Rotonde de la Villette

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Rotonde de la Villette
La rotonde et le bassin de la Villette
La rotonde et le bassin de la Villette
Présentation
Type Rotonde
Architecte Claude Nicolas Ledoux
Destination initiale Élément du mur des Fermiers généraux
Protection Logo monument historique Classé MH (1907)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Paris, 19e arrondissement
Localisation
Coordonnées 48° 53′ 00″ N 2° 22′ 10″ E / 48.883472, 2.369444 ()48° 53′ 00″ Nord 2° 22′ 10″ Est / 48.883472, 2.369444 ()  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rotonde de la Villette

La rotonde de la Villette, ou barrière Saint-Martin, est l'une des barrières d'octroi du mur des Fermiers généraux. Construite juste avant la Révolution par l'architecte Claude Nicolas Ledoux comme élément du mur des Fermiers généraux, la rotonde en constituait le bâtiment le plus imposant. Ce bâtiment, qui existe toujours, se situe sur l'actuelle place de la Bataille-de-Stalingrad, dans le 19e arrondissement, face au bassin de la Villette.

Histoire[modifier | modifier le code]

La rotonde de la Villette en 1829, par Christophe Civeton (1796-1831). À droite, la prise d'eau est celle de l'aqueduc de Ceinture (actuellement sous la rue de l'Aqueduc) ; les deux petits bâtiments annexes, dus également à Ledoux, sont ceux de la barrière de la Villette, vers la route de Flandre.

La rotonde de la Villette est l'un des monuments conçus par l'architecte Claude Nicolas Ledoux sous le nom de propylées de Paris, et réalisés entre 1784 et 1788, pour équiper le mur des Fermiers généraux des bureaux nécessaires à la perception de l'octroi, l'impôt dû sur les marchandises qui entraient à Paris. Ces bureaux étaient situés au niveau des passages, appelés barrières (voir la Liste des barrières du mur des Fermiers généraux).

Rotonde de La Villette / Barrière Saint-Martin

À l'extrémité du faubourg Saint-Martin, Claude Nicolas Ledoux réalisa un ensemble de cinq monuments :

  • deux petits monuments constituaient la « barrière de la Villette » (appelée « barrière de Senlis » jusqu'en 1798). Situés de part et d'autre de la route de Senlis (ou route de Flandre, aujourd'hui rue de Flandre, au nord du bassin de la Villette), ils participaient au contrôle des marchandises entrant par cette route, qui se prolongeait, à l'intérieur de Paris, par la rue du Faubourg-Saint-Martin.
  • deux autres petits monuments analogues constituaient la barrière de Pantin. Ils étaient situés de part et d'autre de la route d'Allemagne (ou route de Meaux ou route de Strasbourg, actuelle avenue Jean-Jaurès, au sud du bassin de la Villette). À l'intérieur de l'enceinte, cette route se prolongeait sous le même nom, mais devint la rue La Fayette à partir de 1823.
  • un bâtiment monumental, la rotonde de la Villette. Bien qu'appelée également « barrière Saint-Martin », cette rotonde n'était pas une barrière stricto sensu, car elle ne contrôlait pas de passage particulier. C'est un monument ornemental destiné à abriter les bureaux d'un receveur et de plusieurs contrôleurs, ainsi qu'un corps de garde constitué des cavaliers chargés de la surveillance du chemin de ronde et des entrepôts. Ledoux a probablement voulu placer là un bâtiment d'exception surpassant tous les autres, digne de marquer les confins de la grande voie la plus historique de la capitale, cette « Grand' Chaussée Sainct-Martin »[1].

Pour le contrôle des marchandises, les particuliers devaient passer par les guérites des barrières de Senlis et de Pantin. De là, on les envoyait aux bureaux de la rotonde où ils faisaient une déclaration au contrôleur et payaient au receveur. Ils revenaient avec leur papier à la guérite, où on vérifiait si la marchandise était conforme à la déclaration[1].

Désaffecté dès 1791 par suite de la suppression de l'octroi, le bâtiment servit de casernement de la garde municipale de 1830 à 1860, puis de grenier à sel de 1865 à 1921[2].

La rotonde de la Villette fut épargnée plusieurs fois : lors de la démolition du mur, qui fit partie des travaux de transformation de Paris conduits par le baron Haussmann, dans le cadre de l'extension de Paris jusqu'à l'enceinte de Thiers en 1860 ; incendiée pendant la Commune de 1871, elle fut restaurée, alors que ses deux voisines, la barrière de La Villette et la barrière de Pantin, étaient démolies[3] ; elle fut épargnée une nouvelle fois lors de la construction de la ligne 2 du métro en 1900-1903, dont le tracé tourmenté la contourne par trois virages passant au ras de façade sud-ouest. La rotonde de la Villette est ainsi l'un des quatre propylées de Paris encore visibles aujourd'hui.

Un arrêté du 24 avril 1907 l'a classée au titre des monuments historiques[4].

En 1960, elle fut affectée aux services archéologiques et accueillit la Commission du Vieux Paris, qui la quitta en 2004 pour un hôtel particulier de la rue Cadet, dans le 9e arrondissement.

Réhabilitée en 2009, la Rotonde accueille depuis lors un restaurant.

Architecture[modifier | modifier le code]

Rotonde de la Villette à Paris, ancien pavillon du mur des Fermiers généraux
Intérieur de la rotonde avec son puits de lumière

L'architecte Claude Nicolas Ledoux a conçu sa quarantaine de bureaux d'octroi comme des entrées monumentales auxquelles il donna le nom à référence antique de « propylées ». Il y déploya ses idées architecturales, comme précédemment à la Saline royale d'Arc-et-Senans, réinventant l’antique au service de l’idéal de progrès du siècle des Lumières. Parmi tous les propylées de Paris, de tailles et formes diverses, la rotonde de la Villette était le plus imposant par ses dimensions.

Symétrie

La rotonde est constituée de pierre de taille en façade. Son plan associe des figures simples inspirées de l'Antiquité classique, avec un carré externe en croix grecque et un vaste cylindre interne à puits zénithal, à la manière de Palladio. Au rez-de-chaussée, chaque façade se compose de huit piliers doriques courts et massifs surmontés d’un entablement et d’un fronton triangulaire surbaissé. Au centre, la galerie formée d’arcs en plein cintre montés en tas de charge et baies à linteaux en serliennes sur 40 colonnes doriques jumelées rappelle l’architecture italienne palladienne et pré-palladienne. Le toit est en entonnoir et l'étroite cour centrale circulaire tient lieu de puits de lumière. L'édifice est couronné par une corniche dorique alternant métopes et triglyphes.

Le dessin associe des formes idéalisées très épurées à des volumes contrastés librement inspirés des modèles antiques et de la Renaissance italienne.

La Rotonde de La Villette est l'emblème de l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette (ENSAPLV).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Source : Guy Le Hallé, p. 155-157.
  2. Source : Guy Le Hallé, p. 157.
  3. Source : Guy Le Hallé, p. 157-158.
  4. « Notice no PA00086761 », base Mérimée, ministère français de la Culture.

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

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