Histoire du féminisme

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symbole de l'égalité des sexes. Le symbole de la femme et celui de l'homme sont fusionnés et le signe égal est inscrit dans le cercle commun
Égalité des sexes.

L'histoire du féminisme est l'histoire des mouvements féministes et des penseurs féministes. Dépendant de la période, des cultures ou du pays, les féministes, à travers le monde, ont eu des causes et des objectifs différents. La plupart des historiens du féminisme, en Occident, considèrent que tous les mouvements et tous les travaux accomplis pour obtenir des droits pour les femmes doivent être considérés comme des mouvements féministes, même si les personnes ne se revendiquent pas féministes. D'autres historiens pensent que le terme ne doit s'appliquer qu'au mouvement féministe moderne et à ses continuateurs. Ces historiens parlent de proto-feministes pour qualifier les mouvements pré-modernes.

L'histoire des mouvements féministes occidentaux modernes est divisée en trois vagues. Chacune d'entre elles met l'accent sur l'un des aspects des problèmes du féminisme. La première vague se réfère au XIXe et au début du XXe où les principales revendications se rapportent au vote, aux conditions de travail et aux droits à l'éducation pour les femmes et les filles. La deuxième vague (1960-1980) dénonce l'inégalité des lois, mais aussi les inégalités culturelles et le rôle de la femme dans la société. La troisième vague (fin des années 1980-début des années 2000) est perçue comme à la fois continuation de la seconde vague et réponse à l'échec de celle-ci.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

photographie en noir et blanc, en gros plan, d'un homme; Alexandre Dumas fils, à la calvitie naissante et portant moustache
Alexandre Dumas (fils).

Le terme « féminisme » a longtemps été attribué à tort à Charles Fourier. Cependant, s'il est bien un défenseur de la liberté des femmes, le terme n'apparait pas dans ses textes[1]. Le mot aurait été inventé vers 1870 par le monde médical pour désigner les sujets masculins dont le développement de la virilité s'est arrêté[2]. Alexandre Dumas fils, l'utilise dans L'homme-femme, en 1872 : « Les féministes, passez-moi ce néologisme, disent : Tout le mal vient de ce qu'on ne veut pas reconnaître que la femme est l'égale de l'homme, qu'il faut lui donner la même éducation et les mêmes droits qu'à l'homme »[3]; mais il ne prend son sens actuel qu’à la fin du XIXe siècle[4].

Le terme apparait ensuite aux Pays-Bas dans une lettre ouverte de Mina Kruseman à Dumas fils[5], en Grande-Bretagne dans les années 1890 (1894 pour « feminist » et 1895 pour « feminism »)[6], puis aux États-Unis en 1904[7],[2].

Proto-féminisme[modifier | modifier le code]

Les penseurs et les activistes qui ont réfléchi à cette question ou ont fait avancer la cause des femmes, avant l’existence des mouvements féministes, sont parfois appelés « proto-féministes »[8]. Certains spécialistes critiquent l'usage de ce terme : il minimiserait l'importance des premières contributions ou impliquerait que le féminisme présente une histoire linéaire (notion de proto-féministe et post-féministe)[9].

L'écrivaine Christine de Pisan (1364 - 1430), auteure de la Cité des Dames (1404-1405) et du Livre des trois vertus à l'enseignement des dames (1405), est citée par Simone de Beauvoir comme la première femme à écrire sur la relation entre les sexes et à dénoncer la misogynie[10]. Plus tard, des écrivains du XVIe siècle, comme Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim et Modesta di Pozzo di Forzi, et des écrivains du XVIIe siècle, comme Hannah Woolley ou Margaret Cavendish en Angleterre, Juana Inés de la Cruz au Mexique, Marie de Gournay, Anne Bradstreet et François Poullain de La Barre, sont considérés comme des proto-féministes[11]. Mary Astell, fait aussi partie de ces femmes qui dans le système social de la période moderne s'élèvent contre la domination masculine. Dans son cas, c'est en s'opposant à John Locke, qui prône un système politique fondé sur les libertés individuelles mais en exclut les femmes, que Mary Astell montre que l'affirmation de l'infériorité de la femme n'est pas tenable philosophiquement[12].

Le XVIIIe siècle, le siècle des Lumières[modifier | modifier le code]

Portrait en pied d'un homme, Jeremy Bentham, habillé à la mode du 18e siècle, ayant la main droite sur un bureau. Dans le fond, se voit une grande bibliothèque
Portrait de Jeremy Bentham par Thomas Frye (Huile sur toile) 1760-1762.

Le siècle des Lumières se caractérise par une pensée intellectuelle séculière et un florilège d'écrits philosophiques. Certains philosophes de cette époque défendent les droits des femmes. Parmi eux, on peut citer Jeremy Bentham, le marquis de Condorcet et peut être la plus importante des écrivaines féministes du XVIIIe siècle, Mary Wollstonecraft.

Jeremy Bentham[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jeremy Bentham.

Le philosophe utilitariste anglais Jeremy Bentham plaide pour une complète égalité entre hommes et femmes. Dans Une Introduction aux principes de morale et de législation (1789), il condamne fermement l'infériorité légale dans laquelle les femmes sont placées sous prétexte d'une supposée infériorité d'esprit et donne des exemples de femmes qui eurent du succès dans les affaires. Avec Défense des droits des femmes (1792), il argumente pour l'émancipation des femmes, qui leur permettrait de voter, gouverner ou divorcer[13].

Le marquis de Condorcet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nicolas de Condorcet.

Le marquis de Condorcet, mathématicien, politicien libéral et acteur important de la Révolution française, est également un défenseur de l'égalité entre femmes et hommes. Il se prononce pour le vote des femmes dans un article du Journal de la Société de 1789 : Sur l'Admission des Femmes au Droit de Cité publié le 3 juillet 1790[14].

Mary Wollstonecraft et la Défense des droits de la femme[modifier | modifier le code]

portrait en plan rapproché taille d'une femme, Mary Wollstonecraft, toute de blanc vêtue sauf un fichu noir sur les cheveux, qui regarde sur le côté.
Portrait de Mary Wollstonecraft par John Opie (env. 1797).

Mary Wollstonecraft est peut être la féministe la plus citée dans l'histoire du féminisme. Elle est souvent considérée comme la première philosophe féministe. Défense des droits de la femme (1792) est l'un des premiers écrits que l'on peut qualifier de féministe sans aucune ambiguïté, bien que la métaphore de la femme comparée à la noblesse qu'elle utilise dans celui-ci (la femme dorlotée, fragile et exposée au danger par sa paresse intellectuelle et morale) peut sembler dépassée comme argument féministe. Wollstonecraft identifie l'éducation et la formation de la femme comme étant des attentes bornées qui se fondent sur une image qu'a l'homme d'elle et qu'il lui dicte. Malgré ses apparentes contradictions révélatrices des problèmes auxquels il est difficile de donner une réponse satisfaisante, ce livre est devenu la pierre angulaire de la pensée féministe[15].

Wollstonecraft pense que les deux sexes contribuent à l'inégalité. Elle donne à la femme un pouvoir considérable sur l'homme, mais trouve que l'éducation est nécessaire aux deux parties pour assurer le changement des attitudes dans la société. Son héritage reste dans la continuité du besoin pour les femmes d'exposer et de narrer leurs histoires. Ses propres réalisations et sa détermination contrastent avec son humble origine et son éducation incomplète. Wollstonecraft essuie les railleries de Samuel Johnson qui la traite, elle et ses pareilles, d'« amazones de la plume ». Étant donné la relation intime de Johnson avec Hester Thrale, il apparait que son problème n'est pas avec la femme intelligente et bien éduquée, mais plutôt l'envahissement par la femme du territoire de l'écriture, supposé destiné à l'homme[16].

Autres écrivains[modifier | modifier le code]

Parmi les autres écrivains importants du XVIIIe siècle, on peut citer Catharine Macaulay qui avance que l'apparente faiblesse des femmes est causée par leur manque d'éducation[17]. En France, en 1791, Olympe de Gouges, considérée comme une des pionnières du féminisme dans son pays, rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, dans laquelle elle demande que l'on rende à la femme les droits naturels que les préjugés lui ont retirés. Elle argumente pour que la femme soit considérée comme une citoyenne à part entière, qu'elle fut associée aux débats politiques et de société et implore Marie-Antoinette, reine de France, de défendre le "sexe malheureux". L'une des phrases les plus célèbres de l'ouvrage restera : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune »[18]. Elle demande la création de maternités pour que les femmes accouchent dans de meilleures conditions, imagine un système de protection maternelle et infantile et prône la suppression du mariage religieux en faveur d'un contrat civil de partenariat[19]. A travers ses écrits, elle soutient la Révolution française, mais également les Girondins ce qui lui vaudra d'être guillotinée en 1793.

Dans d'autres parties de l'Europe, Hedvig Charlotta Nordenflycht, écrivain suédoise, fonde la première société scientifique pour la femme à Middelbourg dans le sud des Pays-Bas en 1785. C'est la Natuurkundig Genootschap der Dames (La Société des Femmes pour les Connaissances Naturelles) qui se tient régulièrement de 1881 à 1887, année de sa dissolution. Les journaux pour femmes centrés sur la science deviennent populaires durant cette période.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'idéal féminin[modifier | modifier le code]

L'époque victorienne (1873-1901) est une ère « domestique » personnifiée par la reine Victoria. La vie de la femme est centrée sur la famille, la maternité et la respectabilité. C'est l'idéal féminin qui caractérise les conduct books (littéralement « livres de conduite ») de Sarah Stickney Ellis (1799-1872) ou Mrs Beeton (1836-1865). Les féministes du XIXe siècle réagissent non seulement aux injustices dont elles sont les témoins mais aussi contre cette image victorienne, de plus en plus suffocante, imposée par la société[20].

Le féminisme dans la fiction[modifier | modifier le code]

dessin d'une tête de femme, Jane Austen qui regarde sur le côté. Seul le visage et le cou sont en couleur ; les vêtements ne sont qu'esquissés.
Portrait de Jane Austen (détail) par Cassandra Austen (vers 1810). Gouache et crayon. National Portrait Gallery.

De même que Jane Austen se penche sur la vie étriquée de la femme au début du siècle, Charlotte Brontë, Anne Brontë, Elizabeth Gaskell et George Eliot décrivent ses souffrances et frustrations. Dans son roman autobiographique, Ruth Hall (1854), la journaliste américaine Fanny Fern décrit son combat pour éduquer ses enfants et exercer son métier après le décès prématuré de son époux[21]. Louisa May Alcott publie en 1866 un roman féministe, A Long Fatal Love Chase, qui narre les tentatives d'une jeune femme pour échapper à son mari polygame et devenir indépendante[22].

Certains hommes de lettres reconnaissent toutefois l'injustice à laquelle font face les femmes. Les romans de George Meredith, George Gissing et Thomas Hardy, et les pièces d'Henrik Ibsen décrivent la situation de la femme à cette époque[23],[24]. Diana of the Crossways (1885) de Meredith, par exemple, est basé sur la vie de Caroline Norton, dont le divorce avec un mari violent et ivrogne illustre la dépendance juridique de la femme dans l'Angleterre de l'époque[25].

Marion Reid et Caroline Norton[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, quelques hommes et femmes prennent la parole en public, mais il est difficile de savoir quelle influence ils eurent sur les consciences. L'Écossaise, Frances Wright, défend le contrôle des naissances et l'éducation pour les femmes, l'Américaine Abigail Adams essaie, sans grand succès, de peser sur les décisions de son époux, le deuxième président des États-Unis, en faveur des droits des femmes, William Thompson publie Appeal of One Half of the Human Race, Women, Against the Pretensions of the Other, Men en 1825, il crédite Anna Wheeler comme co-auteur. Mais les signes de changement politique et social sont difficilement perceptibles et il n'existe pas de réel mouvement féministe.

À la fin du XIXe siècle, les voix contestataires commencent à s'unir face à l'émergence de modèles sociaux rigides et de codes de conduites que Marion Reid et, plus tard, John Stuart Mill, considèreront comme oppressants et répressifs pour les femmes[17]. L'importance accrue donnée à la vertu féminine et les tensions causées par le rôle qu'on leur impose émeut les premiers féministes[26]. En Écosse, Reid publie son influent A plea for woman (Plaidoyer pour la femme) en 1843 qui propose un agenda pour les droits des femmes, y compris le droit de vote, des deux côtés de l'Atlantique[27].

Après son divorce houleux d'avec un mari violent, qui met en exergue l'absence de personnalité juridique pour la femme mariée dans la société georgienne, Caroline Norton milite pour le changement de la loi britannique. Son lobbying, et l'appel à la reine Victoria, permettra le vote de l'Infant Custody Bill en 1839 qui autorise les femmes divorcées à demander la garde de leurs enfants[28].

Florence Nightingale et Frances Power Cobbe[modifier | modifier le code]

portrait d'une femme, Florence Nightingale, en plan rapproché taille, portant un vêtement marron et blanc, et qui regarde sur le côté.
Florence Nightingale par Augustus Egg.

Beaucoup de femmes se méfient des mouvements féministes de l'époque[29]. Elles préfèrent se lever seules contre tous, comme Florence Nightingale[30], convaincue que les femmes ont le même potentiel que les hommes sans en avoir les opportunités. Dans l'essai Cassandra, extrait de Suggestions for Thought to Searchers after Religious Truth (Suggestions de Réflexions adressées aux Personnes en quête de Vérité Religieuse), qui sera publié bien après son décès, elle proteste contre le rôle imposé aux femmes par la société qui les rends incapables de se prendre en charge seules[31].

Comme leurs idéologies sous-jacentes sont différentes, les féministes ne sont pas solidaires et leurs efforts se dispersent. Harriet Martineau trouve Mary Wollstonecraft dangereuse et Caroline Norton naïve[32]. Martineau prône l'utilisation des méthodes américaines appliquées dans les campagnes abolitionnistes[33].

Lors de son séjour en France, l'irlandaise Anna Wheeler est influencée par les idées socialistes de Saint Simon. Elle milite pour le suffrage des femmes et inspire nombres d'idées à William Thompson qu'il retranscrira en 1825 dans Appeal of One Half of the Human Race, Women, Against the Pretensions of the Other, Men (Recours de la moitié de la race humaine, les Femmes, contre les prétentions de l'autre moitié, les Hommes)[34].

Comme Harriet Martineau et Frances Cobbe en Grande-Bretagne ou Margaret Fuller aux États-Unis, certaines femmes occupent des postes de journalistes, ce qui améliore la visibilité de la cause des femmes. Frances Cobbe milite pour la réforme de l'éducation pour les filles, pour les droits matrimoniaux, les droits à la propriété et contre la violence domestique. Elle est membre du conseil exécutif de Londres de la National Society for Women's Suffrage[35].

The ladies of Langham Place[modifier | modifier le code]

Couverture d'un livre sur lequel est écrit en anglais, un bref résumé, en langage simple, des lois les plus importantes concernant les femmes, avec quelques observations à ce sujet
Lois concernant les femmes.

Dans les années 1850, à Londres, Barbara Bodichon et ses amies se rencontrent régulièrement à Langham Place pour discuter des droits des femmes et des réformes nécessaires. Avec, entre autres, Bessie Rayner Parkes, Anna Jameson et Matilda Hays, elles sont The ladies of Langham Place, l'une de premières organisations féministes de Grande-Bretagne[36].

Elles se battent pour l'éducation des filles, le droit au travail ou le droit à la propriété des femmes mariées. Elles collectent des milliers de signatures dans des pétitions pour des réformes législatives. Certaines seront fructueuses, comme le vote du Matrimonial Causes Act autorisant une procédure de divorce facilitée et protégeant le patrimoine de la femme[37]. En 1854, Barbara Bodichon publie Brief Summary of the Laws of England concerning Women sur les droits des femmes en Angleterre. Avec Bessie Rayner Parkes et Matilda Hays, elle fonde en 1858 The Englishwoman's Journal, une tribune pour traiter du travail des femmes et notamment des emplois manuels et intellectuels dans l'industrie, de l'égalité des droits, des réformes, de l'éducation des jeunes filles et des femmes…

En 1859, le cercle crée la Société pour la Promotion de l'Emploi des Femmes dont l'objectif est l'amélioration de la formation et de l'emploi des femmes[38].

Helen Blackburn, Jessie Boucherett et Emily Faithfull feront également partie du cercle de Langham Place.

Les vagues du féminisme : du XIXe au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

C'est la journaliste Marsha Weinman Lear qui introduit pour la première fois la notion de « vagues » féministes, dans un article du New York Times Magazine de mars 1968[39]. Cependant, cette division ne fait pas l'unanimité : difficulté de catégoriser certaines féministes, accélération des vagues[40].

La première vague[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première vague féministe.
photographie en noir et blanc du visage d'une jeune femme le regard portant vers le haut gauche
Lucy Stone

Le terme de « première vague » est utilisé rétroactivement et par opposition à la notion de deuxième vague introduite par Marsha Weinman Lear[39]. Il recouvre les mouvements féministes de la fin du XIXe et début du XXe siècle axés sur le suffrage, l'éducation et l'amélioration des conditions de travail des femmes.

Aux États-Unis, les mouvements féministes militent d'abord pour l'abolition de l'esclavage ou la tempérance avant de défendre les droits des femmes. Les campagnes qu'elles mènent permettent aux femmes de tester leurs aptitudes politiques et d'unir les efforts de groupes sociaux disparates. Les militantes viennent de milieux divers : des chrétiens conservateurs comme Frances Willard et l'Union de Tempérance des Femmes Chrétiennes, aux radicaux comme Elisabeth Stanton, Matilda Gage et la National Woman Suffrage Association. Sarah et Angelina Grimké passent rapidement de la lutte pour l'émancipation des esclaves à celle des femmes. En 1840, Elizabeth Stanton et Lucretia Mott se voient refuser l'entrée à la Première Convention Mondiale contre l'Esclave car elles sont des femmes. Elles organiseront, en 1848, la Convention de Seneca Falls où sera établie une déclaration pour l'indépendance des femmes. La journaliste Margaret Fuller publie Woman in the Nineteenth Century (La Femme au Dix-neuvième Siècle) en 1845 et ses dépêches d'Europe pour le New York Tribune participeront à la synchronisation des mouvements pour les droits des femmes. Lucy Stone participe à l'organisation de la première Convention Nationale pour les Droits des Femmes en 1850, au cours de laquelle interviendront Sojourner Truth, Abby Kelley Foster ou Susan Anthony.

dessin du visage de Harriet Taylor Mill de 3/4 droite
Harriet Taylor Mill

On considère que cette première vague prit fin en 1920, avec le passage du XIXe amendement de la Constitution des États-Unis qui garantit le droit de vote aux femmes.

En Perse, Fatemeh, poète et réformatrice religieuse, est l'une des premières figures du féminisme iranien. Lors de son exécution, en 1852, ses dernières paroles auraient été : « Vous pouvez me tuer quand vous voulez, mais jamais vous n'arriverez à empêcher l'émancipation des femmes ! »[41]. Louise Dittmar en Allemagne dans les années 1840[42], Fusae Ichikawa au Japon, Mary Lee en Australie, Kate Sheppard et Mary Ann Müller en Nouvelle-Zélande font partie de cette première vague de militantes pour les droits des femmes.

Au Royaume-Uni, le cercle des Ladies of Langham Place, dirigé par Barbara Bodichon, est la première association féministe du pays. Harriet Taylor Mill publie en 1851 The Enfranchisement of Women (sous le nom de son époux, John Stuart Mill). Elle y plaide pour que les femmes aient accès aux mêmes emplois que les hommes et pour que femmes et hommes ne vivent plus dans des « sphères séparées ». Elle participe également à l'écriture de l'essai de John Stuart Mill : The Subjection of Women. Certaines campagnes féministes sont des succès comme le vote de la loi pour la propriété des femmes mariées (Married Women's Property Act) de 1882 et l'abrogation de celle sur les maladies contagieuses (Contagious Diseases Acts) obtenue en 1886, grâce notamment à l'Association Nationale des Ladies pour l'abrogation des Lois sur les Maladies Contagieuses conduite par Josephine Butler[43]. Annie Besant milite pour les droits des matchgirls, ces ouvrières des manufactures qui travaillent dans des conditions épouvantables, et organise la grève des ouvrières des manufactures d’allumettes à Londres en 1888.

En France, les revendications féministes renaissent avec la Révolution de 1830. Un féminisme militant se développe dans les milieux socialistes de la génération romantique, en particulier chez les saint-simoniens et les fouriéristes de la capitale.

En Allemagne, Louise Otto-Peters organise le féminisme allemand en cofondant en 1894 l’Allgemeiner Deutscher Frauenverein (Association Générale des Femmes Allemandes)[44].

Droit de vote des femmes[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Droit de vote des femmes et Suffragette.
photographie en noir et blanc d'une suffragette est arrêté par deux policiers anglais qui la tiennent par les bras
Arrestation d'une suffragette. Londres. 1914.

Au XIXe siècle, les velléités des femmes pour accéder au droit de vote se réveillent. L'Ile de Man est le premier territoire indépendant à autoriser les femmes à voter en 1881. Suivrons la Nouvelle-Zélande en 1893, l'Australie en 1902, la Finlande en 1902 et la Norvège en 1907[45].

Au Royaume-Uni, les mouvements pour le droit de vote qui se développent à partir de 1866, se radicalisent avec la création, en 1903, par Emmeline et Christabel Pankhurst, de la Women's Social and Political Union. Les militantes, désignées sous le nom de suffragettes, utilisent des méthodes parfois violentes, voire illégales. La réponse des autorités est sévère : prison et gavage forcé[46], ce qui attirera la sympathie de la population. En 1908, les organisations réunissent 500 000 personnes à Hyde Park. Le droit de vote est accordé en 1918 aux femmes de plus de trente ans et aligné à celui des hommes en 1928.

Aux États-Unis, les femmes se sentent laissées pour compte après l'adoption du XVe amendement qui autorise le vote des hommes noirs pour lequel elles se sont également battues. En 1869, deux organisations voient le jour : la National Woman's Suffrage Association de Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton et l’American Woman Suffrage Association créée par Lucy Stone et Henry Blackwell qui finiront par fusionner en 1890. De 1870 à 1910, à l’issue des 480 campagnes organisées pour obtenir l’organisation de référendums locaux, dix-sept se sont tenus dans les différents États américains dont deux seulement ont abouti à une victoire pour le droit de vote des femmes[47]. Après une pause au début de la Première Guerre mondiale, le mouvement est relancé dès 1916, notamment grâce à Carrie Chapman Catt et son Winning Plan (Plan de la victoire). Le 26 août 1920, le XIXe amendement de la Constitution garantissant le droit de vote aux femmes est promulgué.

En France, en 1848, La Voix des Femmes cherche à « rendre visible l'illogisme de la mise à l'écart des femmes dans le domaine politique ». Hubertine Auclert fonde en 1876 Le Droit des Femmes, le premier groupe français revendiquant le suffrage féminin. Dans les années 1910, l'Union française pour le suffrage des femmes et la Ligue française pour le droit des femmes, dirigée par Maria Vérone, sont les deux organisations qui mènent le combat. Elles organisent des meetings dans toute la France pour sensibiliser la population. Les méthodes utilisées n'atteindront pas celles déployées par leurs homologues britanniques, peu de manifestations de rue, celles-ci étant immédiatement réprimées par les autorités[48]. Il faudra attendre l'après-guerre pour que le droit de vote leur soit accordé : le 21 avril 1944, par une ordonnance du Comité français de la Libération nationale, signée par Charles de Gaulle.

La deuxième vague[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Deuxième vague féministe.

La deuxième vague du féminisme démarre aux États-Unis au début des années 1960 et s'étend progressivement à d'autres pays du monde. Elle durera jusqu'à la fin des années 1980.

Alors que la première vague se concentrait sur le droit de vote et les questions liées aux obstacles légaux de l'égalité des sexes (droits à la propriété, divorce…), la seconde vague étend le débat à des problèmes plus larges comme la sexualité, la famille, le travail ou les droits liés à la procréation[49]. Elle attire l'attention sur la violence domestique, créée des refuges pour les femmes violées ou battues et exige des adaptations des lois sur le divorce et la garde des enfants.

photographie en noir et blanc de Simone de Beauvoir en gros plan.
Simone De Beauvoir en mars 1967

En France, la seconde vague prend sa source dans la publication en 1949 du livre de Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe, et s'inspire des mouvements féministes anglo-saxon, les Women's Lib. À la fin des années 1960, des groupes féministes se forment sans qu'ils soient unifiés. Le rapprochement se fait à partir de 1970, bien que la date exacte soit sujette à controverse, et des actions sont organisées dès cette année. La première, qui est souvent donnée pour marquer la date de naissance du mouvement a lieu le 26 août 1970 lorsque des femmes tentent de déposer une gerbe sous l'arc de triomphe en hommage à la femme du soldat inconnu. Les militantes ont alors l'impression d'être les laissées pour compte de mai 1968 et veulent transformer la société qui ne semble leur réserver qu'un rôle domestique ou technique. Les combats principaux portent sur la reconnaissance du travail domestique, la libération de la sexualité et le droit à l'avortement libre et gratuit[50]. En 1971, à l'initiative des journalistes Jean Moreau et Nicole Muchnik, Simone de Beauvoir rédige le manifeste des 343. Cette pétition signée par 343 françaises, connues ou inconnues, qui se sont fait avorter, s'exposant à l'époque à des poursuites pénales, paraît dans le Nouvel Observateur du 5 avril et commence par ces mots : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre »[51]. Le droit à l'avortement sera gagné lors de l'adoption de la Loi Veil du 17 janvier 1975 dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse[52]. Précédemment les luttes féministes avaient déjà permis la légalisation du droit à la contraception en 1967 et 1974[53].

photographie en noir et blanc de trois femmes assises regardant une quatrième assise sur le même fauteuil
Betty Friedan, Barbara Ireton et Marguerite Rawalt (1968).

Aux Etats-Unis, Betty Friedan, influencée par Le deuxième sexe, écrit The Feminine Mystique (publié en français sous le titre La Femme mystifiée) en 1963. Elle y critique l'image de la femme véhiculée par les médias et s'érige contre la famille nucléaire comme modèle du bonheur. Elle considère que la limitation des femmes à la sphère privée est un gaspillage de leur potentiel[54]. La même année, John F. Kennedy diffuse le rapport sur l'égalité des sexes de la Commission sur le Statut des Femmes qui révèle les discriminations contre les femmes. Ceci conduit à la constitution de nombreux groupes de femmes tant au niveau local que fédéral. Le mouvement se renforce avec les victoires législatives comme la loi sur l'égalité des salaires de 1964 ou la décision de la Cour suprême des États-Unis qui annule une des dernières lois de Comstock sur l'interdiction de la contraception (Griswold v. Connecticut). En 1966, Betty Friedan est l'une des fondatrices de la National Organization for Women (NOW, ce qui se traduit par « Maintenant »)[55]. Parmi les victoires des mouvements féministes, on compte, entre autres, l'extension de la discrimination positive aux femmes (1967), la désignation de l'illégalité du viol conjugal, la loi sur l'égalité dans l'éducation pour les femmes (Women's Educational Equity Act) en 1972 ou la légalisation du divorce par consentement mutuel. Ils auront surtout permis un changement des mentalités dans la société américaine.

Au Royaume-Uni, en 1970, des féministes armées de farine, boules puantes et pistolet à eau interrompent le concours de Miss Monde qui se tient au Royal Albert Hall à Londres. Leur slogan « We are not beautiful, we are not ugly, we are angry » (« Nous ne sommes pas belles, nous ne sommes pas laides, nous sommes en colère »)[56]. Dans les années 1970, le militantisme féministe prend des formes très diverses : création de centres pour femmes, campagnes variées, marches contre les limitations de l'IVG, ouverture de refuges pour femmes victimes de violences, etc[56]. Le premier magazine féministe, Spare Rib, est lancé par Marsha Rowe et Rosie Boycott[57]. Les féministes obtiendront la légalisation de la contraception (qui deviendra gratuite en 1974), la loi sur la propriété des femmes mariées (1964), la légalisation de l'avortement sous certaines conditions (1967), la loi sur l'égalité des salaires (1970), la loi sur la discrimination sexuelle (1975) ou la loi sur la violence domestique (1976)[58].

La deuxième vague du féminisme prendra fin aux Etats-Unis au début des années 1980 avec les controverses féministes sur le sexe (Feminist sex war) puis le début de la troisième vague dans les années 1990[59].

Féminisme en crise[modifier | modifier le code]

Le milieu des années 1980 apparaît comme une période de transformation du féminisme. Les luttes des années 1970 ont permis des avancées notables dans le droit des femmes et le féminisme semble s'institutionnaliser alors que les jeunes femmes se désintéressent des mouvements de revendication pour profiter des avancées gagnées par les combats des générations antérieures. Dans le même temps, la société occidentale voit surgir une critique antiféministe mise en lumière par Susan Faludi dans son livre Backlash, la guerre froide contre les femmes. Les femmes après ces années de lutte n'auraient rien gagné ; le féminisme aurait transformé les relations homme-femme pour le malheur des deux sexes et les femmes seraient seules plutôt qu'indépendantes et abandonneraient la maternité pour le travail. Le féminisme, plutôt que le système social dominant, serait responsable des malheurs des femmes[60]. Susan Faludi met en lumière un fascisme où la victime serait la femme. Puisque dans cette nouvelle société où les femmes ont gagné des droits, la place traditionnelle de l'homme n'est plus établie, le discours antiféministe tend à renvoyer les femmes au foyer. Les messages que relaient les arts, comme le cinéma, ou les médias visent à donner une image de la féminité toujours soumise à un modèle qui n'est finalement qu'une variation de l'ancien. La femme doit être séduisante, donc se soumettre aux canons masculins et se réalise enfin lorsqu'elle est mère[61].

La troisième vague[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Troisième vague féministe.
affiche en couleur de propagande américaine datée de 1943. Une femme, en plan rapproché taille, corps de 3/4 et visage de face, relève la manche droite de son chemisier. Le poing est fermé et elle dit We can do it (on peut le faire).
We Can Do It! - Cette affiche de propagande américaine de 1943 est reprise dans les années 1980 pour promouvoir le féminisme.

Pour lutter contre le discours dominant et réaliser l'égalité théorique entre les hommes et les femmes mais aussi pour prendre en compte des éléments qui étaient jusqu'alors absents de la réflexion féministe comme les particularités des femmes qui ne vivent pas dans un monde capitaliste blanc, une nouvelle forme de féminisme va naître souvent appelé troisième vague[60]. L'américaine Rebecca Walker introduit ce terme en 1992 dans un article intitulé Becoming the Third Wave[62]. Cette nouvelle génération de féministes est issue de mouvements de militantes noires, lesbiennes, handicapées... qui s'élèvent, durant les années 1980-1990, contre le caractère blanc et bourgeois de la vague précédente. Elle ne présente pas un front commun mais plutôt un ensemble de mouvements politiques et sociaux. Contrairement à leurs prédécesseurs, les féministes mènent plusieurs combats en même temps ce qui rend difficile leur catégorisation. D'ailleurs cette troisième vague a aussi été nommée post-féminisme, nouveau féminisme, métaféminisme ce qui montre la difficulté à saisir ce mouvement et les formes de lutte qu'il promeut. Ceci apparaît d'autant plus vrai que les termes choisis sont ambigus. Ainsi le néologisme postféminisme a aussi été utilisé pour désigner un autre mouvement, dans la lignée du postmodernisme ou bien une critique de la deuxième vague semblable à celle mise en lumière par Susan Faludi[63]. De plus, si cette troisième vague s'est inscrite aisément dans le paysage social américain, il n'en est pas de même dans l'espace francophone. En effet, en France, seules les deux premières vagues sont dans un premier temps reconnues, les mouvements récents étant plutôt vus comme une évolution du mouvement précédent[64].

Beaucoup de militantes de la génération X (née entre 1960 et 1981) ont été élevées par les féministes de la seconde vague pour être performantes, responsables et indépendantes. En réaction à l'image de la femme passive, virginale et faible, la troisième vague met en avant une femme assurée, puissante et sexuellement libérée[65]. L'essor de la troisième vague serait né de cette opposition entre les générations. Les auteures américaines surtout mettent en avant ce conflit générationnel pour expliquer la naissance d'une troisième vague qui abandonnerait les combats de groupe au profit d'un combat individuel revendiquant l'unicité de chaque femme plutôt qu'un idéal féminin. Cette façon d'aborder les problématiques des féministes les plus jeunes n'est pas acceptée par la recherche francophone qui voit plutôt une troisième vague dans la continuité de la deuxième mais avec une réflexion critique sur l'idéologie proposée alors[66].

photographie couleur de plusieurs femmes manifestant. Une au centre porte la pancarte : Still not asking for it
SlutWalk. New York. Octobre 2011.

Les féministes de cette troisième vague choisissent de se battre contre le sexisme et la violence subie par les femmes avec ironie, humour et en détournant les symboles même du sexisme. Les Monologues du vagin, pièce de théâtre d'Eve Ensler ou les affiches humoristiques des Guerrilla Girls en sont de parfaites illustrations.

Les combats principaux de la troisième vague concernent :

  • la violence subie par les femmes avec, par exemple, la création d'associations comme V-Day dont l'objectif est la lutte contre le viol, l'inceste, les mutilations génitales féminines et le trafic d'esclaves sexuelles[67] ou les Slutwalk (Marche des salopes), une série de manifestations qui a démarré au Canada avant de s'étendre au monde occidental et qui s'élève contre l'excuse d'un viol en référence à la tenue vestimentaire d'une femme[68] ;
  • la liberté des droits reproductifs et notamment l'accès à la contraception et à l'avortement : « L'objectif du féminisme n'est pas de contrôler la fertilité des femmes, mais de lui laisser la possibilité d'être libre de contrôler la sienne » (J Baumgartner et A. Richards. Manifesta : Young Women, Feminism, and the Future);
  • la place des femmes dans le monde du travail puisqu'elles sont tenues loin des centres de pouvoir (le plafond de verre est toujours présent), qu'elles subissent une sous-enchère salariale et qu'elles sont plus fortement touchées par la pauvreté[60]. De plus elles subissent le harcèlement sexuel et une mise en cause de leur désir de maternité.

Ainsi, les thèmes de réflexion des féministes de la troisième vague ne sont pas différents de ceux de la deuxième et l'opposition entre ces deux moments de la lutte pour les droits des femmes tient plutôt à deux autres éléments. Tout d'abord les combats sont souvent reliés à d'autres comme l'écologie politique ou l'altermondialisme. De plus les conditions individuelles sont mises en avant plutôt que l'appartenance à un groupe femme monolithique[69]. Le but poursuivi par les personnes se reconnaissant dans cette troisième vague est d'affirmer que « les femmes peuvent et devraient être totalement des êtres humains, et non pas être évaluées au regard de la domination masculine »[70].

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Dans la préface de l'ouvrage de Florence Montreynaud : Le XXe siècle siècle des femmes, Élisabeth Badinter écrit :

« En cette fin du XXe siècle, il reste aux femmes deux tâches à mener de front : achever le processus égalitaire dans leur vie familiale et professionnelle, mais aussi tendre la main aux hommes pour les aider à accéder au nouveau monde. S'il en est ainsi, on peut prendre le pari que le XXIe siècle ne sera plus l'époque privilégiée d'un sexe ou de l'autre, mais le moment enfin arrivé de l'humanité réconciliée. »

Au début du XXIe siècle, l'égalité dont parlait Élisabeth Badinter n'est pas encore réalisée. Une nouvelle vague féministe voit le jour et de nouveaux groupes militants apparaissent comme La Barbe, Ni putes ni soumises en France, Femen en Urkraine, Uk Feminista au Royaume-Uni ou Women on Waves aux Pays-Bas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « history of feminism » (voir la liste des auteurs).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denisa-Adriana Oprea, « Du féminisme (de la troisième vague) et du postmoderne », Recherches féministes, vol. 21, no 2,‎ , p. 7-8 (lire en ligne)
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