Henri Diamant-Berger
Henri Diamant-Berger (Henri Simon Diamantberger) est un scénariste, réalisateur et producteur de cinéma français, né le 9 juin 1895 à Paris 9e, ville où il est mort le 7 mai 1972 dans le 5e arrondissement[1]. Il est le grand-père du cinéaste Jérôme Diamant-Berger né en 1950.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Licencié en droit à 19 ans, Henri Diamant-Berger est engagé volontaire dans la Première Guerre mondiale. Décoré de la croix de guerre avec palme, il est réformé pour blessure le 10 octobre 1915.
Dès sa démobilisation, il refait, à la demande d’André Heuzé, deux films dont les négatifs ont été endommagés : Les Gants Blancs de Saint-Cyr, et le Lord Ouvrier. En février 1916, il fonde une revue hebdomadaire Le Film avec comme rédacteur en chef Louis Delluc et la participation des écrivains Colette et Aragon, puis participe au Comité de Défense du Cinéma Français présidé par Edmond Rostand et Tristan Bernard et fonde une Association des Auteurs de Films.
Son frère cadet Maurice Diamant-Berger, qui collabora avec lui, est plus connu sous le nom d’André Gillois.
En août 1918, il est envoyé par Georges Clemenceau aux États-Unis en mission officielle pour organiser la distribution des actualités françaises. C’est son premier voyage en Amérique qui sera suivi de plus d’une vingtaine d’autres car il deviendra très vite le plus américain des cinéastes français de cette époque.
En 1919, il publie un livre intitulé « Le Cinéma » où il expose ses idées qui intéressent Charles Pathé. Grâce à C. Pathé, il va produire, en qualité de metteur en scène, Le Petit Café avec Max Linder et Raymond Bernard, fils de Tristan. C’est le premier film d’une durée d’une heure et demie.
En 1920, avec un budget exceptionnel de 2 500 000F de l’époque, Charles Pathé lui permet de réaliser la version muette des Trois Mousquetaires, film en 12 épisodes, avec des décors de Mallet-Stevens et des costumes de Paul Poiret (film aujourd’hui rénové par son petit-fils Jérôme Diamant-Berger). En 1922 Vingt ans après couronne l’entreprise.
En 1923, il modernise les studios Pathé, fait venir des États-Unis les premiers travellings, construit les studios de Billancourt, puis en 1924 les studios « Diamant Film CO of America » Il est aussi novateur, inventant le métier de script, la bande-annonce, tournant en Amérique le premier film avec le procédé Technicolor les Marionnettes (1927), puis en 1932 Clair de Lune, premier film tourné uniquement en extérieur.
Dès 1939, il organise des reportages radio aux États-Unis pour la radio française. Exilé aux États-Unis pendant la Deuxième Guerre mondiale[2], engagé dans la France libre, il devient attaché à l’Ambassade de Washington chargé de la propagande radio et cinéma puis, à Alger, attaché au Commissariat de l’Information, il devient Directeur des services cinématographiques civils et militaires de la France Combattante. À la Libération, il est l’initiateur de la loi d’Aide au Cinéma, avec le député Géraud Jouve.
De 1946 à 1967, il met en scène et produit plus de cent huit films de long-métrage et une centaine de films de courts-métrages, documentaires.
Dans sa longue et belle carrière, il aura fait tourner, entre autres, Maurice Chevalier, Tino Rossi, Damia, Marguerite Moreno, Blanche Montel, Claude Dauphin, Harry Baur, Erich von Stroheim, Jules Berry, Pierre Fresnay, Simone Simon, Jeanne Moreau, Juliette Gréco, Robert Lamoureux, Michel Galabru, Bourvil, Francis Blanche, Emmanuelle Riva, Micheline Dax, Jean-Marc Thibault, Jean Piat, Aznavour, Jean Richard, Philippe Clay, Robert Dhéry, Philippe Noiret, aura produit le premier film de René Clair, et eut pour assistant Claude Autant-Lara, Robert Bresson, Henri-Georges Clouzot.
Filmographie [modifier]
Scénariste [modifier]
- 1916 : Debout les morts !
- 1919 : Le Petit Café
- 1931 : Le Chanteur inconnu
- 1931 : Général, à vos ordres
- 1931 : Ma tante d'Honfleur
- 1931 : Tout s'arrange
- 1932 : L'Enfant du miracle
- 1933 : Les Trois Mousquetaires
- 1933 : L'Argent par les fenêtres
- 1935 : Amants et Voleurs
- 1937 : Arsène Lupin détective
- 1947 : Le Chanteur inconnu
- 1953 : Le Chasseur de chez Maxim's
- 1955 : La Madone des sleepings
- 1956 : Mon curé chez les pauvres
- 1957 : C'est arrivé à 36 chandelles
- 1959 : Messieurs les ronds-de-cuir
Réalisateur [modifier]
- 1916 : Paris pendant la guerre
- 1917 : Une soirée mondaine
- 1921 : Boubouroche
- 1921 : Les Trois Mousquetaires
- 1922 : Vingt ans après
- 1922 : Le Mauvais Garçon
- 1922 : Le Match Criqui-Ledoux
- 1923 : Gonzague
- 1923 : Le Roi de la vitesse
- 1923 : Par habitude
- 1923 : Jim Bougne, boxeur
- 1923 : L'Emprise
- 1923 : L'Affaire de la rue de Lourcine
- 1923 : L'Accordeur
- 1923 : Milady
- 1924 : La Marche du destin
- 1925 : Fifty-Fifty
- 1925 : Lover's Island
- 1926 : Rue de la Paix
- 1926 : The Unfair Sex
- 1927 : Éducation de prince
- 1930 : Paris la nuit
- 1930 : Tu m'oublieras
- 1931 : Sola
- 1931 : Tout s'arrange
- 1932 : La Bonne aventure
- 1932 : Clair de lune
- 1932 : Les Trois Mousquetaires
- 1933 : Miquette et sa mère
- 1937 : Arsène Lupin contre Arsène Lupin
- 1937 : Arsène Lupin détective
- 1938 : La Vierge folle
- 1939 : Tourbillon de Paris
- 1949 : La Maternelle
- 1951 : Monsieur Fabre
- 1952 : Mon curé chez les riches
- 1953 : Le Chasseur de chez Maxim's
- 1955 : La Madone des sleepings
- 1956 : Mon curé chez les pauvres
- 1957 : C'est arrivé à 36 chandelles
- 1959 : Messieurs les ronds-de-cuir
Producteur [modifier]
- 1925 : Lover's Island
- 1925 : Paris qui dort ou Le Rayon de la mort
- 1949 : Les Branquignols
- 1953 : Le Chasseur de chez Maxim's
- 1956 : Mon curé chez les pauvres
- 1957 : C'est arrivé à 36 chandelles
- 1959 : Messieurs les ronds-de-cuir
- 1960 : Ravissante
- 1961 : La Belle Américaine
- 1963 : Un drôle de paroissien
- 1964 : Allez France !
- 1967 : Les Compagnons de la marguerite, de Jean-Pierre Mocky
Apparition [modifier]
- 1961 : La Belle Américaine (courte apparition)
Publications [modifier]
- Henri Diamant-Berger, Destin du cinéma français, Paris, Imprimerie de Montmartre, 1945, 47 p. (notice BnF no FRBNF320280151)
- Jack Kirkland, Henri Diamant-Berger et André Gillois, Monsieur Fabre : d'après le scénario original de Henri Diamant-Berger et Jack Kirkland, Paris, Delagrave, 1951, 157 p. (OCLC 716558320) (notice BnF no FRBNF32309621z)
- Henri Diamant-Berger, Il était une fois le cinéma, Paris, Jean-Claude Simoën, coll. « L'Illusion d'optique », 1977, 246 p. (OCLC 301618301) (notice BnF no FRBNF34586682q)
- Henri Diamant-Berger et Colette Lassner, Truche, le poilu amoureux : la guerre de 14-18 comme du cinéma, Paris, Glyphe, 2010, 158 p. (ISBN 2-35815-036-3 et 978-2-35815-036-1) (OCLC 696084227) (notice BnF no FRBNF423271715) [présentation en ligne]
Notes et références [modifier]
- Archives de l’état civil de Paris en ligne, 9e arrondissement, acte de naissance no 848, année 1895, avec mention marginale du décès. Le nom est orthographié « Diamantberger » en un seul mot ; la date du décès mentionnée en marge est le 2 mai 1972. Il se marie en 1906 avec Suzanne Lévy.
- Sa fille Colette y épouse en 1942 le médecin Jean Lassner, futur pionnier de l’anesthésie en France.
Liens externes [modifier]
- (en) Henri Diamant-Berger sur l’Internet Movie Database
- Henri Diamant-Berger sur BiFi.fr
- Henri Diamant-Berger, cinéaste du muet sur1895
- Henri Diamant-Berger par sa fille