Hans Küng

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Hans Küng (2009)
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Hans Küng est un théologien suisse, né le 19 mars 1928 à Sursee dans le canton de Lucerne (Suisse).

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir fait des études en théologie à Rome à l'Université grégorienne, il est ordonné prêtre en 1954. Il continue ses études dans diverses universités européennes, dont la Sorbonne à Paris où il soutient une thèse de doctorat intitulée La justification. La doctrine de Karl Barth est une réflexion catholique. En 1960, Hans Küng est nommé professeur de théologie à l'université Eberhard Karl de Tübingen, en République fédérale d'Allemagne. Il y a pour collègue Josef Ratzinger (futur pape Benoît XVI), avec qui il participe au concile Vatican II comme théologien expert (peritus). Cette expérience le marquera profondément.

Au cours des années 1970, Hans Küng publie de nombreux ouvrages tout en poursuivant son enseignement. Il se fait remarquer dès le début de la décennie en publiant en 1971 Infaillible ? Une interpellation dans laquelle il remet en cause un certain nombre d'affirmations de la doctrine catholique consacrées par le concile Vatican I (1870), durant lequel avait notamment été proclamé le dogme de l'infaillibilité pontificale. Il réagit aussi, par ce livre, à l'encyclique Humanae Vitae du pape Paul VI (1968), qui condamnait toute forme de contraception[1]. C'est également à cette époque qu'il publie son monumental Être chrétien, qui est en quelque sorte un exposé raisonné de son système théologique. À la publication de cet ouvrage, la Conférence épiscopale allemande en critique vivement « la méthode de travail théologique, négligeant la tradition de foi de l'Église, et l'utilisation de passages des Saintes Écritures choisis de façon très arbitraire, ce qui conduit à un appauvrissement du contenu de la foi. ». Les évêques allemands reprochent notamment à Küng de réduire le Christ à un simple représentant de Dieu et de minimiser l'action de ce dernier[2].

En décembre 1979, à la suite d'une longue controverse avec Rome et spécialement la Congrégation pour la doctrine de la foi, il se voit retirer sa missio canonica (reconnaissance officielle de l'Église catholique romaine qu'un professeur est habilité à enseigner la théologie et à participer à la collation des grades universitaires catholiques). Il est maintenu à l'université Eberhard Karl de Tübingen comme professeur et directeur de l'institut des recherches œcuméniques.

Il cesse officiellement son enseignement en 1996.

Le Weltethos[modifier | modifier le code]

Il se dévoue depuis 1993 à la fondation « Pour une éthique planétaire » (Weltethos) qui cherche à développer et renforcer la coopération entre les religions au-delà d'une vague reconnaissance des valeurs communes. Il cherche particulièrement à initier de véritables initiatives pratiques en vue de la paix et du développement. On peut consulter son site qui inclut la déclaration pour une éthique planétaire[3]. Cet engagement lui a valu de recevoir le Prix Niwano de la paix en 2005.

Pour lui, les différentes religions sont ou devraient être au service de l'homme et ne devraient être que des aspects secondaires d'une éthique humaine, et donc mondiale (la « Weltethik »), plus fondamentale, où — finalement — Dieu est au service de l'homme.

Une position critique envers la hiérarchie catholique[modifier | modifier le code]

En 1995, lors de la publication de l'encyclique Evangelium Vitæ (sur la valeur et l'inviolabilité de la vie humaine) du pape Jean-Paul II, Hans Küng accuse ce pape d'être « un dictateur spirituel voulant détruire la liberté de conscience », de vouloir faire taire les dissidents dans son Église et d'imposer sa morale au reste du monde[4].

Hans Küng a déclaré en 2003 chercher une « réconciliation pragmatique » avec Rome. Le cardinal Karl Lehmann, de Mayence, a déclaré alors à la presse que son attitude était une « remarquable expression de bonne volonté » et annoncé son intention d'intervenir à ce sujet auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi[5].

En septembre 2003, il publie un article dans le Monde des Religions, pour affirmer que la repentance de l'an 2000 est un geste médiatique qui n'a pas été suivi d'actes majeurs tendant à la concrétiser.

En 2005, alors que le pape Jean-Paul II agonise, il dresse une analyse de son pontificat, qui restera selon lui « comme une grande espérance déçue et, finalement, comme un désastre », et aura plongé l'Église « dans une crise qui fera époque[6] ». Bien qu'ayant déclaré son inquiétude lors de l'élection du cardinal Josef Ratzinger comme pape sous le nom de Benoît XVI, Hans Küng a longuement été reçu par celui-ci à Castel Gandolfo le 24 septembre 2005[7].

À l'annonce de la publication de la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus permettant la création de structures pouvant accueillir des groupes anglicans réfractaires au sein de l'Église catholique, Hans Küng publie un article très critique dans différents journaux européens soulignant ce qu'il interprète comme un « enterrement » d'années de travail vers l'œcuménisme et comme une opération motivée par une résurgence du centralisme romain qui ouvrirait la porte aux « hypertraditionalistes » anglicans[8]. Le lendemain, Gian Maria Vian, rédacteur en chef de L'Osservatore Romano, accuse Küng de se trouver « fort loin des réalités[9] ».

Il a cherché à insinuer que la lettre de 2001 De delictis gravioribus du cardinal Ratzinger aux évêques catholiques sur les crimes les plus graves commis contre les mœurs ou les sacrements impose le secret aux victimes d'abus sexuels commis par des prêtres catholiques, les empéchant de porter plainte[10].

Il a dit que Joseph Ratzinger espérait obtenir une place importante dans la hiérarchie catholique ; ce que le frère du Pape, le père Georg Ratzinger, a réfuté avec force dans une interview au Welt am Sonntag[11].

Il a expliqué être attaché au « Jésus de l'Histoire » et a dit que le Pape Benoît XVI est attaché à un Jésus dogmatique comme défini par le concile de Nicée[12].

Il souhaite que le Pape n'exige pas des orthodoxes qu'ils aient à reconnaître les conciles généraux ayant eu lieu après le schisme de 1054, auxquels ceux-ci n'ont pas participé[12].

En revanche, il a apprécié l'encyclique Deus caritas est publiée en 2005, et notamment la réflexion du Pape Benoît XVI sur l’eros et l’agapè. De plus, au lendemain de l'élection du Pape François, il a affirmé que c'était le « meilleur choix possible »[13].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Infaillible ? Une interpellation, 1971.
  • Dieu existe-t-il ?, 1981.
  • Pourquoi suis-je toujours chrétien? , 1985.
  • Qu'est-ce que l'Église ?, 1990.
  • Christianisme et religion chinoise, avec Julia Ching, mars 1991, {{}}.
  • Liberté du chrétien, 1991.
  • Être chrétien, 1994.
  • Petit traité du commencement de toutes choses, Paris, Le Seuil, 2005.
  • Mon combat pour la liberté. Mémoires I, Paris, Le Cerf, 2006
  • Une vérité contestée. Mémoires, II - 1968-1980, Paris, Le Cerf, 2010.
  • L'islam, Paris, Le Cerf, 2010.
  • Faire confiance à la vie, Paris, Le Seuil, 2010.
  • Peut-on encore sauver l'Eglise ?, Paris, Le Seuil, 2012.

Titres et récompenses[modifier | modifier le code]

Il reçoit le Prix Niwano de la paix en 2005

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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