Bataille de Chemulpo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

37° 20.8′ N 126° 31.37′ E / 37.3467, 126.52283

Bataille de Chemulpo
Naufrage du Varyag à Chemulpo
Naufrage du Varyag à Chemulpo
Informations générales
Date 9 février 1904
Lieu Au large de Chemulpo, en Corée
Issue Victoire japonaise
Belligérants
Naval Ensign of Japan.svg Empire du Japon Naval Ensign of Russia.svg Empire russe
Commandants
Uryu Sotokichi Vsevolod Roudniev
Forces en présence
6 croiseurs
1 aviso
8 torpilleurs
1 croiseur
1 canonnière
Pertes
Aucune 220 hommes, les deux navires sont sabordés après la bataille plus un navire marchand se trouvant en rade.
Guerre russo-japonaise
Batailles
Port-Arthur (1re) · Chemulpo · Yalou (en) · Nanshan (en) · Te-li-Ssu (en) · Col de Motien (en) · Tashihchiao (en) · Port-Arthur (2e) · Hsimucheng (en) · Mer Jaune · Ulsan · Korsakov (en) · Liaoyang (en) · Cha-Ho · Sandepu (en) · Mukden · Tsushima
Coordonnées 37° 20′ 48″ N 126° 31′ 22″ E / 37.34666667, 126.5228333337° 20′ 48″ Nord 126° 31′ 22″ Est / 37.34666667, 126.52283333  

La bataille de Chemulpo est une bataille navale livrée le 9 février 1904 en Corée, pendant la guerre russo-japonaise (1904-1905).

Prémices[modifier | modifier le code]

Commandé par Roudniev, le Varyag[1] arrive en rade le 10 janvier. Il est rejoint peu après par le Koreïets commandé par Belaïev (et comprenant 60 hommes d'équipage).

Dans le port se trouvaient des neutres : le Talbot anglais commandé par Lewis Bayly, le Vicksburg américain, l'Elba italien commandé par Rafael Borea Ricci d'Olmo, le croiseur français Pascal commandé par Sénès.

Les communications étant coupées depuis plusieurs jours, le ministre de Russie à Séoul donne des ordres pour que le Koreïets aille chercher des ordres à Port-Arthur. Sortant du port, à hauteur de l'île Yodolmi, celui-ci subit le lancement de trois torpilles qui manquent leur but et tire deux coups de canon. Après cet engagement le Koreïets rentre au port.

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 8 février, une flotte japonaise se présente devant le port de Chemulpo (Incheon) et débarque des troupes. Dans le port se trouvent deux navires russes, le croiseur Varyag et la canonnière Koreïets, qui assistent au débarquement sans intervenir. Il est vrai que la guerre n'est pas officiellement déclarée (elle ne le sera que le 10), et si cela n'embarrasse guère les Japonais qui attaquent le même jour Port-Arthur, cela gêne les Russes, plus formalistes.

Le lendemain matin, le contre-amiral Uryu adresse un ultimatum au capitaine Roudniev, commandant du Varyag, par lequel il le met en demeure de quitter Chemulpo avant midi, afin de combattre en pleine mer. L'officier japonais précise qu'en cas de refus, ses bâtiments attaqueront à 16 heures, dans le port pourtant zone neutre, les navires russes. Après un débat avec les capitaines de quatre navires de guerre étrangers (italien, britannique, américain et français) présents dans le port et qui s'indignent du non-respect de la neutralité des lieux, Roudniev fait part de sa détermination à gagner les eaux internationales, pour respecter la réglementation et à engager le combat contre les Japonais pour l'honneur de la marine impériale russe malgré l'écrasante disproportion des forces.

Le Varyag appareille donc, suivi du Koreïets et gagne le large ; l'escadre japonaise ne leur laisse pas une chance et les accable de ses salves. Le croiseur cuirassé Asama, navire amiral japonais, ouvre le feu à 9 000 mètres de distance, bientôt suivi par les cinq croiseurs protégés de l'escadre nippone. Le Varyag se défend avec acharnement mais ses tirs sont imprécis et n'atteignent pas ses adversaires. Il est en revanche touché à onze reprises dont trois au-dessous de la ligne de flottaison. Après 35 minutes d'affrontement, il rentre tant bien que mal au port, le pont jonché de victimes, tout en continuant à tirer sur les Japonais avec ses deux pièces arrière de 152 mm. Revenu à Chemulpo, il est sabordé par son équipage tandis que les bateaux neutres français, italien et britannique envoient des chaloupes recueillir les marins russes. Quoiqu’indemne, le Koreïets subit un sort similaire pour ne pas tomber entre les mains des Japonais.

Bilan[modifier | modifier le code]

Le Varyag a tiré 180 coups de ses pièces principales et 360 des autres. Le Koreïets a tiré 23 coups de son armement principal et 18 coups des autres pièces. Le transport russe Sungari, également présent dans le port, est aussi sabordé. Les Russes déplorent 222 tués et blessés lors de l'engagement alors que les Japonais n'ont aucune victime.

Le Varyag
Le Varyag et le Koreïets

Le contre-amiral Uryu exige des capitaines des navires français, italiens et britanniques qu'ils livrent les marins russes qu'ils ont embarqués et qu'il considère comme des prisonniers de guerre. Il se heurte à une fin de non-recevoir et n'insiste pas.

Le Varyag est renfloué par les Nippons, qui le réutilisent sous le nom de Soya, avant de le vendre, douze ans plus tard... à la Russie !

Navires engagés[modifier | modifier le code]

Russie[modifier | modifier le code]

Nom Type Tonnage Puissance Armement Notes
Varyag Croiseur 6 500 tonnes 23 nœuds 12 canons de 6 pouces Capitaine Vladimir Behr
Koreïets Canonnière 1 413 tonnes 13 nœuds 2 canons de 8 pouces, 1 canon de 6 pouces Commandant Belaïev

Japon[modifier | modifier le code]

Nom Type Tonnage puissance Armement Notes
Naniwa Croiseur 3 700 tonnes 18 nœuds 2 de 10 3 de 6 Contre-amiral Uryu
Asama Croiseur 9 750 tonnes 4 de 8 7 de 6
Takachino Croiseur 3 700 tonnes 18 nœuds 2 de 10 3 de 6
Niitaka Croiseur 3 400 tonnes 4 de 6 5 de 75
Akashi Croiseur 2 700 tonnes 2 de 6 3de 120
Chiyoda Croiseur 2 450 tonnes
Chidori Torpilleur classe Cyclone 140 tonneaux
Hayabusa torpilleur classe Cyclone 140 tonneaux
Kasasagi Torpilleur classe Cyclone 140 tonneaux

Références[modifier | modifier le code]

  1. dont l'équipage comprend un commandant en second, trois lieutenants de vaisseau, quatre officiers mécaniciens, deux médecins, un pope, quatre maîtres d'équipage, trois commis de cuisine, 530 matelots

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Morhain, La Guerre russo-japonaise, revue Champs de bataille no 10 (février-avril 2006).

Liens externes[modifier | modifier le code]