Aladin ou la Lampe merveilleuse
Aladin ou la Lampe merveilleuse[1] (titre complet : Histoire d’Aladdin, ou la Lampe merveilleuse) est un conte traditionnel arabo-perse.
Souvent associé au recueil des Mille et Une Nuits, Aladin et la Lampe merveilleuse ne fait pas partie des manuscrits originaux, contrairement à une idée largement répandue[2], mais a été ajouté de façon tardive à l'ouvrage tout comme Sinbad le marin et Ali Baba et les Quarante voleurs. Cette nouvelle mouture élargie des Mille et Une Nuits sera largement diffusée au XVIIIe siècle notamment avec la version d'Antoine Galland. Celui-ci s'était fait rapporter en 1701 du Liban un recueil de contes, pour la plupart d’origine persane et traduits en arabe à la fin du VIIe siècle. Il en réalise la première traduction française à laquelle il adjoindra d’autres récits comme ceux de Sinbad et d’Ali Baba.
Le nom d'Aladin - orthographié à l'origine Aladdin, comme c'est encore le cas dans les pays anglo-saxons - signifie littéralement « élévation de la religion » de l’arabe : علاء الدين, ʻAlāʼ ad-Dīn /ʕalaːʔ adˈdiːn/: de علاء /ʕalaːʔ/ (« élevé », « sublime ») et de الدين /adˈdiːn/ (« religion », « croyance »)[3]. En persan, il se prononce encore aujourd'hui Ala e din.
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Résumé [modifier]
Un jeune homme, pauvre et sans ressources, Aladin (ou Zakaria), est pris comme disciple par un maître qui dispose de pouvoirs magiques. Au terme d'un long voyage, ce maître Enchanteur se faisant passer pour le frère de son père Qasim décédé lui demande d'aller chercher une lampe, en lui confiant pour cela un objet magique mineur (un anneau renfermant un génie). Mais Aladin préfère conserver la lampe pour lui-même : le maître l'abandonne alors dans les ténèbres de la grotte où gisait la lampe, et part. Mais la lampe est hantée par un plus grand génie...
Dans sa variante populaire, Aladin parvient à maîtriser les pouvoirs de la lampe et devient ainsi riche et puissant ainsi que d'obtenir la main de la fille du roi, Badroulboudour. Mais son méchant maître tente alors de récupérer la lampe, notamment en exploitant l'ignorance de la femme d'Aladin, qui cède la lampe pour des babioles, ou, plus tard, en poussant Aladin par son intermédiaire à profaner un œuf de Rokh, provoquant la fureur de ce colossal oiseau mythique, qui s'avère être le maître véritable de la lampe. Aladin doit alors de nouveau faire preuve de ses capacités à récupérer ou conserver la lampe, et finalement triompher.
Il existe néanmoins une variante, comme Le Chandelier aux sept derviches, où Aladin ne parvient pas à maîtriser la lampe. Après une nouvelle tentative pour tromper encore son maître, pourtant bon, il est puni de sa bêtise et de son ingratitude en perdant tout.
Interprétations [modifier]
Le conte est parsemé d'allégories : la lampe et les pouvoirs magiques du maître pourraient symboliser la connaissance, le voyage, les longues études, et la grotte ténébreuse, l'ignorance. Les deux variantes apparaissent alors comme deux issues possibles de l'apprentissage : selon qu'Aladin maîtrise ou non les connaissances qu'il a eu l'occasion d'apprendre, il pourra se jouer de son maître ou au contraire tout perdre. Le tapis volant serait le jardin sacré parcourant l'espace (voir Michel Foucault).
Adaptations [modifier]
Ce conte - dans sa variante la plus gratifiante pour Aladin - a été adapté au cinéma, au théâtre, en vidéo, etc. à plusieurs reprises. Le conte d'Hans Christian Andersen Le Briquet est une adaptation de cette histoire.
- 1805 : Aladdin, pièce de théâtre d'Adam Gottlob Oehlenschläger ;
- 1934 : Aladdin and The Wonderful Lamp, film d'animation d'Ub Iwerks ;
- 1945 : Aladin et la Lampe merveilleuse (A Thousand and One Nights), film américain de Alfred E. Green
- 1959 : Les Aventures d'Aladin, long métrage d'animation américain de Jack Kinney ;
- 1969 : Aladdin et la Lampe merveilleuse, film d'animation français de Jean Image ;
- 1982 : Aladin et la Lampe Merveilleuse (Aladdin to Mahō no Lanpu), film d'animation de Tōei animation ;
- 1986 : Aladin, film italien de Bruno Corbucci ;
- 1989 : Aladdin's Magic Lamp, jeu vidéo du type shoot them up de New-Line ;
- 1990 : La Bande à Picsou, le film : Le Trésor de la lampe perdue, film d'animation des studios Disney ;
- 1992 : Aladdin, film d'animation des studios Disney ;
- 1993 : Aladdin, jeu vidéo de plate-forme sur Super Nintendo, tiré du film ;
- 1994 : Le Retour de Jafar, suite d'Aladdin des studios Disney et pilote de la série qui suit ;
- 1994 : Aladdin, série animée tirée du film de Disney ;
- 1996 : Aladdin et le Roi des voleurs des studios Disney, suite du Retour de Jafar
Notes et références [modifier]
- Devenu avec le temps Aladin et la Lampe merveilleuse, suite à une traduction erronée.
- Les Mille et Une Nuits, traduction et préfaces de René R. Khawam, Phébus, Collection libretto (4 vol.), 2001. Cette traduction propose une reconstruction de l'œuvre originale en se basant sur l'édition de Boulaq.
- Adolphe de Coston, Origine, étymologie & signification des noms propres et des armoiries, Auguste Aubry, 1867, 468 p. [lire en ligne], p. 170