Maude Petre

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Maude Dominica Mary Petre, née le 4 août 1863 à Margaretting dans le district de Chelmsford et morte le 16 décembre 1942 à Londres, était une religieuse catholique britannique, écrivain et critique, qui a été impliquée dans la controverse moderniste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle naquit à Margaretting, dans l'Essex, en Angleterre ; du côté de son père elle appartenait à une vieille famille de récusants; sa mère était une convertie. Elle était une petite-fille du treizième Baron Petre, quatrième Comte de Wicklow. Elle reçut une éducation privée, comprenant une année passée à Rome pour étudier la scolastique. En 1890 elle rejoignit les Filles du Cœur de Marie, un institut religieux qui permettait à ses membres de vivre chez elles et de porter des vêtements laïcs au lieu des tenues habituelles des religieuses. En 1896, elle fut nommée supérieure locale, et provinciale en 1900.

En 1900 commença son amitié avec le prêtre jésuite George Tyrrell, qui la présenta à un cercle fréquenté par des intellectuels catholiques qui s'interrogeaient, comme Alfred Loisy, Henri Brémond et Friedrich von Hügel. Quand Tyrrell fut chassé de chez les jésuites en 1906, elle lui ouvrit sa maison et lui donna une petite pension.

En 1907, après la publication de son livre Catholicism and Independence: Being Studies in Spiritual Liberty, on lui refusa l'autorisation de renouveler ses vœux chez les Filles du Cœur de Marie. Peter Amigo, alors évêque de Southwark, lui refusa les sacrements dans son diocèse peu de temps après. Elle s'en accommoda en pratiquant régulièrement dans un autre diocèse.

Elle passa le reste de sa vie à écrire des livres et des essais sur divers sujets, comme une biographie de son ancêtre, le neuvième Baron Petre ; une étude sur le Modernisme ; des considérations sur l'amitié de Tyrrell et de von Hügel, aussi bien qu'une étude sur Loisy qui ne fut publiée qu'après la mort de l'auteur. Son autobiographie My Way of Faith fut publiée en 1937. Elle mourut à Londres à l'âge de 79 ans.

Travaux et écrits[modifier | modifier le code]

Après la mort de son grand ami le prêtre catholique George Tyrrell en 1909, Maude Petre se préoccupa d'établir sa biographie. En 1912 elle la publia en deux volumes, bien que le premier fût en fait la propre autobiographie de Tyrrell racontant ses années de jeunesse. La sympathie évidente qu'elle montrait pour lui dans sa querelle avec les autorités de l'Église catholique fut la cause que son ouvrage fut mis à l'Index par le Vatican en 1913.

Ses propres difficultés avec la hiérarchie catholique s'en trouvèrent accrues mais sa loyauté à la mémoire de Tyrrell se poursuivit par la publication en 1914 des Essays on Faith and Immortality qu'il avait écrits, ainsi que d'un recueil de ses lettres en 1920. Son livre sur le mouvement moderniste Modernism:its Failure and its Fruits (publié en 1918 mais déjà prêt en 1914) était une des premières analyses du mouvement moderniste. Il ne s'agit pas d'une étude objective, mais elle montre énormément de sympathie pour les catholiques modernistes, dont elle connaissait beaucoup personnellement, tandis qu'elle se montre très critique envers le mouvement anti-moderniste qui dominait alors dans l'Église catholique. Pendant la Première Guerre mondiale, elle travailla comme infirmière en France, ce qui explique son intérêt croissant pour les thèmes sociaux et politiques comme on le voit dans ses écrits. Dans son livre Reflections of a Non-Combatant paru en 1915, elle critiqua l'euphorie patriotique irréfléchie des premiers moments de la guerre et montra une certaine sympathie pour les idéaux du pacifisme. Au cours de la guerre elle écrivit plusieurs articles sur des thèmes semblables. En 1918, elle publia Democracy at the Cross-Roads, où elle soulignait les limites de la démocratie à un moment où le droit de vote était en train de s'étendre considérablement.

En 1919, elle publia, avec J. Walker, un travail sur la Société des Nations en train de naître, State Morality and a League of Nations ; elle y analysait les difficultés pratique que rencontreraient les idéaux de la Ligue. Mais son livre de 1925 The Two Cities or Statecraft and Idealism manifestait son engagement en faveur de l'internationalisme et montrait qu'une véritable réconciliation des peuples était nécessaire dans cette période d'après-guerre au-delà des simples ordres du jour politiques. Ce qui marque l'importance de Maude Petre, c'est qu'elle est la seule moderniste anglaise à écrire sur les questions sociales et politiques. La période de l'après-guerre raviva son intérêt pour les questions théologiques et religieuses dans la ligne de son engagement pour les idéaux du modernisme catholique. Cela signifie qu'elle était quelqu'un d'isolé dans l'Église catholique à cette période où le modernisme n'était plus au goût du jour. Malgré tout elle ne quitta jamais l'Église et même dans son livre semi-autobiographique My Way of Faith (1937), elle a parlé de sa fidélité personnelle envers elle et du besoin qu'elle avait de ses conseils spirituels dans sa vie.

En 1928, elle publia une étude sur son ancêtre The Ninth Lord Petre qui montrait que, dans sa génération, il avait été aussi critique envers l'Église catholique qu'elle devait l'être dans la sienne. Par la suite, elle publia d'importantes études sur des grandes figures du modernisme, en particulier Von Hugel et Tyrrell, dans Von Hugel and Tyrrell : the Story of a Friendship (1937) et du moderniste français Alfred Loisy, dont elle était une amie proche, dans Alfred Loisy ; His Religious Significance (publié à titre posthume en 1944). Elle publia également de nombreux articles sur le modernisme et les sujets qui s'y rattachaient, et d'ailleurs elle continua à écrire, pratiquement jusqu'à sa mort soudaine en décembre 1942. À cette occasion on lui accorda une messe de Requiem à Londres et elle fut enterrée auprès de George Tyrrell à Storrington dans le Sussex où elle avait vécu pendant de nombreuses années. L'évêque de son diocèse, Amigo, ne permit pas qu'un prêtre catholique officiât à son enterrement du fait qu'elle ne s'était pas repentie de ses conceptions modernistes. Ainsi, ses difficultés avec la hiérarchie catholique avaient persisté jusqu'à la fin.

Références biographiques[modifier | modifier le code]

  • Crews, Clyde F., English Catholic Modernism: Maude Petre's Way of Faith, University of Notre Dame Press, 1984. (ISBN 0-268-00912-0)
  • Leonard, Ellen. Unresting Transformation: The Theology and Spirituality of Maude Petre, Lanham, Maryland:University Press of America, 1991. (ISBN 0-8191-8220-6)

Référence de traduction[modifier | modifier le code]