Louis Billot

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Louis Billot
Image illustrative de l'article Louis Billot
Biographie
Naissance 12 janvier 1846
Sierck-les-Bains (France)
Ordination sacerdotale 22 mai 1869
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
27 novembre 1911 par le
pape Pie X
Titre cardinalice Cardinal-diacre
de S. Maria in Via Lata
Autres fonctions
Fonction religieuse

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Louis Billot, né le 12 janvier 1846 à Sierck-les-Bains et mort le 18 décembre 1931 à Galloro, près de Rome, est un théologien et prêtre jésuite français. Créé cardinal par le pape Pie X en 1911, il démissionne en 1927 en raison de son désaccord avec la condamnation de l'Action française prononcée par Pie XI.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a suivi ses études secondaires dans les collèges jésuites de Metz et de Bordeaux. Il entre au Grand séminaire de Blois et est ordonné prêtre le 22 mai 1869. Quelques mois plus tard il est admis au noviciat de la Compagnie de Jésus à Angers. Dans les années 1870 il est professeur d’Écriture sainte à Laval. Après 1879 son enseignement est entièrement tourné vers la théologie dogmatique à la faculté de théologie d'Angers d'abord, puis au scolasticat de Jersey. En 1885, le pape Léon XIII l'appelle à Rome pour enseigner à l'Université grégorienne : il vient de publier l'encyclique Aeterni Patris (1879) qui prône le retour à l'étude de l'œuvre de saint Thomas d'Aquin dans les séminaires.

Après avoir participé à l'instruction du procès d'Alfred Loisy en tant qu'expert auprès de l'index[1] (1897-1903), il est nommé par Pie X consulteur au Saint-Office et on lui attribue une grande partie de la rédaction de l'encyclique Pascendi qui condamne le modernisme. Ce pape, en dérogation à la pratique de la Compagnie de Jésus, dont la règle était de fuir les charges institutionnelles dans l'Église (avec très peu d'exceptions dont, parmi les plus récentes, le cardinal Carlo Maria Martini, le cardinal Henri de Lubac et le Pape François), l'éleva au rang de cardinal lors du consistoire du 27 novembre 1911[2]. Électeur aux conclaves de 1914 et 1922, il est aussi président de l'Académie pontificale Saint-Thomas-d'Aquin et membre de la Commission biblique pontificale[3].

Ses œuvres publiées entre 1892 et 1912 sont des traités de théologie écrits en latin : ils sont fondés sur des commentaires de la Somme Théologique. La vigueur de l'argumentation, la profondeur de la pensée « de même que [son] art de la synthèse [qui] est capable de ramener tout un ensemble à quelques principes métaphysiques[4] » en font un des plus éminents théologiens de son temps. En dépit de leurs divergences, le P. Marie-Dominique Chenu o. p. qui suit avec passion ses cours à la Grégorienne dans les années 1910 saluera en lui « un théologien de grande classe[5] ». À la suite d'une série d'articles publiés dans la revue Études, il publie un livre sur La Parousie (1920) où il démontre, face aux modernistes, que les premiers chrétiens croyaient au retour du Christ à la fin des temps. Modeste autant qu'affable il est aussi un redoutable polémiste qui combat contre le libéralisme, le modernisme, le Sillon et se montre réservé vis-à-vis de l'Action catholique[6].

Le cardinal Billot critiqua sévèrement la conduite du pape Pie XI vis-à-vis de l'Action française, condamnée par Rome en 1926 (condamnation levée par Pie XII en 1939), si bien que le pape le convoqua au Vatican pour des explications. C'est le 13 septembre 1927 que Pie XI le reçut en audience. Les collaborateurs de la Curie s'attendaient à entendre des cris et des paroles enflammées à travers la porte du bureau du pape, mais l'audience du cardinal Louis Billot fut étrangement brève et silencieuse. Quand Billot sortit de chez le pape, il n'était plus cardinal : il s'était sans cérémonie dépouillé de ses insignes et de son titre cardinalice, indigné de la prise de position du souverain pontife et du Secrétariat d'État contre le mouvement fondé par Charles Maurras. Tous les insignes de l'ex-cardinal Louis Billot restèrent dans le bureau du pape, qui accepta officiellement sa démission le 21 octobre. Son geste sera expliqué publiquement, mais après sa mort, par la publication d'une de ses lettres datée du 2 mars 1928 à Études :

« (…) J'ai toujours répondu, soit de vive voix, soit par écrit, à tous ceux qui me consultaient sur la ligne de conduite à tenir, qu'il leur fallait non seulement éviter avec soin tout ce qui aurait un semblant d'insoumission ou de révolte mais encore faire le sacrifice de leurs idées particulières pour se conformer aux ordres du Souverain Pontife. Pour ma part personnelle, je me suis, tout le premier, tenu à cette règle[7]… »

C'est comme simple prêtre jésuite qu'il mourut près de Rome le 18 décembre 1931, à l'âge de 85 ans. Il est enterré au cimetière du Campo Verano à Rome.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claus Arnold, Die Römische Indexkongregation und Alfred Loisy am Anfang der Modernismuskrise (1893-1903): Mit besonderer Berücksichtigung von P. Thomas Esser O.P. und einem Gutachten von P. Louis Billot S.J., In Römische Quartalschrift für christliche Altertumskunde und Kirchengeschichte, 2001, vol. 96, no3-4, p. 290-332. Résumé : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=14592509
  2. J. Lebreton, "Son excellence le cardinal Billot", in Études, oct. déc. 1911, p. 514-525. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k113701s/f515.image.r=%C3%A9tudes.langFR
  3. Cf. http://www.findagrave.com/cgi-bin/fg.cgi?page=gr&GRid=27450281
  4. Art Billot par Bernard Sesboué, in : Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine.9. Les sciences", p. 62-63
  5. M-D Chenu, Un théologien en liberté, 1975, p. 30. Cité par Emmanuel Vangu Vangu, Jean-Pierre Delville La théologie de Marie-Dominique Chenu: réflexion sur une méthodologie théologique de l'intégration communautaire, p. 25.
  6. B. Sesboué, art. cit.
  7. H. du Passage, « Réponse à une calomnie », in Etvdes, 1932, p.491-492. article en ligne sur Gallica

Liens externes[modifier | modifier le code]