Sophie-Charlotte de Hanovre

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Sophie-Charlotte de Hanovre
Frederic de Brandebourg en manteau royal (vers 1701)
Le palais de l'Electrice à Lützow

Sophie-Charlotte de Hanovre est née le 30 octobre 1668 à Bad Iburg et est décédée à Hanovre le 1er février 1705 fut la première reine consort de Prusse.

Famille[modifier | modifier le code]

Fille d'Ernest-Auguste de Brunswick, évêque luthérien d'Osnabrück, et de Sophie de Palatinat, Sophie-Charlotte de Hanovre était la filleule de sa cousine germaine, Charlotte-Élisabeth de Bavière, duchesse d'Orléans et belle-sœur du Roi-Soleil Louis XIV, infatigable épistolière qui avait été élevée en partie par la mère de Sophie-Charlotte.

Sophie-Charlotte était le quatrième enfant du couple épiscopal et l'unique fille d'une fratrie de sept enfants. Elle avait trois frères aînés et trois frères cadets. Ses proches la surnomment affectueusement "Figuelotte".

Suite à l'Acte d'établissement promulgué par le roi Guillaume III d'Angleterre qui excluait les catholiques de la succession au trône Britannique, le frère aîné de Sophie-Charlotte devint le roi Georges Ier de Grande-Bretagne en 1714. Il est l'ancêtre des souverains britanniques actuels.

Une mère très politique[modifier | modifier le code]

Intelligente et non dénuée d'ambition, la duchesse Sophie de Hanovre mena sa fille en France visiter sa marraine qui demeurait à la cour de Versailles, officiellement pour voir les jardins du château. Officieusement, la duchesse espérait marier sa toute jeune fille au dauphin Louis, héritier du trône.

Nonobstant le très bon accueil que les deux princesses Hanovriennes, proches parentes de la belle-sœur du roi reçurent, l'alliance ne fut pas jugée suffisamment brillante pour un futur roi de France et n'aurait apporté aucun profit politique au Royaume. Le père de la "jeune fille" (elle n'avait que 10 ans) n'était même pas Electeur à l'Empire.

Le roi Louis XIV de France montra clairement ses intentions en faisant asseoir les princesses Allemandes non sur des fauteuils mais sur des chaises. Un message que la cour et les diplomates du temps comprirent fort bien.

Finalement, Sophie-Charlotte, âgée de 16 ans, épousa le 8 octobre 1684 l'électeur de Brandebourg Frédéric III, 27 ans, veuf d' Élisabeth de Hesse-Cassel dont il avait une fille née en 1680.

Ils eurent deux enfants :

  • Frédéric (1685-1686)

Comme toutes les unions dynastiques, ce mariage ne fut pas particulièrement heureux mais l'Electeur laissa à sa femme, qu'il respectait et en qui il avait confiance, une grande liberté ce qui fit jaser et on prêta faussement des amants à cette jeune, jolie et intelligente jeune femme.

En 1696 Sophie-Charlotte reçut de son mari la terre de Lützow ce qui est une preuve éclatante de la confiance que lui faisait celui-ci.

Elle y fit bâtir un château où elle reçut les écrivains et les artistes de son temps.

En 1692, le père de Sophie-Charlotte fut élevé à la dignité d'électeur du Saint-Empire romain germanique en remerciement de ses services par l'empereur Léopold Ier.

La reine-philosophe[modifier | modifier le code]

Le grand philosophie Leibniz, ami et correspondant de l'électrice
Sophie Charlotte reine "en" Prusse
Sarcophage de Sophie-Charlotte de Hanovre au Berliner Dom.

Élevée par une mère intelligente qui lisait Rabelais et admirait Montaigne, Sophie-Charlotte avait reçu la même éducation que ses frères ce qui était très original pour l'époque. Aussi avait-elle la réputation d'être une princesse très cultivée.

Polyglotte, elle parlait couramment le français, l'anglais et l'italien. Musicienne, elle jouait du clavecin et œuvra en faveur de l'opéra italien à la cour de Berlin, ce qui n'était pas rien dans ce royaume du nord fortement marqué par le protestantisme.

Comme sa mère également, elle fut une correspondante assidue et une amie proche de Leibniz qu'elle reçut à Lützow.

Elle fut surnommée la Reine-Philosophe.

Reine malgré elle[modifier | modifier le code]

En 1701, la loi anglaise fit de sa mère septuagénaire l'héritière de la couronne britannique.

La même année, le 18 janvier, son mari s'était proclamé roi en Prusse (la Prusse ne se situant pas dans l'empire et étant dégagée des liens de vassalité qui la liait à la Pologne). Cette proclamation fit rire l'Europe et déplut à son épouse. Cependant, elle fut couronnée en même temps que son mari à Königsberg.

A l'ambassadeur de Brandebourg, Louis XIV fit savoir qu'il préférait donner raison à l'Electrice plutôt qu'à l'Electeur.

L'Electrice devenue Reine mourut quatre ans plus tard à l'âge de 36 ans, pendant une visite qu'elle rendait à sa mère.

Frédéric Ier, en hommage à cette épouse qu'il estimait, rebaptisa son palais de Lützow en Charlottenburg.

Sophie-Charlotte est la grand-mère de Frédéric II de Prusse.