Histoire du féminisme

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Égalité des sexes


L'histoire du féminisme est l'histoire des mouvements féministes et des penseures féministes. Dépendant de la période, des cultures ou du pays, les féministes, à travers le monde, ont eu des causes et des buts différents. La plupart des historiennes du féminisme, en occident, considèrent que tous les mouvements et tous les travaux accomplis pour obtenir des droits pour les femmes doivent être considérés comme des mouvements féministes, même si les personnes qui agirent ne se revendiquent pas féministes. D'autres historiennes pensent que le terme ne doit s'appliquer qu'au mouvement féministe moderne et à ses continuateurs. Ces historiens parlent de proto-feministes pour qualifier les mouvements pré-modernes.

L'histoire des mouvements féministes occidentaux modernes est divisée en trois vagues. Chacune d'entre elles met l'accent sur l'un des aspects des problèmes du féminisme. La première vague se réfère au XIXe siècle et au début du XXe siècle où les principales revendications se rapportent au vote, aux conditions de travail et aux droits à l'éducation pour les femmes et les filles. La deuxième vague (1960-1980) dénonce l'inégalité des lois, mais aussi les inégalités culturelles et le rôle de la femme dans la société. La troisième vague (fin des années 1980-début des années 2000) est perçue comme à la fois continuation de la seconde vague et réponse à l'échec de celle-ci.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

Alexandre Dumas (fils)

Le terme « féminisme » a longtemps été attribué à tort à Charles Fourier. Il pourrait être emprunté à Alexandre Dumas fils, qui écrivait en 1872 dans L'homme-femme : « Les féministes, passez-moi ce néologisme, disent : Tout le mal vient de ce qu'on ne veut pas reconnaître que la femme est l'égale de l'homme, qu'il faut lui donner la même éducation et les mêmes droits qu'à l'homme » ; mais il ne prend son sens actuel qu’à la fin du XIXe siècle.

Proto-féminisme[modifier | modifier le code]

Les penseures et les activistes qui ont discuté ou ont fait avancer la cause des femmes, avant l’existence des mouvements féministes, sont parfois appelés proto-féministes. Par ailleurs des spécialistes critiquent l'usage de ce terme. Certains pensent qu'il minimise l'importance des premières contributions, quand d'autres pensent que le féminisme n'a pas une histoire linéaire comme le laissent entendre les termes proto-féministe et post-féministe.

L'écrivaine Christine de Pisan (1364 - 1430), auteure de la Cité des Dames (1404-1405) et de l'Epistre au Dieu d'amours (1399), est citée par Simone de Beauvoir comme la première femme à écrire sur la relation entre les sexes et à dénoncer la misogynie. Plus tard, des écrivains du XVIe siècle, comme Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim et Modesta di Pozzo di Forzi, et des écrivains du XVIIe siècle, comme Hannah Woolley en Angleterre, Juan Inés de la Cruz au Mexique, Marie Le Jars de Gournay, Anne Bradstreet et François Poullain de La Barre, sont considérés comme des proto-féministes.

Le XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

L'une des écrivaines féministes les plus importantes, au XVIIe siècle, était Margaret Cavendish.

Le XVIIIe siècle, le siècle des Lumières[modifier | modifier le code]

Le siècle des Lumières était caractérisé par une pensée intellectuelle séculière et un florilège d'écrits philosophiques. La majorité des philosophes de cette époque défendaient les droits des femmes. Parmi ces philosophes, on peut citer Jeremy Bentham (1781), le marquis de Condorcet (1790) et, peut être le plus important des écrivains "féministes" du XVIIIe siècle, Mary Wollstonecraft (1792).

Jeremy Bentham[modifier | modifier le code]

Le philosophe utilitariste anglais Jeremy Bentham disait que le placement de la femme dans une infériorité légale précipita son choix pour une carrière de réformiste, alors qu'il n'avait que onze ans. Bentham plaida pour une complète égalité entre hommes et femmes comprenant le droit de vote et celui de participer au gouvernement.

Dans Une Introduction aux principes de morale et de législation (1789), Bentham condamne fermement la pratique commune dans plusieurs pays de déni des droits des femmes à cause d'une supposée infériorité d'esprit. Bentham donne plusieurs exemples de femmes qui eurent du succès dans leur gestion des affaires.

Le marquis de Condorcet[modifier | modifier le code]

Le marquis de Condorcet était un mathématicien, un politicien libéral, un leader de la révolution française, un républicain et un voltairien anticléricale. Il est aussi un zélé défenseur des droits de l'homme, comprenant l'égalité des femmes avec les hommes et l'abolition de l'esclavage dès les années 1780. Il milita pour le vote des femmes dans le nouveau gouvernement, écrit un article dans le Journal de la Société de 1789 et publie De l'Admission des Femmes au Droit de Cité en 1790.

Mary Wollstonecraft et la Défense des droits de la femme[modifier | modifier le code]

Portrait de Mary Wollstonecraft à la Tate Gallery

Mary Wollstonecraft est peut être la féministe la plus citée dans l'histoire du féminisme. Elle est souvent considérée comme la première philosophe féministe. Défense des droits de la femme (1792) est l'un des premiers écrits que l'on peut qualifier de féministe sans aucune ambiguïté, bien que la métaphore de la femme comparée à la noblesse qu'elle utilise dans celui-ci (la femme dorlotée, fragile et exposée au danger par sa paresse intellectuelle et morale) peut sembler dépassée comme argument féministe. Wollstonecraft identifie l'éducation et la formation de la femme comme étant des attentes bornées basées sur une image qu'a l'homme d'elle et qu'il lui dicte. Malgré ses apparentes contradictions révélatrices des problèmes auxquels il est difficile de donner une réponse satisfaisante, ce livre est devenu la pierre angulaire de la pensée féministe.

Wollstonecraft pense que les deux sexes contribuent à l'inégalité. Elle donne à la femme un pouvoir considérable sur l'homme, mais trouve que l'éducation est nécessaire pour les deux parties pour assurer le changement des attitudes dans la société. Son héritage reste dans la continuité du besoin pour les femme d'exposer et de narrer leurs histoires. Ses propres réalisations et sa détermination contrastent avec son humble origine et son éducation incomplète. Wollstonecraft essuie les railleries de Samuel Johnson qui la traite, elle et son genre, d'amazones de la plume. Étant donné sa relation avec Hester Thrale, il apparait que le problème de Johnson n'est pas avec la femme intelligente et bien éduquée, mais plutôt l'envahissement de la femme d'un territoire de l'écriture supposé destiné à l'homme.

Autres écrivains[modifier | modifier le code]

Parmi les autres écrivains importants du XVIIIe siècle, on peut citer Catharine Macaulay qui avance que l'apparente faiblesse des femmes est causée par leur mauvaise éducation. Dans d'autres parties de l'Europe, Hedvig Charlotta Nordenflycht, écrivain suédoise, fonda la première société scientifique pour la femme à Middelbourg dans le sud des Pays-Bas en 1785. C'est la Natuurkundig Genootschap der Dames (La Sotiété des Femmes pour les Connaissances Naturelles) qui se tient régulièrement de 1881 à 1887, année de sa dissolution. Les journaux pour femme qui sont centrés sur la science deviennent populaires durant cette période.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'idéal féminin[modifier | modifier le code]

Les féministes du XIXe siècle réagissent non seulement aux injustices dont elles témoignent mais aussi contre l'image victorienne, de plus en plus suffocante, de la femme "correcte" qui se borne à sa propre "sphère" que lui dessine la société. C'est l'idéal féminin qui caractérise les conduct books (livres de conduite) de Sarah Stickney Ellis (1799-1872) ou Mrs Beeton (1836-1865). L'Ange de la Maison (The Angel in the House) et El ångel del hogar de Coventry Patmore et Maria del Pilar Sinués de Marco sont des symboles de l'idéal féminin victorien.

Le féminisme dans la fiction[modifier | modifier le code]

Jane Austen par Cassandra Austen

De même que Jane Austen s'était penchée sur la condition restreinte de la femme dans le début du siècle, Charlotte Brontë, Anne Brontë, Elizabeth Gaskell et George Eliot décrirent les misères et les frustrations de la femme. Dans son roman autobiographique Ruth Hall (1854), la journaliste américaine Fanny Fern décrit son propre combat pour éduquer ses enfants et exercer son métier de journaliste après le décès prématuré de son époux. Louisa May Alcott publia un poignant roman féministe, A Long Fatal Love Chase (1866), qui narre les tentatives d'une jeune femme pour échapper à son mari polygame et devenir indépendante.

Certains hommes de lettres, par ailleurs, reconnaissent l'injustice à laquelle font face les femmes. Les romans de George Meredith, George Gissing et Thomas Hardy, et les pièces d'Henrik Ibsen décrivent la situation de la femme à cette époque. La Diana of the Crossways (1885) de Meredith est un compte rendu de la vie de Caroline Norton.

Marion Reid et Caroline Norton[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, certaines femmes et des hommes prennent la parole en public, mais il est difficile de savoir quelle influence ils eurent sur les consciences. Les signes de changement politique et social sont difficilement perceptibles et, encore moins, l'évidence d'une reconnaissance d'un mouvement féminin bien réel. À la fin du XIXe siècle, les voix contestataires commencent à s'unir en quelque chose de plus cohérent, en parallèle avec l'émergence de modèles sociaux plus rigides et de codes de conduites auxquels Marion Reid et, plus tard, John Stuart Mill, référent ce qu'ils appelleront la féminité qui est vouée à l'auto-disparition.

En Écosse, Reid publie son influent A plea for women (Un appel pour les femmes) en 1843 qui met en place un agenda des deux côtés de l'Atlantique, comprenant les droits de vote pour les femmes.

Caroline Norton devient très active dans un plaidoyer pour le changement de la loi britannique. Lors de la conclusion d'un mariage injuste, elle avait pris douloureusement conscience de la réalité des femmes devant la loi : elles étaient juridiquement « inexistantes ». La campagne qu'elle génère, comprenant un appel à la reine Victoria, l'aida à changer la situation des femmes mariées et la législation concernant la garde des enfants en Angleterre.

Florence Nightingale et Frances Power Cobbe[modifier | modifier le code]

Les dames de Langham Place[modifier | modifier le code]

Réforme de l'éducation[modifier | modifier le code]

Les campagnes des femmes[modifier | modifier le code]

Les vagues du féminisme[modifier | modifier le code]

La première vague[modifier | modifier le code]

Le suffrage[modifier | modifier le code]

Le suffrage universel[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

début du XXe siècle, la période edwardienne[modifier | modifier le code]
Les suffragistes et le prélude de la guerre[modifier | modifier le code]
La science-fiction féministe[modifier | modifier le code]
l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]
La réforme électorale[modifier | modifier le code]
Autres juridictions[modifier | modifier le code]
Le mouvement féminin et la réforme sociale[modifier | modifier le code]
Les droits reproductifs[modifier | modifier le code]

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Dans la préface de l'ouvrage de Florence Montreynaud : Le XXe siècle des femmes, Élisabeth Badinter disait :

« En cette fin du XXe siècle, il reste aux femmes deux tâches à mener de front : achever le processus égalitaire dans leur vie familiale et professionnelle, mais aussi tendre la main aux hommes pour les aider à accéder au nouveau monde. S'il en est ainsi, on peut prendre le pari que le XXIe siècle ne sera plus l'époque privilégiée d'un sexe ou de l'autre, mais le moment enfin arrivé de l'humanité réconciliée. »

Nous sommes aujourd'hui arrivés au XXIe siècle et l'égalité dont parlait Élisabeth Badinter est toujours au stade de l'utopie. Seulement, une nouvelle vague féministe voit le jour et de nouveaux groupes militants apparaissent.

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