Yamabushi
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Les yamabushi (山伏?) du Japon médiéval étaient des ascètes montagnards et des guerriers, principalement originaires des écoles Honzan du temple impérial Shōgo-in (ja) à Kyoto, de l'école Tōzan du temple Daigo-ji (en) Sanbō-in (en) depuis le VIIe siècle. Solitaires, ils formaient des confédérations éparpillées, parfois associées avec certains temples (voir ci-dessus), et participèrent également à l'occasion à des batailles aux côtés des samouraïs et des sōhei.
On trouve encore de véritables yamabushi au Japon, dont trois français : les sōgi-yamabushi Hōin Kūban Jakkōin, Kenjaku et Kenrō qui pratiquent dans les Alpes françaises.
La tenue du yamabushi est caractéristique : un pectoral avec six pompons de couleur, une coiffe nommée tokin (en) et une conque nommée horagai (en) et veste (suzakake) et pantalon large (hakama), soit blanc ou ocre. Les yamabushi modernes ne portent plus d'armes telles que les sabres, mais continuent d'emmener en montagne le shiba-uchi, une machette et un petit poignard droit pour les rituels. L'arc (yumi et ya), la grande hache (ono (en)) et sabre droit (hōken) continuent d'être utilisés lors du rituel du feu de menu bois (saito goma) dans les différentes branches bouddhistes du shugendō.
La photo de droite montre un moine du temple Kurama, lors du festival annuel du concours de rapidité de coupe de bambous, vêtu avec le costume des moines soldats sōhei et non celui d'un yamabushi qui ne voile pas le visage avec son kesa.
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[modifier] Histoire
Les yamabushi commencèrent en tant que yamahoshi, des petits groupes, voire des individus isolés, d'ermites des montagnes, d'ascètes, et de « saint hommes », qui suivaient la voie du shugendō, dans une recherche de pouvoirs spirituels, mystiques ou surnaturels, censés être gagnés grâce à l'ascétisme. Cette voie est censée avoir été fondée par En no Gyōja (en), l'anachorète vu comme sorte de thaumaturge japonais par des occidentaux non avertis, dont l'existence réelle est contestée par certains universitaires nippons, mais reconnu par tous les yamabushi modernes au Japon.
Les hommes qui suivent cette voie sont connus sous de multiples noms, tels que kenja, kenza et shugenja. Ces mystiques montagnards finirent par être renommés pour leurs capacités magiques et leurs connaissances occultes, et étaient cherchés comme guérisseurs ou médiums (de la même manière que les miko, bien que ce nom désigne des femmes chamanes).
La plupart de ces ascètes, en addition au shugendō, étudiaient les enseignements de l'école Tendai branche Jimon et Sanron ou de l'école Shingon des moines Chisho Daishi (Enchin) ou Rigen Daishi (Shōbō). Les shugendō Tōzan ou Honzan sont issus des ésotérismes bouddhiques Taimitsu ou Zomitsu qui se distinguent franchement du Mikkyo Shingon ou Tendai par ses pratiques en montagne. On trouve l'illumination via l'isolement, l'étude des sutras et la contemplation, par une fusion avec la nature dont certaines images ésotériques appelées mandala. L'une comme l'autre des écoles voyaient les montagnes comme l'endroit idéal pour l'isolement et la contemplation de la nature. La montagne est l'endroit où se trouvent les chemins pour devenir Bouddha.
Dans leurs retraites montagnardes, ces moines étudiaient, non seulement la nature, des textes sacrés du Shugendō mais également (à l'époque féodale) une large variété d'arts martiaux. Le besoin de se défendre contre éventuellement des bandits (les chemins n'étaient pas sûrs), ou bien contre les armées de samouraïs, mais l'idée d'étudier les arts martiaux comme moyen de s'améliorer mentalement et spirituellement est une vision romanesque japonaise conçue par des occidentaux qui connaissent mal le japon médiéval. Les luttes entre samouraïs et yamabushi illustrent bien celles entre les classes sociales des guerriers (bushi) qui prirent le contrôle de l'état nippon à l'époque Kamakura sur la classe aristocratique qui domina l'époque Heian.
Au Moyen Âge, on ne concevait pas les arts martiaux comme moyens spirituels. Ceci est une considération occidentale moderne. Il faut lire les textes anciens (et non leur mauvaise traduction faite par des novices) pour s'en apercevoir. Dire que la spiritualité était une préoccupation majeure (ou à toujours eu une place centrale dans la culture japonaise à l'époque féodale chez les guerriers) est une grave erreur quant à la connaissance du Japon féodal.
Comme la réputation de leurs pouvoirs et connaissances mystiques augmentaient, et que leur organisation se développait, beaucoup de maîtres des disciplines ascétiques commencèrent à être nommés à de hautes fonctions à la cour impériale. Les empereurs retirés (comme Godaigo Tenno) fondèrent de nombreux temples yamabushi pour contrer le pouvoir des shoguns (luttes des classes).
Les moines et les temples commencèrent à gagner une influence. À la période Nanboku-chō, aux XIIIe et XIVe siècles, les yamabushi avaient formé des cohortes organisées appelées kosha, lesquelles commencèrent à prendre le contrôle des temples principaux de leurs sectes. Ils assistèrent l'empereur Go-Daigo dans sa tentative pour reprendre le contrôle sur le shogunat de Kamakura, et prouvèrent leurs talents guerriers en s'avérant capables d'affronter des armées professionnelles de samouraïs.
Plusieurs siècles après, durant la période Sengoku, les yamabushi pouvaient être trouvés parmi les conseillers et les armées de pratiquement tous les généraux qui aspiraient à la domination du Japon. Certains, conduits par Shingen Takeda, aidèrent Nobunaga Oda contre Kenshin Uesugi en 1568, tandis que d'autres, incluant l'abbé Sessai Choro, conseillèrent Ieyasu Tokugawa, qui finit par les détruire et mit un terme à l'époque des « moines-guerriers portant les armes » mais pas aux yamabushi qui ont toujours des temples au Japon à l'époque moderne.
[modifier] Armes, styles et entraînement
Comme les autres types de moines-guerriers, les yamabushi étaient doués dans l'usage d'une large variété d'armement. Il n'est pas étonnant de trouver des références les montrant en train de se battre avec un arc et des flèches, ou avec l'épée et la dague. Cependant, comme les sōhei et les ikkō-ikki, leur arme de choix était le naginata, la lance, l'arc, la hache et surtout les sabres : shiba-uchi et hōken/chie-ken.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens externes
- Site sur le shugendō et les yamabushi
- Site web de kenjaku, moine yamabushi, gyoja et astrologue
- Vidéo de takishugyo, pratique de l'ascèse sous cascades
[modifier] Bibliographie
- (en) Oscar Ratti et Adele Westbrook, Secrets of the Samurai, Castle Books, Edison, NJ, 1973.
- (en) Miyake Hitoshi, Essay on the structure of Japanese folk religion.

