokiti (1854-1937), commandant alors une flotte composée du croiseur lourd Asama, des croiseurs de protection Naniva, Takachiho, Chioda, Akashi, d'un aviso le Chihaya et de huit autres bâtiments de guerre bloqua le port de Chemulpo afin d'éviter toute ingérence du Varyag. Le même jour, la Koreets tenta de rallier Port-Arthur, mais, attaquée, elle rentra au port.

Le lendemain matin, 9 février 1904, l'amiral japonais adressa un ultimatum au contre-amiral russe Vsevolod Fiedorovich Roudnev (1855-1913), cet ultimatum se présenta ainsi : le commandant du Varyag avait jusqu'à midi pour quitter le port de Chemulpo et engager la bataille en pleine mer, à 16 heures, en cas de refus provenant du contre-amiral russe, les navires de la flotte japonaise attaqueront les deux bâtiments de guerre ancrés pourtant dans un port neutre. Après un échange de paroles avec les commandants de quatre navires (le croiseur italien Elbe, le croiseur britannique Talbot, le croiseur américain Vicksburg et le croiseur français Pascal) amarrés dans le port de Chemulpo, Vsevolod Fiedorovich Roudnev prit la décision de gagner les eaux internationales afin d'engager le combat contre les bâtiments de guerre japonais pour l'honneur de la Marine impériale de Russie, malgré l'inégalité des forces en présence (15 navires japonais contre deux navires russes). Admirant cet acte de bravoure, au moment où le croiseur et la canonnière russes levèrent l'ancre, les orchestres des navires étrangers entamèrent le chant de Varyag. Les capitaines des bâtiments de guerre français, italien, britannique et américain rendirent les honneurs aux marins russes.

Le Varyag en feu dans le port de Chemulpo

Positionné près de l'île Yodolmi, à l'aide de signaux, l'amiral japonais demanda une seconde fois aux deux navires russes de se rendre, aucune réponse ne parvenant à Uriu Sotokiti, celui-ci ordonna d'ouvrir le feu. Le combat dura cinquante minutes. À une distance de 9 000 mètres, avec dans son sillage cinq croiseurs de protection, le navire amiral Asama[1] ouvrit le feu. Au cours de cette bataille, le Varyag tira 1 105 obus, selon le contre-amiral, le croiseur russe coula un destroyer japonais et endommagea quatre croiseurs : l’Asama, le Chioda, le Takachiho et le Naniva, l'adversaire aurait perdu trente hommes et déplora vingt blessés. Selon les sources d'officiers japonais les tirs du Varyag ne provoquèrent aucun dommage aux navires japonais et ils ne déplorèrent aucune pertes humaines[2]. Malgré un combat acharné, le Varyag fut touché par les tirs ennemis à onze reprises, dont trois impacts sous la ligne de flottaison, à bord du croiseur russe, un officier, trente marins furent tués, six officiers et 85 marins blessés, 100 personnes légèrement blessées, quant à la Koreets elle ne déplora aucune perte. Dans l'impossibilité de poursuivre ce combat, les deux navires regagnèrent le port, après l'évaluation de la gravité des dommages, le Varyag fut sabordé, afin de ne pas tomber aux mains des Japonais, le Koreets subit le même sort. Les membres d'équipage des deux navires russes furent transférés sur les croiseurs Talbot, Elbe et Pascal. À la fin du conflit opposant le Japon à la Russie, le gouvernement japonais créa à Séoul le musée à la mémoire des héros du Varyag[3], en 1907, le contre-amiral Vsevolod Fiedorovich Roudnev fut décoré de l'Ordre du Soleil levant par l'empereur Mutsuhito[4]. Même si le contre-amiral accepta cette distinction, il ne la porta jamais en public.

Carrière dans la Marine impériale du Japon[modifier | modifier le code]

Naval Ensign of Japan.svg

IJN Soya

En 1905, le Varyag fut renfloué par les Japonais, réparé et modernisé, comme croiseur de 2e classe, il fut mis en service dans la Marine impériale du Japon sous le nom de Soja (宗谷) le 8 août 1905. Son nom eut pour origine le cap Soja Misaki situé au nord de Hokkaidō. En qualité de navire école pour les cadets de la Marine japonaise, du 14 mars 1909 au 7 août 1909, le Soja entreprit une longue expédition de Hawaï il se rendit en Amérique du Nord. Chaque année il répéta cette expédition jusqu'en 1913.

Au cours de la Première Guerre mondiale, le Japon devenu l'allié des Russes, le Soja comme d'autres navires russes fut vendu à la Russie impériale.

Nouvelle carrière dans la Marine impériale de Russie[modifier | modifier le code]

Naval Ensign of Russia.svg En mars 1916, le Soja fut vendu à la Russie pour une somme de 4 000 000 yens. En octobre de la même année, rebaptisé Varyag, le navire russe reçut son affectation pour la flotte de l'Arctique, il fut ancré à Mourmansk, son nouveau port d'attache. Plus tard, afin d'effectuer des travaux de modernisation, le croiseur fut amarré dans le port de Liverpool. Lors de la révolution d'Octobre 1917, les marins russes hissèrent le drapeau rouge à bord. Le gouvernement soviétique refusant de payer les travaux entrepris sur le croiseur, les Britanniques confisquèrent le bâtiment de guerre[5]. En 1920, le Varyag fut vendu à une entreprise de démolition allemande. En 1925, au cours de son remorquage, dans le Firth of Clyde il fut pris dans une tempête et s'échoua près du village écossais de Lendafloot. Une partie de la structure métallique fut prise par les habitants de cette localité. En 1925, le croiseur coula en mer d'Irlande

Timbre poste soviétique de 1972 honorant le croiseur Varyag

À l'occasion du cinquantième anniversaire de l'acte héroïque du Varyag, le chef de la Marine soviétique, l'amiral Nikolaï Kouznetzov (1904-1974) remit personnellement quinze médailles « Pour le courage » aux anciens combattants. Plus tard, des ordres et des médailles militaires furent remis à 139 anciens combattants du Varyag et du Koreets.

Monuments honorant le croiseur Varyag[modifier | modifier le code]

Le 30 août 2006, journée portes ouvertes de la Marine russe, lors d'une cérémonie à laquelle assistèrent de hauts responsables politiques et des membres de la de la Marine russe, un monument à la mémoire du croiseur Varyag fut dévoilé à Lendafloot[6].

Le 8 septembre 2007, à Lendafloot, un grand monument en bronze fut consacré au Varyag

Monument honorant les membres d'équipage du Varyag[modifier | modifier le code]

Dans le cimetière de Vladivostok, un monument fut érigé à la mémoire des marins morts lors de la bataille de Chemulpo.

Un monument à la mémoire de Vsevolod Fiedorovich Roudnev, commandant du croiseur Varyag fut érigé à Toula et dans le village de Rusyatino dans la région de Toula.

Le 10 février 2004 lors de la célébration du 100e anniversaire du combat naval, dans le port coréen d'Incheon (anciennement Chemulpo) fut installée une plaque sur l'ancien hôpital de la Croix-Rouge où furent soignés les marins blessés du Varyag. Le monument est une pierre avec un seul cœur en bronze sculpté par Andreï Vladimirovitch Balashov[7],[8],[9].

Culture et image du croiseur Varyag[modifier | modifier le code]

Des chansons populaires furent composées sur des poèmes écrits par le poète et écrivain autrichien Rudolf Greinz et le musicien russe Alexeï Tourichev (1888-1962).

En 1946, tournage du film Le Croiseur « Varyag » (URSS).

En 2003, découverte de l'épave du Varyag sous la direction du journaliste Alexeï Denisov[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • David Evans. Kaigun: Stratégie, tactique, et de la technologie dans l'Imperial Japanese Navy, 1887-1941. US Naval Institute Press (1979). (ISBN 0-87021-192-7)
  • Stephen Howarth. Les navires de combat du Soleil Levant: Le Drame de la Marine Impériale japonaise, 1895-1945. Atheneum; (1983) (ISBN 0-689-11402-8)
  • Hansgeorg Jentsura. Navires de guerre de la marine impériale japonaise, 1869-1945. Naval Institute Press (1976). (ISBN 0-87021-893-X)
  • Le Petit Journal, numéro du 8 mai 1904, réception donnée à la Cour impériale pour l'équipage du Varyag

Sources[modifier | modifier le code]

Musique du croiseur Varyag[modifier | modifier le code]

Autre navire du même nom[modifier | modifier le code]

  • Un croiseur lance-missiles fut baptisé Varyag en 1996, lancé en 1983, mis en service en 1989, actuellement il est en service dans la flotte russe du Pacifique.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :