Hans Küng

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Küng.
Hans Küng (2009)
Hans-Küng-Signature-Transparent.png

Hans Küng est un théologien suisse, né le à Sursee dans le canton de Lucerne (Suisse).

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir fait des études en théologie à Rome à l'Université grégorienne, il est ordonné prêtre en 1954. Il continue ses études dans diverses universités européennes, dont la Sorbonne à Paris où il soutient une thèse de doctorat intitulée La justification. La doctrine de Karl Barth est une réflexion catholique. En 1960, Hans Küng est nommé professeur de théologie à l'université Eberhard Karl de Tübingen, en République fédérale d'Allemagne. Il y a pour collègue Josef Ratzinger (futur Benoît XVI), avec qui il participe au concile Vatican II comme théologien expert (peritus). Cette expérience le marquera profondément.

Au cours des années 1970, Hans Küng publie de nombreux ouvrages tout en poursuivant son enseignement. Il publie en 1971 Infaillible ? Une interpellation, suite à la parution de l'encyclique Humanae Vitae du pape Paul VI (1968), qui condamnait toute forme de contraception[1] et qui tournait le dos à la collégialité épiscopale définie par Vatican II[2]. En 1978, il publie Être chrétien[3], qui se vendra à des milliers d'exemplaires à travers le monde [4].

En , à la suite d'une longue controverse avec Rome et spécialement la Congrégation pour la doctrine de la foi, il se voit retirer sa missio canonica (reconnaissance officielle de l'Église catholique romaine qu'un professeur est habilité à enseigner la théologie et à participer à la collation des grades universitaires catholiques). Il est toutefois maintenu par ses confrères à l'université Eberhard Karl de Tübingen comme professeur et directeur de l'institut des recherches œcuméniques, spécialement créée par l'université de Tübingen pour lui [5]De 1960 a sa retraite en 1996, Hans Küng enseigna la théologie, et la théologie oecumenique[6].

Le Weltethos[modifier | modifier le code]

Il se dévoue depuis 1993 à la fondation nommée"Weltethos"( Tübingen et Zurich). Il définit l'"ethos" comme l'attitude morale fondamentale de l'homme[7]. Elle cherche à développer et renforcer la coopération entre les religions au-delà d'une vague reconnaissance des valeurs communes. Il cherche particulièrement à initier de véritables initiatives pratiques en vue de la paix et du développement. On peut consulter son site qui inclut la déclaration pour une éthique planétaire[8]. Cet engagement lui a valu de recevoir le Prix Niwano de la paix en 2005. Concernant la Création du Parlement des Religions qui s'est réunie a Chicago aux États-Unis, Hans Küng soutient que l’éthique dont il est question en parlant des religions, c'est que, :" loin de constituer un effort de réduction a un minimalisme éthique, elle découvre plutôt ce que les religions du monde partagent déjà comme minimum d’éthique commun. Elle n'est aucunement un reproche adressé à quiconque: elle invite plutôt les croyants et non-croyants, à faire leur cette perspective et a en inspirer leur[9]". Le 5 avril 1996, autour du "Manifeste pour une éthique planétaire" de Hans Kung, il y a eu un débat intéressant entre Hans Kung et Paul Ricoeur qui est un philosophe protestant français[10].

Une position critique envers la hiérarchie catholique[modifier | modifier le code]

En 1995, lors de la publication de l'encyclique Evangelium Vitæ (sur la valeur et l'inviolabilité de la vie humaine) de Jean-Paul II, Hans Küng accuse ce pape d'être « un dictateur spirituel voulant détruire la liberté de conscience », de vouloir faire taire les dissidents dans son Église et d'imposer sa morale au reste du monde[11].

Hans Küng a déclaré en 2003 chercher une « réconciliation pragmatique » avec Rome. Le cardinal Karl Lehmann, de Mayence, a déclaré alors à la presse que son attitude était une « remarquable expression de bonne volonté » et annoncé son intention d'intervenir à ce sujet auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi[12].

En septembre 2003, il publie un article dans Le Monde des religions, pour affirmer que la repentance de l'an 2000 est un geste médiatique qui n'a pas été suivi d'actes majeurs tendant à la concrétiser[réf. nécessaire]

Le 7 avril 2005, après la mort de Jean-Paul II, il dresse une analyse de son pontificat, qui restera selon lui « comme une grande espérance déçue et, finalement, comme un désastre », et aura plongé l'Église « dans une crise qui fera époque[13] ». Inquiet lors de l'élection du cardinal Josef Ratzinger comme pape sous le nom de Benoît XVI, ce dernier le reçoit à Castel Gandolfo le [14]. Si les deux hommes ont des positions théologiques différentes, le cardinal Ratzinger déclara en 1988 : « Nous considérons tous les deux les différences entre nos positions théologiques comme légitimes et nécessaires au progrès de la pensée, et elles n'entravent en rien notre sympathie mutuelle et notre capacité de collaborer à travers elles[15]

À l'annonce de la publication de la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus permettant la création de prélatures accueillant des groupes anglicans traditionalistes au sein de l'Église catholique, Hans Küng, comme ancien professeur de l'Institut de recherches œcuméniques de Tübingen, publie un article dans différents journaux européens dans lequel il considère cette constitution apostolique comme l'« enterrement » d'années de travail vers l'œcuménisme[16]. Le lendemain, Gian Maria Vian, rédacteur en chef de L'Osservatore Romano, considérera, lui, que Hans Küng se trouve « fort loin des réalités[17] ».

Il se réjouit de l'encyclique Deus caritas est publiée en 2005, et notamment de la réflexion de Benoît XVI sur l’eros et l’agapè. Au lendemain de l'élection du pape François, il a affirmé que c'était le « meilleur choix possible »[18].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Infaillible ? Une interpellation, 1971.
  • Être chrétien, Paris, Le Seuil, 1978.
  • Dieu existe-t-il ?, 1981.
  • Pourquoi suis-je toujours chrétien? , 1985.
  • Qu'est-ce que l'Église ?, 1990.
  • Christianisme et religion chinoise, avec Julia Ching, mars 1991, .
  • Liberté du chrétien, 1991.
  • Être chrétien, 1994.
  • Petit traité du commencement de toutes choses, Paris, Le Seuil, 2005.
  • Mon combat pour la liberté. Mémoires I, Paris, Le Cerf, 2006
  • Une vérité contestée. Mémoires, II - 1968-1980, Paris, Le Cerf, 2010.
  • L'islam, Paris, Le Cerf, 2010.
  • Faire confiance à la vie, Paris, Le Seuil, 2010.
  • Peut-on encore sauver l’Église ?, Paris, Le Seuil, 2012.

Titres et récompenses[modifier | modifier le code]

Il reçoit le Prix Niwano de la paix en 2005

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hans Küng, Faire confiance à la vie, Seuil, 2010
  2. « Synode sur la Famille. Attentes d'un évêque diocésain »,‎
  3. Hans Küng, Être chrétien, Paris, Seuil,‎ , 805 p. (ISBN 9782020220705)
  4. Hans Küng, Une vérité contestée. Mémoires II, Paris, Cerf,‎ , 735 p. (ISBN 9782204088558), cf. in 'Un best-seller inattendu', p. 425 : "Dès janvier 1976, on en a déjà imprimé 100.000 exemplaires, et en avril 160.000 (...). On prépare des éditions en français, en anglais, en hollandais, en italien, en portugais, puis en russe et en coréen".
  5. Hans Küng, Une vérité contestée. Mémoires II, Paris, Cerf,‎ , 735 p. (ISBN 9782204088558), cf. in 'Roma locuta - causa non finita', pp. 682-683
  6. Hans KUNG, Mémoires. Mon combat pour la liberté, Ottawa/Paris, Novalis/Cerf,‎ , p. 7-141.
  7. Projet d’éthique planétaire(la paix mondiale par la paix entre les religions), p. 9.
  8. Fondation éthique planétaire
  9. Hans Kung & Karl-Josef Kuschel, Manifeste pour une éthique planétaire, Paris, Cerf,‎ , p. 6.
  10. Laurent Andres, « "Entretien Hans Kung-Paul Ricoeur",In: RATE(Revue de l’Amitié judéo-chrétienne de France) », Revue de l’Amitié judéo-chrétienne de France, no numéro 5,‎ , p. 211-230.
  11. (en) Pope's 'culture of death' assessment gets agreement, with reservations
  12. Information reprise sur le site de la conférence des évêques de France
  13. Une grande espérance déçue, paru dans Témoignage chrétien.
  14. (en) Hans Kung uses friend status to bash Pope Benedict
  15. Hans Küng, Une vérité contestée. Hans Küng, Paris, Cerf,‎ , 732 p. (ISBN 9782204088558), cf. in 'Prologue', p. 7
  16. La politique du pape envers les anglicans est un véritable drame !, Sous couvert d'unité, le Vatican enterre des décennies d'œcuménisme, paru dans le Monde du 29 octobre 2009.
  17. Débat entre Hans Küng et Rome sur la main tendue aux anglicans
  18. http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/13/photos-pape-francois-1er-_n_2869140.html
  19. Remise du Prix Conscience Planétaire

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]