Marie Pavlovna de Russie (1786-1859)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marie Pavlovna de Russie.
Maria Pavlovna de Russie (Мария Павловна)
Portrait par Vladimir Borovikovsky
Portrait par Vladimir Borovikovsky

Titre Grande-duchesse de Russie
Autre titre Grande-duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach
Distinctions Ordre de Sainte-Catherine
Biographie
Dynastie Maison Romanov
Nom de naissance Maria Pavlovna de Russie
Naissance 16 février 1796
Saint-Pétersbourg)
Décès 23 juin 1859
Weimar
Père Paul Ier de Russie
Mère Maria Fiodorovna de Russie
Conjoint Charles-Frédéric de Saxe-Weimar-Eisenach.
Enfants Marie de Saxe-Weimar-Eisenach, Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach, Charles-Alexandre de Saxe-Weimar-Eisenach

Lesser Coat of Arms of Russian Empire.svg

Marie Pavlovna de Russie, (en russe Мария Павловна) est une ancienne grande-duchesse de Russie, puis par son mariage grande-duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach. Elle est née le 16 février 1786 à Saint-Pétersbourg et décédée le 23 juin 1859 à Weimar. Elle signait Marie en français et était connue ainsi, lorsque la conversation se faisait en français. Elle était appelée Macha dans le cercle familial de son enfance en russe, et Marie en allemand.

Famille[modifier | modifier le code]

Fille de Paul Ier de Russie et de Sophie-Dorothée de Wurtemberg.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Le 3 août 1804, elle épouse Charles-Frédéric de Saxe-Weimar-Eisenach. (1783-1853, (fils de Charles-Auguste de Saxe-Weimar-Eisenach et de Louise de Hesse-Darmstadt).

De cette union naissent trois enfants :

Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach devient en 1861 reine de Prusse, puis en 1871 impératrice Allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

La grande-duchesse Maria Pavlovna de Russie surnommé « Macha » était le cinquième enfant et la troisième fille de Paul Ier de Russie et de son épouse l'impératrice Marie Fiodorovna. Elle fut éduquée au palais de ses parents avec ses sœurs, mais, dès sa petite enfance, la jeune grande-duchesse manifesta des goûts de garçon manqué. Marie fait partie des premières personnes vaccinées contre la variole et elle en garde de profondes cicatrices qui la défigurent. Avant cette maladie, la petite Macha était une ravissante petite fille, elle était si jolie qu'elle était appelée "La perle de la famille". Elle était la préférée de son père.

Duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach[modifier | modifier le code]

Après leur mariage, le couple ducal séjourne durant neuf mois à Saint-Pétersbourg, avant de s'installer à Weimar où elle est accueillie par de grandes festivités et par la grand-mère de son mari, la duchesse douairière Anne-Amélie, connue pour son intelligence et ses dons de musicienne, qui avait fait du duché une « Nouvelle Athènes ».

L'arrivée de la jeune Maria Pavlovna à Weimar coïncide également avec la montée en France de la puissance de Napoléon Bonaparte.

Mécenat[modifier | modifier le code]

Portrait de la grande-duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach, née Marie Pavlovna de Russie, vers 1825 (Musée de l'Ermitage)

La grande-duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach a toute sa vie manifesté beaucoup d'intérêt envers les arts et les sciences. Elle est alors la protectrice de l'art et des sciences de la Saxe-Weimar-Eisenach. Elle maintient une longue correspondance avec le poète russe Vassili Joukovski et l'un des derniers poèmes de Friedrich Schiller lui est dédié. Elle assiste aux cours à l'Université de Iéna, dont certains sont donnés par le naturaliste et explorateur Alexander von Humboldt. La grande-duchesse joue un rôle déterminant dans la fondation de l'Institut Falk à Weimar.

Elle choisit comme tuteur pour son fils Charles-Alexandre, le physicien genevois Frédéric Soret. Elle apprécie et invite à plusieurs reprises Goethe, ministre et mentor de son mari à Weimar.

Vers la fin de sa vie, elle invite à sa Cour le compositeur Franz Liszt. L'aggravation de sa surdité l'empêche d'apprécier la première de Lohengrin donnée le 12 août 1850 à Weimar par le compositeur allemand Richard Wagner.

Elle donnait des soirées littéraires (Literarische Abende) où les chercheurs de l'Université d'Iéna et d'autres personnes étrangères au grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach étaient invités à donner des conférences sur des sujets divers.

Plusieurs collections de l'Université d'Iéna bénéficient du mécénat de la grande-duchesse Marie, dont le cabinet grand-ducal oriental fondé en 1840 par l'orientaliste Gustav Stickel.

Friedrich Schiller loue ses « talents dans la musique et son amour de la lecture », quant à Goethe, il loue la grande-duchesse comme femme de son temps.

Elle passait ses étés au château de Wilhelmsthal à côté d'Eisenach, où elle poursuivait ses soirées littéraires. Elle y invita plusieurs fois Goethe, Liszt, son frère l'empereur Alexandre et l'impératrice Elisabeth sa femme, née princesse de Bade, ainsi que d'autres personnalités de renom.

La grande-duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach protectrice des pauvres[modifier | modifier le code]

La grande-duchesse Marie de Saxe-Weimar-Eisenach a œuvré à la création d'une protection sociale pour les pauvres du grand-duché. Elle a soutenu la création d'une caisse d'épargne. Elle est considérée par ses sujets comme « l'ange des pauvres, des malades et des orphelins ».

Œuvre politique de Marie et de son époux[modifier | modifier le code]

Le duché de Saxe-Weimar-Eisenach adhère à la Confédération du Rhin en 1806. Après la victoire de l'armée française à la bataille d'Iéna et à la Bataille d'Auerstaedt (14 octobre 1806), Marie de Saxe-Weimar-Eisenach quitte le duché pour y revenir en 1807. Elle se réfugie pendant la campagne de Russie de 1812 en Bohême et se met sous la protection des troupes autrichiennes. Après la défaite des armées napoléoniennes à la bataille de Leipzig (16 septembre 1813) la duchesse Marie revient à Weimar.

En 1813, Charles-Frédéric de Saxe-Weimar-Eisenach adhère à la sixième coalition, et le grand-duché en est récompensé en 1815, lors du Congrès de Vienne.

Marie, sœur de l'empereur Alexandre, prend part au Congrès de Vienne où elle représente le duché de son époux (1814-1815). Elle obtient des gains territoriaux non négligeables au duché et obtient pour la Saxe-Weimar-Eisenach le titre de grand-duché.

La grande-duchesse Marie de Saxe-Weimar-Eisenach (dite « Macha ») âgée

Dernières années[modifier | modifier le code]

Après la mort du grand-duc Charles-Frédéric en 1853, son épouse, âgée de 67 ans, se retire de la vie publique.

En 1856, sa petite-fille Louise de Prusse épouse le grand-duc Frédéric Ier de Bade.

Le frère de celle-ci, futur Frédéric III d'Allemagne, épouse en 1858 la fille aînée de la reine Victoria. Le jeune couple donne en janvier de l'année suivante un arrière-petit-fils à la grande duchesse : le futur Kaiser Guillaume II d'Allemagne.

Décès et inhumation[modifier | modifier le code]

La grande-duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach, née Maria Pavlovna de Russie, meurt le 23 juin 1859 à Weimar. Elle fut inhumée en la chapelle de Weimar, près de Goethe et de Schliller.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Maria Pavlovna de Russie appartient à la première branche de la Maison d'Oldenbourg-Russie (Maison Holstein-Gottorp-Romanov) issue de la première branche de la Maison de Holstein-Gottorp, elle-même issue de la première branche de la Maison d'Oldenbourg.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Généalogie des rois et des princes de Jean-Charles Volkmann. Édit. Jean-Charles Gisserot (1998)