INRI
INRI est l'acronyme, dit titulus crucis, de l'expression latine Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ». Il est aussi celui de In Nomine Romanum Imperium, au nom de l'empire romain. Un autre sens, plus tardif et d'inspiration alchimique, est parfois donné à l'acronyme : Igne Natura Renovatur Integra (« Par le feu la nature se régénère tout entière »).
[modifier] Sources évangéliques
Cet acronyme qui reprend le verset de l'Évangile selon saint Jean (cf plus bas) apparaît à une date indéterminée. Sa première trace archéologiques date du IVe siècle avec l'inscription conservée à Rome, à la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem. Le titulus crucis reprend pour l'Église catholique l'inscription qui se trouvait sur la croix de Jésus. Les Églises orthodoxes reprennent l'acronyme INBI pour les Grecs et INЦI pour ceux des Slaves qui écrivent en cyrillique. Elle figure sur quasiment toutes les représentations de la Crucifixion.
La phrase sur le titulus aurait été inscrite par les Romains sur la croix de Crucifixion de Jésus de Nazareth, condamné à mort par le préfet[1] de Judée Ponce Pilate (voir Passion du Christ).
Ce titulus se base sur la version de l'Évangile selon saint Jean[2] : « Pilate fit graver une inscription, qu'il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue : Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ». Auparavant, elle était « Roi des Juifs » dans l'Évangile selon Marc[3], puis « Jésus roi des Juifs » dans l'Évangile selon Matthieu[4] et « Celui-ci est le roi des Juifs » dans l'Évangile selon Luc[5]. L'Évangile de Jean précise que l'inscription fut critiquée : Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate : « N'écris pas : Roi des Juifs. Mais écris qu'il a dit : Je suis le roi des Juifs. » Pilate répondit : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. »[6]
Cet écriteau ne représentait dès lors que le simple acte d'accusation ou motif de condamnation de Jésus, exécuté en tant que criminel politique, d'où sa sentence sur la croix.
Le texte raconte que, par cette phrase, les Romains voulaient railler celui qui se proclamait le Messie. Ils l'ont couronné à leur manière, avec une couronne d'épines.
Il est aussi dit dans les Évangiles de saint Matthieu[7] et de saint Luc[8] que Joseph serait le descendant direct du roi David, et qu'ainsi l'expression « roi des juifs » désignerait sans ironie l'hérédité de Jésus. Cependant ces généalogies sont soumises à controverse[9]. Toutefois, Jésus tout comme son cousin Jean le Baptiste, aurait aussi été d'ascendance royale par sa mère.
Cet ensemble d'éléments semble montrer que Jésus a été considéré comme pouvant prétendre à la royauté par au moins certains mouvements juifs.
[modifier] Notes et références
- Jusqu'à 1961, on croyait que le titre de Ponce Pilate était procurateur. Grâce à une inscription retrouvée à Césarée, on sait désormais qu'il était préfet.
- Jn 19,19
- Mc 15,26
- Mt 27,37
- Lc 23,38
- Jn 19,21-22
- Mt 1,1
- Lc 2,4
- Voir Les généalogies de Jésus