Syndicat de la magistrature

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Syndicat de la magistrature

Cadre
Forme juridique syndicat professionnel
Fondation
Fondation 8 juin 1968
Identité
Présidente Françoise Martres, conseillère à la CA d’Agen[1]
Secrétaire général Éric Bocciarelli, vice-président chargé des fonctions de juge des enfants à Nancy[1]
Trésorière Sophie Combes, juge d'instruction à Nanterre[1]
Représentativité élections à la Commission d'avancement de juin 2010: 32,1 % des magistrats[2]
élections à la Commission d'avancement de juin 2013: 25,2 % des magistrats. 82 grands électeurs (-48)[3]

Le Syndicat de la magistrature (SM) est un syndicat professionnel de magistrats français orienté à gauche. Il a été fondé le 8 juin 1968.

Organisation[modifier | modifier le code]

Ses instances dirigeantes sont constituées d'un bureau composé de six membres élus au sein d'un conseil national qui en compte seize désignés par le congrès, lequel se tient chaque année alternativement à Paris et en province. Des délégués régionaux participent également au conseil national avec voix délibérative.

Selon ses statuts[4], le Syndicat de la magistrature a pour objet de :

  • veiller à ce que l'autorité judiciaire puisse exercer sa mission en toute indépendance ;
  • veiller à la défense des libertés et des principes démocratiques ;
  • étudier et promouvoir toutes les réformes nécessaires concernant l'organisation du service public de la justice et le fonctionnement de l'institution judiciaire, ainsi que le recrutement, la formation et la carrière des magistrats ;
  • informer les membres du corps judiciaire et défendre leurs intérêts collectifs ;
  • assurer l'assistance et la défense des membres du corps judiciaire.

Selon ces mêmes statuts il milite officiellement pour :

  • une justice indépendante afin de permettre une justice égale pour tous ;
  • un procès équitable pour tous ;
  • éviter l'impunité des puissants, notamment en matière de délinquance économique et financière ;
  • permettre aux magistrats de jouer pleinement leur rôle constitutionnel de gardien des libertés individuelles à l'abri des pressions médiatiques et politiques ;
  • combattre le déséquilibre entre les pouvoirs de police et de justice afin de préserver l'indépendance des magistrats et permettre un contrôle réel sur les services de police.

Histoire[modifier | modifier le code]

Historiquement, il s'agit du premier syndicat de magistrats créé en France. Ses fondateurs ont choisi d'adopter la forme syndicale, et non associative, afin de créer les conditions d'un rapprochement avec les syndicats de fonctionnaires et d'ouvriers et, plus généralement, dans le but d'inscrire ses combats au cœur du « mouvement social »[5].

Contexte juridique et social[modifier | modifier le code]

La création du SM se déroule dans un contexte juridique précis qu'Anne Devillé caractérise par une juridicisation croissante des rapports sociaux, une banalisation du contentieux pénal et la démocratisation du recrutement de la magistrature lié aux années 1945-1969. Cette évolution va de pair avec une certaine perte de statut du magistrat. La carrière judiciaire devient alors de plus en plus une carrière administrative comme une autre[6].

Événement décisif, la mise en place en 1958 du Centre national d'études judiciaires, future École nationale de la magistrature (ENM) crée, comme chez les hauts fonctionnaires, un esprit de corps entre ses élèves et tranche avec l'hétérogénéité qui caractérisait jusque là le corps de la magistrature. Cette formation a pour conséquence de donner une idéologie commune aux jeunes magistrats dont la caractéristique est décrite comme une « combinaison indissoluble du sens de l'État, d'une conscience missionnaire et du goût du pouvoir »[7].

Répartition au sein de la magistrature[modifier | modifier le code]

Cette influence des jeunes magistrats passés par le Centre national d'études judiciaires est prépondérante : 70 % d'entre eux sont membres du SM. Les anciens auditeurs de justice jouent également un rôle particulièrement important dans la création du SM, car même s'ils représentent moins de 23 % des membres cotisants en 1968, tous les membres fondateurs du syndicat, Dominique Charvet, Louis Joinet, Pierre Lyon-Caen et Claude Parodi en font partie[6]. Jean-Pierre Michel est le premier secrétaire général du syndicat.

Succès non négligeable du nouveau syndicat, 75 % de ses adhérents sont néanmoins des magistrats entrés dans la magistrature avant 1959. Les essais consacrés au SM expliquent cette participation importante de ces aînés par la régression de la condition économique et sociale de ces magistrats les rendant davantage réceptifs aux discours du syndicat (on y trouve un grand nombre de juges de paix, l'« infanterie » du corps judiciaire)[6].

Le SM dans les années 1968[modifier | modifier le code]

Né dans la mouvance des événements de mai 1968, le nouveau Syndicat rassemble autour de lui plusieurs centaines de juges, « pour la très large majorité issus des grades inférieurs du corps » et venant, en grande partie, du Centre national d'études judiciaires (CNEJ). Évoquant ces premières années, Daniel Lecrubier et Pierre Lyon-Caen anciens secrétaires généraux du Syndicat parleront d'une « pensée judéo-christianomarxiste »[8], où se mêlent rejet de la « bourgeoisie » et lutte des classes. Cette influence de cette nouvelle morale de gauche imprégnée par l'éducation chrétienne est loin d'être négligeable à cette époque. Ces magistrats chrétiens dont le travail se concrétise dans les équipes « Marc Daste » seront très actif au sein du SM[6].

C'est une même sollicitude envers les plus pauvres et un certain rejet de la hiérarchie qui poussent à agir les membres les plus à gauche du SM. « Les militants les plus radicaux du mouvement se décrivent ainsi comme des prolétaires de la justice, assujettis à leur hiérarchie »[9], se plaisant à se définir comme des « travailleurs dans les juridictions »[10]. Le Syndicat intervient alors régulièrement dans l'espace public et communique dans divers périodiques d'extrême gauche tels que Rouge, Révolution ou La Cause du peuple… Le Syndicat est la figure de proue de ces nouveaux « juges rouges », selon une expression reprise par les médias[11], se voulant progressistes et contestataires.

Un succès rapide entre 1968 et 1981[modifier | modifier le code]

Les idéaux et les critiques qui ont présidé à la création du syndicat ne restent pas en marge de l'institution judiciaire, mais au contraire, vont en un peu plus d'une décennie la modifier profondément et durablement. Instrument de cette rapide adoption par le corps de la magistrature des revendications du Syndicat est le passage de nombre de ses membres par l'administration centrale de la justice (MACJ). Être magistrat à la MACJ offre les meilleures perspectives. Le ministère de la Justice attire l'élite intellectuelle qui se trouve « au cœur d'un centre stratégique où se prennent les grandes options politiques en matière de justice ». On y trouve trois des fondateurs du SM. Cette présence proportionnelle prédominante du SM à la Chancellerie, dans les cabinets d'instruction et au Parquet lui permet d'avoir une influence déterminante sur l'évolution concrète de la justice en France dès les années 1970[6].

Elle trouve également sa consécration politique lors de la victoire de la gauche en 1981 où la proximité du SM avec le pouvoir devient évidente. Il « peuple les cabinets ministériels », pas seulement à la Chancellerie désormais occupée par Robert Badinter : Louis Joinet gagne Matignon où il conseille plusieurs Premiers ministres socialistes[12].

Actions et évolution de la magistrature[modifier | modifier le code]

La politique inspirée par les idéaux de mai 68 et le marxisme se concrétise par des actions communes avec la CGT et la CFDT. Le SM a été à l'origine de nombreuses actions qui ont débouché sur la reconnaissance de droits pour les magistrats et ont provoqué des évolutions au sein de la magistrature. En voici quelques exemples :

  • Affaire Nicole Obrego : en déclarant recevable l'action du Syndicat, le célèbre « arrêt Obrego » du Conseil d'État, qui date du 1er décembre 1972, consacre l'existence du fait syndical dans la magistrature ; il reconnaît également à tout magistrat un droit de critique ;
  • Affaire Oswald Baudot. Baudot, substitut à Marseille et membre du SM, s'inscrit dans cette lutte des « petits » contre les « gros » propre à cet esprit soixante-huitard. Il adresse en août 1974 un texte à cent trente collègues intitulé « Harangue à des magistrats qui débutent » (souvent appelée « Harangue de Baudot »). Dans ce texte contestataire, il critique la répression et invite ses collègues à corriger, dans leurs décisions, les déséquilibres induits par les hiérarchies sociales : « Soyez partiaux. Pour maintenir la balance entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, qui ne pèsent pas d’un même poids, il faut que vous la fassiez un peu pencher d’un côté »[13]. Cette injonction de partialité s'accompagne d'une recommandation à violer le droit si nécessaire : « Dans vos fonctions, ne faites pas un cas exagéré de la loi et méprisez généralement les coutumes, les circulaires, les décrets et la jurisprudence. Il vous appartient d’être plus sage que la Cour de cassation, si l'occasion s’en présente »[14]. Le ministère lance alors une procédure disciplinaire pour manquement au devoir de réserve. Le 28 janvier 1975, Baudot comparaît devant le CSM qui propose au garde des Sceaux de lui infliger une réprimande. Confronté à la mobilisation du SM soutenu par l'Union syndicale des magistrats, le ministre ne prononce aucune sanction. En dépit de cette victoire du SM, cet appel à la partialité de la justice sera sévèrement condamné par plusieurs personnalités[15],[16] ;
  • Affaire Hubert Dujardin : le 14 octobre 1974, Le Nouvel Observateur publie un article relatant trois jours de la vie quotidienne d'un juge d'instruction à Lille, Hubert Dujardin, membre du SM. Le magistrat est renvoyé devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui prononce contre lui la sanction de retrait des fonctions de l'instruction, estimant que le secret de l'instruction avait été ainsi « violé ». Le SM dira au sujet de cette affaire qu'elle « s'inscrit dans la lutte menée dès son origine par le Syndicat de la magistrature pour sortir le juge de sa tour d'ivoire, pour ouvrir la justice au peuple, pour abattre les obstacles à la communication entre le juge et les justiciables au nom desquels il rend la justice, pour démythifier l'indépendance de l'appareil judiciaire et l'importance de ses attribution. Au cours de son évolution et de sa réflexion, le Syndicat de la magistrature a réalisé que le secret est l'une des armes les plus redoutables de la hiérarchie » ;
  • Affaire Patrice de Charette : le 27 septembre 1975, Jean Chapron, directeur d'usine, est inculpé d'homicide involontaire à la suite d'un accident du travail par Patrice de Charette, juge d'instruction à Béthune et membre du SM ; quelques mois plus tôt, un de ses ouvriers avait perdu la vie en raison de graves violations des normes d'hygiène et de sécurité ; l'émotion est considérable dans les milieux patronaux ; le garde des Sceaux lui-même, Jean Lecanuet, n'hésite pas à prendre à partie le « petit juge » qu'il menace de poursuites disciplinaires, sans suite ; cette affaire aura en tout cas un effet spectaculaire : une baisse importante et rapide du nombre d'accidents du travail ;
  • Affaire Georges Apap : le 8 janvier 1987, Georges Apap, procureur à Valence, choisit le thème de la toxicomanie pour son discours de rentrée ; un député présent lui en fait le reproche par médias interposés et alerte le garde des Sceaux Albin Chalandon ; ce dernier le nomme alors comme premier substitut à Bobigny, mais le président Mitterrand refuse de signer le décret ; Albin Chalandon saisit le CSM qui rend, le 9 octobre 1987, une décision de relaxe, aux motifs de la qualité de magistrat des procureurs de la République et de leur liberté de parole à l'audience.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Le Syndicat de la magistrature a perdu du terrain depuis les années 1990, largement dépassé par l'Union syndicale des magistrats (USM). Il n'a jamais communiqué sur son nombre d'adhérents.

Il représentait, selon ses propres informations, 32,1 % des magistrats au terme des élections à la Commission d'avancement de juin 2010[2]. Ces élections professionnelles, qui déterminent la représentativité des organisations syndicales, voyaient à l'époque le SM progresser de plus de quatre points, aux dépens des deux autres syndicats, l'Union syndicale des magistrats et FO-magistrats. L'USM restait néanmoins largement majoritaire avec 58,9 % des voix, FO se contentant de 9 %.

Cependant, à l'occasion des élections à la Commission d'avancement de juin 2013, le syndicat de la magistrature ne recueillait plus que 25,2 % des voix des magistrats, tandis que l'Union syndicale des magistrats, progressait pour atteindre 68,4 %[3].

Trois représentants du Syndicat siègent au Conseil supérieur de la magistrature depuis les dernières élections qui ont eu lieu en novembre 2010[17]. Dans un document électoral diffusé en novembre 2014, le syndicat admet cependant la présence d'un quatrième représentant, s'agissant d'un magistrat représentant la Cour de Cassation (les représentants de la hiérarchie judiciaire auprès du CSM ne sont pas élus sur liste syndicale).

Le Syndicat est membre de l'association internationale Magistrats européens pour la démocratie et les libertés (MEDEL)[18], de la Coalition française pour la Cour pénale internationale (CFCPI)[19], de l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé)[20], de l'Appel des appels[21], ou encore du collectif « Non à EDVIGE ».

Pendant l'entre deux tours de l'élection présidentielle française de 2007, le SM s'est déclaré inquiet du programme de Nicolas Sarkozy, en ce qu'il pouvait « affaiblir les contre-pouvoirs au détriment d'un État impartial »[22]. Cette année là, comme en 2012, il appelle à voter contre le candidat de droite[23].

Le journal Valeurs actuelles souligne la proximité entre le Syndicat de la magistrature et le ministère de la Justice sous la direction de Christiane Taubira. En juin 2013, Pierre Delmas-Goyon et Didier Marshall, membres du Syndicat, sont en effet chargés de rendre un rapport sur les juges et les juridictions du XXIe siècle. Nicole Maestracci, autre personnalité du Syndicat, est nommée au Conseil constitutionnel par François Hollande en mars de la même année[24]. Selon Le Figaro, les principales réformes envisagées par le garde des Sceaux, notamment la suppression des peines plancher, sont en accord avec les revendications du SM[25].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Vos papiers ! Que faire face à la police ?[modifier | modifier le code]

En mars 2001, Clément Schouler, magistrat à Versailles, et le SM publient Vos papiers ! Que faire face à la police ?, dont la couverture présente un policier grimaçant à tête de porc[26]. L'ouvrage alimente la polémique. Les fonctionnaires de police dénoncent un « pamphlet antiflic primaire »[26].

Appel à voter contre Nicolas Sarkozy[modifier | modifier le code]

Connu pour ses positions situées à gauche de l'échiquier politique, le Syndicat appelle à voter contre Nicolas Sarkozy lors des élections présidentielles de 2007 et de 2012[27]. En mai 2012, à la suite de ce que Le Parisien qualifie d'« attaque au vitriol » contre le président sortant[28], Nathalie Kosciusko-Morizet, alors porte-parole du candidat, juge cet appel comme étant un « acte partisan inadmissible ». Le Syndicat répond en précisant que « rien n'interdit à un syndicat de prendre position à l'occasion d'une échéance qui, de fait, est lourde d'enjeux pour les principes et les intérêts qu'il défend »[29].

Affaire du « Mur des cons »[modifier | modifier le code]

En avril 2013, la publication sur le site d'information Atlantico d'un panneau intitulé « le mur des cons » sur lequel sont affichés les photos d'hommes politiques, intellectuels et journalistes majoritairement de droite, dans le local du SM est vivement commenté dans la presse. Étienne Mougeotte parle de « pratique totalitaire », Luc Ferry de liste « inquiétante »[30]. Le Point évoque des « têtes à abattre »[31] et le journal d'information Metro s'interroge sur la question de « l'impartialité de la justice »[32]. Indigné, le député UMP Christian Jacob adresse une lettre au président de la République où il écrit : « Cette pratique n’est pas tolérable [...] elle est un manquement grave au principe d’impartialité de la justice »[33]. L'ancien avocat général Philippe Bilger condamne cet affichage qui « discrédite »[34] ces magistrats et pose la question : « Quelle présomption il faut, pour qualifier ainsi sommairement, brutalement autrui, précisément ciblé, coupable de penser autrement ! »[35]. La revue Valeurs actuelles, parlant de « mur de la honte », s'indigne de trouver sur la liste « le président d’une association de victimes, dont la fille a été violée et assassinée » ainsi que le père[36] d'une jeune fille assassinée en 2007[37]. Décrivant la réaction des magistrats, le chroniqueur judiciaire Dominique Verdeilhan précise que ceux-ci sont particulièrement choqués par cette affiche et encore davantage par le fait de mettre en cause des parents de victimes[38].

Interrogée au Parlement le 24 avril[39], Christiane Taubira admet que « les personnes qui se trouvent sur ce panneau sont parfaitement fondées à déposer plainte et le parquet à conduire une action publique »[40]. Le lendemain au Sénat, elle annonce avoir saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM)[41].

Sophie Combes, secrétaire nationale du SM, s'en prenant au site Atlantico, dénonce un « travail de décrédibilisation »[42]. Réagissant aux fortes réactions politiques et médiatiques, Françoise Martres, présidente du SM précise: « Le Syndicat de la Magistrature est un syndicat de gauche alors certains ne le supportent pas mais cela n'a rien à voir ensuite avec notre partialité et notre impartialité »[43], puis dans une lettre ouverte destinée à la ministre de la Justice, elle critique la « saisine consternante » du CSM[44]. Le 28 avril, Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien au syndicat en fustigeant une « provocation monstrueuse »[45].

Commentant les réactions du SM, l'avocat Gilles-William Goldnadel – également chroniqueur du site Atlantico[46] – condamne un « sentiment total d’impunité » et critique la collusion du syndicat avec le pouvoir politique[47]. Il devient par la suite l'avocat de Clément Weill-Raynal, le journaliste ayant filmé le mur et transmis la vidéo à des tiers. Le Syndicat national des journalistes apporte son soutien au SM et rappelle que « l’utilisation d’images volées dans un lieu privé, en l’occurrence les locaux du SM, est contraire à la déontologie professionnelle la plus élémentaire. »[48]. Ce soutien du SNJ au SM ainsi que ses reproches à l'encontre du journaliste seront critiqués en retour par Luc Rosenzweig dans une tribune du pure-player Causeur[49].

Quelques jours après, le SM retire le panneau avançant pour explication qu'il n'avait pas vocation à sortir de la sphère privée pour entrer dans la sphère publique. Il invoque pour justifier son existence « un temps où la justice était sous pression permanente et où les magistrats faisaient l’objet d’attaques violentes et démagogiques »[50],[51],[52]. Gilles-William Goldnadel a porté plainte contre le syndicat pour destruction de preuves[53]. La direction de France Television, quant à elle, décide de demander une mise a pied de Clément Weill-Raynal. La direction de France 3 reproche à Clément Weill-Raynal d'avoir d'abord menti sur l'origine de ces images qu'il avait pourtant filmées[54].

Le 17 février 2014, la présidente du Syndicat de la magistrature, Françoise Martres, est mise en examen pour injures publiques. Devant ses juges, lors de l'interrogatoire de première comparution, elle se montre « plutôt vindicative ». À la question de savoir qui a affiché les photos sur le « mur des cons », elle répond : « Je n'ai pas à vous répondre, vous n'avez qu'à chercher vous-mêmes »[55],[56]. Elle demande ensuite que la procédure soit annulée, arguant de ce qu'« elle n'avait pas voulu donner de caractère public au mur des cons ». Elle est déboutée de sa demande en octobre 2014, si bien que plus rien n'empêche alors, selon Le Figaro, « que la procédure aille à son terme et que la responsable, en tant qu'éditrice, se retrouve en audience correctionnelle »[57].

Direction élue en 2013[modifier | modifier le code]

  • Présidente : Françoise Martres, conseillère à la CA d’Agen
  • Secrétaire général : Éric Bocciarelli, vice-président chargé des fonctions de juge des enfants à Nancy
  • Secrétaire nationale, trésorière : Sophie Combes, juge d'instruction à Nanterre
  • Secrétaire nationale : Laurence Mengin, vice-présidente au TI du 4e arrondissement de Paris
  • Secrétaire national : Xavier Gadrat, vice-président au TGI de Bordeaux
  • Secrétaire national : Pascal Montfort, juge au TGI de Bobigny[58]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Syndicat de la magistrature, Les mauvais jours finiront : 40 ans de combats pour la justice et les libertés, Paris, La Fabrique,‎ 2010, 259 p. (ISBN 978-2-35872-009-0)
  • Anne Devillé, « L’entrée du syndicat de la magistrature dans le champ juridique en 1968 », Droit et société, vol. 28,‎ 1994, p. 639-670 (lire en ligne) [PDF]
  • Joël Ficet, « Recompositions identitaires et mobilisation professionnelle de la magistrature française. Le rôle du syndicalisme judiciaire 1945-2005 », Communication au Colloque international « Identifier, s’identifier » Université de Lausanne, 30 novembre – 1er décembre 2006 [lire en ligne] [PDF]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c La composition du bureau,syndicat-magistrature.org, 3 janvier 2013
  2. a et b Élections dans la magistrature : le SM gagne du terrain !, syndicat-magistrature.org, 23 juin 2010
  3. a et b Le Syndicat de la magistrature paie pour son «mur des cons», Jérôme Sage, Le Figaro.fr, 18 juillet 2013
  4. Statuts du Syndicat de la magistrature [PDF]
  5. Article II de ses statuts : "Ce syndicat (…) inscrit son action dans le mouvement social".
  6. a, b, c, d et e Anne Devillé, « L’entrée du syndicat de la magistrature dans le champ juridique en 1968 », dans Droit et société, vol. 28, 1994, p. 639-670
  7. Jean-Luc Bodiguel, Jean-Louis Quermonne, La haute fonction publique sous la Ve République, Éd. PUF, 1983, 270 pages
  8. Daniel Lecrubier, Pierre Lyon-Caen, « Si le SM nous était conté… », Revue politique et parlementaire, no 5, 1988, p. 75.
  9. Recompositions identitaires et mobilisation professionnelle de la magistrature française. Le rôle du syndicalisme judiciaire 1945-2005, Joël Ficet, Communication au Colloque international « Identifier, s’identifier » Université de Lausanne, 30 novembre – 1er décembre 2006 [PDF]
  10. Plusieurs membres du bureau syndical déclarent : « Il n’y a aucune différence entre un juge et un travailleur », Interview accordée à Frontières (revue du CERES), septembre 1973
  11. Jean-Pierre Cam, « Juges rouges et droit du travail », Actes de la recherche en sciences sociales, no 19, 1978, p. 3-27
  12. Les syndicats de magistrats - Hervé Robert, Institut supérieur du travail, 23 septembre 2010
  13. la harangue de Baudot à des magistrats qui débutent, copie texte, 1er janvier 1999
  14. Texte reproduit dans Justice, n°120-121, 1988, p. 11-12
  15. « Juges, soyez partiaux », Georges Elgozy, Les Quatre Vérités, juillet 1975, p.5
  16. Georges Fenech, Main basse sur la justice, Lattès, 1997
  17. Représentants au CSM, syndicat-magistrature.org, 8 juin 2011
  18. http://www.medelnet.org/
  19. http://www.cfcpi.fr/
  20. http://www.anafe.org/index.php
  21. http://www.appeldesappels.org/
  22. « Sarkozy "inquiète" le Syndicat de la magistrature », NouvelObs.com, 30 avril 2007.
  23. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées a.
  24. Enquête. Le vrai pouvoir des juges rouges, Pauline Quillon, valeursactuelles.com, 17 octobre 2013
  25. Christiane Taubira sous influence du Syndicat de la magistrature, Laurence De Charette, lefigaro.fr, 26 avril 2013
  26. a et b Le livre qui scandalise les policiers, Bendan Kemmet et Geoffroy Tomasovitch, leparisien.fr, 30 novembre 2001
  27. La lettre à charge des magistrats contre Sarkozy, Libération.fr, 2 mai 2012
  28. L'attaque au vitriol du Syndicat de la magistrature contre Sarkozy, Le Parisien.fr, 27 avril 2012
  29. Le Syndicat de la magistrature vote contre Sarkozy et lui écrit pourquoi, Le Monde.fr, 2 mai 2012
  30. «Le mur des cons» du Syndicat de la magistrature - Marion Brunet, Le Figaro, 23 avril 2013
  31. REGARDEZ. Pour le Syndicat de la magistrature, il y a un "mur des cons" - Le Point, 23 avril 2013
  32. VIDEO - Le "Mur des cons" du Syndicat de la magistrature, Metro, 24 avril 2013
  33. Polémique autour du «mur des cons» du Syndicat de la magistrature - Libération, 24 avril 2013
  34. Les cons du Mur - Philippe Bilger sur son site philippebilger.com, 24 avril 2013
  35. Ce polémique "mur des cons" des magistrats - Frédéric Frangeul, Europe 1, 24 avril 2013
  36. Le père d'Anne-Lorraine indigné de figurer sur le "Mur des cons", echo-regional.fr, 24 avril 2013
  37. Le mur de la honte, Éric Branca, Valeurs actuelles, 24 avril 2013
  38. Les magistrats atterrés par le "mur des cons" et par la réaction de Taubira, Hervé Brusini, francetvinfo.fr, 27 avril 2013
  39. "Mur des cons" : Luc Chatel pose la question à Christiane Taubira, dailymotion.com, 24 avril 2013
  40. Mur des cons : Christiane Taubira invite les épinglés à "déposer plainte", Le Point.fr, 24 avril 2013
  41. «Mur des cons» : Christiane Taubira saisit le Conseil supérieur de la magistrature, leparisien.fr, 25 avril 2013
  42. « Mur des cons » au syndicat de la magistrature : Copé demande une enquête à Taubira, lesechos.fr, 24 avril 2013
  43. Mur des cons : "On n'insulte pas les gens publiquement", réagit le Syndicat de la magistrature, entretien, metrofrance.com, 24 avril 2013
  44. « Mur des cons » : la lettre du Syndicat de la magistrature à Taubira, Blandine Grosjean, rue89.com, 27 avril 2013
  45. "Mur des cons" : "une provocation monstrueuse" contre les magistrats, Le Point.fr, 28 avril 2013
  46. Metro, "Mur des cons" : Atlantico accuse "Le Monde" de gauchisme, 6 mai 2013.
  47. « Mur des cons » ou « mur de la honte » ?, G.-W. Goldnadel, bvoltaire.fr, 26 avril 2013
  48. : «Mur des cons» : le syndicat des journalistes soutient celui de la magistrature, le parisien, 28 avril 2013
  49. Halte à la chasse aux sorcières contre Clément Weill-Raynal !, Luc Rosenzweig, causeur.fr, 30 avril 2013
  50. Local privé, exploitation publique
  51. Mur des cons : le Syndicat de la magistrature dénonce la "saisine consternante" du CSM, Franck Johannès, Le Monde.fr, 29 avril 2013
  52. Mur des cons : ils ont détruit les preuves !, Robert Ménard, bvoltaire.fr, 12 mai 2013
  53. Mur des cons : plainte contre le Syndicat de la magistrature pour destruction de preuve, Charles Jaigu, Le Figaro.fr, 13 mai 2013
  54. « "Mur des cons" : demande de mise à pied de Clément Weill-Raynal », lemonde.fr, 4 juin 2013.
  55. « Mur des cons» : la présidente du Syndicat de la magistrature mise en examen, sur Le Monde,‎ 14 mars 2014
  56. «Mur des cons» : l'étonnant rebondissement de l'affaire, Paule Gonzales, lefigaro.fr, 14 mars 2014
  57. Paule Gonzales, « Mur des cons : la présidente du Syndicat de la magistrature déboutée », sur Le Figaro.fr,‎ 8 octobre 2014 (consulté le 21 octobre 2014).
  58. La composition du bureau, syndicat-magistrature.org, 3 janvier 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]