Théories de la Terre creuse

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L'expression Terre creuse fait référence à des théories selon lesquelles la planète Terre serait creuse, ces théories étant presque toujours associées à l'idée que la Terre possède une surface interne habitable. Bien que des romans d'aventure les aient un temps rendues populaires, elles reçoivent peu de soutien au XXIe siècle ; les théories géodésiques actuelles les contredisent, et la majorité de la communauté scientifique les rejette, considérant qu'il s'agit de théories pseudo-scientifiques.

Les diverses théories[modifier | modifier le code]

Terres creuses conventionnelles[modifier | modifier le code]

Dans l'histoire ancienne[modifier | modifier le code]

Théorie de la Terre creuse d'Edmund Halley.
La Terre creuse envisagée par Euler dans une expérience de pensée, avec deux ouvertures aux pôles, et un soleil intérieur.

Dans les temps anciens, l'existence de « royaumes souterrains » était partie intégrante de nombreuses croyances religieuses, comme les Enfers de la mythologie grecque, le Svartalfheim de la mythologie nordique, le Sheol du judaïsme[réf. nécessaire], l'Enfer[réf. nécessaire] du christianisme, ou Yajuj wa Majuj (Gog et Magog) de l'islam[réf. nécessaire].

Edmund Halley émit en 1692[1] l'idée que la Terre était constituée d'une coquille creuse d'environ 800 km d'épaisseur, de deux coquilles concentriques intérieures, et d'un noyau central, ayant respectivement les diamètres approximatifs des planètes Vénus, Mars et Mercure. Ces coquilles seraient séparées par une couche atmosphérique, chacune d'elles aurait ses propres pôles magnétiques, et elles tourneraient à des vitesses différentes. Halley a proposé ce modèle pour expliquer des anomalies dans l'affichage des boussoles. Il émit l'hypothèse de l'existence d'une atmosphère lumineuse à l'intérieur de la Terre, celle-ci produisant les aurores boréales en s'échappant à l'extérieur[2]. Il émit également l'hypothèse que les mondes intérieurs pourraient être habités.

Certains[Qui ?] ont prétendu que Leonhard Euler avait également émis l'idée d'une Terre creuse, éliminant les coquilles multiples pour postuler l'existence d'un soleil intérieur qui fournirait de la lumière à une civilisation avancée. Cette conception pourrait provenir de la mauvaise interprétation d'un écrit dans lequel Euler relatait une simple expérience de pensée. Sir John Leslie développa plus tard cette idée, suggérant deux soleils centraux, qu'il nomma Pluton et Proserpine.

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1818, John Cleves Symmes, Jr. (en), suggéra que la Terre était constituée d'une coquille d'environ 1 300 km d'épaisseur, avec des ouvertures d'environ 2 300 km au niveau des deux pôles, et de quatre coquilles intérieures, chacune d'elles étant également ouverte aux pôles. Symmes devint le plus célèbre parmi les premiers partisans de la terre creuse. Il prépara même une expédition au pôle nord, grâce aux efforts de l'un de ses disciples, James McBride, mais le nouveau président des États-Unis, Andrew Jackson (en fonction de 1829 à 1837), mit fin à la tentative[pourquoi ?]. Symmes mourut en 1829 sans avoir pu mener à bien son projet.

Cependant, un autre de ses disciples, Jeremiah Reynolds, qui organisait des conférences sur la « Terre creuse », suggéra également une expédition au pôle. Il semble qu'il ait tenté d'en organiser une par lui-même, mais l'issue en demeure obscure. Les informations disponibles sur Reynolds restent fragmentaires et contradictoires ; il n'existe même pas de portrait de lui. Certains[Qui ?] affirment qu'il n'avait que des intérêts pécuniaires, que l'« expédition » qu'il proposait n'était en fait qu'une tentative de fraude, et qu'il disparut ensuite. Pour d'autres, il essaya réellement de mener à bien son expédition mais échoua, puis tenta en vain de rejoindre l'expédition de Charles Wilkes en 1838-1842, la suite de sa vie nous étant inconnue.[réf. nécessaire]

Symmes lui-même n'écrivit aucun livre sur ses idées, mais d'autres le firent. McBride écrivit La théorie des sphères concentriques de Symmes en 1826. Il semble que Reynolds ait rédigé un article qui parut sous forme de brochure séparée en 1827 : Commentaires sur la théorie de Symmes parue dans l'American Quarterly Review. En 1868, un professeur du nom de W. F. Lyons présenta dans Le Globe creux une théorie proche de celle de Symmes, mais ne mentionna pas ce dernier. Le fils de Symmes, Americus, publia alors La théorie des sphères concentriques de Symmes pour remettre les choses en place.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Un partisan de la « Terre creuse » du début du XXe siècle, William Reed (hollow Earth) (en), écrivit Le fantôme des pôles en 1906. Il proposa l'idée d'une Terre creuse, mais sans coquilles ni Soleils intérieurs.

Vint ensuite Marshall Gardner (à ne pas confondre avec l'écrivain scientifique Martin Gardner), qui écrivit Un voyage vers l'intérieur de la Terre en 1913, puis une édition enrichie en 1920. Il plaça un soleil intérieur dans sa Terre creuse. Il en bâtit ensuite un modèle fonctionnel qu'il breveta (#1096102). Gardner ne fit pas mention de Reed, mais prit Symmes à partie pour ses idées.

D'autres écrivains ont suggéré que des êtres supérieurs possédant une sagesse ésotérique habitaient les cavernes souterraines d'une Terre creuse. Les thèses selon lesquelles l'Antarctique, le pôle Nord, le Tibet, le Pérou ou le mont Shasta en Californie (États-Unis) sont l'entrée d'un royaume souterrain connu sous le nom d'Agartha ont toutes des avocats pour les défendre. Certains prétendent même que les OVNI y ont leurs bases secrètes.

Un livre publié sous le pseudonyme de Raymond Bernard, paru en 1969, La Terre creuse[3], illustre cette idée. Le livre reprend les idées de Reed et Gardner, oubliant totalement Symmes. Bernard ajoute également ses propres idées : les OVNI viennent de l'intérieur de la Terre, la Nébuleuse de la Lyre prouve l'existence des mondes souterrains,  etc. Un article de Martin Gardner a révélé que le pseudonyme « Bernard » a parfois été utilisé par Walter Siegmeister.

Les pages du magazine de science-fiction Amazing Stories ont assuré la promotion de telles idées de 1945 à 1949 avec « The Shaver Mystery ». L'éditeur du magazine, Ray Palmer, publia une série de récits de Richard Sharpe Shaver, présentés comme véridiques bien que placés dans un contexte de fiction. Shaver prétendait qu'une race supérieure préhistorique avait bâti un dédale de cavernes dans les profondeurs de la Terre, et que leurs descendants dégénérés, connus sous le nom de « Dero », y vivaient encore, et utilisaient les fantastiques machines abandonnées par les anciennes races pour tourmenter ceux d'entre nous qui vivent à la surface. Comme particularité de ces tourments, Shaver décrivait des « voix » qui, selon lui, ne provenaient d'aucune source explicable. Des milliers de lecteurs écrivirent pour affirmer qu'eux aussi avaient entendu les voix sataniques provenant de l'intérieur de la Terre.

Des histoires surprenantes (qui ont peut-être été acceptées comme véridiques dans certains cercles marginaux) ont aussi circulé selon lesquelles Adolf Hitler et certains de ses partisans se sont échappés vers des régions souterraines à l'intérieur de la Terre après la Seconde Guerre mondiale, en empruntant une entrée située dans l'Antarctique, voire au Pôle Sud. (Voir également l'adhésion supposée de Hitler aux théories de la Terre creuse concave, ci-après).

En 2001, Kevin et Matthew Taylor (équipe australienne père-fils) publièrent le livre La Terre sans horizon, dans lequel ils proposent une théorie pour le moins originale dans laquelle la Terre est creuse, et dans une phase d'expansion qui doit conduire à un état final d'équilibre. Dans leur théorie, la présence d'un soleil central de petite taille, alimenté par des radiations provenant de la surface intérieure de la coquille terrestre, explique notamment le magnétisme terrestre.

Quelques écrivains ont proposé la construction de mégastructures qui présentent des similarités avec un monde creux. Voir Sphère de Dyson et Globus Cassus.

Le 4 juillet 2007, un navire aurait dû quitter Mourmansk en Russie, avec à son bord une centaine de scientifiques, ingénieurs, cinéastes, photographes, experts en communication et « exopoliticiens ». Selon les organisateurs, la Terre pourrait être pleine dans notre univers tridimensionnel mais creuse dans la quatrième ou la cinquième dimension, ce qui sous-entendrait qu'il « … faudra établir et maintenir un état de conscience à bord du navire au niveau le plus haut possible pendant les 13 jours », un seul membre de l’équipage n’arrivant pas à « s’élever » vers les autres dimensions pouvant gâcher l’expérience. Ce qui suffirait à justifier a priori tout échec. De toute manière, le voyagiste a annulé ce voyage car l'organisateur même de ce périple a brutalement été malade, au moment où il finalisait les préparatifs. Après examens approfondis chez son médecin, on lui diagnostiqua six tumeurs foudroyantes au cerveau. Il décéda rapidement et l'équipe sous le choc décida de stopper le projet[4].

Terres creuses concaves[modifier | modifier le code]

Exemple de Terre creuse concave : les hommes vivent à l'intérieur, et le centre contient l'univers ou une simple illusion de celui-ci.

Au lieu de considérer que nous vivons sur la surface extérieure d'une planète creuse, ce que l'on nomme parfois théorie de la Terre creuse « convexe », certains théoriciens sont partisans d'une théorie de la Terre creuse « concave ». Selon l'une de ces théories, nous vivons à l'intérieur d'un monde creux dans lequel c'est la force centrifuge et non la gravité qui nous maintient au sol, et l'univers que nous voyons n'est qu'une illusion qui pourrait être produite par des déviations de la lumière. La surface de la Terre, dans une telle conception, pourrait ressembler à la coquille interne d'une sphère de Dyson. De telles spéculations n'ont cependant jamais été prises au sérieux par la communauté scientifique. Selon d'autres théories, l'univers visible serait aussi réel que dans la cosmologie classique.

Cyrus Teed, médecin et alchimiste, eut en 1869 l'intuition mystique (illumination) d'un tel modèle de Terre creuse concave, qu'il appela « Cosmogonie cellulaire ». À partir de cette vision du monde, il fonda la secte Koreshan Unity (Koresh est la version hébraïque de son prénom Cyrus), et créa en 1894 avec ses disciples une communauté utopiste à Estero en Floride, aujourd'hui parc historique. Les disciples de Teed effectuèrent en 1897 des mesures sur la côte de Floride, près de la ville de Naples, à l'aide d'un équipement technique approprié dit « rectiligneur » (rectilineator) ; selon eux, les résultats obtenus apportaient la preuve expérimentale de la concavité de la courbure de la Terre ; l'origine des (probables) erreurs expérimentales commises n'a pas encore été précisément décrite à ce jour.

Plusieurs écrivains allemands du XXe siècle, dont Peter Bender, Johannes Lang, Karl Neupert et Fritz Braun, publièrent des travaux défendant la théorie de la Terre creuse concave (Hohlweltlehre). Selon certains[Qui ?], plusieurs membres de l'entourage d'Adolf Hitler (et peut-être Hitler lui-même) étaient influencés par cette idéologie, aurait ordonné une opération destinée à espionner la Flotte britannique à partir de l'île de Rügen en mer Baltique ; il s'agissait d'obtenir des images des forces ennemies en dirigeant des télescopes vers le ciel, ce qui s'est conclu par un échec[5]. Dans une variante, l'opération aurait été menée de l'île de Man dans le but d'espionner les États-Unis. Certains[Qui ?] partisans de la théorie de la Terre creuse concave considèrent que la mise en avant d'Hitler est une opération de désinformation destinée à la discréditer. Il est cependant établi, depuis la parution en 1960 du Matin des magiciens, que l'idéologie nazie se caractérise par un certain mysticisme, le nazisme ayant notamment fondé l'essentiel de son idéologie sur les thèses ésotériques développées par l'Ordre de Thulé[6].

L'un au moins des théoriciens contemporains de la Terre creuse concave[Lesquels ?], le mathématicien égyptien Mostafa Abdelkader[Qui ?], a étudié les adaptations des lois de la physique qui en sont la conséquence, notamment dans les domaines de la gravitation et de l'optique. Divers articles scientifiques dont il est l'auteur[Lesquels ?] décrivent en détail son modèle de Terre concave.

Dans l'un des chapitres de son livre On the Wild Side (1992), Martin Gardner examine le modèle développé par Abdelkader. Selon Gardner, cette théorie pose comme principe que les rayons lumineux se déplacent selon des trajets circulaires, et ralentissent lorsqu'ils se rapprochent du centre de la caverne remplie d'étoiles. Aucune énergie ne peut atteindre le centre de la caverne, qui ne correspond à aucun point situé à distance finie de la Terre dans la cosmologie couramment acceptée par la communauté scientifique. En outre, les dimensions des objets varient selon leur distance au centre de la caverne. Aucune expérimentation ne permettrait de conclure à la validité de l'une des deux cosmologies. Martin Gardner note que « la plupart des mathématiciens croient qu'un univers inversé, avec des lois physiques correctement adaptées, est empiriquement irréfutable », c'est-à-dire métaphysique. Gardner rejette donc la théorie de la Terre creuse concave en vertu du « principe de simplicité » couramment appelé rasoir d'Ockham.

Il est bien sûr toujours possible de définir une transformation mathématique des coordonnées telle que l'intérieur de la Terre devient l'extérieur, et réciproquement. Par exemple, dans un système de coordonnées sphériques, la transformation (appelée inversion) dans laquelle le rayon r deviendrait R²/r (où R est le rayon de la Terre) laisserait inchangés les points à la surface de la Terre, mais placerait au centre de la caverne les points à l'infini de l'univers classique. De telles transformations demanderaient que les lois physiques soient modifiées en conséquence. Le consensus scientifique suggère que de telles théories tendent au sophisme[7].

Théorie de la gravitation de Newton et Terre creuse[modifier | modifier le code]

Selon la théorie mathématique du potentiel gravitationnel d'Isaac Newton, la force gravitationnelle est nulle à l'intérieur d'une coquille sphérique, quelle que soit l'épaisseur de celle-ci, si l'on néglige l'effet des autres masses à l'intérieur et à l'extérieur de la coquille (théorème dit « de la coquille creuse »). Ainsi, selon ce théorème, et contrairement à la croyance populaire, les êtres qui vivraient à l'intérieur d'une terre creuse supposée ne subiraient aucune attraction vers l'extérieur, et ne pourraient donc pas se maintenir sur le sol. Ils se trouveraient en état d'apesanteur presque complète, ne ressentant que la légère force de gravité résiduelle provenant de la forme imparfaitement sphérique de la Terre, et des forces de marée produites par les corps célestes extérieurs, comme la Lune. La force centrifuge due à la rotation de la Terre les attirerait en théorie vers l'extérieur, mais elle n'excéderait pas, même à l'équateur, 0,3 % de la force de gravité qui s'exerce à la surface « extérieure » de la Terre.

Interprétation d'images prises de l'espace[modifier | modifier le code]

La présence d'un trou noir au pôle nord a été revendiquée sur une photographie de la Terre prise par la mission de la NASA Apollo XI en juillet 1969. Sur la photo, le trou noir semble absorber les nuages vers l'intérieur de la Terre[8].

Le numéro de juin 1992 du magazine français Ciel et Espace est cité pour son dossier « Le vrai visage de la Terre » révélant des simulations radar du satellite d'observation European Remote-Sensing Satellite comportant une monumentale dépression à la place de la banquise de Ross en Antarctique[9].

Ces interprétations ne résistent cependant pas à l'analyse[10]. Et ces méprises parfois grossières témoignent du manque de connaissances et de rigueur de ceux qui les émettent ou les utilisent comme preuves.

Terres creuses dans la fiction[modifier | modifier le code]

La fiction a souvent mis en scène des mondes souterrains : on les trouve représentés aussi bien dans la littérature que dans les bandes dessinées, le cinéma et les jeux. Il n'est cependant pas toujours évident de déterminer s'il est réellement question de mondes creux (au sens strict), ou bien s'il s'agit simplement de vastes cavernes souterraines. Les listes ci-dessous en fournissent des exemples variés.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • À la fin des années 1980, le romancier Alain Paris publie aux Éditions Fleuve noir une série intitulée Le Monde de la Terre Creuse qui va compter dix titres étalés sur trois « Saisons ». Très vite, cette série attire l'attention des amateurs de jeux de rôles, les uns se passionnent aussitôt pour le jeu qui en est tiré, d'autant que l'auteur lui-même, sollicité par les créateurs du jeu, accepte de rédiger un Guide de la Terre Creuse, alors que les autres diffament l'auteur en l'accusant de se livrer à de la propagande néo-nazie. L'auteur de Pangée, Daïren et Antarcidès avait fait une fois de plus le pari de créer un univers différent mais plausible, et il estime avoir pleinement rempli son contrat. Vingt ans après sa parution, Le Monde de la Terre Creuse continue de rassembler des aficionados, de 500 à 1 000 selon les estimations plus élevées[réf. nécessaire]. Certains d'entre eux ont développé l'aspect matériel en dessinant des fausses cartes, etc.
    Le Monde de la Terre Creuse avait un fan illustre : John Brunner, prix Hugo de la S-F pour Stand on Zanzibar (Tous à Zanzibar), qui dans un article de New York Review of SF proposait ses services de traducteur aux éditeurs anglo-saxons. Depuis bientôt 20 ans, on s'arrache les 10 volumes, certains étant devenus très rares sur le marché des bouquins d'occasion. Alain Paris envisage d'adapter sa saga en série BD - mais en développant plus encore le background et l'aspect totalitaire et étouffant : les fans guettent déjà le moindre frémissement. Il reste à trouver un dessinateur pour donner vie à ce monument.
  • Une œuvre de science-fiction, Symzonia: A Voyage of Discovery par un certain « Capitaine Adam Seaborn », parut sous forme imprimée en 1823. Reflétant manifestement les idées de John Cleves Symmes, Jr., certains ont vu en Symmes son auteur réel. Une réimpression récente présente Symmes comme son auteur, mais cet avis n'est pas partagé par tous, certains chercheurs y voyant la caricature délibérée des idées de Symmes et pensant en avoir identifié l'auteur, un Américain nommé Nathanial Ames. Celui-ci aurait également écrit d'autres ouvrages, dont un qui pourrait avoir inspiré Moby Dick[11].
  • Jules Verne se servit de l'idée de vastes cavernes situées à plusieurs kilomètres de profondeur (et non d'un véritable monde creux ou du véritable centre de la Terre malgré le titre) dans son roman de 1864, Voyage au centre de la Terre. Ce monde souterrain est éclairé par des réactions chimiques dans son atmosphère intérieure et est peuplé de créatures préhistoriques.
  • Willis Emerson écrivit en 1908 un autre roman de science-fiction : The Smoky God. Le roman raconte les aventures, présentées comme véridiques, d'un certain Olaf Jansen qui voyagea à l'intérieur de la Terre, y trouva une civilisation avancée, puis repartit. Certains pensent que The Smoky God n'est pas une fiction.
  • Edgar Rice Burroughs, plus intéressé par le divertissement que par la plausibilité, écrivit également des récits d'aventures dans le monde intérieur de Pellucidar (on y trouve même, à un moment, la visite de son personnage Tarzan). On peut noter que, bien que la superficie intérieure totale de la Terre soit nettement plus faible que sa superficie extérieure, Pellucidar possède une surface de terres plus importante que l'ensemble des continents extérieurs ; en effet, les continents du monde intérieur correspondent aux océans du monde extérieur, et vice versa. Des êtres humains primitifs et un mélange excitant de toutes ces grandes et dangereuses créatures qui ont malheureusement disparu du monde extérieur peuplent encore Pellucidar, et Burroughs n'hésita pas à ajouter diverses améliorations, comme les Mahars, créatures intelligentes ressemblant vaguement à de grands ptérodactyles, et dotées de dangereux pouvoirs psychiques. Pellucidar reçoit la lumière qui l'éclaire d'un soleil central miniature qui ne se couche jamais, ce qui explique que la notion du temps soit absente chez ses habitants humains.
  • Dans le roman de science-fiction Inhabited Island des auteurs russes Arcadi et Boris Strougatski, un voyageur de l'espace originaire de la Terre, Maxim Kammerer se pose sur la planète Saraksh où, en raison d'une réfraction atmosphérique très élevée, la population indigène est persuadée qu'elle réside à l'intérieur d'une planète creuse. En conséquence, les habitants ne peuvent accepter l'idée de l'origine extraplanétaire de Kammerer.
  • Le géologue russe Vladimir Obruchev utilise le concept de terre creuse dans son roman scientifique populaire Plutonia pour entraîner le lecteur à travers diverses époques géologiques.
  • La série de récits The Death Gate Cycle, de Margaret Weis et Tracy Hickman, présente également un monde creux concave, à partir de Elven Star, le deuxième livre de la série. Ce monde, appelé Pryan the World of Fire, est un monde creux classique, dans lequel la lumière permanente d'un soleil central a permis aux plantes d'atteindre une taille telle que tous les habitants de Pryan vivent au sommet des plus grands arbres, au sein d'un réseau de branches et de feuilles d'une solidité proche de la roche.
  • Une Terre creuse figure dans le roman pour enfants The Underground Kingdom de la série Choose Your Own Adventure.
  • Le roman The Hollow Earth de Rudy Rucker, paru en 1990, a pour sujet Edgar Allan Poe et ses idées.
  • Le roman Indiana Jones and the Hollow Earth de Max McCoy (1997) s'attarde sur la légende de la fuite supposée d'Hitler vers l'intérieur de la Terre.
  • Dans son livre Le pendule de Foucault, l'écrivain italien Umberto Eco mentionne l'existence d'une société secrète proche des nazis, adepte de la théorie de la terre creuse et recherchant l'Agartha.
  • Lobsang Rampa parle de la terre creuse dans son livre Crépuscule, paru en 1974 (1975 en français), où il tente de démontrer la validité de cette théorie.
  • Paru en 2013, le roman d'héroic-Fantasy Psyckoon, tome 1 de Hughs Heffragus  évoque une terre d'abîme, une terre souterraine idyllique où deux jeunes enfants y trouvent refuge et protection sous la tutelle d'un guerrier mystérieux du nom de A-Ken.
  • Paru en 2013, le roman Taupe de Nico Bally décrit le magma comme une simple couche de lave protégeant un centre creux que rejoignent les passagers du Tunnelier Autarcique Ultra-Perforant Enseveli (« T.A.U.P.E. »).
  • Arnauld Pontier, en 2013, met en scène de manière approfondie la théorie de la Terre Creuse, dans son roman Agharta - Le Temps des Selkies, paru aux Editions Asgard (finaliste du Prix Rosny Ainé 2014).

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • L'aventure de Valérian et Laureline Le pays sans étoile, scénario de Pierre Christin, dessin de Jean-Claude Mézières, se passe à l'intérieur d'une planète creuse ayant un soleil central. Les habitants vivent sur la surface concave et ignorent l'existence d'un espace extérieur. Deux empires guerriers, l'un dirigé par les hommes, l'autre par les femmes, s'entre-détruisent sans cesse, pendant qu'un peuple travailleur leur fournit les armes.
  • La série BPRD (Bureau of Paranormal Research and Defense) de Mike Mignola, créateur de Hellboy, comprend une collection appelée Hollow Earth, dans laquelle l'équipe voyage à l'intérieur de la Terre, dans de vastes cavernes peuplées d'Hyperboréens et de machines fabuleuses, portant parfois un svastika comme blason. Au centre de ce monde se trouve la cité des créatures et de leur chef.
  • Dans les années 1970, l'auteur de bandes dessinées Mike Grell réalisa l'album Warlord, histoire d'un pilote qui se retrouvait à Skartaris, un monde d'« épée et sorcellerie » (sword and sorcery) qu'il avait atteint à travers une ouverture au pôle nord. D'abord pris pour le monde intérieur d'une Terre creuse, Skartaris se révèle ensuite être une dimension parallèle.
  • Edgar P. Jacobs, auteur des bandes dessinées Blake et Mortimer, évoque dans L'énigme de l'Atlantide, un monde souterrain où vit une civilisation avancée issue de l'Atlantide. Celle-ci se serait réfugiée sous terre après un gigantesque impact de météorite. Ce monde est également peuplé par des « indiens », dont l'origine reste obscure. Le monde décrit s'apparente toutefois davantage à un réseau d'immenses cavernes qu'à une terre creuse proprement dite.
  • Léonard, génie en sous-sol, 18e album de la série Léonard créée par Turk et De Groot. Léonard, voulant rejoindre la Chine via le centre de la Terre, tombe sur deux peuples vivant dans un monde souterrain : Les Zézés et les Tétés.

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

  • Dans le jeu vidéo en ligne The Secret World édité par Funcom, la Terre est creuse ; au centre est situé l'arbre Agartha, permettant via ses branches d'accéder à de nombreux endroits de la surface.
  • Le jeu vidéo Terranigma destiné aux consoles de jeu Super Nintendo propose à la fois un monde creux et un monde normal.
  • Le jeu vidéo Dragon Quest III destiné aux consoles de jeu Nintendo propose à la fois un monde creux et un monde normal.
  • Le jeu de rôle pour PC Torin's Passage dépeint une terre creuse (bien que techniquement la planète fictive se nomme « Strata ») similaire à celle décrite par Edmund Halley, où le monde en surface (appelé « Les Terres du Dessus » dans le jeu) est le plus vaste, tandis que les mondes intérieurs (au nombre de quatre, connus collectivement comme « Les Terres du Dessous ») deviennent progressivement de plus en plus petits au fur et à mesure de la progression du joueur, « Torin », vers les profondeurs.
  • Dans la série de jeux vidéo Heroes of Might and Magic, le « monde souterrain » est presque aussi vaste que celui de la surface. Aussi, plusieurs mondes semblent s'empiler.

Jeu de rôle[modifier | modifier le code]

  • Le jeu de rôle Hollow Earth Expedition offre des possibilités d'aventures « pulp » dans un monde où la Terre creuse est une réalité. Les joueurs sont notamment invités à jouer les membres d'une mission d'exploration visitant ce monde sauvage, mais peuvent aussi jouer des indigènes confrontés aux visiteurs de l'extérieur voire ne jamais quitter la surface mais être confrontés aux conséquences politiques de ce qui se déroule dans le monde du dessous.
  • L'univers Mystara du jeu de rôle Donjons et Dragons comprend une extension « Monde creux », qui est utilisée comme une sorte de réserve naturelle où sont conservées les créatures et les civilisations éteintes dans le monde extérieur.
  • Le jeu de rôle l'Œil Noir décrit un Monde Creux, appelé Tharoune, dans ses extensions Maîtres d'Armes, qui sert de décor de jeu pour les personnages de haut niveau.

Autres références culturelles[modifier | modifier le code]

  • La série d'animation Les Mondes engloutis, où la Terre s'avère constituée de plusieurs strates habitées, la plus au centre étant éclairée par un soleil artificiel nommé Shagma.
  • Tunnels est une série de romans écrite par Roderick Gordon et Brian Williams qui parle de personnes vivant dans une colonie souterraine.
  • La série animée Transformers: Galaxy Force a parmi ses personnages Lucy Suzuki, professeur qui croit en la théorie de la Terre creuse.
  • Le film Marebito fait aussi mention d'une Terre creuse et de royaumes souterrains dans ses profondeurs.
  • L'Univers Marvel met en scène plusieurs empires souterrains dirigés par des scélérats comme l'« Homme-taupe » (Mole Man) ou Tyranus. Une race de mutants, survivants d'anciens Lémuriens connus comme les Déviants vivait également sous la surface.
  • L'épisode 20 de la saison 3 de la série télévisée X-Files intitulé "Le seigneur du magma" met en scène le "seigneur Kinbote”, régnant sur un monde inconnu dissimulé à l'intérieur de la Terre.
  • Dans l'épisode Timmy de la série South Park, le groupe de musiciens que rejoint Timmy se nomme "Lords of the Underworld" (Les seigneurs des mondes souterrains). Les paroles de leur chanson sont "Seigneurs des mondes souterrains, prendront le pouvoir demain". Ce sujet a été choisi pour tourner en dérision les thèmes récurrents (démons, monstres...) choisis par les groupes de "hard rock" pour leurs chansons.
  • Dans la troisième saison de la série télévisée Sanctuary (2011), la « Terre creuse » est le sujet de l'intrigue, qui s'illustre par l’existence d’une ville souterraine avec une technologie avancée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Edmund Halley, « An Account of the cause of the Change of the Variation of the Magnetic Needle; with an Hypothesis of the Structure of the Internal Parts of the Earth », Philosophical Transactions of Royal Society of London, n° 195, 1692, pp 563-578
  2. Edmund Halley, An Account of the Late Surprizing Appearance of the Lights Seen in the Air, on the Sixth of March Last; With an Attempt to Explain the Principal Phaenomena thereof; Philosophical Transactions of Royal Society of London, n° 347 (1716), pp 406-428
  3. E. O.[Quoi ?] (en) Raymond Bernard, The hollow Earth, University Book, New York
  4. http://www.voyagehollowearth.com
  5. William Yenne, « Adolf Hitler and the Concave Earth Cult », Secret Weapons of World War II: The Techno-Military Breakthroughs That Changed History (New York, Berkley Books, 2003),  271-272.
  6. Paul Ariès, « Le Livre Noir Du Satanisme » ; Louis Pauwels & Jacques Bergier, « Le Matin des Magiciens »
  7. On the Wild Side, 1992, Martin Gardner
  8. Aliens, no 9, septembre 2011, L'invasion des intra-terrestres, p. 20.
  9. Aliens (revue), no 9, septembre 2011, L'invasion des intra-terrestres, p. 31.
  10. http://lumieredureel.forumgratuit.org/t2-le-mythe-des-ouvertures-polaires
  11. Voir : Lang, Hans-Joachim and Benjamin Lease, The Authorship of Symzonia: The Case for Nathanial Ames in New England Quarterly, June 1975, page 241-252

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Bernard, La Terre creuse. Paris, Albin Michel, coll. « Les Chemins de l'impossible », 1971.
  • R.-V. Lothringer :
    • Histoire d'un mythe : la terre creuse. Étude historique, scientifique et littéraire. S.l.n.d. [Cordes-sur-Ciel, éd. de la Chrysosphère, 1986], 2 vol. 
    • Sur la théorie des sphères concentriques et des ouvertures polaires de J.C. Symmes. Quelques documents inédits. S.l.n.d.
    • Sur quelques lacunes d'une récente bibliographie des mondes souterrains imaginaires. De Salvador Bartolozzi à Woyzeck en passant par A.-J. Coffin-Rony. Oisemont, 2010, 189  p. (rééd. augmentée d'une brochure parue en 2007).
  • Joseph Altairac, « L'Affaire Shaver », in Encrage, no 17, A.D.E.I.S.C. (Association pour le Développement de l'Expression écrite, de l'Information Sociale et Culturelle), janvier 1988, p. 69-72, [lire en ligne].
  • Guy Costes, Joseph Altairac, Les Terres creuses : Bibliographie commentée des mondes souterrains imaginaires, Paris, Encrage/Belles Lettres, coll. « Interface »,‎ 2006, 800 p. (ISBN 978-2-251-74142-0 et 2251741429, présentation en ligne)
    Plus de 2 200 notices bibliographiques commentées et illustrées, de Dante à Batman en passant par Descartes.
  • Jean-Jacques Terrin, Le Monde souterrain. Paris, Hazan, « Guide des arts », 2008, 360 p., bibliographie, filmographie.
  • Theo Paijmans, « L'amiral Byrd, la Terre Creuse et la Nouvelle Atlantide », in La Gazette fortéenne, vol. III, les éditions de l'Œil du Sphinx, 2004, (ISBN 2-914405-17-0).
  • Michel Meurger, Lovecraft et la S.-F., vol. I, Amiens, Encrage Éditions, coll. « Travaux », 1991 (chapitre 6 : « Les astronefs de Lémurie : la S.-F. du passé dans Amazing Stories de 1939 à 1948 », p. 151-187).

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