5-cm PaK 38

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5-cm Panzerabwehrkanone 38
5-cm Pak 38 en Tunisie  (1943)
5-cm Pak 38 en Tunisie (1943)
Caractéristiques de service
Type Canon antichar
Service 1940 - 1945
Utilisateurs Drapeau : Troisième Reich Reich allemand
Conflits Seconde Guerre mondiale
Production
Concepteur Drapeau : Allemagne Rheinmetall-Borsig
Année de conception 1937 - 1939
Constructeur Drapeau : Allemagne Rheinmetall-Borsig
Production 1939 - 1943
Exemplaires produits 9 568 unités
Coût unitaire 10 600 Reichsmark
Variantes 5 cm Kwk 38
5 cm KwK 39
5 cm Flak 214
5 cm BK
Caractéristiques générales
Poids du canon seul 550 kg
Poids du canon et de l'affût 986 kg (Batterie)
1 030 kg (transport)
Longueur du canon seul 2 975 mm
Longueur en calibre L/60
Longueur du canon et de l'affût 4 750 mm
Support Affut biflèches sur roues
Calibre 50 mm
Cadence de tir 13-15 obus par minute
Vitesse initiale 550-1130 m/s
Portée pratique 2 500 m
Portée maximale 6 500 m
Munitions 50×419 mm. R:
PzGr. 39 & 40
Sprgr. 38
Durée de vie 4 000 à 5 000 obus
Alimentation Manuelle
Hausse -8° à +27°
Azimut 65°
Mécanisme Culasse semi automatique à glissement horizontal
Syst. d'absoprtion du recul Hydropneumatique
Pas de rayure 21 rayures vers la droite (4°) sur 32 calibres
Servants 5 (Chef de pièce, tireur, 2 pourvoyeurs , chauffeur)
Organe de visée Viseur optique 3x8° Turmzielfernrohr 5d (TZF5d)

Le 5-cm Pak 38 (L/60) ou 5-cm Panzerabwehrkanone 38 (L/60) était un canon antichar de 50 mm utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale par la Wehrmacht. Développé par Rheinmetall-Borsig AG en 1938, il remplaça à cette période le 3,7-cm Pak 36.

Conception et développement[modifier | modifier le code]

Bien que le canon antichar 3,7-cm PaK 36 prouva son efficacité durant la Guerre civile espagnole, le commandement allemand savait que ce type de canon de petit calibre serait bientôt dépassé par les nouveaux modèles de char mieux protégés. De ce fait, La firme Rheinmetall commença à concevoir une nouvelle version du Pak 36 chambrée en 50 mm, qui fut désignée 5-cm Pak 37. L'Armée allemande ne fut cependant pas satisfaite de la faible vitesse initiale des projectiles de cette version , qui induisait un faible pouvoir de pénétration. Rheinmetall dut revoir sa copie et modifia son prototype en allongeant son tube jusqu'à 60 calibres (L/60) .

Le nouveau modèle, désigné 5-cm Pak 38, fut accepté pour une production de masse à partir de 1939. Les premiers exemplaires arrivèrent durant à la fin 1940, soit trop tard pour les opérations de la Wehrmacht sur le Front ouest . Le Pak 38 fut vraiment utilisé au combat, à partir d'avril 1941, avec l'invasion de l'Union Soviétique durant l'Opération Barbarossa.

Vue de profil d'un canon PaK 38 exposé sur la base canadienne de Borden (Ontario, Canada).

Arme de bonne conception, le Pak 38 possédait un bouclier incurvé et incliné permettant de protéger les 5 servants des menaces frontales. Ce bouclier était constitué de deux "feuilles" de 2 mm de blindage superposées et espacées d'environ 2,5 cm. L'affut était de type biflèche et possédait des roues avec des jantes acier pourvues de pneumatiques autorisant le remorquage de l'ensemble à grande vitesse. Lors de la mise en batterie, l'ouverture des deux bras de l'affut permettait de déverrouiller le système de suspension à barre de torsion. L'affut en alliage léger facilitait la mise en œuvre et des petites roues au bout de l'affut assurait une manutention aisée. Le long tube de presque 3 m était terminé par un frein de bouche. Le poids total approchant la tonne garantissait la possibilité que cette pièce pouvait être remorquée aussi bien par un camion que par un semi-chenillé.

Vue arrière d'un canon PaK 38 exposé sur la base canadienne de Borden (Ontario, Canada), permettant de voir les volants de réglage de tir et le double bouclier.Le viseur optique 3x8° est manquant.

Cette pièce d'artillerie a été pensée pour fournir une silhouette assez basse (1,05 m de haut pour 1,85 m de large), permettant de la camoufler facilement.

En 1941, afin d’accroitre la mobilité de la pièce, un certain nombre de véhicules semi-chenillés ou châssis de char furent modifiés pour accueillir un canon PaK 38, dépourvu de ses roues et voir sans bouclier, sur leur plateforme arrière. Ainsi naquit les 5 cm PaK38(Sf) auf Zugkraftwagen 1 t (sur SdKfz 10), 5 cm PaK 38 auf Panzerkampfwagen II VK901 (sur châssis de Panzer II Ausf G), 5 cm PaK 38 auf Gepanzerter Munitionsschlepper (sur Borgward B III), 5 cm PaK 38 auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II (Sf) (sur châssis de Panzer II), Sd.Kfz. 250 Neu Sfl 5 cm PaK 38 L/60 (sur SdKfz 250) et 5 cm PaK 38 (Sf) auf leichter Selbstfahrlafette (sur SdKfz 10)[1]. La plupart de ces hybridations servirent au sein de la Waffen-SS sur le front russe.

Pak 38 monté sur un châssis de SdKfz-250 exposé au musée militaire de Belgrade.

L'affut bifléche sur roues du Pak 38 fut par la suite réutilisé sur les canons 7,5-cm Pak 97/38 et 7,5-cm Pak 50 (f).

Le Pak 38 pouvait facilement être modifié pour accueillir une alimentation automatique en munition. De ce fait, à partir de 1943, une nouvelle variante naquit pour pouvoir être embarquée sur des chasseurs pour des missions anti-bombardiers lourds : le 5-cm BorderKanone (ou 5-cm Bk). Ce canon était monté sur les versions de chasse lourde des Me 410 Hornisse A-1/U4 et Me 262 Schwalbe A-1a/U4.

Le Pak 38 servit aussi de base à la construction d'un canon antiaérien, 5-cm Flak 214, mais celui-ci n'entra jamais en production du fait de la fin de la Guerre. Il donna aussi naissance à une version courte pour tourelle, le 5-cm Kwk 38 L/42 qui était l'arme principale des chars moyens Panzers III de la version F à J.

Production[modifier | modifier le code]

Les deux premiers canons PaK 38 ne furent livrés à la Wehrmacht qu'au début 1940, empêchant de les utiliser lors de la campagne française. La production se faisant au compte gouttes, seuls 17 canons étaient en dotation au 1er juillet 1940. Il fallut attendre la fin de l'année pour que la production à grande échelle commence. Au 1er juin 1941, 1 047 canons étaient alors disponibles. La production du Pak 38 s’arrêta en 1943 en raison de la pénurie de tungstène pour les munitions.

Unités de 5-cm PaK 38 produite par année
Année 1939 1940 1941 1942 1943 Total
Nombre 2 388 2 072 4 480 2 626 9 568

Munitions[modifier | modifier le code]

Munition Type Description Poids Vélocité
5-cm Panzergranate (PzGr. ) Anti blindage 2,06 kg 835 m/s
5-cm Panzergranate 39 (PzGr.39 ) Anti-blindage à pointe molle avec tête aérodynamique Optimisé pour maximiser la vitesse de sortie et garder une forte puissance de pénétration en empêchant la désintégration de l'ogive à l'impact en ajoutant une pointe en métal plus mou. Comme ce genre de munition est instable en vol, on lui adjoint une pointe aérodynamique pour augmenter la portée et la précision 2,06 kg 835 m/s
5-cm Panzergranate 40 (PzGr.40 ) Anti blindage composite rigide Obus anti blindage à cœur de tungstène 0,925 kg 1 080 m/s
5-cm Panzergranate 40/1 (PzGr.40/1 ) Anti blindage composite rigide Obus anti blindage à cœur de tungstène 1,07 kg 1 130 m/s
5-cm Sprenggranate 39 (Sprgr. 39) Haut pouvoir explosif Obus détonant chargé avec 165gr de TNT. Portée max : 6 500 m 1,78 kg 550 m/s
5-cm-Stielgranate 42 Projectile à charge creuse Le projectile, ressemblant à une fusée pourvu d'ailettes, est placé sur le canon avant le tir comme une grenade à fusil.. La mise à feu est assurée par une gargousse de poudre introduite dans la chambre à feu. Bien que la vitesse initiale est faible cela n'handicape pas le capacité de pénétration. Portée max 500 m 13,5 kg 160 m/s

Capacité de pénétration[modifier | modifier le code]

Capacité de pénétration du canon 5-cm Pak 38[2][3][4].
Munition Type Poids Vélocité Inclinaison à 100 m à 500 m à 1 000 m à 1 500 m à 2 000 m à 2 500 m
PzGr. Antiblindage 2,06 kg 835 m/s 30 ° 67 mm 57 mm 44 mm 34 mm / /
PzGr.39 Anti-blindage à pointe molle avec tête aérodynamique[5] 2,06 kg 835 m/s 30 ° 69 mm 59 mm 48 mm 38 mm 29 mm /
60 ° 73 mm 61 mm 50 mm 40 mm 29 mm /
90 ° 99 mm 78 mm 61 mm 47 mm 32 mm /
PzGr.40 Obus anti blindage à cœur de tungstène[6] 0,925 kg 1 080 m/s 30 ° 130 mm 72 mm 38 mm / / /
60 ° 143 mm 86 mm 55 mm / / /
90 ° 165 mm 120 mm 84 mm / / /
PzGr.40/1 Obus anti blindage à cœur de tungstène[6] 1,07 kg 1 130 m/s 30 ° 115 mm 76 mm 51 mm / / /
Stielgranate 42 Projectile à charge creuse 13,5 kg 160 m/s 30 ° 180 mm 180 mm / / / /
60 ° 180 mm 180 mm / / / /
90 ° 180 mm 180 mm / / / /

Engagements[modifier | modifier le code]

Au démarrage de la campagne russe, le Pak 38 était doté d'une nouvelle munition anti-blindage à noyau en tungstène désignée, Panzergranate 40 (PzGr.40). Ce type de munition avait été développé à partir de munitions tchèques et polonaises capturées dont le cœur en tungstène très dense offrait un augmentation considérable des capacités de pénétration. Cette combinaison Pak 38 et PzGr.40 était la seule capable de venir à bout des blindages frontaux des chars russes T-34 (45 mm) et KV-1 (75 mm). Même si l'obus ne perçait pas le blindage, un coup placé à la jonction de la tourelle et de la caisse pouvait bloquer la rotation de celle-ci[7].

En 1942, un petit lot fut donné en dotation à Armata Italiana in Russia ou ARMIR sous la dénomination de Cannon 50/60 Mod 38.' pour combattre sur le front russe.

Comme à cette période, le nombre de canon Pak 38 était limité, l'Armée Allemande tenta de combler le manque en convertissant des canons français de 75 mm capturés . Cependant l'approvisionnement en tungstène se révélant stratégique pour les machines outils du complexe militaro-industriel, les munitions de type PzGr.40 finirent par se faire plus rare à partir de 1943 et le Pak 38 perdit son efficacité antichar.

Bien que remplacé dans ce rôle par des pièces de plus gros calibre, comme le 7,5-cm Pak 40 ou le 8,8-cm Pak 43, le Pak 38 se montra assez efficace pour rester présent sur tous les fronts jusqu'à la fin de la Guerre.

Exemplaires survivants[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Peter Chamberlain & H.L. Doyle, "Profile, AFV Weapons #55, German Self-Propelled Weapons",1973
  2. Heereswaffenamt. Gerätliste. Berlin : Oberkommando des Heeres, 1943. 413 p. D 97/1+.
  3. JENTZ, Thomas L., DOYLE, Hilary Louis & SARSON, Peter. New Vanguard 19 - StuG III Assault Gun, 1940-1942. Oxford : Osprey Publishing, 1996.
  4. PAWLAS, Karl R. Waffen-Revue W 127 - Datenblätter für Heeres-Waffen, -Fahrzeuge und Gerät. Nurnberg : Publizistisches Archiv für Militär- und Waffenwessen, 1976. 248
  5. Ces obus sont généralement désignés APCBC pour armour-piercing capped ballistic cap
  6. a et b Ces obus sont généralement désignés APCR pour armour-piercing composit core
  7. Intelligence report on the German 50-mm antitank gun encountered in North Africa, from the Intelligence Bulletin, February 1943.

références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Heereswaffenamt. Gerätliste. Berlin : Oberkommando des Heeres, 1943. 413 p. D 97/1+.
  • PAWLAS, Karl R. Waffen-Revue W 127 - Datenblätter für Heeres-Waffen, -Fahrzeuge und Gerät. Nurnberg : Publizistisches Archiv für Militär- und Waffenwessen, 1976. 248 p. ISBN 3-88088-213-4.
  • U.S. Office of Chief of Ordnance, Catalog of Enemy Ordnance . 1er mars 1945
  • Intelligence Bulletin, report on the German 50-mm antitank gun encountered in North Africa, February 1943.