Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach

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Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach par Winterhalter

Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach, (en allemand Augusta von Sachsen-Weimar-Eisenach), née le 30 septembre 1811 à Weimar, décédée le 7 janvier 1890 à Berlin.

Elle naquit duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach puis, par mariage, devint princesse puis reine consort de Prusse puis impératrice allemande (Deutsche Kaiserin).

Famille[modifier | modifier le code]

Blason Grand-Duché de Saxe-Weimar-Eisenach.svg

Fille de Charles-Frédéric de Saxe-Weimar-Eisenach, grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach, et de Maria Pavlovna de Russie.

Triste mariage[modifier | modifier le code]

Portrait d'Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach, reine de Prusse, œuvre de Franz Xaver Winterhalter

Nièce du tsar Nicolas Ier de Russie, la jeune Augusta et sa sœur aînée Marie firent une excellente impression à la tsarine Alexandra Feodorovna née Charlotte de Prusse au cours d'un voyage en Russie. Celle-ci les proposa pour épouse à ses deux frères Guillaume et Charles.

En effet, le Kronprinz de Prusse n'ayant pas d'enfant de son mariage en 1820 avec Élisabeth de Bavière, les mariages de Guillaume et de Charles s'imposaient.

L'ainée des princesses, Marie, fut destinée à Guillaume, l'aîné des princes tandis que la cadette, Augusta, fut destinée au cadet, Charles. Mais Guillaume était passionnément épris de la princesse Elisa Radziwill tandis que Charles et Marie s'éprenaient l'un de l'autre. Personne n'aimait la pauvre Augusta qui, femme de devoir, se morfondait en silence.

Après d'âpres discussions, Charles et Marie s'épousèrent en 1827 et eurent rapidement un fils, Frédéric-Charles de Prusse, puis deux filles.

Il fallut encore deux ans de négociations pour que Guillaume, pourtant soutenu par son père, mais appelé à succéder à son frère, renonce à la princesse polonaise et épouse Augusta à qui il annonça comme cadeau de noces qu'il ne pourrait jamais oublier son grand amour. Déjà, il avait écrit à sa sœur la tsarine qu'Augusta le "laissait froid".

La cérémonie eut lieu le 11 juin 1829, en la chapelle du château de Charlottenburg.

De cette union naîtront deux enfants :

Elle fit deux fausses-couches, l'une en 1840, l'autre en 1843.

Le couple des princes héritiers étant stérile, Augusta était la mère du futur souverain prussien sur lequel elle eut une influence durable.

Princesse de Prusse[modifier | modifier le code]

Élevée à la cour cultivée de Weimar, Augusta se révélait une femme de devoir, libérale et profondément pacifiste. Elle pratiquait la musique et la peinture. Énergique, elle souffrit de n'avoir que la seconde place à la cour de Berlin après la princesse royale Élisabeth.

Elle se réjouit cependant sincèrement de l'avènement de son beau-frère qui devint en 1840 Frédéric-Guillaume IV de Prusse qui, en tant que prince royal, avait ouvertement professé des opinions libérales. Las, devenu roi, il revint rapidement à la politique conservatrice de ses prédécesseurs.

Déçue, ayant fait une première fausse couche, condamnée à l'inactivité, Augusta commença à souffrir de troubles maniaco-dépressifs

Bien qu'elle eut sur lui une certaine influence, elle ne s'entendit pas longtemps avec son mari qui professait des convictions militaristes et conservatrices affirmées. Le soutien qu'il apporta à la répression violente des mouvements révolutionnaires de 1848, l'obligera à chercher refuge en Angleterre. Augusta et ses deux enfants se cantonnèrent dans leur château de Potsdam.

Guillaume revint bientôt en Prusse. Prudemment, son frère le nomma en 1850 gouverneur de Rhénanie. Le couple s'installa à Coblence, où Augusta passa les plus belles années de sa vie. Elle obtint que leur fils fût envoyé à l'université de Bonn ce qui en soit constituait une sorte de révolution. la cour de Berlin critiquait également sa tolérance en vers les catholiques de Rhénans.

La reine consort[modifier | modifier le code]

Bataille de Saint-Privat (1870). Profondément pacifique, La reine se soucia de faire soigner les blessés et de former des soignants.

Le roi Frédéric-Guillaume IV montrant des signes de démence, Guillaume devint régent en 1858 puis roi en 1861. Il appela à ses côtés des proches de l'époque de Coblence et nomma son cousin, le libéral prince Charles-Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen ministre président du royaume.

Confronté au parlement qui refusait de voter les crédits militaires, le prince dut se retirer en 1862 et Guillaume Ier lui donna pour successeur l'ultra-conservateur et belliciste comte de Bismarck dont le cynisme ne pouvait que heurter la reine Augusta. Celle-ci se vengea sur la femme du nouveau ministre-président.

Consternée par les guerres contre le Danemark puis contre l'Autriche, elle ne partagea les joies des victoires prussiennes mais s'affligea du sort des morts et des blessés. Elle fonda plusieurs œuvres caritatives pour leur venir en aide,s'inspirant de l'oeuvre de Florence Nightingale.

Elle se retira souvent à Baden-Baden, station balnéaire huppée où elle allait soigner ses nerfs et visiter sa fille devenue en 1856 grande-duchesse de Bade.

Après une troisième guerre victorieuse, cette fois contre la France, son mari fut proclamé "empereur allemand"" en 1871.

Die Kaiserin[modifier | modifier le code]

Souveraine francophile d'une Allemagne nationaliste, elle eut pour lecteur le poète Français Jules Laforgue de 1881 à 1886. Elle avait été une amie proche du diplomate français Adolphe Fourier de Bacourt. Libérale et ouverte d'esprit dans une Allemagne conservatrice et protestante, elle fut critiquée pour sa défense d'œuvres catholiques lors de son séjour à Coblence ; elle se heurta également souvent plus tard à l'autoritarisme du chancelier, le prince de Bismarck.

La fin des années 1870 et les années 1880 voient le mariage de ses petits-enfants et les naissances de ses arrière-petits-enfants : la première, Charlotte de Prusse, épouse en 1879 le duc Bernard III de Saxe-Meiningen ; en 1880, Victoria de Bade épouse le futur Gustave V de Suède et, en 1881, le futur Guillaume II d'Allemagne épouse une princesse de Hosltein réputée libérale. Il n'en sera rien mais elle donnera neuf arrière-petits-enfants à l'impératrice en 11 ans tandis qu'en 1888 Henri de Prusse épouse sa cousine Irène de Hesse-Darmstadt, grande amie de l'impératrice, et malheureuse porteuse du gêne de l'hémophilie venant de leur grand-mère commune la reine Victoria du Royaume-Uni. Le dernier mariage avant la mort de l'impératrice est celui de Sophie de Prusse, qui épouse en 1889 le Diadoque de Grèce, futur roi Constantin Ier de Grèce.

Le temps des deuils[modifier | modifier le code]

Le 23 février 1888, elle a la tristesse de perdre son petit-fils, Louis de Bade, 22 ans ; puis en mars 1888, Augusta devient veuve et, en juin, elle perd son unique fils et ses espoirs politiques, le libéral Frédéric III. Cette fin tragique et prématurée (le nouvel empereur n'avait que 57 ans mais était atteint d'un cancer de la gorge), mettait également un terme aux espoirs des libéraux dont l'impératrice douairière faisait partie.

Décès et inhumation[modifier | modifier le code]

Buste d'Augusta de Saxe-Weimar à Baden-Baden

Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach décéda le 7 janvier 1890 à Berlin, elle fut inhumée aux côtés de son époux dans le mausolée construit dans le parc du château de Charlottenburg.

Le 20 mars suivant, le prince de Bismarck est démis de ses fonctions par le jeune empereur Guillaume II qui compte veiller seul aux destinées de l'Allemagne.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach appartient à la lignée de Saxe-Weimar-Eisenach issue de la branche Ernestine, elle-même issue de la Maison de Wettin.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  • Généalogies des rois et des princes de Jean-Charles Volkmann Edit. Jean-Paul Gisserot