Louise de Hesse-Darmstadt

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Louise de Hesse-Darmstadt

La princesse Louise de Hesse-Darmstadt, née le 30 juin 1757 à Berlin et morte le 14 février 1830, est une des figures allemandes de la résistance à la domination de la France napoléonienne. Elle épousa en 1775 le duc Charles-Auguste de Saxe-Weimar-Eisenach.

Une jeune fille au cœur de l'histoire[modifier | modifier le code]

Fille du landgrave Louis IX de Hesse-Darmstadt et de Caroline de Palatinat-Deux-Ponts-Birkenfeld, Louise de Hesse-Darmstadt est née à Berlin le 30 juin 1757.

Le landgrave Louis, également officier au service de la Prusse, est tout entier donné à la chose militaire. Il fera édifier dans es états la forteresse de Pirmasens.

La landgravine Caroline, mère de la jeune princesse, surnommée la "Grande Landgravine", est une des rares femmes qui avait l'estime de Frédéric II de Prusse, aussi le roi de Prusse maria-t-il son neveu et héritier à une de ses filles; Frédérique de Hesse-Darmstadt qui épouse en 1769 le futur Frédéric-Guillaume II de Prusse.

La duchesse Anne-Amélie et ses deux fils vers 1774

Forte de cette brillante union, la landgravine est invitée quatre ans plus tard à la cour de Russie avec ses trois filles cadettes Amélie, Wilhelmine et Louise. L'impératrice Catherine II cherche une épouse pour son fils et a invité plusieurs princesses souveraines Allemandes avec leur filles nubiles. C'est Wilhelmine, la sœur aînée de Louise qui sera choisie; Arrivée avec sa famille à Gatchina en juin, elle est mariée en septembre et reste en Russie. Malheureusement, elle mourra prématurément en 1776 des suites de ses premières couches. Belles-sœurs du Kronprinz de Prusse et du tsarévitch, les princesses de Hesse-Darmstadt sont activement convoitées par les princes protestants régnants du Saint-Empire.

En 1775, Amélie épouse le prince héritier de Bade et Louise, Charles-Auguste, duc de Saxe-Weimar.

Le duc ayant perdu son père très tôt a accédé au trône à l'âge de un an. Sa mère, la brillante Anne-Amélie de Brunswick, a exercé en son nom la régence.

Ce mariage, tout dynastique, devait servir à consolider la place du duché de Saxe-Weimar au cœur du Saint-Empire romain germanique et à lui garantir la protection du puissant empire Russe.

Le lys de Weimar[modifier | modifier le code]

La duchesse Anne-Amélie avait fait de Weimar une cour cultivée et raffinée.

Dans ce milieu brillant, la jeune Louise se fit remarquer par sa délicatesse et une timidité malheureusement handicapante. D'une personnalité effacée face à sa brillante belle-mère, l'adolescente fréquente surtout les couvents de son nouveau pays. Romantique avant la lettre, la jeune duchesse n'a cependant pas le goût de vivre.

  • Ému par son charme et ses qualités de cœur, ses yeux « couleur de bleuet », le grand Goethe qui était un ministre de son mari (et son compagnon dans ses frasques extra-conjugales) la prit sous son aile et lui dédia des vers :

- "J'en sais une, mince comme lys

  • Dont la fierté n'est qu'innocence.
  • Nul - pas même Salomon -
  • N'en vit de pareille."

Descendance[modifier | modifier le code]

Les trois enfants survivants de Louise par Tischbein (1795)

Elle donna à son mari six enfants :

Une patriote et résistante[modifier | modifier le code]

Dans les années 1790, la révolution Française et son évolution violente choquent les princes Allemands. La France déclare la guerre en 1792. Elle durera 23 ans. D'abord vainqueur, la France annexe la rive gauche du Rhin.

Pendant ce temps, la tsarine Catherine II de Russie choisit comme épouse de son petit-fils Alexandre de Russie, une nièce de Louise, Louise Augusta de Bade, fille de sa sœur Amélie. Les autres filles d'Amélie se marie aussi brillamment : une des deux aînées devient Electrice puis reine de Bavière, la seconde reine de Suède, la troisième duchesse de Brunswick, la benjamine épouse le neveu de Louise Louis de Hese-Darmstadt.

Le duc Charles-Auguste vers 1805

Pendant ce temps, la France a été conquise par Napoléon Bonaparte lequel impose sa domination à l'Italie et à l'Allemagne. Le Saint-Empire est dissous en 1806, la Confédération du Rhin créée.

Les princes Allemands, s'ils ont réussi à conservé leur souveraineté, intègrent cette confédération et se soumettent à l'alliance Française. Ainsi le grand-duc de Bade, neveu de Louise, dont les sœurs ont toutes épousé des princes souverains, épouse-t-il la charmante Stéphanie de Beauharnais et la princesse Catherine de Wurtemberg, nièce de la tsarine, épouse Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon et créé par lui, grand-duc de Berg.

Au milieu de tant d'intrigues où les états Allemands jouent leur survie, Louise révèlera sa force intérieure.

En 1806, une grande bataille oppose Napoléon aux forces du roi de Prusse : c'est à Iena, ville universitaire du duché de Saxe-Weimar. Le Prusse et l'Autriche subissent une défaite écrasante. L'armée du feu grand Frédéric n'est plus, Napoléon impose sa domination aux états Allemands contraignant l'empereur d'Autriche à proclamer la fin du Saint Empire Romain Germanique.

Lorsque Weimar sera menacée de pillage par les soldats de Napoléon, la duchesse fera face, quasiment seule, aux troupes de l'envahisseur, devenant, à l'instar de la reine Louise de Prusse, une héroïne du patriotisme allemand.

Une héroïne[modifier | modifier le code]

Sans doute est-ce une des raisons pour laquelle le Congrès de Vienne permit à son mari non seulement de conserver ses états mais aussi éleva au rang de Grand-Duché le petit duché alors que ses cousins Thuringiens de la Maison de Saxe conservaient simplement leur titre de duc.

Le grand-duc mourut en 1828. La grande-duchesse mourut le 14 février 1830 à l'âge de 73 ans.

Sa petite fille Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach ayant épousé l'année précédente le prince Guillaume de Prusse, sera la première impératrice de l'Allemagne victorieuse et unifiée en 1871.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claire Hoock-Demarle, La femme au temps de Goethe, Stock/Laurence Pernoud, Paris, 1987.


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