Boulin (maçonnerie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Boulin.
Echafaudages, Les trous de boulins sont bien visibles
Trous de boulin sur le chevet de l'église Saint-Martin d'Escales

Un boulin est une pièce d'échafaudage en bois[1], horizontale, engagée dans la maçonnerie par une ouverture nommée trou de boulin. Le boulin porte le plancher de l'échafaudage[1],[2]. C'est une pièce en bascule soulagée à son extrémité opposée par des pièces de bois verticales nommée échasse[3] ou écoperches[4].

Les trous de boulin sont présents dans l'architecture depuis la plus haute antiquité. Borgnes ou traversants, ils marquent les points où l'échafaudage était fixé, donnant ainsi de indications sur les techniques utilisées. Dans l'architecture militaire médiévale, ce sont des orifices carrés d'environ 15 cm de côté.

(Note : Dans la construction de mur avec des banches, de nombreux trous, les trous de clef sont laissés par les clefs. Celles-ci sont les pièces de bois posées pendant la construction en travers du mur pour maintenir les banches dans lesquelles va être coffré le matériau du mur[5]. Pour le pisé, ces trous sont fréquemment laissés apparents. Pour le béton ils sont rebouchés au mortier, mais ils restent très apparents pour le béton de mâchefer brut de décoffrage par différence de teinte. (édifices de la première moitié du XXe siècle.))

En Belgique et dans le Nord de la France au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Trous de boulin décoratifs sur le pignon de la Maison du Faucon (Bruxelles)

Élément d'architecture très commun au XIXe siècle dans l'architecture civile notamment en Belgique et dans le Nord de la France où il a été largement exploité comme élément de décoration.

Le boulin est généralement sous le niveau de la corniche dans les immeubles du XIXe siècle.

Le trou de boulin est souvent percé au niveau du plancher du grenier auquel le boulin lui-même peut être fixé par un étrier métallique.

Le trou de boulin est souvent refermé par une pièce d'ornement décorative, appelée cache-boulin, avec par exemple un motif de tête de lion ou encore d'étoile[1]. Cet ornement peut être fixé sur une pièce de bois courte qui s'enfonce dans la maçonnerie (circa 1830), ou être articulé sur un axe horizontal pour masquer le trou de boulin (circa 1870 et après).

Communément utilisé, avant l'avènement des plates-formes hydrauliques et des échelles motorisées, en frappant une poulie pour le déménagement des meubles aux étages des maisons.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Glossaire de l'Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale
  2. Jean de Vigan, le Petit Dicobat — dictionnaire général du bâtiment, Paris, Arcature,‎ 2003, 957 p. (ISBN 2-9504805-7-8), p. 153.
  3. Voir l'article « échafaud » du Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle d'Eugène Viollet-le-Duc.
  4. Morisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment (maçonnerie), Carilian, 1814
  5. Jean-Marie Pérouse de Montclos, Architecture, méthode et vocabulaire, édition du patrimoine.