Lüshunkou

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Lǚshùnkǒu
旅顺口
Image illustrative de l'article Lüshunkou
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province Liaoning
Préfecture Dalian
Statut administratif District
Code postal 116000[1]
Démographie
Population 210 000 hab. (2001)
Densité 410 hab./km2
Géographie
Coordonnées 38° 48′ 00″ N 121° 14′ 00″ E / 38.8, 121.23333338° 48′ 00″ Nord 121° 14′ 00″ Est / 38.8, 121.233333  
Superficie 51 215 ha = 512,15 km2
Localisation

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Lǚshùnkǒu

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Lǚshùnkǒu

Lüshunkou (en chinois : 旅顺口 ; en chinois traditionnel : 旅順口 ; hanyu pinyin : Lǚshùnkǒu) est une ville portuaire de Chine, anciennement connue sous le nom de Port-Arthur (Порт Артур) pendant la période d'administration russe et de Ryojun (旅順) pendant la période d'administration japonaise. Située à l'extrême pointe de la péninsule de Liaodong, elle est un district de la ville sous-provinciale de Dalian dans la province du Liaoning. Elle comptait 210 000 habitants en 2001.
En 1945 son accès est interdit aux étrangers, ce qui lui a valu le surnom de « ville interdite »[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

Présence russe[modifier | modifier le code]

Vue de l'entrée de la baie de Port-Arthur
Vue d'un des bassins de Port-Arthur en 1901
Carte de Port-Arthur en 1905

Le 21 novembre 1894, Port-Arthur fut le théâtre d'affrontements lors de la première guerre sino-japonaise, lorsque l'avant-garde de la 1re division de la 2e armée japonaise sous le commandement du général Motoharu Yamaji massacra des civils chinois, y compris les femmes et les enfants.

Deux ans après ce massacre, les Russes prirent la ville en obtenant une concession louée pour vingt-cinq ans auprès du gouvernement chinois. Ils fortifient le port, devenu l'un des terminus du chemin de fer de l’Est chinois qu'ils avaient construit et géraient comme étant un tronçon ferroviaire du Transsibérien. En novembre 1897, en effet, le comte Mouraviov, ministre russe des Affaires étrangères explique dans une note au cabinet qu'il est d'une haute importance stratégique pour la flotte impériale de disposer d'une escale en Extrême-Orient, alors que les Allemands viennent d'obtenir la concession de Kiautschou[2]. Le comte de Witte, ministre russe des finances, proteste contre cette proposition, arguant que la Russie avait défendu la Chine contre l'agression des Japonais, leur refusant le droit de s'approprier une quelconque parcelle du territoire chinois et donc que l'obtention d'un port par la Russie serait dangereuse[3]. Les Japonais devenaient en effet de plus en plus menaçants et convoitaient la Corée. Nicolas II se range à l'avis de son ministre des Affaires étrangères, ne souhaitant pas laisser les navires anglais croiser seuls dans la région, et pensant que si les Russes n'obtenaient pas ce port, les Anglais le prendraient pour eux-mêmes [3].

La convention russo-chinoise est signée le 15 (27) mars 1898 à Pékin par Pavlov, pour la Russie et Li-Hong-Jang membre du Collège[4] des Affaires étrangères, pour la Chine. Le port et sa péninsule deviennent une escale, organisée sous l'autorité du gouverneur-général d'Extrême-Orient. La construction de la forteresse devant défendre l'entrée du port démarre en 1901, selon les plans de l'ingénieur militaire Velitchko. Vingt pour cent du projet sont en cours de construction en 1904. À côté du port commercial, il existe un grand bassin, celui de l'ouest, et un autre, celui de l'est. La première escadre du Pacifique l'utilise comme base navale. Port-Arthur est le second port de la flotte du Pacifique, après celui de Vladivostok, en importance. L'escadre comprend sept cuirassés, neuf croiseurs, vingt-quatre torpilleurs, quatre canonnières et d'autres navires.

Un régiment d'infanterie de marine est basé à la forteresse sous le commandement du vice-amiral Alexeïev (à partir de 1899). Il est formé, à partir du 27 juin 1900, de quatre bataillons venant de Russie d'Europe.

Le port est commandé par un gouverneur-général, le vice-amiral Nikolaï Greve (1853-1913) à partir du 6 décembre 1902, puis par le contre-amiral Grigorovitch (1853-1930), à partir de 1904.

Il y avait en 1903: 42 065 habitants, dont 13 585 militaires, 4 297 femmes, 3 455 enfants, 17 709 Européens sujets de l'Empire russe, 23 394 Chinois, 678 Japonais, 246 Européens de différentes nationalités.

On comptait aussi en 1903: 3 263 maisons d'habitation, plusieurs usines et briqueteries, une fabrique de tabac et une distillerie, une filiale de la Banque russo-chinoise, une imprimerie, le siège du journal « Nouvelle Frontière », et la gare terminale de la ligne de chemin de fer de Sud-Mandchourie (ou Transmandchourien). Les revenus municipaux de la ville s'élevaient à 154 995 roubles en 1900.

Présence japonaise[modifier | modifier le code]

La ville devint japonaise à la suite du siège qui se déroula du 9 février 1904 au 2 janvier 1905 lors du conflit russo-japonais.

Présence soviétique[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre soviéto-japonaise, les Japonais, alliés du Troisième Reich vaincu depuis le 8 mai, sont chassés de la ville par les troupes soviétiques de la 39e armée, le 22 août 1945. Les combats font rage des deux côtés. Auparavant, le 14 août 1945, un traité d'alliance entre la République de Chine et l'Union soviétique avait reconnu la souveraineté soviétique sur Port-Arthur, en lui accordant un bail de trente ans, pour en faire une base navale. Le 14 février 1950, un nouveau traité, dans le cadre de la nouvelle amitié sino-soviétique, signé cette fois par les Soviétiques avec la République populaire de Chine, prévoit que la base navale peut être utilisée par la flotte soviétique et la flotte de la république populaire de Chine, avec rétrocession à cette dernière à la fin de 1952. Mais les Chinois demandent, le 15 septembre 1952, la prolongation de ce statut, jusqu'en 1955[5]. Cette demande est officiellement acceptée par les gouvernements des deux pays, le 12 octobre 1954. Les dernières troupes soviétiques partent donc en mai 1955.

Depuis 1955[modifier | modifier le code]

Vue actuelle de la gare construite par les Russes.
Vue de la ville aujourd'hui.

La ville est fermée aux étrangers, mais les Russes et les Japonais peuvent y venir en groupes organisés accompagnés de guides officiels chinois pour visiter certains lieux de mémoire. Parmi ceux-ci, l'ont peut distinguer:

  • 15e batterie russe du roc Électrique (ouverte seulement aux Chinois)
  • Fort N°2, où fut tué le général Kondratienko (ouvert seulement aux Chinois)
  • Colline 203: lieu mémoriel des affrontements de la Colline Haute, pendant la guerre russo-japonaise
  • Cimetière russe : aujourd'hui musée, avec une chapelle orthodoxe. Quinze mille soldats, marins, et officiers russes y sont enterrés de l'époque impériale et de 1945.
  • Gare construite en 1901-1903
  • Batterie russe de la colline Wantaï (le Nid d'Aigle)

En plus de ces lieux, un certain nombre de maisons datant de l'époque russe sont encore debout, et les restes de fortifications sont visibles et visités par les touristes chinois. Des travaux de restauration de ces lieux ont été décidés par les autorités en septembre 2010. Une mission professionnelle russe s'y est rendue à l'été 2009, pour restaurer le cimetière. C'était la première fois qu'une mission officielle russe venait sur les lieux depuis 1955. Une partie était prête pour la venue du président Medvedev, le 26 septembre 2009.

Une partie des Russes, en faible nombre qui constituent l'une des 55 ethnies en Chine y résident encore. Le russe reste parlé localement par quelques personnes, souvent très âgées. Toutefois, à Dalian, ils ne parlent plus le russe, mais le Chinois Mandarin, et la plupart sont métissés, issus de mariages avec des Chinois. Ils sont souvent reconnaissables à leurs yeux non-bridés. Le plus grand nombre n'a pas le statut ethnique "Russe", et seul un faible nombre parle le russe parfaitement. Il y a une chapelle orthodoxe russe près du cimetière orthodoxe, avec clergé local.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le parc paysager de Dalian-Plage Lüshunkou (大连海滨—旅顺口风景名胜区) a été proclamé parc national le 1er août 1988.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Codes postaux et téléphoniques du Liaoning, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
  2. Serge de Witte Mémoires, Berlin, Slowo-Verlag, 1922, p. 120sq
  3. a et b Serge de Witte, op. cité
  4. Appellation officielle du ministère des Affaires étrangères de l'Empire céleste des Tsin
  5. Kurt London, The Soviet Union in world politics, Westview Press , 1980, p.39

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]