Jean Hugo

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Jean Hugo, né le 19 novembre 1894 à Paris 16e et mort le 22 juin 1984 au mas de Fourques, à Lunel, est un peintre, décorateur, illustrateur et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrière-petit-fils de l'écrivain et homme politique Victor Hugo et du maître de forges et ministre des Travaux publics du gouvernement de la Défense nationale, Pierre-Frédéric Dorian, il est le fils du peintre Georges Hugo et de Pauline Ménard-Dorian.

Il était l'ami de Jean Cocteau et d'Erik Satie qui furent témoins de son premier mariage[1], de Raymond Radiguet, de Pablo Picasso, de Paul Éluard, de Max Jacob, de Maurice Sachs et de Blaise Cendrars, de Georges Auric, de Francis Poulenc, de Marie Bell et de Carl Theodor Dreyer (dont il dessine les décors et les costumes de La Passion de Jeanne d'Arc), de Marie-Laure de Noailles, de Louise de Vilmorin, de Frédéric Jacques Temple, de Bruno Collin, de Jacques Maritain et du père Alex-Ceslas Rzewuski, de l'abbé Arthur Mugnier, de Cecil Beaton et de Winifred Nicholson, de Denyse de Bravura, de Christian Bérard qui lui présente Carmel Snow du magazine américain Harper's Bazar[1]. Il reçut très souvent chez lui, à partir des années 1930, au mas de Fourques son ami Jean Bourgoint qu'il aida à se désintoxiquer et qui devint son confident. Il l'aida à rédiger sa correspondance. Il a dit de lui : « Dieu lui avait tout retiré, Dieu lui a tout rendu », quand Jean Bourgoint devint frère Pascal, moine de Cîteaux. Lui-même se convertit au catholicisme et se rend à la messe quotidiennement, jusqu'à la fin de sa vie.

Il se marie une première fois civilement en 1919 avec Valentine Gross, peintre et illustratrice, et une seconde fois civilement et religieusement en 1949 avec Lauretta Hope-Nicholson (1919-2005), dont il a deux fils et cinq filles.

Dès le milieu des années 1930, il est exposé dans la galerie Pierre Colle[1]. De nos jours, ses œuvres ont été exposées au Musée Barnes de Philadelphie, à Londres, à Tokyo, à Toronto, à Paris, à Marseille et au Musée Fabre de Montpellier. Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, il illustre une édition publié en hommage à Max Jacob avec son ouvrage Le Cornet à Dés[1].

Deux volumes de ses Mémoires ont été publiés, Avant d'oublier (Fayard, 1976) et Le Regard de la Mémoire (1914-1945) (Actes Sud, 1983). Les souvenirs de Jean Hugo donnent un éclairage de première importance sur la vie intellectuelle et artistique des années folles et des années 1930, dont Hugo a rencontré les principaux représentants.

Il est inhumé au cimetière Saint-Gérard de Lunel.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Ascendance de Jean Hugo
Jean HUGO Père : Georges Victor HUGO
(16/08/1868-05/02/1925)
Grand-père paternel : Charles HUGO
(04/11/1826-13/03/1871)
Arrière-grand-père paternel : Victor Marie HUGO
(26/02/1802-22/05/1885)
Arrière-grand-mère paternelle : Adèle Julie FOUCHER
(27/09/1803-27/08/1868)
Grand-mère paternelle : Alice LEHAENE Arrière-grand-père paternel : Jules LEHAENE
Arrière-grand-mère paternelle : Louise BOIS
Mère : Pauline MENARD-DORIAN
(21/07/1870-24/12/1941)
Grand-père maternel : Paul-François MENARD
(26/04/1846-16/04/1907)
Arrière-grand-père maternel : Saint-Martin MENARD
(14/04/1813-2/01/1889)
Arrière-grand-mère maternelle : Eugénie MEDARD
(6/04/1826-13/10/1890)
Grand-mère maternelle : Louise-Aline DORIAN
(1850-1929)
Arrière-grand-père maternel : Pierre-Frédéric DORIAN
(24/01/1814-14/04/1873)
Arrière-grand-mère maternelle : Frédérique Caroline HOLTZER
(1828-1890)

Citation[modifier | modifier le code]

« Jean Hugo a mêlé son calme presque monstrueux au tumulte des entreprises de notre jeunesse. II était, il reste l'image même de cette modestie parfaite des enlumineurs, chez qui la vérité quotidienne l'emporte sur les grâces décoratives. Sa main puissante, son gros œil jupitérien, son olympisme en quelque sorte, n'usent pas de foudres, mais de petites gouaches si vastes qu'on dirait que leur taille résulte d'un simple phénomène de perspective. Oui, c'est à distance qu'il semble voir la mer de Bretagne, et la garrigue par le gros bout de la lorgnette, ce qui ne l'empêche pas d'attirer autour de nous la mystérieuse odeur des algues et des simples. Jean Hugo, paysan subtil, moine médiéval, chasse l'ange du bizarre à force de connaitre ses ruses par cœur. »

— Jean Cocteau.

« Je l'ai connu intimement. C'était un être étrange, admirable, un mystique, un amoureux, un grand artiste, qui sans doute péchait par excès de modestie. Il avait été un peu fatigué de la gloire par son propre nom, qui était extrêmement lourd. [...] Jean Hugo a donc passé sa jeunesse dans ce monde doré des grandes familles de la Troisième République, les Berthelot, les Favre, les Renan, les Daudet, monde dont il s'est écarté pour venir vivre assez solitaire à Lunel. Ses oeuvres sont beaucoup plus connues, et prisées, en Amérique qu'en France, où il souffre encore un peu d'être éclipsé par son nom. Je le considère comme un grand peintre, et un grand peintre relativement méconnu. S'il n'avait pas trouvé des gens qui s'occupent de sa publicité, il n'aurait jamais vendu un seul tableau. Picasso, qui était son bon ami, lui disait « Tu ne fais rien pour ta gloire. » Il ne faisait rien, en effet – il se laissait faire. Encore une fois, c'était un être pur. Si le mot d'innocence peut s'appliquer à quelqu'un, c'est à lui. Il était très beau, et d'une vitalité prodigieuse - j'oserais dire hugolesque. Il était assez détaché pour ne pas s'installer dans son propre nom, si je puis dire - tout en vouant une admiration inconditionnelle au grand ancêtre, dont il connaissait l’œuvre à fond. »

— Gustave Thibon[2].

« C'est très net, finement dessiné. Le grand-père affectionnait le burg, le petit-fils préfère le mas, la petite maison sans complication, aux toits et aux murs faits pour le soleil. Et dans ces coins de Provence, si petits si familiers, où l'on croit être transporté soi-même voici que surgissent des centaures, coiffés de chapeaux plus ou moins pointus. L'idée de ces centaures est venue des gardians de la Camargue. Il y a aussi une femme qui se change en jument sous l'oeil de son propriétaire. D'où vient cette drôlerie? Et cet oiseau perché qui a une tête de femme ! Ce mélange de mythologie et de réalité provinciale est curieux avec une telle ascendance romantique.(...) Enfin je l'ai aperçu et je l'ai trouvé bien de visage, il ne peut plus supporter la ville, veut la campagne, il a exprimé le désir de me voir, il va se rendre à La Chapelle, chez les Jean de Moustier! »

— Abbé Arthur Mugnier[3]

« Le tempérament artistique de Jean Hugo se tient en dehors de toutes les modes. L'œuvre de Jean Hugo fait songer aux merveilleux résultats que produirait le délassement de quelque prince des temps anciens, tel qu'on en trouve dans les Contes des Mille et une Nuits. »

— Paul Morand.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bourgoint, Le Retour de l'enfant terrible : Lettres 1923-1966, écrit avec Jean Hugo et Jean Mouton, Desclée de Brouwer, (ISBN 2-220-02010-X)
  • Richard Wattenmaker, The Art of Jean Hugo, Art Gallery of Ontario, 1973
  • Jean Hugo, Voyage à Moscou et Léningrad, Cercle d'Art, 1953
  • Jean Hugo et Jean Cocteau, Correspondance, présentée par Brigitte Borsaro et Pierre Caizergues, 1995
  • Marie Rouanet, Murmures pour Jean Hugo 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Musée Christian-Dior Granville, Florence Müller et al., Dior, le bal des artistes, Versailles, ArtLys,‎ mai 2011, 111 p. (ISBN 978-2854954418, résumé), « Hugo Jean (1894 - 1984) », p. 67
  2. Source : Entretiens avec Gustave Thibon, Philippe Barthelet, Éditions du Rocher, Monaco, 2001.
  3. Source : Journal de l'abbé Mugnier, coll Le Temps retrouvé, Mercure de France, 1985

Liens externes[modifier | modifier le code]