Néo-féminisme

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Le néo-féminisme est une philosophie qui soutient l'idée d'une complète complémentarité entre hommes et femmes plutôt qu'une supériorité d'un sexe sur l'autre.

Le néo-féminisme, en tant que forme du féminisme différentialiste, soutient l'idée que les hommes et femmes ont différents atouts, perspectives et rôles mais préconise l'attribution de la même valeur et du même respect aux deux sexes. Les différences qui y sont vues comme les plus importantes sont d'ordre biologique plus que culturel. Les néo-féministes estiment que les femmes doivent être reconnues à leur juste valeur quant à leur rôle dans l'éducation des enfants, l'entretien de la maison mais aussi dans leur individualité, au même titre que les hommes.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'expression fut d'abord utilisée au Royaume-Uni dans les années 1920 pour différencier le Néo-féminisme du mouvement suffragiste plus général. Ces femmes, aussi appelées féministes du bien-être social, étaient particulièrement concernées par la maternité, à l'image de leurs homologues allemandes de l'Union pour la protection des mères et la réforme sexuelle (Deutscher Bund für Mutterschutz und Sexualreform), fondée par Helene Stöcker en 1905. Les néo-féministes font alors campagne en faveur d'un système d'allocations familiales versées directement aux mères. Elles militent également pour une législation protégeant spécifiquement les femmes au travail. Eleanor Rathbone, présidente de la National Union of Societes for Equal Citizenship, fut une figure de proue de ce mouvement.

Les opposantes au néo-féminisme, généralement de jeunes femmes dont Winifred Holtby, Vera Brittain et Dorothy Evans, voient ce mouvement comme un retour à l'idéologie du 19e siècle des sphères distinctes. Elles sont particulièrement en désaccord avec des lois particulières pour les femmes au travail, voyant dans celles-ci une législation restrictive empêchant les femmes, pour des raisons de santé et de bien-être, d'avoir accès à des emplois mieux payés.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

L'expression a été reprise dans les dernières années par des féministes catholiques en réponse à l'appel du Vatican de "promouvoir un « nouveau féminisme » qui, sans succomber à la tentation de suivre les modèles masculins, sache reconnaître et exprimer le vrai génie féminin dans toutes les manifestations de la vie en société, travaillant à dépasser toute forme de discrimination, de violence et d'exploitation."[1]

Jean-Paul II affirme cette théologie de la complémentarité lors de ses audiences générales du mercredi de 1979 à 1984 et qui seront regroupées pour former la Théologie du corps. Il exprime dans ses enseignements sa croyance en ce que les hommes et les femmes sont des créations complémentaires, et que leur finalité, leurs forces et leurs faiblesses se retrouvent dans les caractéristiques physiques de chacun. En 1988, Jean-Paul II rédige la lettre apostolique Mulieris Dignitatem sur La dignité de la femme et sa vocation[2]. Dans cette lettre, le pape appelle les femmes à valoriser le "génie féminin" comme mère et éducatrice mais aussi dans leur participation à la politique et à l'économie. Les principaux traits qu'il associe au "génie féminin" sont l'empathie, les relations interpersonnelles, l'intelligence émotionnelle, la subjectivité, la communication, l'intuition et la personnalisation.

Jean-Paul II réitère son message dans une lettre apostolique en marge de la Conférence mondiale des femmes de Beijing en 1995[3].

Références[modifier | modifier le code]