Milady de Winter

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« Milady » par Thomas Nicholls (1825-1900)
Sculpture en bois d'acajou exposée au Two Temple Place[1] à Londres
Milady de Winter
Origine France
Sexe Féminin
Activité(s) Criminelle, aventurière, espionne
Entourage Le Cardinal de Richelieu, le Comte de Rochefort,
Ennemi(s) D'Artagnan, Athos

Créé par Alexandre Dumas
Roman(s) Les Trois Mousquetaires

Milady de Winter est un personnage du roman d’Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires. L'ennemie principale des protagonistes, elle met ses ressources, son charme et son absence totale de scrupules au service de son protecteur, le Cardinal de Richelieu dont elle est l'agent officieux chargée des œuvres les moins avouables. Le lecteur apprend au fil de l'histoire et en même temps que le héros d'Artagnan que la belle espionne a un passé criminel et une succession d'identités.

Rôle dans l'intrigue[modifier | modifier le code]

L'agent de Richelieu[modifier | modifier le code]

Milady de Winter, qui apparaît dés le début du roman, exécute diverses missions au service de Richelieu, principalement dans sa vendetta contre la reine Anne d’Autriche. Dans ce rôle, elle est l'ennemie de d'Artagnan et des mousquetaires, lesquels s'évertuent à protéger la reine. C'est Milady qui subtilise les ferrets de diamants donnés au duc de Buckingham par la reine, forçant le duc à en faire réaliser des copies. À ces buts, Milady entrelace sa propre vie amoureuse. D'Artagnan ayant profité de l'obscurité et d'une lettre détournée pour passer une nuit avec elle en prétendant être un autre, elle le poursuit de sa fureur vengeresse jusqu'à assassiner son amoureuse Constance Bonacieux. Devant la menace grandissante d'une guerre directe avec l'Angleterre, Richelieu se repose de plus en plus sur Milady et lui demande de faire plier Buckingham par tous les moyens y compris l'assassinat. Ici Milady agit directement dans les coulisses de l'histoire: Dumas lui fait séduire et armer le puritain John Felton, assassin de Buckingham, alors même que Felton, réputé incorruptible, avait la charge de la garder emprisonnée. Milady emploie un mélange de séduction personnelle, de manipulation psychologique experte et un talent de conteuse considérable puisqu'elle invente toute une histoire de captivité et de viol dont Buckingham se serait rendu coupable à son égard. En échange de ce service inavouable, Milady extorque du cardinal la permission de se venger de d'Artagnan.

Le passé de Milady[modifier | modifier le code]

Au fil de l'intrigue, le passé fort trouble de Milady est révélé à d'Artagnan et par la même occasion au lecteur par les révélations éthyliques d'Athos d'abord, et la confession du bourreau de Lille ensuite. Jeune religieuse, Anne de Breuil séduisit un prêtre et s'enfuit avec lui, après avoir volé des vases sacrés. Elle quitte ensuite son amant, qui se suicide, pour le jeune comte de la Fère, qui l'épouse, mais pas avant que le frère de l'amant délaissé, qui était le bourreau de Lille, ne l'ait vengé en marquant Milady sans autorisation de justice, d'une infamante fleur de lys. Le comte découvre fortuitement la marque en question, et de colère et dépit pend son épouse. Brisé, le comte devient le mousquetaire Athos, mais ayant survécu d'une façon jamais expliquée, Milady se retrouve en Angleterre où elle épouse le Comte de Winter. Devenue Charlotte Backson, Lady Clarick ou Milady de Winter, elle empoisonne son époux et accède à l'indépendance. Elle se met au service du cardinal de Richelieu, pour séduire et espionner le duc de Buckingham, premier ministre du Royaume-Uni, puis intriguer contre lui, négocier et enfin le faire assassiner.

La fin de Milady[modifier | modifier le code]

Ayant échoué à prendre la maîtresse de d'Artagnan, Constance Bonacieux, comme otage, Milady l'assassine au moyen d'une boisson empoisonnée. Alexandre Dumas fera dire à Milady, dans sa pièce "les Mousquetaires", qu'elle regrette son geste. Elle parvient à fuir à Armentières après ce dernier forfait, mais Athos la piste et organise un jugement en présence d'Athos, Aramis, d'Artagnan, de son beau-frère Lord de Winter, du bourreau de Béthune ainsi que des quatre laquais des mousquetaires. Milady est condamnée à mort. Bien qu'elle demande pardon à genoux à chacun d'eux, ils la livrent au bourreau, après lui avoir affirmé à tour de rôle qu'ils la pardonnaient. Le bourreau la décapite et jette son corps dans la Lys.

Postérité[modifier | modifier le code]

Dans Vingt ans après, les anciens mousquetaires et d'Artagnan sont confrontés au fils de Milady, un jeune homme nommé Mordaunt qui ne cède rien à sa mère par l'ingéniosité pour mener à bien sa vengeance. Sur proposition de son oncle Lord de Winter, Mordaunt a été dépouillé du titre de noblesse de sa mère et de son héritage par le roi Charles Ier d'Angleterre, et se met au service d'Oliver Cromwell pour se venger. Le jeune homme parvient à tuer le bourreau -qui avait pourtant exprimé des regrets d'avoir tué sa mère-. Il poignardera aussi son oncle et s'improvisera bourreau du roi Charles 1er, condamné à mort par son peuple, lors de la révolution anglaise. Athos, rattrapé par le passé, dira que le retour de ce jeune homme est la justice de Dieu. Il refusera de se battre avec lui, estimant que c'était déjà assez d'avoir tué sa mère. Il finira pourtant par le tuer au corps-à-corps dans la Tamise, après avoir tenté de le sauver de la noyade. Le jeune homme, emporté par la vengeance n'ayant saisi la main tendue que pour poignarder Athos.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, Vingt ans après, édition Gilbert Sigaux, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1962 ; Les Trois Mousquetaires, édition Charles Samaran, Paris, Garnier, 1969. La Jeunesse des mousquetaires (1849) suivi de Les Mousquetaires (1845), Paris, La Table Ronde, Paris, 1994
  • Gédéon Tallemant des Réaux, Historiettes, édition Antoine Adam, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1960-1961, 2 vol.
  • Gatien de Courtilz de Sandras, Mémoires de Monsieur d’Artagnan. [1]
  • François, duc de La Rochefoucauld, Mémoires, dans Œuvres complètes, édition Louis Martin-Chauffier, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1964.
  • Michel Duchein, Le Duc de Buckingham, 2001, Paris, Fayard.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Au cinéma, le rôle de Milady a été interprété par :

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Comédie musicale[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, des auteurs (voir listes ci-dessous) se sont lancés dans la défense du personnage. Chacun -avec son talent propre- donne à Milady, au vu de ce qu'elle a vécu dans sa jeunesse, des circonstances atténuantes.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Pastiches[modifier | modifier le code]

  • Yak Rivais, Milady mon amour, une femme dans la tourmente, éd. Jean Picollec, 1986
  • Arturo Pérez-Reverte, Le Club Dumas ou l'ombre de Richelieu, 1993
  • Christiane Blanc "Milady Comtesse de La Fère" Coetquen Éditions Janvier 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]