Trona

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Trona
Catégorie V : carbonates et nitrates[1]
Général
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule brute Na2CO3 · NaHCO3 · 2H2O
Identification
Masse formulaire dépôt en lit massif, couche poudreuse sur les parois ou à la surface du sol uma
Couleur incolore à gris, jusqu'à blanc jaune
Classe cristalline et groupe d'espace roche évaporite à structure litée
Système cristallin monoclinique
Clivage parfait
Cassure irrégulière à (sub)conchoïdale
Faciès massif (structure litée)
Échelle de Mohs 2,5 à 3
Trait blanc
Éclat vitreux, luisant
Propriétés optiques
Transparence transparent à translucide
Propriétés chimiques
Densité 2,1
Température de fusion peut se décomposer au-delà de 100°C (à vérifier) °C
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

Le trona , encore nommé urao en espagnol, est un minéral très rare en Europe, une combinaison naturelle de carbonate de sodium, de bicarbonate de sodium et d'eau de constitution, de formule Na2CO3 · NaHCO3 · 2H2O. Ce minéral monoclinique, composant de la roche évaporite carbonatée homonyme, prend son nom commun d'une altération de l'arabe natriin signifiant "sel", qui a servi à dénommer la ville américaine de Trona en Californie.

Minéral et minerai ont un goût alcalin prononcé. Ils représentent une source de carbonate de sodium et de bicarbonate de sodium, pour l'industrie. En effet, le trona peut apparaître comme un mélange stœchiométrique de ces composés monohydratés Na2CO3. H2O et de NaHCO3 · H2O

Minéral[modifier | modifier le code]

Les cristaux sont transparents à translucides. Leur cassure à éclat vitreux luisant est irrégulière à sub-conchoïdale. La densité est 2,1, le trait reste blanc.

Roche évaporitique[modifier | modifier le code]

La roche, incolore à grise, parfois blanc jaunâtre, présente un faciès massif et une structure litée, caractéristiques des roches évaporites, formées dans les gisements salins lacustres[2].

La roche, produit d'évaporation, est aussi présente sous forme de couches poudreuses sur les parois des mines ou à la surface du sol désertique. Dans ce cas, les cristaux en prismes allongés et tabulaires sont rares. Elle peut former des efflorescences sur les sols des régions arides.

Elle a été découverte en 1863 dans le comté de San Bernardino en Californie du Sud par les frères Searles, John et Dennis, précisément dans la Panamint valley, qui constitue un réseau de drainage englobant le "désert des bancs de boue"[3]. L'ensemble fait partie de la contrée du lac Searles, toujours périodiquement inondée de façon plus ou moins précaire et qui continue à former des roches salines ou évaporites par évaporation des eaux. Elle est désormais dénommée de ce nom car les frères, après avoir inventorié les ressources minières, ont commencé l'exploitation du borax dès 1873.

Au lac Searles, elle y est parfois associée intimement à la halite, la gaylussite, au borax...

Gisements[modifier | modifier le code]

Le premier gisement mondial qui se trouve dans le Wyoming dans le comté de Sweetwater, district de Green River, est fort de 23 milliards de tonnes de réserve ; le premier gisement européen, fort de 1 à 2 milliards de tonnes de réserve, se trouve en Turquie à Beypazarı, à une centaine de kilomètres au nord-ouest d'Ankara. Ce minerai, purifié, séché peut être calciné : l'opérateur industriel obtient ainsi la soude ou carbonate de sodium anhydre, Na2CO3.

Couches compactes de trona

Les gisements de l'Ouest américain sont vastes dans les régions salées désertiques. Citons les districts de Searles Lake, Borax, Fallon, la chaîne à l'ouest du couloir reliant le lac Mono à la vallée aux États-Unis, le lac Goodenough en Colombie britannique (Canada), au Lac Texcoco au Mexique...

On en trouve aussi en Afrique dans les régions salées désertiques, par exemple Bilma en Libye, la contrée de l'antique Memphis (Mit Rahina) au voisinage de le vallée inférieure du Nil en Égypte, à proximité du Lac Tchad dans le Kanem, en Namibie près d'Otawi (Otjiwalundo salt pan), associé à la halite en Ouganda au lac Katwe...

En Asie, le trona est assez communément observable dans les déserts alcalins de Mongolie et du Tibet...

Références[modifier | modifier le code]

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Elle est ainsi associée à la halite, au gypse, au borax, à la dolomite, à la glauberite ou à la sylvite. Les morceaux massifs ont généralement aussi un aspect fibreux, peu compacte avec des vides.
  3. Ce réseau hydraulique, temporaire, est actif au Pléistocène, depuis 1,8 millions d'année jusqu'à - 10 000 ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ronald L. Bonewitz, Margareth Carruthers, Richard Efthim, Roches et minéraux du monde, Delachaux et Niestlé, 2005, 360 pages (traduction de l'ouvrage anglo-saxon, publié par Dorling Kindersley Limited, London, 2005), en particulier p 176. ISBN 2-603-01337-8
  • Olivier James, Carbonate de soude : Solvay livre bataille en Méditerranée, L'Usine nouvelle, no 3316, 31 janvier 2013, p. 38-39

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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