Turangalîla-Symphonie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Tristan and Isolde de Herbert James Draper

La Turangalîla-Symphonie est une œuvre pour orchestre et deux solistes, composée par Olivier Messiaen entre 1946 et 1948, commandée en 1945 par Serge Koussevitzky.

Création[modifier | modifier le code]

La création mondiale a eu lieu le 2 décembre 1949, par l'Orchestre symphonique de Boston, sous la direction de Leonard Bernstein, avec Yvonne Loriod au piano solo et Ginette Martenot aux ondes Martenot. La création française a eu lieu à Aix-en-Provence sous la conduite de Roger Désormière, dirigeant l'Orchestre national de France, le 25 juillet 1950.

Instrumentation[modifier | modifier le code]

Instrumentation de la Turangalîla - Symphonie (103 exécutants)
Cordes
16 premiers violons, 16 seconds violons, 14 altos
12 violoncelles, 10 contrebasses,
Bois
2 flûtes, 1 piccolo, 2 hautbois, 1 cor anglais

2 clarinettes en si bémol, 1 clarinette basse en si bémol

3 bassons

Cuivres
4 cors en fa, 1 trompette en ré, 3 trompettes en ut

1 cornet en si bémol, 3 trombones, 1 tuba

Claviers
1 jeu de timbres, célesta,
Solistes
Piano, Ondes Martenot
Percussions
triangle, temple-block, wood-block, petite cymbale turque
cymbales, cymbale chinoise, tam-tam, tambour, tambour de basque
maracas, tambour provençal, caisse claire, grosse caisse
vibraphone, huit cloches tubulaires

Analyse[modifier | modifier le code]

Cette symphonie est composée pour très grand orchestre, avec deux solistes : un piano et des ondes Martenot.

Messiaen a dit que le titre de la symphonie vient de deux mots en sanscrit, Turanga et Lîla, liés, et la traduction de Turangalîla peut être « chanson d'amour, hymne de joie, mouvement, rythme, vie et mort »[1]. Le compositeur a également pu écrire par ailleurs que ce mot ne signifiait rien mais avait été utilisé pour sa sonorité[réf. nécessaire].

La Turangalîla-Symphonie est la partie centrale d'une trilogie sur le thème de Tristan et Iseult, thème d'amour et de mort. La première partie de ce triptyque est le cycle de mélodies Harawi — poèmes d'amour et de mort —, et la troisième partie est Cinq Rechants, pour chœur a cappella.

Pour l’auteur, il s’agit surtout d’une symphonie concertante. La diversité des pupitres requis, suivant en cela la liberté que le commanditaire lui avait laissée, comprend, les bois, le quintette des cordes, les cuivres dont une section étoffée de trompettes, mais aussi célesta et vibraphone qui peuvent rappeler le gamelan. La présence des ondes Martenot, mais aussi d'une « batterie » conséquente constituée notamment de triangle, cymbale turque et chinoise, maracas, tam-tam souligne combien, en orchestrateur avisé, Messiaen aimait la démesure d'une palette orchestrale vaste et puissante afin de créer des mélanges orchestraux très neufs.

L'écriture de piano est excessivement virtuose et contient beaucoup des innovations contemporaines que Messiaen développe à cette époque dans d'autres fresques pour cet instrument Vingt regards sur l'Enfant-Jésus ou Visions de l'Amen. L'omniprésence de cet instrument et son importance dans la partition font de cette symphonie un véritable concerto pour piano et orchestre. Turangalîlâ exprime tout à la fois, vie et mort, énergie et joie, chant, mouvement, rythme… Messiaen organise ce chant colossal en composant quatre thèmes principaux, apparaissant aux moments clés de l'œuvre.

Titres des mouvements[modifier | modifier le code]

La symphonie est écrite en dix mouvements, qui sont :

  1. Introduction (modéré, un peu vif)
  2. Chant d'amour I (modéré, lourd)
  3. Turangalîla I (presque lent, rêveur)
  4. Chant d'amour II (bien modéré)
  5. Joie du sang des étoiles (vif, passionné, avec joie)
  6. Jardin du sommeil d'amour (très modéré, très tendre)
  7. Turangalîla II (un peu vif - bien modéré)
  8. Développement de l'amour (bien modéré)
  9. Turangalîla III (bien modéré)
  10. Final (modéré, presque vif, avec une grande joie)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liste des œuvres d'Olivier Messiaen

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Isabelle Battioni, livret du CD Turanalîla Symphonie, Naxos 8.554478-79.

Discographie[modifier | modifier le code]

Orchestre National de la RTF, direction : Maurice Le Roux ;

(Réédition en compact d'un disc 33tours enregistré en 1961 à Paris, collection musique française).


Orchestre symphonique de Londres, direction : André Previn ;


Orchestre symphonique national de la radio polonaise, direction : Antoni Wit ;

  • François Weigel, piano
  • Thomas Bloch, ondes Martenot
  • Disque Naxos 8.554478-79NRS - Midem "Classical Music Award 2002", "Choc" (Monde de la Musique), "Best of the Year" (Gramophon)


Royal Concertgebouw Orchestra, direction : Riccardo Chailly ;


Orchestre de l'Opéra national de Paris, direction : Myung-Whun Chung ; Enregistré en présence du compositeur


Berliner Philarmoniker, direction : Kent Nagano ;

Liens externes[modifier | modifier le code]