Jacques Delarue

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le résistant et policier français. Pour l'évêque, voir Jacques Delarue (évêque). Pour les homonymes, voir Delarue.

Jacques Delarue (né en 1919 à Bricquebec (Manche) et mort le 14 septembre 2014[1]) est un résistant, ancien commissaire de police et historien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ouvrier aux usines Renault de Boulogne-Billancourt à compter du 5 décembre 1935, puis chez Caudron, il est mobilisé dès la déclaration de guerre, mais reste sur place jusqu'au début des hostilités. Il est maintenu sous les drapeaux durant la Drôle de guerre, puis dans l'armée d'armistice et ne doit sa démobilisation en novembre 1942 qu'à la réussite du concours de gardien de la paix en 1942. Il intègre la Police Régionale d'État à Limoges et s'engage rapidement dans les services de renseignements des MUR (Mouvements unis de résistance). Il est reçu en reçu en février 1944 au concours d'inspecteur national, mais, arrêté par la police française, il est incarcéré à Limoges jusqu'à la Libération.

Réintégré dans la Police, il est appelé en décembre 1945 à la direction centrale de la Police judiciaire, à la sous-direction des affaires intéressant la sûreté intérieure de l'État, pour y traiter les séquelles de la Libération, puis la lutte contre ce qui allait devenir l'OAS. Il enquête dès le 16 février 1957 dans l'affaire de la villa des Sources, devenue centre de torture du groupe Georges Watin[2] dit « la boîteuse », participant le 22 août 1962 à l'attentat du Petit-Clamart. Il dresse un procès-verbal sur les conséquences de l'affaire du bazooka, attentat commis le 16 janvier 1957 contre le général Raoul Salan, alors commandant de la 10ème région militaire à Alger. Jacques Delarue ne séjourne cependant que 3 à 4 semaines en Algérie en février 1957.

Commissaire divisionnaire honoraire, il est un des vice-présidents de l'Association pour des Études sur la Résistance Intérieure (AERI).

Il enquête en 1970 sur Paul Touvier à la suite de la demande de grâce déposée par celui-ci[3]. Il est témoin de l’accusation au procès de Klaus Barbie en 1987 et dépose vingt ans plus tard, à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, ses notes préparatoires pour sa déposition et le reste de ses documents relatifs à l’affaire Barbie[4].

Jacques Delarue est fait commandeur de l’ordre national du Mérite en 1993[5]. Il est aussi Officier de la Légion d’honneur.

Oeuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Tatouages du ″milieu″, avec Robert Giraud et Robert Doisneau, Ed. la Roulotte, 1950.
  • Histoire de la Gestapo, Paris, Fayard, 1962.
  • Les nazis sont parmi nous, Ed. du Papillon, 1968.
  • Trafics et crimes sous l'Occupation, Paris, Fayard, 1968.
  • Le Métier de Bourreau, Paris, Fayard, 1979.
  • L'attentat du Petit-Clamart, avec Odile Rudelle, Paris, La Documentation Française 1990.
  • L'OAS contre De Gaulle, Paris, Fayard, 1994.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Assouline, « Jacques Delarue, le Maigret de Clio », L'Histoire n°125, 1989, p. 60

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Monde daté du 22 septembre 2014, page 15, annonce de la famille. La crémation a eu lieu le 19 septembre 2014.
  2. Militaires et guérilla dans la guerre d'Algérie De Jean-Charles Jauffret, Maurice Vaïsse, Charles-Robert Ageron
  3. René Rémond (dir.), Paul Touvier et l'Église, Fayard, 1992
  4. Fonds Jacques Delarue, Dossier Klaus Barbie
  5. « Décret du 24 juin 1993 »

Liens externes[modifier | modifier le code]