Massacre en Corée

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Massacre en Corée
Artiste Pablo Picasso(1881-1973)
Date 1951
Technique huile sur contreplaqué
Dimensions (H × L) 110 × 210[1] cm
Localisation Musée Picasso, Paris (France)

Massacre en Corée est un tableau de Picasso peint en 1951, dans le style expressionniste et dans le style cubiste. Le tableau est conservé au Musée Picasso de Paris. Il date de 1951, c'est-à-dire six mois après le début de la Guerre de Corée. contexte historique: la guerre froide (1947-1991)

Présentation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

C'est une reprise d'un tableau de Francisco de Goya, Tres de Mayo qui présentait les troupes françaises fusillant des civils en Espagne, sous les ordres de Joachim Murat, et aussi d'un tableau Manet, L'Exécution de Maximilien.

Dans ces années-là, Pablo Picasso s'affranchit des idées communistes. Cependant, cette œuvre est une œuvre engagée, rejoignant la propagande maoïste de l'époque selon laquelle la Guerre de Corée n'était rien d'autre que le massacre de ses habitants par les troupes américaines.

Analyse du tableau[modifier | modifier le code]

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Il se dégage du tableau une impression générale de désolation, les couleurs tirent vers le gris. On observe des ruines dans l'arrière-plan. Celles-ci peuvent être vues comme un rappel d'Hiroshima. Le fleuve est une frontière qui sépare les deux Corées, les civils des soldats et les victimes des bourreaux. Un contraste majeur entre les deux groupes est visible. Les civils ne portent pas de vêtements. Ils sont nus, dessinés avec des formes rondes et des lignes courbes (des femmes et des enfants seulement) en totale opposition avec les hommes, visages cachés, aux lignes droites et cassantes, casqués, évoquant la destruction, la violence, l'agressivité. Il a utilisé la technique du cubisme pour faire son tableau.

On peut distinguer une gradation dans la peur parmi les civils : les personnages les plus éloignés du spectateur semblent n'avoir pas saisi l'imminence du désastre : une petite fille court, une autre joue insouciante, une jeune femme semble interloquée. Mais plus près de nous, les mères ont le visage déformé par la terreur et une enfant cache son visage en cherchant à se protéger.

Le groupe d'hommes représente la force militaire, soulignée par la disproportion des armes et leur technicité aberrante (trois trous au bout des fusils non alignés avec le futur trajet de la balle), la joie de la technique. Les carapaces peuvent symboliser l'aveuglement idéologique. Le personnage de droite, non masqué, qui brandit un glaive pour donner le signal de l'exécution, peut être perçu comme une allégorie de la décision politique. Le fait qu'il tourne le dos à la scène montre peut-être le caractère relatif de son implication, il demeure à distance de l’évènement, n'assume pas sa responsabilité. L'aspect métallique des soldats rappelle l'absence de réflexion des soldats.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Musée Picasso : Peintures, papiers collés, tableaux-reliefs, sculptures, céramiques, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1985, p. 102

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]