Pierre Loutrel

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Pierre Loutrel (1916-1946), plus connu sous le nom de « Pierrot le fou », était le premier ennemi public français et l'un des meneurs du Gang des tractions Avant.

Né le 5 mars 1916 dans une famille paysanne de Château-du-Loir, dans la Sarthe, il se distingue rapidement par des petits larcins avant de profiter de l'Occupation allemande pour développer ses activités criminelles.

De 1941 à 1944, il est membre de la Carlingue, la Gestapo française. Il se forge durant cette époque une réputation de meurtrier au sang-froid en multipliant les exécutions sommaires. Il règle notamment ses comptes avec la pègre de l'époque, puis met en place son propre réseau avec Abel Danos dit Le Mammouth, Pierre Giblaise, Fernand Le Poulet et Jo Attia (qui ne fit jamais partie de la Carlingue et fut déporté).

Mais peu à peu, ses dérapages répétés le rendent trop encombrant aux yeux de la Gestapo. Sentant le vent tourner, « Pierrot le fou » décide alors de rejoindre la Résistance. Il intègre le réseau Morhange grâce à Raymond Naudy. Il fait parler de lui lorsqu'il abat un officier allemand à la terrasse d'un café de Toulouse.

À la Libération, il renoue avec le grand banditisme, menant des activités de racket et de proxénétisme, et se taille rapidement une réputation de caïd sans scrupule. Avec son équipe, il forme le célèbre Gang des tractions, spécialisé dans les braquages menés à bord de Citroën 15/six, les fameuses tractions avant.

Poursuivi par Roger Borniche, le gang est en partie démantelé après la rafle de Champigny. Il finira par se séparer et Pierrot le fou, considéré dans le milieu comme un dangereux incontrôlable, se retrouve isolé et condamné à des petits braquages.

En 1946, Pierrot se tire accidentellement une balle dans la vessie durant le braquage d'une bijouterie parisienne, avenue Kléber, après avoir tué le commerçant. Il succombera à ses blessures peu après. Mais on ne retrouvera son corps, enterré par ses complices, que trois ans plus tard.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Grégory Auda, Les belles années du « milieu » 1940-1944 - Le grand banditisme dans la machine répressive allemande en France, Éditions Michalon, 2002, 254 pages (ISBN 2841861643)
  • Roger Borniche, Le Gang, Fayard, 1975
  • Alphonse Boudard, Les grands criminels, Belfond – Le Pré aux Clercs, 1989, 368 pages (chapitre 5 : « Pierrot-le-fou ou les lendemains qui flinguent »).